HYPOTHÈSE D'BNE ACTION PHYSIQUE DIRECTE
une. disposition de santé et de force convenables, s'il est fatigué, épuisé, par un excès quelconque, il ne produira rien ou très peu » (il pourra toujours hypnotiser), « bien quïly mette toute la volonté dont il est doué. Si, au contraire, le magnétiseur est plein de force et de santé, et qu'il magnétise machinalement, avec distraction^ sans volonté bien exprimée, il produira cependant des effets positifs,.. Pour faire cesser l'état niagnétique, il faut démagnétiser^ il faut dégager le sujet ou le membre sur lequel on a agi, de tout le fluide qu'on lui a transmis, et, par cela seul que le magnétiseur voudra que le membre ou le magnétisé lui-même soit remis dans son état normal, cela ne serapas; il lui faut encore agir physiquement et s'il ne le fait pas ou s'il le fait légèrement, il en résultera souvent des malaises qui pourront dégénérer en accidents graves. »
(Cette dernière remarque, indépendamment de la théorie du fluide, est très juste. On parle souvent des accidents nuisibles à la suite d'une magnétisation. Eh bien! jamais (et je m'appuie sur une expérience de dixneuf ans), jamais une magnétisation, faite dans des conditions régulières, ne peut faire de mal; au contraire, elle doit toujours produire plus ou moins de bien; le cas le moins favorable est quand refl*et est nul. Mais les expériences faites à la hâle, pour produire de l'effet, par des magnétiseurs ambulants ou par des hypnotiseurs qui n'ont pas étudié là littérature du sujet, sont très souvent nuisibles, et la cause principale des accidents est une démagnétisation insuffisante. On diminue de moitié Tefl'et favorable du magnétisme et quelquefois on cause des troubles sérieux, à la suite d'un réveil prématuré, trop brusque ou incomplet.)
« Les partisans de la volonté, dit encore le même auteur, semblent s'appuyer sur un autre exemple pour défendre leur cause; lorsqu'un magnétiseur endort h distance, sans faire un mouvement, un sujet qu'il a l'ha-
létiser, ou même qu'il magnétise pour la ils prétendent que la volonté agit seule. r; le magnétiseur, en se concentrant en oque rémission du fluide, qui va frapper idort. Là, comme partout, il y a une m du fluide vitale »
, assurément, est bien simple. Si le fluide lit assez oommode pour l'explication de le dire, que souvent, surtout dans les apipeutiques ; il faut agir ainsi, comme si le Wais, d'abord, il est certain que, dans un de faits, l'intervention du fluide est tbéoiie, et que là où nous sommes obligés de B action physique, elle ne prouve pas ènement, ni même l'existence d'un fluide ur dire tout en un mot : la théorie du simple vis-à-vis de la complexité de faits compliquée vis-à-vis de faits simples.
5 en quoiLafontaine a parfaitement raison, [u'on admet une action à distance, il faut une action physique. La pensée, comme ni se promener, ni rayonner ailleurs que iu qui lui appartient, ou auquel elle apl'émission, ou transport, aussi bien que le d'un fluide vital particulier ne pouvant 5, il nous faudra chercher un principe iir élucider notre problème.
étiser, p, 25-34.
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CnAPlTRE V L'HYPOTHÉSR D'UN FLUIDE UNIVERSEL
Théorie de Mesmer en opposition avec celle des mag^iétîseurs. — L'iniquité des auteurs contemporains vis-à-vis de Mesmer. — La matière et le mouvement. ^ Les hyspostasies métaphysiques.
— Une série de fluides. — Le magnétisme n'est pas un fluide.
— Les mots et les choses. — Les actions comme résultat des sensations. — Le sens intérieur. — L'instinct et la sensibilité cérébrale. — Gomment la volonté peut être communiquée. — Les appréhensions d'un grand novateur. — Les présensations. — Pourquoi la suggestion mentale se manifeste surtout dans des états hypnotiques. — Lemonoïdéismechez Mesmer. — Le « tonn du mouvement vital. — Certaines opinions populaires. — Les adversaires de Mesmer. — Les banalités académiques. — Théorie du D' Despine. — La suggestion et Téther. — Y a-t-il un vide dans la nature? — Newton et Mesmer. — Y a-t-il une action à travers le vide ? — Les grands horizons. — Tout par l'éther, — Suggestion et maladies. — Contagion à distance. — Les « fluides impondérables ». — Ce que c'est que l'éther. -^ Zoihier et la quatrième dimension»
On s'imagine généralement que c'est Mesmer qui était le promoteur de la théorie du fluide nerveux, vital ou magnétique, qui se dégage de notre corps, se projette au-dehors, se transporte en cas de besoin à travers Tespace, etc., etc. C'est une erreur, propagée par ceux qui n'ont pas lu Mesmer, ou qui n'ont pas pu le comprendre. La théorie que nous venons d'esquisser, très ancienne du reste, a été élaborée par un travail collectif de plusieurs de ses élèves indirects et surtout par les révéla--
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pesant, léger, luisant, sonore, coloré, etc. On substitua à ces épithètes> pour la commodité de la langue, des substantifs; bientôt on substantifîa les propriétés; oû dit la chaleur, la gravité, la lumière^ le son, la couleur^, et voilà Torigine des abstractions métaphysiques*-» »
