SYMPTOMES SPINAUX ET RHUMATISMAUX
poignets, les chevilles; ce sont des élancements douloureux durant une à deux heures, tantôt dans l’une, tantôt dans l'autre articulation. Les genoux et les chevilles ont été entlés pendant trois semaines; le coude et le poignet droit pendant quinze jours. Mais il a toujours pu marcher. Depuis deux mois, il n'a plus ni céphalalgie, ni vertiges, ni bourdonnements d’oreilles; il entend bien, voit bien, dort bien. Ajoutons qu'en mai dernier, à l’hôpital, il eut deux attaques épileptiformes deux jours de suite et resta cinq jours sans connaissance.
En août, rue Jeanne-d’Arc, il eut une nouvelle attaque et resta six heures sans connaissance; au mois d'octobre, il se rappelle avoir eu une troisième attaque à Champigneulles.
Etat actuel. — De tempérament lymphatique, d’une intelligence médiocre, cet homme travaille dans une fabrique de carton où il est toujours exposé à l’humidité. Le thorax est un peu plus bombé à gauche qu’à droite; le rachis est un peu infléchi à droite et saillant en arrière dans une étendue de 20 centimètres depuis la sixième ou septième dorsale jusqu’au milieu des vertèbres lombaires; cette bosse se serait développée après sa chute.
Actuellement le malade se plaint de douleurs dans les reins et dans le rachis au niveau de la saillie, assez vives, spontanées et à la pression, l’empêchant de se redresser complètement pendant la marche. Le genou droit est sensible a la pression : sensibilité aussi dans le jarret et le mollet jusqu'au tendon d’Achille; élancements douloureux quand il est assis sur une chaise et quand il marche. Les deux cousde-pied sont tuméfiés et sensibles à la pression, mais leurs mouvements sont possibles. Se tient quatre secondes sur la jambe gauche, à peine deux secondes sur l’autre, et marche moins bien de celle-ci ; il peut difficilement la plier; réflexes tendineux normaux. Les membres supérieurs vont bien, saut un peu de tuméfaction du poignet droit; et les mouvements y sont un peu ataxiques. Il ne peut atteindre le bout du nez avec son doigt qu’après une série d'oscillations. Sensibilité a la douleur et au contact diminuée dans le côté droit, surtout dans le membre inférieur où il ne reste que quelques points de sensibilité normale à la racine de la cuisse, au côté interne de la rotule et sur la face externe de l’articulation tibia-tarsienne; quelques plaques d'anesthésie très limitées dans la jambe gauche. L'audition est notablement diminuée à gauche ; le malade entend le Lic-tac
OBSERVATION'
d’une montre, à droite, A 90 centimètres; à gauche, à 2cen« timètres à peine. Les autres fonctions sont normales.
En résumé symptômes de commotion du cerceau , /le compression médullaire par fracture du rachis; symptômes articulaires par diathèse rhumatismale.
En janvier 1885, même état à peu près. Douleurs de reins et de la jambe droite. De plus, se plaint depuis sept heures du matin de douleurs dans la région précordiale; il a eu des étourdissements qui disparaissent ce matin spontanément.
Le malade est hypnotisé, il est très suggestible (somnambulisme). Au réveil, la douleur précordiale avait disparu, les douleurs de la jambe ont beaucoup diminué. Ces douleurs reviennent dans la nuit, mais bien moins intenses.
Le 5, nouvelle suggestion; va bien dans la journée.
Le 6, se plaint de nouveau, depuis la nuit, de douleurs dans le genou, le mollet droit et le rebord costal droit; elles disparaissent à peu près complètement par suggestion.
Le 7, à quatre heures du soir, le malade a une attaque caractérisée par un léger tremblement, sans convulsion, sans écume, occlusion des paupières, strabisme inférieur, flaccidité des membres supérieurs, légère raideur des membres inférieurs, vision obscure (ne peut compter le nombre des doigts); il peut fermer la main, mais ne peut serrer avec elle. Conservation de l’intelligence. Constriction douloureuse à l'épigastre qui disparait à onze heures du soir avec sensations de coups de lancette dans la même région qui ne disparaissent qu'à trois heures du matin.
Le 8, l'accès a disparu. iNe se plaint que d'une douleur dans le rebord costal droit et de picotements dans le genou. 11 serre bien avec les deux mains. La journée est bonne.
Vers sept heures du soir, douleur à la région précordiale (comme des coups de lancette) durant deux heures et demie; elle a diminué aujourd'hui. En même temps, une douleur à la partie supérieure et interne du tibia au-dessous de la rotule existant depuis quatre heures de 1 après-midi disparait quand la douleur précordiale apparaît. Douleur à la région lombaire au niveau de la gibbosité.
Le 9, au matin, la douleur précordiale a disparu; la douleur lombaire persiste ainsi qu'une douleur au rebord costal droit et dans le genou (ces dernières, depuis quatre heures du matin). Il se sent faible sur les jambes, ne peut pas se tenir du tout sur le pied droit et à peine sur le pied gauche.
Après hypnotisme, les douleurs disparaissent et le malade