un coup étu- Un grand s à toutes ï m*orien
Un jour, fie salle de la lumière aron Reians Tobs- Li chimiste En revanez intéres- ►les voient îhine élecèretout à )longation
par deux î plusieurs
la suggcs-
et d'une
mais très irritation, ticularité, e halluci-
Endormi yen équi-
au point nplet (aip, il fallait s contrac-
dbyGoogk
turés, et dès qu'on obtenait de lui une réponse, il ne dormait plus; un certain étourdissement et une contracture générale persistaient seuls. On pouvait réveiller seulement un hémisphère et une moitié du corps (du même côté), mais il fut impossible d*obtenir le somnambulisme, il passait directement de Fétat « léthargique » à l'état de veille; mais a Tétat de veille, aussi bien qu'en léthargie on pouvait obtenir par des passes localisées : rinsensibililé, Thyperesthésie, l'attraction, la catalepsie et les contractures. Jamais une hallucination. L'hyperesthésie neuro-musculaire fut tellement prononcée qu'il suffisait d'opprocher un doigt, un aimant, de projeter un rayon de lumière, ou seulement de concentrer le regard sur un point nu du corps, pour produire une contraction ou une contracture locale.
Si j'essayais de l'influencer mentalement en commandant un mouvement, ce mouvement ne s'accomplissait pas, mais le membre visé par mon regard entrait en contracture. Si, au lieu d'agir par le regard, j'agissais par-des gestes, il y avait une attraction excessivement forte dé tout le corps et il exécutait tous les mouvements indiqués par les attractions, jusqu'au moment où une contracture générale l'obligeait de tomber raide ou de rester immobile. Il fallait alors enlever la rigidité, par un léger massage, pour continuer l'expérience.
Cette sensibilité particulière s'est développée peu à peu. ^l'attraction, ne se manifesta qu'à la cinquième magnétisation. (Toutes ces expériences ont été présentées à la Société médicale de Lemberg en 1881.) Il était bien prouvé pour moi qu'il pouvait être influencé par le regard (quoique les expériences ne réussirent pas toujours quand elles furent faites à l'improviste), mais il était certain en même temps, que la suggestion mentale toute seule restait toujours sans résultat. Il n'y avait . même pas trace d'action. Hypnotisé, il obéissait à tout le monde, magnétisé, il ne suivait que son magnétiseur;
dbyGoogk
l pouvait le réveiller, ou faire disparaître la >, mais toujours par un massage, les passes, le souffle et non par ordre mental. Une ou teulement, j*ai réussi, dans cet état d'étouruonientané du cerveau qui précédait le réveil, nettre quelques setisations physiques (une piureuse, un goût amer, etc.), mais là encoi'e es incertitudes d'interprétation et je ne pourpantir la valeur de quelques succès, •e sujet, fut un jeune homme, également de î, mais faible en général, très intelligent, un fue et poitrinaire. Il était très sensible, trop ^me à toutes sortes d'impulsions. {Fxp. hyp, contracture instantanée de tout le bras.^; )n de l'hypnoscope sur le creux de Testomac chez lui une suite de phénomènes singuliers, )ns, des contorsions, des cris perçants prolonouvements rotatoires des bras, de la tête et 3rps. H fut aussi remarquable par les visions liqiies et suggestives de tous les sens.
^lence. — Le sujet en somnambulisme (état
3) compte de un à cinquante. Il devait être
par un ordre à dislance. Résultat : quol-
dences, mais le plus souvent la paralysie se
— elle précédait Tordre mental; par conséllait la considérer comme provoquée par l'i-
- Je touche la nuque avec un doigt et je lui entalement de se lever et d'aller s'asseoir sur lujet se lève un peu, puis glisse par terre, incline, se met à genoux. Un des assistants, B..., affirme que c'est lui qui lui avait ortalement de se mettre à genoux. (Il est proi faible pression de mon doigt, dirigéeun peu bas, car il avait baissé la tête, lui suggéra
dbyGoogk
l'klée de s'asseoir par terre, ensuite l*Jiumilité de cetl« position fit naître dans son esprit l'image d'une attitpda humble par excellence et plus commode, celle de se mettre à genoux, — tandis qu'en même temps et par une association semblable, Tingénieur B... a eu Tidéc de la lui ordonner.)