On multiplia ces substances, on les personnifia. De là les esprits, les divinités, les démons, les génies, les archées, etc. « Il nous reste encore un certain nombre de ces entités, qu'il faut éliminer, pour arriver à une vue nette des phénomènes. « C'est en général, dit Mçsmer^ le but que je me propose d'atteindre (18). »
La matière présente plusieurs degrés de /ÎMtrfiW. L'eau est plus fluide que le sable, puisqu'elle peut remplir leâ interstices de ses grains, l'air est plus fluide que l'eau^ puisqu'il peut se dissoudre dans celle-ci, Téther est plus fluide que l'air... Il est difficile de déterminer où cette divisibilité finit, mais on peut supposer qu'il y a encore plusieurs degrés de ce genre et qu'il existe une matière primitive universelle , dont la condensation graduée constitue tous les états de la matière. Quoi qu'il en soit, il faut admettre, suivant Mesmer, que tout espace du monde est rempli, et on peut bien nommer ce fluide, qui remplit tout, fluide imiversel. Quelques physiciens ont déjà reconnu l'existence d'un fluide universel, mais ils ont eu le tort de préciser les caractères de ce fluide^ de le surcharger de propriétés et de vertus spécifiques, que nous ne pouvons pas connaître (22). Ce fluide existe, quoique nous ne sentons pas sa présence. Nous sommes, vis-à-vis de lui, à peu près dans la situation des poissons qui seraient sans doute fort étonnés si l'un d'eux leui* annonçait, que l'espace entre le fond et la surface de la la mer est rempli d'un fluide qu'ils habitent; que ce n'est qu'en ce milieu qu'ils se rapprochent^ qu'ils
< Mémoire de F.-A. Mesmer, docteur en mMociuc, sut ses décou* vertes (1778). Nouvelle édition avec des notes du D»- Piclicr Grauchamp. Paris, 1828, p. 17»
SUGGESTIOIf mentale; 2V
s'éloignent, et qu'il est le seul moyen de leurs relations réciproques (22). « Le fluide universel n'est que Vensemble de toutes les séries de la matière la plus divisée^ par le mouvement de ses particules n . Par lui Tunivers est fonda et réduit en une seule masse. Tout ce qu'on peut dire de lui, c'est qu'il est fluide par excellence et, par conséquent, qu'il doit présider surtout à des transmissions de mouvements plus subtiles que ne le sont celles effectuées par d'autres fluides plus connus. L'eau peut transmettre le mouvement à un moulin ; l'air transmet les vibralioiis des sons ; l'éther celles de la lumière ; le fluide universel les vibrations de la vie. Chacune de ces séries correspond à un degré des phénomènes,, et les vibrations de chacune de ces séries ne peuvent être perçues que dans un degré correspondant de l'organisation (de l'agrégation en général) de la matière (24). Ni îa chaleur, ili la lumière, ni l'électricité, ni le magnétisme ne sont des substances, mais bien des effets du mouvements dans les diverses séries du fluide universel. Sans être pesant ou élastique, etc., ce fluide détermine les phénomènes de la pesanteur, de cohésion, de l'attraction, etc., à la suite des réactions du mouvement communiqué.
L'attraction, à proprement parler, n'existe pas dans la nature ; elle n'est qu'un effet apparent des mouvements communiqués, et en général, toutes les propriétés et toutes les prétendues forces, ne sont qu'un résultat cornbiné de r organisation des corps , etdumouvememtdufluide, dans lequel ils sont plongés (25). C'est ce fluide qui préside aux influences mutuelles de tous les corps; et comme ces actions et réactions sont pour ainsi dire symbolisées dans l'influence mutuelle de l'aimant et du fer, on peut bien donner le nom de magnétisme universel à cette influence mutuelle gâiérale. Rien n'est soustrait à cette influence, qui. peut être plus ou moins inappréciable, mais qui théoriquement n'*a pas de bornes. Les
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corps célestes agissent sur nous et nous les corps célestes, aussi bien que sur ceu jlourent. C'est cette propriété du corps Tend susceptible d'une pareille action et ] cause d'une analogie avec l'aimant, peut < le magnétisme animal (Aph. 8). Par cons gnétisme aussi bien universel qu'anima fluide, mais une action; un mouvement e tière ; une transmission du mouvement et n tion quelconque. Un* déplacement quelc pa? se faire §ans remplacement^ car toi rempli (39), ce qui suppose que si un m( matière subtile est provoqué dans un corj aussitôt un mouvement semblable dans u tible de le recevoir, quelle que soit la disi corps (39).
« En considérant, ajoute Mesmer, que 1 proque est générale entre les corps; que représente le modèle de cette loi unive corps animal est susceptible de propriét celles de l'aimant, je crois assez justifier h du magnétisme animal que j'ai adoptée., regret qu'on abuse légèrement de cette dès qu'on s'est familiarisé avec le me d'avoir l'idée de la chose, tandis qu'on du mot. Tant que mes découvertes ont et des chimères, l'incrédulité de quelques s sait toute la gloire de l'invention; mai ont été forcés d'en reconnaître l'existence de m'opposer les ouvrages de l'antiquité, les mots fluide universel^ magnétisme, tnf nest pas des mots qu'il s'agit, c'est de la t de r utilité de son application (47).
