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pomme en ilairant à plusieurs mètres de distance un morceau de papier, dans lequel ont été enveloppées des pommes, quelques jours auparavant. Or, il est certain que nos individualités, nos états pathologiques, nos sentiments mêmes, sa trahissent par une odeur spéciale que nous ne percevons pas sciemment, mais qui n'agit pas moins sur l'odorat, en laissant des traces inconscientes au cerveau, traces qui s'associent à leur tour avec félat qui les a provoqués. Et, en raison de la loi de réversibilité psychique, la sensation a, appartenant à Tétat A, peut reproduira celui-ci, comme celui-ci peut provoquer celle-là. (Part. III, Gh. viii).
Ce qui est bien facile à Tétat d'une exaltation exceptionnelle de Fodorat et d'une concentration exclusive dei l'attention vers un seul objet (le « rapport »), devien évidemment peu possible à Tétat normal et quelquefois incompréhensible pour nous tous. Mais il ne faut pas oublier que, comme le dit le D' Monin dans sa remarquable monographie séméiologique * « les ondes odorantes révèlent toujours des changements chimiques importants... et jouent dans tous les phénomènes biologiques un rôle capital » (p. 4).
Là plupart des maladies ont leurs odeurs spéciales, qui, en marquant le degré de l'évolution pathologique, peuvent même conduire à un prognostic souvent certain, 0 Dans une chambre d'accouchée, l'odeur aigre indique au nez exercé que tout va bien, que le travail de la sécrétion lactée s'inaugure. Au contraire, l'odeur ammoniacale lui fera craindre, l'imminence du syndrome morbide connue sous le nom de fièvre puerpérale. » Le D^ Yidal (de Cassis) rapporte le fait suivant dans son Traité de chirurgie : « J.-H. Petit, voyageant en Allemagne, distingua dans un « poêle » Vodeur de gan-
* E. Monin. — Les Odeurs des corps humains. Paris, 2« édition,
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lESTïON MENTALE
lires non moins désagrtables, [nme qui se mourait de hernie •spiration cutanée et les sécré-
répandent, autour de chaque îculière. Cette odeur, ordinaifort bien perçue par certains L Cadet de Gassicourt {Dict, ) a observé une jeune dame qui le, les hommes et les femmes ; • de sentir les draps de son lit, îhés par un autre que par elle.
5 1864 rapporte qu'un moine t, par olfaction, une femme e Tétait pas. Perty cite plu-
: il paraît que le cardinal avoir perdu la vue, distingua Bimes des vieilles *. Dehay-rapsomnambule qui, après avoir Dbjets différents et en appaigues, épingles, broches, etc., les différentes, les tria et disans s'être trompée *.
ipossible que certains étals la même manière, car il n'est r cutanée subit des changeuence de plusieurs émotions, .reux sur la senteur cutanée, dit rtante. Assez fréquemment les assions dépressives, les nélodifîent. Gamberini {Annali t d'un jeune homme qui, à la trié et de violente jalousie, me odeur fétide, nauséeuse et
Leipzig, 1874, 1, 187.
ouleurs. Pans, 1877, p. 32. I
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tfès tettace. Le D» lîammond (de New-York) a rapporté récemment {Med. Record., 21 juin 1877 et Gtom. ïntern. \delle science mediche y anno V., p. 193) le fait d'un ïhypocondriaque dont la peau répand Todeur des vio- . •lettes ; le fait d'un choréique, exalant Todeur du pin ; le fait d'une hystérique, qui sentait Tananas pendant ses crises; il parle aussi a une autre, qui avait une transpiration limitée à la moitié gauche antérieure de la poi* trine, et exhalant l'odeur de l'iris. Dans ce dernier cas l'examen chimique de la sueur fut fait, et décela la présence d'un éther butyrique. »
J'ai moi-même observé une hystérique, chez laquelle l'approche d'une attaque se trahissait par une odeur de gruyère, ou plutôt d'une odeur qui rappelait le goût du fromage de gruyère. Chez une autre, l'application d'une plaque métalloscopique de l'étain pendant quelques jours, communiqua à cette dernière une odeur très forte, rappelant celle du pétrole, nonobstant la pro* prêté soignée de la malade.