3* exp, — Sans contact et sans gestes. Tous les assistants pensent à lui faire lever la jambe droite.
Il reste immobile, mais déclare avoir envie de danser. (Rapprochement insuffisant pour autoriser une conclusion.)
4*' exp, — C'est moi seul qui commande, sans contact, mais avec des gestes, et en dirigeant le regard vers le membre en question. Le sujet a les yeux bandés. Je me tiens debout devant lui, à 2, 3, 4, 6 pas de distance.
il exécute bien plusieurs mouvements : se lève, va à droite, à gauche, en avant, en arrière (il recule lentement et avec difficulté), se met à genoux, s'asseoit. Je lui ordonne d'étendre le bras droit — il lève le bras gauche. C'était la seule expérience quin'avait pas réussi; je me trouvais alors à 6 pus de distance.
Les mêmes expériences répétées sans gestes^ ne don-nent aucun résultat positif.
Les mêmes expériences répétées avec des gestes, mais sans une concentration spéciale de la volonté^ donnent 4 peu près le même résultat positif.
Quelques jours plus tard :
5® exp. — Le sujet en somnambulisme (état polyidéiquepsissif), a les yeux bandés et les oreilles bouchées, je me tiens devant lui à une distance de 4 à 5 mètres, en. exécutant les gestes d'attraction et de répulsion.
Pendant près d'une heure tous les essais réussirent. Le principal consistait à vérifier si le sujet sentait réelle-
dbyGoogk
présence. Je me suis donc caché dans des coins en l'attirant vers moi. J'ai pris toutes les prépossibles pour ne faire aucun bruit. Je chanbottines, une autre personne imita mon pas, 1 de rinduire en erreur par la parole, etc., — ivait partout et me retrouvait' toujours. En it, il flairait comme un chien de chasse, (J*élais eur dans cette société et mon habit était im- B Todeur du tabac.) it définitif: il fut guidé :
une sensibilité exceptionnelle de toute la surîorps pour les mouvements de Tair (gestes à
une sensibilité exceptionnelle pour la chaleur
t la chaleur de ma main à une distance de
lètres à travers les effets) ;
Texaltation de Todorat, mais nullement par
n mentale.
les jours après : ^
». Le sommeil n'est pas complet. 11 y a eu en ►uvenir au réveil. (Peut-être à cause des émoa journée). L'attraction fait souvent défaut, mes élèves, M. P., trompe le sujet, qui le conc moi. Les mouvements ordonnés sont exécutés ;ujet improvise, laissant aller sa fantaisie somî. Il exécute des mouvements auxquels personne 3nsé, tout en .ayant l'air de subir une influence, le : résultat nettement négatif.
I un essai négatif sur une jeune hystérique, très Fxp. ht/p.y paralysie, contracture et anesthésie
du doigt). Nous étions deux magnétiseurs, le I. et moi; nous touchons chacun sa tête avec un
lui ordonnant d'aller prendre un objet. Pour onseelle s'endort, seulement elle s'endort d'une rticulière: la moitié gauche de son corps est en
dbyGoogk
DE LA SOGGESTION MENTALE APPARENTE â5
rapportavea moi, la moitié droite appartient au D' B... Elle ne m'enlend que par l'oreille gauche ; elle n'entetd M. B... que par Toreille droite. De même pour l'attraction. Si je lui touche le bras droit, elle n'accuse aucune sensation. De même par intermédiaire d'un objet, d'un bâton. Le regard n'agit pas, la suggestion purement mentale non plus.
Suivent quelques expériences sur le « willing ».
