‹ De la suggestion mentaleChapitre 27 sur 39 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

LIIYPOTHÈSE D'UNE TRANSMISSION PSYGHO-PHYSIQUE

Théorie du marquis de Puyséjçur. — Un précurseur de la théorie mécanique des forces. — Transmission du mouvement. -^ Un précurseur d'Ampère. — La pensée et le plateau d'une machine éJecirique. — L'action de Paris à Versailles. — L'ondulationnisme du D' Perronet*

Le sympathique sorcier deBusancy, quia pris tellement à cœur la suggestion mentale, mérite bien une mention de notre part. Il était soldat*, et aimait à trancher les questions. Les séries du fluide universel de Mesmer, ont eu de la peine à s'installer dans sa tête ; mais il était un marquis trop courtois pour en vouloir à son maître. 11 s'accuse plutôt lui-même d'incapacité métaphysique, et avoue, qu'après avoir assisté pendant deux mois au cours théorique du D' Mesmer, il savait à peu près autant du magnétisme qu'auparavant (30). D'ailleurs, la théorie lui importe peu. « Augmentez le nombre d'expériences, dit-il, et vous arriverez à une théorie ; autrement, vous perdrez votre temps. S'il avait fallu attendre, pour reconnaître les phénomènes connus de l'électricité, de l'aimant et du galvanisme, à être d'accord sur les explications de leurs causes^ il est à croire qu'on n'aurait

* Maréchal de camp du corps royal de Tartillene. Les citations qui vont suivre sont tirées de louvrap^c paru en 1807 : c Du magnétisme animal considéré dans ses rapi)orts avec diverses branches do la physique générale »•

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aujourd'hui ni paratonnerre, ni boussole, ni pile de Vol ta. Y a-t-il un fluide électrique, un fluide magnétique, un fluide galvanique ? (26)... Il n'en sait rien, mais ce qu*il sait, c'est qu'il n'avait pas besoin de connaître les pôles, ni même de croire à l'existence d'un fluide, pour agir sur Victorou Madeleine^ « Je me gardardonc bien, ajoute-t-il, de préférera une certitude acquise par l'expérience, l'hypothétique probabilité d'un fluide magnétique, dont aucun physicien p'a jamais pu constater, l'existence (35). »

Puis, il passe en revue les phénomènes de la chaleur, du feu, de la machine électrique, de la lumière, de la pile de Volta et du galvanisme, de Taimant et des sourciers (individus sensitifs qui retrouvent, paraît-il, les courants d'eau souterrains), et par une série de comparaisons etde réflexions d'une limpidité parfaite, il arrive à reconnaître, en opposition des idées dominantes de son temps, que la chaleur n'est que F effet sensible au contact de la transmission d'un mouvement (37), et que, par conséquent, le « calorique n'existe pas (38) », que la cause des propriétés magnétiques de l'aimant dérive uniquement d'un mouvement tonique et intestin dans le fer, d'une nature à peu près semblable à celui reconnu existant dans la pile de Volta (théorie d'Ampère 1 (71). Enfin que tout est « transmission du mouvement ».

Puységur est incomparable dans ses déductions d'une expérience de transmission de pensée, mise à côté d'une expérience de machine électro-statique. Il se pose deux problèmes : allumer à distance un morceau d'amadou à l'aide d'une étincelle électrique, et agir mentalement à distance sur son frère qui est à Versailles. « J'ai fait une action de tourner la manivelle delà machine, n'ayant pas bougé déplace; cette act^ion a eu nécessairement son indispensable résultat, qui est de communiquer du j mouvement; d'où je coticlus que tous les niorceaux d'amadou du monde, ne peuvent s'enflammer que par la transmission d'un mouvement cmnmuniqué f46) ..» Mon

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