« Dans les sueurs localisées, continue le D' Monin , ces bizarres anomalies osphrésiologiques sont loin d'être des raretés. Schmidt a connu un homme atteint d'hyperhidrose limitée aux mains et puant le soufre. Orteschi a observé une jeune fille qui, sans aucune supercherie, répandait une forte odeur vanillée, aux commissures des doigts... Toutes ces observations sont du ressort des troubles de l'innervation. Aussi, d'après Hammond, rôdeur de sainteté n'est pas une simple figure de réthorique ; c'est l'expression d'une sainte névrose, parfumant la peau d'effluves plus ou moins agréables, au moment du paroxysme religieux extatique.... » (p. 17). « Dans la léthargie (qui ne se produit guère que chez les hystériques *), la perspiration cutanée donne une odeur cadavérique, ajoutant encore au tableau déjà si
* Ou plutôt chez des sujets hypnotisables.
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plus loin : Knight prétendait pouvoir, d'après Tabsenco de cette odeur pathognomonique, découvrir la simulation de l'aliénation mentale [Knigh Obser. of the.., insanîty^ etc. London, 1827) » (p. 19).
Cette exhalation pathologique peut même être localisée et occuper un territoire de la peau, correspondant aux troubles inteirnes. Weir-Mitchelt observait que, dans les lésions des nerfs, le temtoîre cutané correspondant exhale une senteur comparable à celle de l'eau croupie. M. Monin croit qu'il s'agit plutôt dans ces faits d'une dystrophie épithéliale, que de réelles altération dans la sécrétion physiologique, ce qui n'empêche pas qu'un sens hyperestésique puisse découvrir, par ce moyen, l'état et l'extension du mal.
Il est compréhensible que la plupart des professions doivent avoir leurs odeurs spéciales. M, Monin ne trouve pas extraordinaire cette affirmation du fameux Yidocq : « Mettez-moi dans une foule : j'y reconnaîtrai, entre mille, un galérien^ rien que par l'odorat». Chomel a observé six semaines, dans son service, un palefrenier malade de pneumonie, dont les sueurs conservèrent, durant tout ce laps de temps, l'odeur manifeste de l'écurie... » (p. 25).
« Chez les énurésiques, une odeur urineuse ou de souris, pénétrante et que rien n'empêche, a souvent servi aux médecins militaires pour déceler l'imitation de l'incontinence (Boisseau). C'est ainsi que, chez les constipés, apparaît aussi l'odeur fécaloïde de la peau ; et nous avons vu maintes fois cette odeur, perçue par les sujets, contribuer à l'hypochondrie, qui toujours guette ces sortes de malades. » (p. 25).
Dans la goutte , les sécrétions cutanées prennent une odeur spéciale, comparée par Sydenham à celle du petit-lait. Elle est musquée dans l'ictère (Boerhaave); vinaigrée dans le carreau (Winslow); mielleuse dans la syphilis (Gullerier) ; urineuse dans les maladies
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devient évident, que la maladie ne finit pas à la surface du corps f elle la dépasse.
Le lecteur a sans doute entendu parler des consultations j extraordinaires faites par des somnambules à distance, i par intermédiaire d'un objet appartenant aux malades et surtout par des cheveux. Pourquoi surtout par des cheveux? Peut-être parce qu'ils conservent et manifestent par leurs odeurs, mieux qu'un objet quelconque, l'état pathologique du malade. Le D' Charpignon cite plusieurs faits de ce genre, attribuant, comme tous ]es magnétiseurs du reste, au fluide magnétique, cette nouvelle forme de transmission *. Ces faits, je ne les ai pas reproduits, car je n'ai jamais constaté rien de semblable. Une seule fois, il y a de cela une quinzaine d'an^ nées, voulant faire cet essai, j'ai emporté une mèche de cheveux de ma grand'mère et je l'ai présentée à une somnambule. Elle m'a dit que ces cheveux appartenaient à une belle personne, pour laquelle j'avais une passion, à peine calmée dans ces derniers temps... Il est vrai que les cheveux de ma grand'mère, malgré son âge, sont restés noirs. Cette somnambule, comme toutes les somnambules extra-lucides, avait son «professeur», qui se faisait payer ses exploits. Pour être plus sûr de sa lucidité, le plus souvent il n'endormait pas son sujet; il se contentait de lui bander les yeux, ce qui donnait un air de sérénité aux consultations. Elle était cependant sensible et bien endormie, au moment de ma consultation. Seulement c'était un état dans lequel la sensibilité ne présente rien d'extraordinaire. Elle aurait sans doute deviné mieux à l'état de veille. Donc, je n'ai pas constaté ce phénomène, maïs il ne
* Le Dr E. Louis de Séré préfère une chemise ou un gilet de flanelle portés par le malade. On trouve dans son livre trente-cinq observations de ce genre, plus ou moins extraordinaires : Application du somnambulisme magnétique au diagnostic et au traitement des maladies, Paris, 1855. - . .
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