Nous sommes dans le salon du comte D. Une des dames me raconte avoir réussi plusieurs fois à suggérer à son amie un acte quelconque, en posant légèrement ses mains sur ses épaules. Je fais quelques expériences qui réussissent, ou à peu près. Mais dans ces sortes d'essais il est inutile d'invoquer la suggestion mentale. Ayant étudié les mouvements inconscients des muscles qui font tourner une table ou balancer une pendule, d'après les indications de M. Chevreul, je savais à quoi m'en tenir. Ces mouvements involontaires suffisent pour suggérer les directions au sujet qui ne pense à rien, et dont le corps se trouve dans un équilibre instable. Quelquefois il devine le reste, c'est-à-dire même les actes qui ne peuvent pas être indiqués directement.
L'une de ces expériences m'a cependant surpris. Le prince G. reste assis dans un fauteuil ; par conséquent il se trouve dans une position stable ; deux dames se mettent à genoux devant lui et forment un cercle avec ses deux mains; l'ordre consiste à lui faire croiser les jambes et provoquer un mouvement de balançoire avec la jambe droite. — Quelques minutes après Tordre fut exécuté. - Dans ce cas, l'explication se complique. 11 est difficile (Je pousser involontairement les jambes en tenant les mains, surtout dans une position fixe. Mais d'abord, et précisément à cause de cette position, les jambes seules (et Id tête) restaient libres, il n'est donc pas étonnant, qu'après quelques minutes d'immobilité, il ait ressenti le besoin de déplacer ses jambes; et il ne pouvait faire
dbyGoogk
autre chose que de les croiser, vu la position des dames. Ensuite, il était certain que, ne serait-ce que pour vérifier l'expérience, le regard des deux dames se portait à à chaque instant vers le pied droit du prince qui, plus ou moins machinalement, dirigea son attention sur ce point. La direction de Tattçntion vers un point donné du corps provoque toujours une tendance au mouvement, et le seul mouvement convenable fut celui qu'il avait exécuté.
Je dois ajouter qu'avant de Tavoir accompli, il fit plusieurs mouvements de têle qui ont été négligés, comme étant « sans importance » — si c'eût été un de ces mouvements-là qui avait été choisis, on n'eut pas attendu l'autre, on aurait pu proclamer la réussite également.
Au cours de la même soirée, je fis encore une autre expérience qui simule Taclion de la volonté à distance. Ayant reconnu la sensibilité de la comtesse D. {Exp,hyp. : chaleur, engourdissement), je me place debout devant elle et je la fixe pendant deux ou trois minutes ; ensuite je recule et elle me suit ; je précipite le pas, marchant toujours çn arrière, et, malgré les rires deTassemblée et une certaine opposition de sa part, elle est obligée dé me suivre. Cette expérience, du reste fort connue depuis les ^représentations de Donato, semble prouver une action physique de la volonté et du regard. Il n'en est rien cependant. La fixité du regard, Tattention expectante et l'émotion font naître un état d'obsession, de fascination, qui peut être considéré comme un monoïdéisme intermittent. Sans perdre complètement la conscience et la volonté, le sujet prédisposé subit de moment en moment l'influence inhibitoire de son propre esprit : il n'est pas paralysé, mais il est soumis aux suggestions visuelles qui dominent sa volonté.
Une autre expérience de «thewilling» sur le comte P. tentée par les deux dames n'a pas eu de succès, il était cependant sensible {Fxp. hyp. : picotement, lourdeur,
dbyGoogk
aneslhésie), je lui ai enfoncé une épingle dans un doigt, insensibilisé localement, sans hypnolisation ; ce qui prouve, que la réussite de Texpérience, d'après cette méthode, n'est pas toujours en rapport avec la sensibilité du sujet. Nous verrons ensuite qu'elles sont les relations exactes entre Y hypnotisme et le cumberlandisme.
Je modifiais ces essais en expérimentant sur d'autres personnes.
M™' Sch., robuste mais anémique, sujette de temps en temps (sous l'influence des émotions) à des crises hystériques cataleptiformes [Exp, hyp, : anesthésie, contracture localisée), se tenant debout, est plongée dans l'état de fascination par la fixité du regard. L'ordre mental : mt tirer par la barbe. Elle lève lentement la main dans la direction de ma barbe mais ne la touche pas.