La vie n'est qu'une manifestation d'i
• subtil, dont la cessation constitue la m
mouvements subtils, les sensations occi
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)ale : toutes les actions sont les résultats des sensa^t9). Les organes des sens correspondent à difTélegrés de subtilité des vibrations, qui nous inmi et ne sont susceptibles d'être influencés que genre spécial de vibrations. Mais la matière ner- Ile-même, comme le produit suprême de Torgatiy est capable d'être influencé directement par les ons les plus subtiles, de la matière la plus subtile, dire du fluide universel, et ceite faculté, jusqu'ici ïe ou mécoonue, Mesmer rappelle le sens inté- )0).
irai remarquer ici que cette dénomination revient t dans Thistoire de la psychologie, mais avec une ignlûcation. Aristote s'occupe déjà de cette ques- \.prés lui, Albertus Magnus, Occam, Giordano , Gremonius, etc., etc., parlent d'un sensus intenor ne de sensibus intemis* Mais ce terme a été pris, ns le sens d'un sensus communis, qui réunit toutes sations, soit dans le sens de la perceptioa et de la înce de soi-même.
lus souvent on ne faisait que travestir le problème sir Aristote : faut-il admettre un sixième sens pour que l'œil voit, pour entendre ce que l'oreille ente, ou bien enfin (dans la psychologie moderne), mait le nom de sens interne à la faculté de perles sensations internes corporelles {selbstempfia-r ). Le sens que lui donne Mesmer est tout difTél croit que la matière nerveuse en général et la ice grise en particulier peut être affectée dh*ec- . par les vibrations du fluide universel. U y voit urce de connaissances vagues, le plus souvcrtt éciables, surtout chez l'homme, chez qui les im- »ns des sens et le développement de la réflexion int ces faibles perceptions; mais chez les ani* qui ont des sens moins perfectionnés, cçtte sensimrement cérébrale compense l'imperfection des.
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sens, et les remplace dans plusieurs actes de leur vie. Elle les met en relation avec toute la nature, leur fait deviner les directions dans l'espace, pressentir les révolutions terrestres ou atmosphériques, Tutilité ou nuisibilité. de certains aliments, et, en général, forme une sorte d'expérience inconsciente à laquelle on a donné le nom d'instinct. Chez l'homme, cette faculté ne se manifeste qu'exceptionnellement dans le sommeil normal et surtout dans le somnambulisme, à la suite (Tun engourdissement des sens ordinaires et de V absence des idées eonscientes qui habituellement l'étouffent. « S'il est vrai, dit-il, comme j'essayerai de le prouver, que nous soyions affectés par l'enchaînement des êtres et des événements qui se succèdent, on comprendra la possibilité des pressentiments et d'autres phénomènes analogues (50). »
Dans l'état de « crise », les sens du somnambule peuvent s'étendre à toutes les distances. Il semble que toute la nature leur soit présente. La volonté même leur est communiquée indépendamment de tous les moyens de convention. Ces facultés varient dans chaque individu (52); le phénomène le plus commun est de voir l'intérieur de leur corps, et même celui des autres... Mais il est rare de trouver toutes ces faculté dans le même individu,
« Comment l'hoinnie peut-il recevoir rimfH'es^lon d'une autre volonté que la sienne ? (62) »
« Cette communication ne peut avoir lieu entre deux individus dans l'état ordinaire, que lorsque le mouvement, résultant de leurs pensées, est propagé du centre aux organes de la voix et aux parties servant à exprimer les signes naturels ou de convention ; ces mouvements sont alors transmis à l'air ou à l'éther, comme milieux intermédiaires, pour être reçus et sentis par les organes des sens externes. Ces mêmes mouvements ainsi rnor difiés par la pensée dans le cerveau et dans la substance des nerfs, étant communiqués en même tempi à la série
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externes plus OU moins interrortipue. « Les'impi des matières ambiantes ne se font donc pas organes des sens externes, mais directement et it tement sur la substance même des nerfs. Le sens devient ainsi le seul organe des sensations (78). »
2° Parce que à la suite de Tengourdissement d les fonctions psychiques de la mémoire conscie l'imagination, de la réflexion, etc., qui en déj médiatement ou immédiatement (77), sont, elles suspendues, et que par conséquent, les impi directes de la sabatance cérébrale,"se trouvant d de la pression des sens externes, « deviennent al sibles par cela même quelles sont seules » (le déisme). '< Comme la loi immuable des sensatic que la plus forte efface la plus faible, celle-ci p( sensible, dans l'absence dune plus forte. Si l'imj des étoiles n'est pas sensible à notre vue pen jour comme elle. nous Test pendant la nuit, quoic action soit la même, c'est qu'elle est alors effa l'impression supérieure de lapréserice du soleil (
Pour les transmissions individuelles de Tho l'homme, il faut encore admettre deux autres conc
1° Celle du rapport. L'action spéciale entre dei est favorisée par une sorte d'accord^ par une pro naturelle ou artificielle d'un ton du mouvement mouvement tonique analogue, et qui rçnd un ( plus susceptible d'une vibration appartenant à h catégorie (M, 75);
2° Celle de Véducation, Car la perfection de meil critique varie non seulement suivant la ma la crise, le tempérament et les habitudes des suje dépend aussi, et à un haut degré, d'une sorte d'éd qu'on peut leur donner dans cet état, et de la t dont on dirige leurs facultés ; on peut le compar égard à un télescope dont l'effet varie com moyens de l'ajuster (81).
