‹ De la suggestion mentaleChapitre 11 sur 39 · CHAPITRE PREMIER LE SYMPATHISME OÀGANIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER LE SYMPATHISME OÀGANIQUE

Classification des faits. — La question des témoignages. — Appréciations desmaladies parles somnambules. — La vue prétendue des organes malades. — Observations du Df Bertrand. — Sœur Jeanne. — Marie Bucaille. — Observations de Puységur. — Les somnambules médecins. — Assertions du D"* Foissac. — L'Académie de médecine. — Le rapport du D^ Husson. — Transmission des symptômes. — Deux types de sympathisme organique. — Observations du D' Gharpignon et du D^ Pigeaire. — Transmission des douleurs à l'état de veille.

La surface de nôtre corps est-elle capable de transmettre, avec ou même sans contact, certains états organiques de ce corps, à un autre corps?

Telle est la question.

Nous commencerons par Texamen des états physiques, pour passer aux sensations isolées, et de là aux pensées.

Nous aurons donc à étudier :

A) La transmission nerveuse physique des maladies;

B) La transmission des états émotifs ;

C) La transmissicm des sensations;

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»ion des idées ; ;ion de la volonté ; erons encore à part :

n mentale à échéance ; n naentale à distance.

BLgnétisme contient un grand nombre (loins mal observés, ou mai attestés, lux catégories précitées — mais aussi, 3 d'observations positives qui doivent

►ment je me suis borné à raconter ce ême, jugeant, que dans ce genre de ut être soi-même observateur, acieur mouvoir admettre le témoignage* d'au-

on n'aurait qu'à accepter d'emblée agnétisme, car tous, ou presque tous, s estimables. Mais l'estime personnelle la capacité de bien observer et dé bien

nouveaux et inattendus, en est une u reste, ne peut se vanter d'avoir assez lire entrer dans le domaine scientifique eau, théoriquement isolé de tous les t, incompréhensible. Aussi, la précauis imposée, et que j'ai imposée au lecl'autrebut et d'autre signification, qua lin de la marche, de mes études, du dégressif de mes convictions et, eo ipso y de le Soutiens pas évidemment que mon

plus que celui d'autres physiologistes, — et qu'on excuse cet amour-propre, il y a — qu'il valait plus pour moi. Et re responsable d'un livre, comme d'un ai^^ae bien avoir la conscience nette.

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Cela n'empêchera peut-être pas les sceptiques de la science officielle, de m'accuser de crédulité, et je serai le premier à comprendre et à excuser leur scepticisme — mais cela empêchera certainement que je m'accuse moimême dans l'avenir. Je crois que c'est tout ce qu'un écrivain peut faire.

Malheureusement, on n'a pas toujours eu cette précaution.

Vous voulez étudier dans l'histoire du magnétisme le phénomène de la suggestion mentale et vous êtes à la recherche de témoignages sérieux. Vous ouvrez un livre sur Vhypnotisme et vous y trouvez des plaisanteries sur la suggestion mentale ; ces messieurs ne l'ont jamais étudiée, mais ils vous certifient l'exactitude de leurs opinions négatives, en se basant sur le témoignage d'autres savants, qui ne l'ont jamais étudiée pon plus. Enfin, vous trouvez un auteur sérieux, qui croit à la suggestion mentale.

Prenons M. le D' P. Despîne (fils), auteur d'un grand traité en trois volumes sur la « Psychologie naturelle », ouvrage très peu connu en France, mais justement estimé à l'étranger. M. Despine a publié aussi dans ces dernières années, un bon livre sur le somnambulisme. Il admet la suggestion mentale, il en donne même une théorie, mais quant aux faits, il n'a rien vu lui-même. Il se réfère à d'autres auteurs estimables et surtout au D' A. Bertrand, excellent observateur, qui a publié deux volumes sur le somnambulisme et le magnétisme (en 1823 et 1826), dans lesquels il traite, assez longuement du phénomène en question, mais qui affirme n'avoir aucune preuve positive, « qu'il pourrait tirer d'expériences qui lui seraient personnelles ».

Il dit seulement que a le nombre des témoignages qui sont venus s'offrir en faveur de l'existence de ce phénomène, dans les différents ouvrages où il cherchait des notions sur l'extase, a forcé, malgré lui, sa croyance, te

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faire plus d'attention aux témoignages des magnétisme animal. » Et il se réfère princ auteurs des siècles passés, au père Surin, l'une véritable piété et auquel la plupart 9 n'ont pas refusé de rendre justice, mais 5, qui -^ suivant lexpression même de isse tout ce qu'on peut imaginer » (p. 350); , auteur religieux, également estimable, et e meilleur témoin possible, puisqu'elle «limsée du père Lacombe, son confesseur, i lisait dans la sienne » (p. 437)...

nte qu'à demi* M. Bertrand, lui aussi; n'él'a demi, lorsqu'il disait qu'il n'avait pas suggestion mentale dans sa pratique. Il les-uns et je les citerai en temps et lieu, pai aussi les faits observés par le père Su-