M"** A., faible, maigre, nerveuse, mais bien portante (Exp, hyp. = o). L'ordre mental : embrasser M. S.; elle s'avance dans la direction de ce monsieur, et dit : « Je dois embrasser quelqu'un?.., »
M"« R., lymphatique, du reste tout à fait bien portante, peu sensible {Exp. kyp : picotement, lourdeur). L'ordre mental, (avec contact d'une main sur l'occiput) :
1** Aller au piano, — Après deux minutes d'hésitation : « Je dois jouer? » dit-elle.
2« Embrasser AP^^ E. — Après une minute de silence, elle reprend : « Je dois embrasser quelqu'un... c'est toi, Marie... non, c'est toi, Edvige. »
3° Deviner si je pense d une affirmation ou à une négation. — Presque aussitôt, elle s*écrie : « Vous pensez >]u'oui ». (C'était le contraire).
Sauf la dernière expérience, qui pouvait être considérée comme le résultat d'une simple conjecture erronée, toutes les autres semblent indiquer une action réelle. Mais, elles ne s'étaient pas accomplies dans des conditions irréprochables, les sujets n'y avaient pas les yeux bandés et les assistantsi ayant été dans le secret^
dbyGoogk
ont pu riiifltieneer par lear attilude. En tout cas, je me rappelle bien que Fimpre^on p«r»MiHelle, qui se dégagea de ces expériences, n'a pas été décisive. Les deux premières, quoique plus étonnantes, à eatise^ âa caractère des injonctions, difficiles à présupposer, ii*0otpas été exécutées intégralement; les autres, faites avec coatact,*présentaient des doutes inhérents à cette méthode, et enfin les actes commandés ont pu être choisis sous l'influence du milieu psychique. Je me rappelle, par exemple, qu'au début de la même soirée où les trois dernières expériences ont été effectuées, M*'® R. a été priée de faire de la musique et qu'elle avait refusé. Rien d'étonnant, qu'ensuite, ayant à accomplir une suggestion, le même acte lui soit venu à la pensée.
Puis, dans de pareilles conditions, le nombre des actes à choisir est fort restreint.
Que voulez-vous qu'on commande à une jeune fille dans une société convenable, sinon de se mettre au piano, ou d'embrasser sa sœur... Et s'il s'agit tout simplement de prendre un objet quelconque ou d'aller à l'endroit indiqué, le contact de la main et ses pressions involontaires conduisent le sujet admirablement.
Je cite ces petits détails pour montrer combien il faut être circonspect et attentif dans ce genre de recherches.
C'est vers cette époque, qu'après avoir acquis une certaine connaissance de l'hypnotisme, je me suis décidé à l'appliquer au traitement des malades. Le résultat fut surprenant et je compris que non seulement les allégations de magnétiseurs peuvent être vraies, mais encore qu'une application rationnelle et méthodique amènerait vraisemblablement à constater des faits plus surprenants encore. Aujourd'hui, on commence à s'engager dans cette voie, et certainement il est temps, après avoir abruti un certain nombre d'hystériques, de leur rendre la santé par le même procédé.