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Lans un éfat favorable aux transmissions de tout genre, l*homme entre en relation avec toute la nature, et on pourrait le comparer à un liquide dont la surface parfaitement équilibrée, reflète comme dans un miroir, toutes les images de l'univers, retrace fidèlement tous les objets. Mais imaginez cette surface troublée par des secousses de toutes sortes (impressions des sens ordinaires) et vous verrez le liquide agité par une infinité d'ondes et de réactions, et la réflexion des images va disparaître.
Mais, évidemment, n est bien rare que toutes ces conditions de perceptivité cérébrale soient réunies. Emus par certains cas exceptionnels, différents observateurs ont cru pouvoir faire des somiiambules lucides à volonté. Us ont oublié que c'est toujours en état du sommeil que les rêves se mêlent à des sensations vraies. Ils ont confondu le magnétisme et le somnambulisme pour livrer tous les deux à la risée des hommes jensés *•
Mesmer ne se dissimule pas que même malgré toute la réserve qu'on peut mettre vis-à-vis d'un sujet uussi délicat, on aura de la peine à convaincre ceux qui n'ont pas eux-mêmes constaté les phénomènes. « Supposons, dit-il, un peuple qui s'endorme nécessairement au coucher du soleil, pour ne se réveiller qu'après son retour sur l'horizon : il n'aurait aucune idée du magnifique spectacle de la nuit. Si on apprenait à ce peuple qu'il existe au milieu de lui des hommes en qui cet ordre habituel a été troublé, et qui, s'étant réveillés pendant la nuit, ont reconnu à des distances infinies des corps lumineux innombrables, et pour ainsi dire de nouveaux mondes, on les traiterait sans doute comme visionnaires, en raison de l'extrême différence de leurs opinions. Tels sont, aujourd'hui, aux yeux de la multitude, ceux
î F,-A: Mesmer, vou P' Kerner, Frankfurt-am-Mein, 1836, p. 19.
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qui prétendent que dans le sommeil, l'homme a la faculté d*étendre ses sensations (80). »
« J*ai annoncé, dit-îl encore, par le mémoire que j'ai publié l'an 1779, les réflexions que j'avais faites depuis plusieurs années sur l'universalité de certaines opinions populaires^ qui, selon moi, étaient les résultats dobser^ valions les plus générales et les plus constantes. Je disais à ce sujet, que je m'étais imposé la tâche de rechercher, ce que les anciennes erreurs pouvaient renfermer d'utile et de vrai ; et j'ai cru pouvoir avancer que, parmi les opinions vulgaires de tous les temps » (imposition des mains, visions et oracles, influence de certains métaux, action mystique de l'homme sur l'homme, les jeteurs de sort, les dompteurs, les communications à distance, les pressentiments et les sensations simultanées, l'influence des vœux et de la prière, transmission de santé, du pouvoir, des maladies, etc., etc.), «il en était peu, quelque ridicules et mêmes extravagantes qu'elles paraissent, qui ne pussent être considérées comme le reste iune vérité primitivement reconnue (3). »
Et comme certains de ces procédés, par une observance trop scrupuleuse (44), par une application aveugle (43) semblaient rappeler d'anciennes opinions, d'anciennes pratiques justement regardées comme des erreurs (89), la plupart des hommes consacrés aux sciences et à Tart de guérir n'ont considéré ma doctrine que sous ce point de vue : entraînés par ces premières impresssions, ils ont négligé de l'approfondir. D'autres, excités par des motifs personnels, par l'intérêt de corps, n'ont voulu voir d^ns. ma personne qu'un adversaire qu'ils devaient abattre. Pour y parvenir, ils ont d'abord employé l'arme si puissante du ridicule, celle non ^ii^oias active et plus odieuse de la calomnie ; enfin la publicité immodérée d'un rapport (1784) qui sera dans iious les temps un monument peu honorable pour ceux rqui ont^Qsié ie signer' B'autres personnes, enfin c^n*
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vaincues, soit pgr leur propre expérience, soit par celle d'aiitrui, se sont exaltées et livrées à de telles exagérar lions, qu'elles ont rendu tous les faits incroyables. Il en est résulté pour la multitude faible et sans instruction des illusions et des craintes sans fondement. Yoilà quelles ont été jusqu'à présept, les sources de l'opinion publique contre ma doctrine (89, 90). »
Jusqu'à présent... Oui ! jusqu'à 1886 I
« J'abandonne volontiers ma théorie à la critique, déclarant que je n'ai ni le temps ni la volonté de répondre. Je n'aurais rien à dire à ceux qui, incapables de me supposer de la droiture et de la générosité,, s'attacheraient à me combattre avec des dispositions pure^ ment hostiles, ou sans rien substituer de mieux à ce qu'ils voudraient détruire; et je verrais av«c plaisir de meilleurs génies remonter à des principes plus solides, plus lumineux, des talents plus étendus que les miens, découvrir de nouveaux faits » (ils ont découvert de nouveaux noms) « et rendre, par leurs conceptions et leurs travaux, ma découverte encore plus intéressante. Il suffira toujours à ma gloire d'avoir pu ouvrir un vaste champ aux calculs de la science et d'avoir en quelque sorte tracé la route de cette nouvelle carrière (92). »
Telles étaient les opinions de l'illustre « charlatan ».