Poncet, parce qu'ils présentent une cerrace à des circonstances particulières, 'avais eu d'autres preuves que le témoi-

Surin, de M. Poncet et de M"*** Guyon, le j'aurais publié un livre sur la suggesou même fait une mention quelconque de ce phénomène? — Jamais. Je ne l'aurais is, assurément, parce que je ne nie jamais je connais pas; mais de là à une déclaque d'un fait aussi étrange, il y a encore

[uoi, je me suis gardé de commencer, i coutume, par l'histoire du sujet, et par r des témoignages lointains ; mais, maines ont changé. J'ai vu, bien vu moi-même, jouter foi au témoignage de ceux qui ont lose que moi, et il ne serait pas juste que teur les observations qui ne me sont pas Lu contraire, je vais les citer toutes, c'estîUçs qui ont un aspect véridique» qui ont

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été bien constatées^ et qui présentent une analogie évidente avec cequefai observé moi-même. On excusera celte dernière réserve, car, sans cela, je serais obligé de citer aussi des choses incroyables, pour le moment au moins, et il est toujours prudent d'avancer lentement sur un terrain obscur et inconnu.

Je rangerai les faits d'après la classification précitée, en y ajoutant mes observations, de façon à former un inventaire complet des faits de suggestion mentale connus^ etsur lesquels sera basée la théorie, ou plutôt l'embryon d'une théorie future.

Commençons par un phénomène, en apparence étranger à notre étude et que l'on trouve souvent dans les livres des magnétiseurs. Il s'agit àeV appréciation desmala^ dm par ks somnambules^ et de la vue prétendue des organes malades.

Qu'on ne s'étonne pas de trouver ici ce chapitre. Il est nécessaire, comme on va en juger tout à l'heure,

1. « J'observai, dit le D"^ Bertrand, une somnambule, qu'on m'avait dit avoir la faculté de reconnaître les maladies... Je ne me contentai pourtant pas de ce qu'on m'en rapportait, et je voulus éprouver la somnambule sur une malade dont l'état me fût connu d'avance. Je la mis, en conséquence, en rapport avec une demoiselle, dont la principale maladie consistait dans des accès d'asthme, qui la tourmentaient . très souvent. Quand la maladie arriva, la somnambule était endormie, et j'étais sûr qu'elle ne pouvait connaître la personne que je lui amenais. Cependant, après quelques minutes de contact, elle parut respirer difficilement, et bientôt elle épi'ouva tous les symptômes qui accompagnent une forte révolution d'asthme; sa voix s'éteignit, et elle nous dit avec beaucoup de peine que la malade était sujette au genre d'oppression que sa présence venait de lui communiquer à elle-même. Elle ne se borna pas là, et elle ajouta, à ce

Qu'elle venait de dire, le détail d'un grand nombre d'accients et de douleurs partielles, auxquelles la malade était sujette, et qu'elle reconnut avec la plus grande précision, au moyen des souffrances qu'elle éprouvait elle-même dans h s parties correspondantes de son corps; mais, ce qui surtout

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manifesta d'une manière incontestable la faculté qu'avait la somnambule, ce fut la découverte qu'elle fit d'une affection dartreuse, dont la malade était affectée aux parties génitales. Personne de nous n'en avait connaissance, et la malade seule put nous apprendre combien elle avait rencontré juste en ce point *. »

Bertrand ajoute à celte observation les remarques suivantes :

« En général il faut soigneusement distinguer, dans les consultations des somnambules, ce qu'ils déclarent éprouver du contact des malades, de ce qu'ils s'imaginent voiràhii^ l'intérieur de leur corps.

« Ce qu'ils disent ressentir, mérite souvent beaucoup de confiance, tandis que ce qu'ils concluent de ce qu'ils croient voir, ne présente jamais que des conjectures dénuées de fondement, et souvent même tout à fait absurdes. »

2. « Je passai — dit le même auteur — à une autre somnambule, une enfant de quatre ans, dont un des bras était estropié à la suite d'une cbute, qui avait déterminé un dépôt à l'articulation du coude; de plus, un vice de constitution rendait sa marche gênée, et elle se balançait d'une jambe sur l'autre. — On amena à la somnambule celte enfant, que la personne qui la portait tint sur ses genoux tout le temps qui précéda la consultation. Rien n'avait donc pu lui faire connaître d'avance ce qu'elle devait dire. Voici pourtant ce qui arriva. Quand on lui présenta l'enfaut, elle souleva avec peine son bras plié, parut faire des efforts inutiles pour le porter à sa tête, et s'écria : c Oh! la pauvre enfant, elle est estropiée! » On lui demanda ce qui avait occasion né l'accident qu'elle venait de reconnaître; elle répondit que c'était une cnute (et c'était vrai). Après cette première consultation, elle mit un peu d'intervalle, et puis elle continua : « Oh ! mon Dieu ! comme elle est faible des reins ! elle doit avoir bien de la peine à marcher, » (P. 232.)

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