dbyGoogk
Absorbé dans l'étude thérapeutique, j'av<iis négligé le problème de suggestion mentale, comme n'ayant apparemment aucune valeur pratique ; et ce n'est qu'aocir dentellement que j'ai eu Toccasion d'observer quelques phénomènes plus ou moins inattendus et qui s'y rattachent. Une de mes malades, par exemple, devinait toujours, dès que je l'avais touchée, si mes impressions de la journée avaient été agréables ou pénibles. Elle était atteinte d'une maladie complexe, que je serais tenté de nommer une névrose ganglionnaire chlorotiquCy qui la confinait au lit depuis trente ans. Excessivement impressionnable, elle était cependant insensible à l'hypnotisme et à la métalloscopie [Exp, hyp, =0) Particularité intéressante : ma main lui paraissait toujours chaude^ même quand elle était de beaucoup plus froide que son corps. Comme je gardais auprès d'elle toujours la même attitude, cette faculté de reconnaître mon état mental, m'étonna un peu. Mais il y a mille autres moyens pour deviner ces choses-là, grâce à l'expression du visage, au timbre de la voix, sans qu'on ait besoin d'avoir recours à une transmission directe. Il est vrai qu'elle devinait aussi, si, avant d'être venu chez elle, j'avais touché un autre malade; mais elle pouvait s'en douter à certains signes de fatigue, ou l'heure un peu plus tardive de mon arrivée ; peut-être encore s'aidait-elle de certaines sensations olfactives.
Une autre malade présentait le même talent divinatoire vis-à-vis de toutes les personnes qui l'entouraient habituellement. Elle était hystérique, très facilement hypnotisable {Exp, hyp : anesthésie et contracture du bras entier) et ne manifestait cette aptitude qu'au moment du réveil, c'est-à-dire dans un état intermédiaire, entre le somnambulisme et l'état de veille. Alors elle disait spontanément : « Oh I que X... est ennuyé par son travail I » — « Pourquoi Y... est-elle si inquiète ? » « Aujourd'hui vous avez plus d'espoir de me guérir, et
SU6CB9TI0N MBIfTALE.
dbyGoogk
vous êtes bien content... je vous en remercie... » etc. Elle disait tout cela avant d'ouvrir les yeux et quelque- Ibis sans qu'aucune parole suggestive fût prononcée. Y avait-il une transmission réelle des états d*esprit?... Je ne le croyais pas. C'était toujours les mêmes personnes qui Tentouraient, elle les connaissait assez bien pour pouvoir se livrer à des présomptions. Cependant il y a eu quelques coïncidences étranges. Une fois, par exemple, elle était tout étonnée de la tristesse de M"®B... Elle ne pouvait cependant la voir, et Timpression qui fut la cause de ce chagrin, est venue au cours de son sommeil.
Une troisième enfin, Française, qui ne connaissait pas un mot de polonais, répondit juste (c'était en somnambulisme) à une observation faite dans cette dernière langue. Il n'y avait cependant aucune analogie dans les mots. Mais cela ne se répéta plus, toutes les autres expériences de suggestion mentale ayant échoué, j*ai conclu à un hasard. Elle était facilement hypnotisable {Esp, hyp.: lourdeur, anesthésie, contracture de tout le bras) et devinait souvent à l'état de veille la maladie d'une personne étrangère, après lui avoir touché la main.
Ayant entendu racojiter plusieurs faits de ce genre, j'ai voulu m'en rendre compte par moi-même et je lui ai demandé quelle maladie elle me trouvait.
(( — Aucune, vous n'êtes jamais malade ; un peu de congestion lorsque vous travaillez trop, mais du reste une santé parfaite. »
Cela se trouva exact. Pour une seconde épreuve, j'ai amené auprès d'elle une de mes patientes, dont la maladie compliquée, tout en présentant des lésions nettement caractérisées, n'était pas facilement reconnaissable par l'aspect de la malade. Il y avait une pneumonie ancienne, hépatisation du poumon droit, inflammation chronique du larynx, hypcrestliésie dorsale, migraines
dbyGoogk
très fréquentes, plusieurs défauts de circulation, dispepsie et faiblesse générale intermittente. Malgré tout cela, la malade, grâce à sa constitution exceptionnelle, avait bonne raine, et Ton ne pouvait pas se douter de son état au premier abord.
La somnambule, après avoir touché la main de la malade, récita à peu près toutes ses infîripités. Elle n*a pas détaillé suffisamment les lésions, mais au point de vue des symptômes, son diagnostic fut très exact. Ce qui le fut encore davantage, c'est une description magistrale du caractère de la malade et de ses mauvaises habitudes.