On peut faire des réserves sur plusieurs points de cette hypothèse, et, pour ma part, j'essaierai plus loin de présenter les faits sous un aspect un peu différent; mais on conviendra, je crois, en comparant ses idées avec celles de ses successeurs, que c'est là la seule théorie qui mérite ce nom.
Comme nous sommes loin îcî des grossièretés des magnétiseurs avec leur fluide, qui se transporte^ qui tourne les murs et flotte dans l'air pour frapper le sujet prédestiné, et s'installer dans son corps l Sans égard aux avertissements de leur mallre» ils ont hypostasiét
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subsiancîàlisé une action, en créant une entité métaiphy-; sique nouvelle, tandis qu'il voulait lui^ nous débarrasser des anciennes I
Mais aussi comme nous sommes loin ici de ces banalités académiques qui attribuaient touslesphénomènesdu ma* gnétisme à Timagination, à Timit^Uion et aux jongleries !
Heureusement, les préventions passent et Texpérience reste.
Sans s'en douter, on commence à revenir à la source ; M. le D' Despine (fils) * vi^int de publier en 1880, c'està-dire cent deux ans après Mesmer, les réflexions suivantes :
« Explication du phénomène de la transmission de la pensée. Une action à distance sur les phénomènes psychiques des somnambules ne pouvant plus être mise en doute, cherchons à l'expliquer au moyen des agents naturels. Disons en premier lieu que l'expression « action à distance » est issue de la croyance qu'ily a du vide dans la nature. Or, il n'en est point ainsi. »
Avant de continuer l'exposition des idées de M. Des* pine, je ferai remarquer que s'il a parfaitement raison en rejetant l'action à distance dans le sens absolu du mot, c'est-à-dire à travers le vide, il s'avance un peu trop en affirmant la non existence du vide. C'était une erreur de Mesmer, qui, lui aussi, s'imaginait le nionde absolument plein. Cette supposition est incompatible avec l'idée du mouvement, tel qu'il est nécessaire pour expliquer une transmission quelconque. On peut bien se représenter le mouvement d'une sphère qui tourné autour de son axe sans déplacement, mais dès qu'il s'agit de transmettre un mouvement quelconque il faut bien admettre un espace libre, un choc communiqué à travers cet espace libre, par conséquent le vide. L'admis-
< b' p. Despine, Étude scientifique sui' le somnamb'utimé, Pîfris, 1880» p. 222*229.
sion d'un milieu de plus en plus élastique, et qui, en raison de cette élasticité, n'oppose aucun obstacle, ne nous servira à rien, parce que, en admettant une ma- , tière, la plus subtile possible, on est toujours réduit à lui assigner des particules séparées par des espaces vides. Ou le vide existe ou le mouvement n'existe pas. Le mouvement étant un changement de. place, il faut une place pour pouvoir la changer. Il n'y a pas à sortir de là. Je ne sais pas s'il en est ainsi pour a la chose en elle-même » de Kant, mais ce que je sais, c'est qu'on se fait une illusion si on croit pouvoir comprendre un mouvement sans le vide; un mouvement immobile, si on me perniet cette expression, — oui, mais celui-ci ne nous sert à rien — une transmission de mouvement, non *.
En tout cas, c'est là une question indépendante de l'action mystique à distance. Le vide peut exister et l'action à distance à travers le vide peut ne pas exister.
Les mathématiciens se rompent souvent la télé en voulant calculer les actions et réactions qui doivent avoir lieu entre deux points matériels, séparés par un espace vide. Peine perdue I Enlre deux points matériels séparés par un espace vide, il n'y aura aucune action ni réaction, « L'attraction universelle, comme qualité occulte des corps est une idée insensée, infiniment plus difficile à comprendre que la transmission de pensée. Et ce n'est pas moi qui lé dit, cest Newton. On a brutalisé, idiotisé la théorie de Newton, comme celle de Mesmer, ne pouvant pas comprendre la nécessité des idées subtiles pour des causes subtiles. Newton lui^ même, et c'est ici que M. Despine a parfaitement raison «n le citant, rejetait une action à distance. Voici, en effet ce que dit ce grand génie : « Il est incompréhensible qu!unô matière brute (ou quelconque) puisse,
* rai développé ailleurs ces problèmes de philosophie physfo^ie. Voir surtout mon traité ; « La Force comme moi*vemeut » (1879).
HYPaTHÈSE D'UN FLUIDE UNIVERSEL 481
sans l* intermédiaire de quelque autre chose qui ne soit pas matériel, agir, opérer sur une autre matière sans contact mutuel. Que la gravitation soit inhérente, essen- -tielle à la matière, de manière qu'un corps puisse agir sur un autre à distance à travers l'espace, sans l'intermédiaire de quelque chose à l'aide de quoi leur activité, leur force» (leur mouvement tout simplement) « puissent se transmettre de l'un à l'autre, me paraît une si grande absurdité j que je ne crois pas qu'un homme qui ait la compétence de penser aux matières philosophiques puisse jamais y tomber. »
Eh bien ! c'est cependant l'opinion de la majorité des savants d'aujourd'hui.
