PARESIE HYSTERIQUE GUERIE PAR SUGGESTION
Après une première suggestion, la malade fléchit mieux les jambes, mais toujours avec raideur.
U ne seconde suggestion est faite, la malade étant assise sur une chaise; des mouvements sont imprimés aux articulations pour aider la suggestion vocale à dissiper la raideur. Immédiatement après le réveil, elle marchait bien, mais sentait encore ses jambes raides. Trois minutes après, elle ne sentait plus ni douleur, ni raideur et marchait très facilement.
22. — La malade marche très bien, se plaint seulement de fléchir sur ses jambes qui sont faibles. — Suggestion hypnotique; à son réveil elle se sent plus forte et plus solide sur ses jambes.
Le 23, elle se sent de nouveau faible sur ses jambes dans l'après-midi. La sensibilité restaurée se maintient. — Nouvelle suggestion.
Le 25, la malade se sent tout à fait bien. Ne se ressent plus d’aucune fatigue depuis hier.
Le 23, je lui avais suggéré pendant son sommeil du dégoût pour le vin ; cette suggestion n’a pas réussi; elle a néanmoins bu sa ration de vin.
Elle continue à bien aller et quitte l'hôpital le 27, complètement guérie.
Observation XV. — Aphonie hystérique datant de deux mois.
— Guérison rapide par suggestion hypnotique.
Mm0 C. L..., âgée de trente ans, est hystérique depuis une douzaine d’années. Elle a souvent des accès de sommeil hystérique durant de une demi-heure a deux heures et plus, quelquefois plusieurs par jour ; elle a rarement des attaques convulsives, mais strangulation, sensation de boule, ovarialgie gauche, hémianesthésie gauche, rien n’y manque. C’est une jeune femme pâle, lymphatique, intelligente, sans exaltation. Tous les traitements divers, bromure, hydrothérapie, ont été essayés sans grand succès. Après avoir habité Nancy pendant quelques années, la jeune femme est allée habiter Strasbourg. Je l’avais perdue de vue depuis quelques années, quand, en janvier 1884, je rencontre son mari : il m’apprend que mon ancienne cliente est atteinte depuis deux mois d’une aphonie complète qui a été réfractaire à toutes les médications. Je l’engage à me l'envoyer â Nancy, où je pense pouvoir la guérir par suggestion hypnotique.
Elle arrive vers le la janvier 1884. Elle a une extinction de voix complète, sans douleur, ni spasme. L’hémianesthésie gauche sensitive, non sensorielle, existe. La santé Générale est assez bonne; les crises de sommeil hystérique sont assez fréquentes, plusieurs par semaine.
J essaie en vain de la faire parler; elle ne peut articuler.
J électrise en vain la partie extérieure du larvnx, en affirmant que la voix va revenir, rien. J'essaie alors dé i’hvpnotiser ; mais elle est impressionnée, a des spasmes, de 1 angoisse nerveuse, je crains une crise: je suspends. Le lendemain, j'essaie de nouveau, avec douceur, en lui suggérant quelle n’a aucune angoisse, quelle est calme, quelle respire bien. Elle s’endort en sommeil profond , sans souvenir au réveil. Mais pendant son sommeil, elle ressent du malaise, une sensation de pesanteur épigastrique et thoraciquepuis elle ne répond plus aux questions; la catalepsie suggestive n existe plus; elle n est plus en rapport avec moi Ce n est plus le sommeil hypnotique, c’est une crise de sommeil hystérique. Je ne parviens pas à la réveiller. Au bout d’une demi-heure, elle se réveille spontanément.
Le troisième jour, je l’hypnotise facilement: elle tombe en somnambulisme; je calme l’angoisse par suggestion, et la crise de la veille ne se reproduit pas. Je suggère la disparition de l’hémianesthésie et de l’aphonie. Au réveil, la pre- j mière a totalement disparu, l’aphonie persiste.
Le quatrième jour : hypnotisation facile; somnambulisme. Je cherche à lui donner des idées gaies, à éloigner toute tristesse. Comme elle tend à retomber dans son "anxiété à évoquer sa strangulation laryngée, je lui fais entendre 'de ; la musique, elle réalise très bien les hallucinations; et,.] comme elle adore la musique, sa figure s’épanouit; elle suit du geste, de la main et du pied, et, grâce à cette diversion 1 musicale, l anxiété , précurseur d'une crise, disparait. Alors, pro- 1 fitant de celte détente, je lui dis: <c Vous savez, vous allez" être guétie bientôt, dans quelques jours. Votre voix va revenir. •’ Et tenez, vous allez savoir quel jour vous serez guérie, vous pourrez parler; c’est bientôt. Dans combien de jours?» • Elle me dit : « Dans huit jours. » — « C’est bien, dis-je. dans j huit jours, ce sera jeudi prochain. » — «Oui, dit-elle, jeudi ^ prochain. » — « Alors, c’est entendu, jeudi prochain. ouand !
les hallucinations post-hypnotiques.