— Sur quoi vous basez-vous pour faire vos déductions ?'demandai-je à la somnambule. Croyez-vous voir les organes atteints?
— Non, dit-elle; je ressews plutôt moi-même les symptômes de la maladie.
Et réellement, jeTaivue souffrir et présenter momentanément certains |i)hénomènes morbides d'une autre malade qu'elle examinait, mais que je ne connaissais pas.
Le ressentiment des symptômes pouvait s'expliquer pàv ïdéoplastie, mais encore fallait-il les connaître. Et c'est ici que le doute commence. La somnambule les a reconnus. Mais c'était une sage-femme très instruite, ayant certaines connaissances médicales et beaucoup d'expérience, elle pouvait, par conséquent, être guidée par d*aulre« moyens que par une faculté mystérieuse. Enfin une ou deux expériences ne suffisent pas. Mais, par contre, je dois dire que la somnambule voyait ma malade pour la première fois, que durant toute la consultation, elle avait les yeux demi-clos, et n'essayait d'examiner la malade par aucun des moyens ordinaires. Quant à l'influence de l'imagination dans le ressentiment des symptômes, elle devient douteuse par ce fait, que la somnambule ne fut pas suggestible du tout, ni à l'état de veille, ni en somnambulisme. Elle passait rapidement
ue au polyïdéisme actif, qui ressemblait Tétat de veille, sauf Tanesthésie des
je laisse pour le moment la question prochant seulement le fait observé d'un , ppbrt, lu à TAcadémie de médecin^ en 3n, et où se trouve la phrase suivante : encontre une somnambule qui a indiqué de la maladie de trois personnes. »
suggestion mentale?
k connaître Tétat de ma malade, et la 3uvait le lire dans ma pensée, èse ne m'a pas paru admissible, puisque tion volontaire n'a réussi ; et d'ailleurs, e tenir à ce qui parait moins extraordiire, dans l'espèce, à une transmission des e maladie.
ible ? Je n'en sais rien ; je ne me crois pas itenir avec certitude l'existence d'une •mettrait de ressentir directement toutes Lés de l'état pathologique d'autrui — decin de Paris m'ait assuré sérieusement, ment cette faculté lui est propre, mais ; besoin d'autre méthode pour faire son
je peux certifier par ma propre expéu'il existe une autre transmission nernérale et moins circonstanciée, qui, elle i longtemps insoutenable et ridicule, ugé populaire et fort ancien, qu'on peut deurs qu'on a à une autre personne ou mal. On m'a raconté plusieurs faits de ce sont mentionnés dans les ouvrages des t de quelques médecins, mais je mentionmt ce quej'aivu et éprouvé moi-même; usions de ma pratique personnelle:
- i** L'action de magnétiser, même quand elle se borne A une imposition des mains, épuise beaucoup plus qu'une action mécaniquement analogue.
2** Ciet épuisement est plus marqué quand on magnétise umnalade, quequand on magnétise un homme sain,
3** L'épuisement nerveux, qui se manifeste par certains caractères particuliersj est quelquefois accompagné d'une transmission de douleurs.
4® Les douleurs les plus aptes à provoquer ce phénomène sont : les douleurs fulgurantes des ataxiques, les douleurs rhumatismales et Thypéresthésie dorsale.
5° Un contact prolongé facilite ce phénomène, qui, plus rarement, se manifeste aussi à la suite d'une magnétisation sans contact.
6* La transmission est rarement nette et immédiate. Quelquefois seulement la douleur attaque le même endroit et la même moite du corps, ce qui arrive surtout quand on a affaire à plusieurs malades, présentant les mêmes symptômes. Généralement elle attaque les nodi minoris resistentiœ,et se manifeste surtout le lendemain au réveil.
7^ Les douleurs transmises sont toujours de beaucoup plus faibles et de courte durée.
8* Sauf les douleurs, certains étals pathologiques : congestions, rhume de cerveau, insomnies, etc., peuvent se transmettre également à la suite d*une magnétisation. On les distingue assez facilement d'un malaise individuel spontané, par leur apparition et disparition brusque et aussi par leur caractère, pour ainsi dire superficiel ; ils n'entraînent pas les autres conséquences, propres aux états pathologiques spontanés.