Mais continuons l'analyse de M. Despine î
« Les recherches des physiciens modernes confirment la manière de voir de Newton, en ce sens qu'elles prouvent que le vide n'existe pas » (encore la même confusion), « que l'espace est plein de la matière éminemment subtile appelée éther^ dont les attributions sont non seulement la transmission de l'électricité et du magnétisme terrestre, mais encore celle de la lumière et de la chaleur » (Une matière éminemment subtile veut dire une matière éminemment raréfiée, et quand quelque chose est raréfié, c'est qu'il y a du vide entre ses particules). « Les vastes régions interstellaires ne sont donc pas des régions de vide et d'isolement. Nous les trouvons remplies de ce milieu qui s'étend partout, si bien que quand une molécule d'hydrogène vibre dans Sirius, le milieu en reçoit une impulsion ; mais la distance de cette étoile est si grande que cette impulsion reste trois années pour arriver à la terre. Et cependant cette distance ïC altère en rien les vibrations transmises, ry (Cela, c'est une autre question : on n'a pas été dans Siriiis pour pouvoir les comparer.)
M. Despine cite encore un passage d'Herbert Spencer^ dontje rapporterai un fragment X , .
<c La découverle que la malière en apparence si simple est, dans sa structure intime, étonnamment compliquée ; et cette autre, que ses molécules, oscillant avec une rapidité presque. infinie, propagent leur impulsion . à Téther environnant, qui la transmet à des distances inconcevables, en des temps infiniment petits, nous conduisent à cette découverte, plus merveilleuse encore, que les molécules de chaque sorte sont affectées dune manière spéciale par les molécules de même sorte qui existent dans les régions les plus lointaines de l'espace ».
C'est bien là Tidée de Mesmer.
M. Despîne cite' encore M. (Bertrand de TAcadémie pour consacrer l'existence de Téther et son action dans les phénomènes de lumière, de l'électricité, etc., puis il ajoute ;
« Pourquoi n'auraît-îl pas une égale importance dan^ la nature organique ? Ne peut-on pas supposer avec raison que ce qui, dans ce milieu universel, est le principe de la lumière, de l'électricité et de la chaleur, peut bien, uni à la substance nerveuse, être le principe de la vie chez l'animal doué du système nerveux, et par conséquent le principe de t activité de ce système et de ses diverses fonctions? Quand on songe que ce système n'est pas absolument nécessaire à la vie, puisque les végétaux et les animaux les plus inférieurs en sont dénués, quand on songe que la lumière, la chaleur et l'électricité, c'est-à-dire les principales manifestations de Téther, sont nécessaires à la vie, puisque partout où elles sont insuffisantes, la vie végétale et la vie animale sont impossibles, et que la vie est d'autant plus active que ses manifestations sont plus puissantes; quand on songe à tout cela, disons-nous, n'est-on pas en droit de supposer que le principe de la vie dans les corps organisés réside réellement dans ces trois manifestations de téther, et que le système nerveux n'est nécessaire que pour présider à la spécialité de chaque fonctioni alors
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que Yéther le met en activité ? Cette hypothèse, que nous émettons ici, nous parait assez rationnelle pour que nous nous permettions de la soumettre à l'appréciation des savants (?85) »•
J'avoue que je ne comprends pas bien l'avantage de ce transport dans Téther du principe de l'activité nerveuse et organique en général; je ne crois pas qu'il deviendrait par cela plus compréhensible. On a mis déjà tant de choses sur le dos de cet aimable intermédiaire! M. Despine attribue à l'éther la chaleur, la lumière, l'électricité, le magnétisme terrestre, la gravitation, l'attraction moléculaire, les affinités chimiques, les fonctions de la vie organique,, celles de l'automatisme et enfin celle du cerveau. Je crois qu'il ne reste plus grand'chose à distribuer. Si, reste la Providence. Mais cela a déjà été fait. Spiller {Gott im Lichte der Naturwissenschaften) attribue à l'éther, outre toutes ces belles choses, encore la divinité. Dieu, c'est l'Ether, dit-il. Je nç vois pas d'inconvénient à ce qu'on aille si loin, mais alors pourquoi s'arrêter? Appelons le Fils la lumière, l'Esprit-Saint l'électricité, et tout sera expliqué. Il ne restera qu'à comprendre, comment l'Ether construit les organismes et veille sur l'humanité...
Revenons à la suggestion mentale.
