HYPOTHÈSE DUNE TRANSMISSION PS YGHO PHYSIQUE
frère est à quatre lieues d*ici, à Versailles. Voyons comment je pourrais lui transmettre du mouvement. Rien de plus simple : je me rappelle son image et je pense à lui. — Voilà du mystique et du sortilège ! — Point du tout; c'est de la plus saine physique. Tout acte humain n'est-il pas précédé de la volonté de l'opérer ? Cette volonté n'est-elle pas elle-même précédée de la pensée qui a conçu (soit à tort ou à raison), la possibilité de son exécution? Cette pensée en est donc le principe moteur; elle est donc en moi^ ce qu'est le plateau de verre dans la machine électrique, — Et vous croyez que vous pourrez produire quelque effet sur votre frère par laction de votre pensée? — Non certainement 1 il s'apercevrait moins encore, dans ce cas, de l'action de ma pensée, que vous ne vous apercevez vous-même» en n'étant point isolé, de l'action du plateau tournant d'une machine électrique (53). »
Il faut donc être « isolé » pour pouvoir se ressentir 'd'une transmission du mouvement, autrement imperceptible. Imaginez une série de billes d'ivoire suspendues par des fils, et contiguës les unes a,ux autres. Si je frappe la première, la dernière s'échappe à l'instant même. Si je frappe d'un coup de marteau Texlrémité d'une tige a'acier, elle s'aimante. Les particules ne peuvent pas s'échapper, comme la dernière bille suspendue, mais elles n^entrent pas moins en mouvement; leur « mouvement intestin » est accéléré et réglé d'une façon inconnue, et voilà la barre magnétisée. Pareillement, en eflectuant un choc intérieurde ma volonté, je transmets du mouvement, qui peut retentir sur un être éloigné (33, 52). , On le voit, c'est la théorie de Mesmer simplifiée . et popularisée, moins le fluide universel, dont Puységur ne s'inquiète guère, et moins la précision remarquable de l'initiateur du magnétisme.
Cette théorie a été présentée dernièrement par le D' Perronet sous le nom cVondulaU'onisme. Il la formule très brièvement :
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49à t)E LA SUGGESTION MENTALE
« La suggestion est un phénomène par lequel un individu transmet à un ou plusieurs autres individus ses propres pensées, conscientes ou inconscientes, en les matérialisant dans les formes des objets représentés par elles, et en passant par cette série de phénomènes intermédiaires :
1® Ondulations nerveuses d'origine centrale et à directions centrifuges, lesquelles ondulations sont provoquées par un mécanisme inconnu, dans les organes qui servent de support à ses facultés psychiques;
2® Ondulations, à la périphérie de son corps, de contractions fibrillaires ou autres phénomènes kinésiques, le plus souvent inconscients ;
3** Ondulations déterminées dans le milieu cosmique par les mouvements précédents;
4° Choc des extrémités nerveuses des individus récepteurs par ces ondulations cosmiques qui produisent dans les centres psychiques de ceux-ci le dernier phénomène ondulatoire, traduit par la perception réelle de l'objet signifié par l'idée *• »
Et maintenant faisons l'abstraction de toutes ces théories, en ne nous rappelant bien que les faits. J'essaierai de les rendre compréhensibles, autant qu'il est possible, dans l'état «ctuel de nos recherches. Et toi, cher lecteur, surveille - moi bien, de peur qu'il ne m'échappe une bêtise ; ce qui est bien possible dans une question aussi ardue, et ce qui arrive souvent à ceux qui sont sévères envers d'autres...
« Claude Perronet, Dicmagn. animal, 18«4, p. 60, 6!. Voir aussi son article « La suggestion mentale » dans la Science et Nature, no 49 du !•' novembre 1884, où l'auteur attribue /oitt (!) les phénomènes hypnotiques à une action mentale. Ce volume était sous presse, lorsque parurent deux brochures, l'une du même auteur. Forcé pst/chigiie et suggestion mentale^ Paris, 1886 et une autre du D' Kiigcho Alliol, Lasuggesliun mentale et l*action des médicaments à disUmce, Paris, 1886.
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