9° Le phénomène est accompagné toujours d'un soulagement notable du malade qui communique son état maladif. On serait tenté de croire que V équilibre nerveux s'établit aux dépens d'un autre organisme^ mieux équilibré.
dbyGoogk
Eq conséquence, admettant une transmission nerveuse, plus ou moins générale, du malade au magnétiseur, je ne peux pas nier la possibilité d'une transmission plus explicite et plus détaillée du malade au sujet, hypnotisable et hypéresthésié par les pratiques du somnambulisme artificiel.
Deux corps à température inégale tendent à égaliser leur température.
Deux corps inégalement électrisés tendentà égaliser leur électricité.
Deux corps inégalement équilibrés dans leurs fonctions nerveuses, tendent à équilibrer ces fonctions.
Comparaison n'est pas raisons ; mais c'est tout de même un rapprochement, qui atténue un peu notre ignorance.
Et la pensée ? Ne correspond-elle pas aussi à un état nerveux? Sans doute ; et je n'ai jamais nié la possibilité théorique delà transmission d'un état psychique, comme je ne saurais nier la possibilité théorique d'une transmission de la voix humaine à travers l'océan, — surtout depuis une leçon de circonspection que je me suis donnée moi-même. Au mois d'octobre 1884, j'étais encore convaincu que, vu l'antagonisme essentiel qui exisle dans le microphone, entre la sensibilité de ses pièces constitutives et la netteté de la parole, on n'arrivera jamais à reproduire la parole à voix haute ; — je me croyais en mesure de prouver cette impossibilité par une foule de faits et de considérations rigoureuses ; et au mois de janvier 1885, j'ai inventé moi-même le thermo-microphone qui reproduit la parole à haute voix. Donc, rappelons-nous les sages paroles d'Arago, que j'ai mises en tête de ce travail et... poursuivons notre étude.
Arrivé à Paris en 1882, je suis naturellement allé partout où il y avait quelque chose à voir en fait d'hypnotisme.
dbyGoogk
Un jour, j'assistai aux expériences hypnotiques chez un médecin de Paris. Après avoir mis en jeu tout le mécanisme merveilleux d'une jeune fiJle hystérique, convenablement éduquéCy le médecin me fit la surprise d'une suggestion mentale..*. i
j Voici comment l'expérience a été faite:
La somnambule a reçu Tordre (vert)al) d'aller au fond de la salle. Elle s'y rendit les yeux entr'ouverts, avec la mine d'un écolier qui connaît sa leçon du bout de son petit doigt, et s'arrêta vis-à-vis de nous.
Alors, fixant sur la malade un regard foudroyant, le médecin lui ordonne « mentalement » de retourner vers nous. (Nous nous tenions à côté de son lii). .
Après quelques minutes d'hésitation et d'impatienee, le sujet est venu nous rejoindre.
Le médecin me décocha un sourire de triomphe, qui voulait dire :
— N'est-ce^pas étonnant?
Mais la seule chose qui m'étonna dans cette affaire, ce fut la bonne foi de l'expérimental eur, qui se contentait de si peu de chose.
On se gênait encore moins dans les cercles des magnétiseurs. Si, par exemple, en fixant le regard sur le dos de la main d'un sujet (qui n'avait pas les yeux bandés) on obtenait la contracture, c'était une preuve que la contracture a été due à l'influx oculaire.
Si, en demandant au sujet, s'il éprouve une sensation quelconque dans les jambes, celui-ci répondit qu'en réalité il y ressentait quelque chose, ce fut une preuve que ce quelque chose avait été provoquée par « suggestion mentale ».
Evidemment, ces expériences n'ont pu que fortifier mon incrédulité.