« D'après ces données, continue M. Despine, on conçoit comment l'activité cérébrale, qui préside aux manifestations psychiques, puisse sous certaines conditions d'impressionnabilité »> (lesquelles? une théorie de transmission devrait les préciser), « retentir d'une façon efficace sur le cerveau d'un autre individu au moyen de Véther^ y déterminer une activité de même nature, et y faire surgir des éléments instinctifs, des pensées, des représentations mentales et des volontés semblables. Tout acte psychique a incontestablement pour cause une modification cérébrale des vibrations, un mode particulier d*activité dans les cellules de la substance grise du cer*
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m DE LA SUGGESTION MENTALE
veau. Ces vibrations ne sont pas, il est vrai, susceptibles d'imprimer, par l'intermédiaire de l'éther, des vibrations semblables d^ns les cerveaux sams (?) environnants. Cependant, quelques faibles que soient ces vibrations, elles ne se propagent pas moins au dehors, frappent ces cerveaux sans effet. Mais, supposons que parmi ces cerveaux, il s'en rencontre un, qui soit dans un état d'impressionabilité telle, qu'il soit influencé par les vibrations éthérées, provoquées par l'activité d'un cerveau sain, et que ces vibrations produisent dans ce cerveau impressionnable des vibrations identiques : Tactivité de cet organe donnera certainement lieu à des idées semblables. Ainsi s'explique naturellement la transmission de la pensée, de la volonté d'un individu à un autre, sans signes extérieurs. Si cette action est rare, cela ne tient ni au mode d'action du fluide éther, ni aux lois qui dirigent ce mode d'action, deux choses qui ne changent pas ; cela tient à tétat particulier dans lequel le système nerveux peut être influencé par cette action si faible, état qui réside surtout dans une sensibilité extrême^ anormale, pathologique (?) et heureusement rare de ce système. L'action de l'agent est toujours la même ; ce qui varie et ce qui rend le phénonjène rare, c'est l'état des organes nerveux qui reçoivent l'action de Tagent. »
C'est juste, quoique assez vague.
« Au moyen de cette cause de transmission à distance transmission qui n'est pas douteuse, et qui ne peut tenir sur la réserve pour le cas présent, que parce qu'elle n'est pas encore entrée dans le domaine de nos connaissances vulgaires, s'explique non seulement la transmis sion de la pensée chez les somnambules, mais encore la raison par laquelle les personnes, dont la constitution nerveuse est puissante, dont l'activité cérébrale est énergique et dont la volonté est forte, sont plus $tplea à magnétiser que les personnes ^ constitution faible. On, 8'çxpUqu^ aussi l^ ,çontagion nerveuse ^ a4mi99 par^
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M. Bouchut* , contagion qui propage à distance, dans certaines conditions, les phénomènes somatiques et psycliiques, qui caractérisent les diverses folies épidémiques; on s'explique organiquement la contagion des éléments instinctifs, la contagion morale; ou s'explique l'ascendant que les âmes fortes exercent sur les âmes faibles » (mais si elle frappe sans effet les ceTweaux sains, comment peut-elle transmettre tout cela?...) « On s'explique pourquoi les procédés magnétiques, les passes, soit au contact, soit à distance, peuvent produire les divers phénomènes dits magnétiques. On s'explique pourquoi les organes rendus très impressionnable, par une mala-
1 Voici le passage sîgnilicatif de cet émînent observateur : « On dirait que dans certains cas, notamment pour ce qui concerne les névroses convulsives, il exista une action physique directe du malade sur l'homme sain, par une émanation nerveuse dont l'influence produit à distance l'état convulsif, car enfin il est diflicile de toujours expliquer le fait par l'imitation, telle qu'on la comprend habituellement. Quoi qu'il en soit, à rencontre des autres mode» de contagion qu'on croit connaître, en les attribuant à des miasmes, le choléra, par exemple, on ne connaît rion de la cause des névroses épidémic{ues, chorée, hystérie, pas plus de leur principe contaç:ieux, si tant est qu'il en existe un, que du véhicule dans lequel il serait enfermé. Il est facile de faire des suppositions à cet é^i^ard, mais il est impossible d'en démontrer la nature... L'action de cette contagion nerveuse est extrêmement puissante et presque sans limites. Elle 8*exerce sur l'homme et sur les animaux, à tous les âges, principalement dans la jeunesse, et son influence est plus grande chez la femme que chez l'homme. Elle lient à la fois de la contagion par l'apparence d'un agent contagieux et de l'imitation, par son caractère moral et mental. » (Bouchut, De la contagion neigeuse et de l'imitation dans leurs rapports avec les maladies nerveuses^ 1862, p. 14.)
Je cite d'après J. Rambosson : Phénomènes nerveux^ intellectuels et moraux f leur transmission par contagion, Paris, 1883, p. âOO, 201. Cet auteur ne parle pas de la suggestion mentale, mais il formule une loi de transmission du mouvement expressif ainsi conçue : « Un mouvement cérébral oupsychique peut, en traversant divers milieux, devenir j)urement physiologique, puis physique^ puis de nouveau physiologique, et enfin cérébral oupsychique, sans se dénaturer, c'est-à-dire en conservant le pouvoir de reproduire tous les phénomènes qui sont sous sa dépendance » (p. 187). Cette loi peut être considérée comme la. formule générale des théorie» psi'cho -physiques. (Voir le chapitre suivant.)
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die et les organes les plus fournis de ganglions et de nerfs, tels que la tête, Tépigastre, le trajet des cordons nerveux, le cou, les bras, les extrémités digitales, sont les parties les plus impressionnées par les passes » (mais c'est alors le nombre de fibres nerveux qui explique tout cela, et non la théorie de léther) « on s'explique enfin cette action si remarquable de la volonté de certains individus sur d'autres individus, sans signe extérieur... * effet que nous avons vu se produire d'une façon si remarquable par Gastellan, condamné ponr viol aux assises de Draguignan (227). »
Un peu plus loin l'auteur signale comme cause de cette impressionnabilité particulière des sujets suggestibles mentalement : « les affections névropatblques, hystériques, et l'anémie (229) ».
C'est un lieu commun des hypnotiseurs, que de confondre tout cela avec la sensibilité hypnotique qui est un caractère primordial, indépendant de toute maladie. On peut être éminemment sensible et tout à fait bien portant. Il est seulement plus facile à une personne hypnotisable de devenir hystérique qu'à une autre, ou au moins l'hystérie prend alors le caractère convulsif de la grande hystérie. Les névropathes en général ne sont pas plus sensibles que les personnes bien portantes. (Dans le service de M. le D' Aug. Voisin à la Salpêtrière, nous n'avons trouvé que 28 sur 100. Chez les individus bien portants la proportion est de 30 p. 100 environ. Quant à Vanémie (encore une erreur propagée parle professeur Heidenhain I), elle est plutôt une condition défavorable; en tout cas, un cerveau anémique n'est pas nécessairement plus impressionnable qu'un cerveau hyperémique. J'admettrais plutôt le contraire.
Enfin, il termine par la réflexion suivante :
« S'il n'intervient ni fluide nerveux, ni fluide magnétique dans les phénomènes dits de magnétisme animal, ainsi que le supposait l'ancienne théorie, le fluide uni-
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versel y intervient positivement, si ce n'est comme cause directe des phénomènes, du moins comme agent de transmission du mode d'activité du système nerveux d'une personne, au système nerveux d'une autre personne. »
'^ En somme, entre la théorie de H. Despine et celle de Mesmer, qu'il ignore ; il n'y a que quelques diffé-
' rences de détails, si je ne me trompe pas, à l'avantage de cette dernière.
Mesmer croyait, comme Spencer, que les particules d'une certaine matière sont affectées principalement par les particules qui ont des mouvements analogues et, guidé par cette pensée, il a admis une série de mouvements de plus en plus subtils, et une série d'états de matières de plus en plus raréfiées à l'état solide, liquide, gazeux, éthéré et un état encore plus subtil, du fluide universel ou de la matière primitive, qui peut elle aussi présenter des degrés, qui nous sont inconnus. Bref, il a divisé le travail de la nature, et distingué le fluide universel, susceptible surtout de vibrations vitales, de Féther, auquel il abandonne principalem^i la lumière. Â vrai dire, nous ne savons rien de toute cette organisation; mais, puisque cela ne tient qu'à nous, nous pouvons nous permettre le luxe de plusieurs séries ; c'est au moins plus juste, que de rejeter tout sur le dos d'un seul fluide. Puis, je crois qu'il n'y a pas de limites absolues dans la nature, et j'aime mieux la graduation de Mesmer, que le fluide, sans doute impondérable, de M. Despine, c'est-à-dire de la majorité des physiciens modernes. Ce fluide, qui n'est qu'une négation absolue delà matière « pondérable », constitue une espèce de matière absolument contraire à tout ce que nous savons de la matière ordinaire, et, disons-le franchement, contraire au sens commun. Les particules de la matière ordinaire s'attirent, celles de l'élher se repoussent, etc., un las de fantaisies I L'éther est un fluide mpondérable.
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Or, si fluide veux dire quelque chose, fluide impondérable veut dire un non-sens. Un fluide, c'est-à-dire quelque chose qui peut couler, doit être poussé par quelque chose et par conséquent, peser sur quelque chose. D'ailleurs on admet que les molécules del'éthersont attirées par la matière ordinaire, et lorsque un corps est attiré par un autre corps, il pèse sur lui. Puis, Téther ne peut pas remplir tout Tespace , précisément parce qu'il est raréfié. Enfin, si c'est lui qui doit nous expliquer les attractions et la pondérabilité, il ne peut pas être en lui-même ni pondérable, ni impondérable, puisque ce n'est que par une relation entre lui et la matière ordinaire que ces qualités se manifestent.
En un mot, je comprends la nécessité d'un gaz plus raréfié que les gaz que nous connaissons, c'est-à-dire plus raréfié que l'hydrogène (il y en a peut-être plusieurs — je n'en sais rien), mais je ne comprends pas une matière qui n'est pas matière, un corps raréfié quisupprime le vide, un deus ex machina qui doit tout expliquer, sans être lui-même compréhensible. J'aime mieux mon ignorance qu'une science pareille. Et je supplie les mathématiciens de ne pas s'imaginer qu'ils peuvent découvrir quoi que ce soit, en dehors des relations fondées sur l'expérience. Un psychologue peut bien savoir cela. Il peut estimer autant qu'on voudra, les quatre, cinq et n dimensions qu'on lui développe à l'aidé de symboles abstraits, mais il avoue franchement, qu'il peut bien s'imaginer les trois dimensions^ mais pas plus. Si Zœllner vivait encore, il aurait sans doute expliqué la transmission mentale par un passage à travers la quatrième dimension, et nous aurions eu une théorie en plus.
Sans cela, il ne nous reste qu'à signaler une dernière, uniquement pour eff'ectuer une transition, entre les hypothèses précédentes et la nôtre.
Cette transition nous la trouverons dans la théorie de Puységur,
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