A l'occasion des essais de « démonstration » répétés devant les curieux, je dois faire ici une restriction générale, qui paraîtra peut-être excessive : .
dbyGoogk
Une même expérience de suggestion mentale^ répétée dam les mêmes circonstances extérieures, n'a plus de valeur scientifique. Elle pouvait au premier moment, avoir la valeur d'un fait isolé, elle ne l'a plus, lorsqu'elle' est faite pour la seconde foisj de la même façon et dans les mêmes conditions. Je vais m'expliquer par un exemple :
Un doigt recourbé peut signifier beaucoup de choses et rien du tout. Mais si, en état d'hypnotisme suggestionnable, vous faites croire à la somnambule qu'il y a un perroquet assis sur ce doigt recourbé, il vous suffira une autre fois, de présenter au sujet votre doigt recourbé de la même manière, pour lui faire voir aussitôt le perroquet dessus.
Ce phénomène est possible dans l'état polyidéique, il est inévitable dans le monoïdéisme ; car alors il n'y a pas de contrôle possible, le sujet ne pense pas, il n'est capable que d'une idée unique, et cette id'ée-là vous la lui inculquez directement ou indirectement. Dans le cas cité, c'est Vassoctalton inséparable, qui complète la sensation directe.
Supposez que la somnambule qui est venue nous rejoindre, a été décidée la première fois tout simplement pjar l'impatience et l'envi de retourner dans son lit, suppose! qu'il y avait là une action réelle quelconque; ces deux alternatives restent indifi'érentes, dès qu'il s'agit de recommencer l'expérience un autre jour dans les mêmes conditions. Il s'est formé déjà une association plus oij^ moins inséparable, entre l'idée de la position au fond de la salle, le regard impérieux de l'expérimentateur, les figures expectantes des témoins et l'intention d'aller les rejoindre.
Cette remarque sur l'importance de l'association par contiguïté d'abord, et ensuite par habitude, est fort simple, mais on n'en tient pas compte par trop souvent. J'ai été vraimen^ étonné, en la voyant négligée par
dbyGoogk
des physiologistes distingués,. mais qui n'ont pas l'ha-» bitude de Tobservution psychologique.
Celle négligence est tellement commune, qu'elle est devenue la cause unique d'une foul^ de généralisations tout à fait erronées, et qui néanmoins sont admiseî? comme principes en hypnologie I
Exemple. — Il n'y a absolument aucun rapport inr lime entre « l'ouverture des yeux » et la catalepsie. La catalepsie peut être produite les yeux ouverts, demiT clos, ou complètement fermés, ou bien encore dans l'obscurité absolue. Mais la catalepsie peut être provor quée par une impression brusque quelconque, qui surprend vivement le sujet. Supposons qu'un jour, le sujet, en levant les yeux, a été surpris par une vive lumière préparée exprès pour l'impressionner. Il subit l'ébranlement nerveux de cette impression et retombe instantanément dans l'état hypnotique cataleptique, il n'a même pas eu le temps de fermer les yeux. Gela suffit ; il s'est formé une association idéo-organique entre une ouverture brusque des paupières et l'état organique de catalepsie. Le cerveau étant momentanément paralysé, d'autres idées manquent ; elles ne peuvent pas, par conséquent, troubler la formation de cette association.
Baissez les paupières, et les membres vont retomber. En supprimant le premier anneau de l'association, vous faites disparaître l'autre. Ouvrez les yeux du sujet et la catalepsie apparaîtra de nouveau. Si, en vous basant sur celte expérience, vous proclamez comme principe : « On provoque la catalepsie en ouvrant les yeux » ou bien « Le sujet en catalepsie a les yeux grands ouverts », vous énoncez une phrase qui n'a pas plus de valeur que si vous disiez : « Le sujet en catalepsie a les yeux toujours fermés d, en vous basant sur une autre habitude individuelle, également facile à produire.
Pour vérifier la catalepsie, on lève habituellement Iç bras du sujet ; s'il retombe, c'est qu'il n'est pas en ca-
dbyGoogk
talepsie, autrement il aurait conservé la posi<É)n im* primée.
Un jour, j'essaye de provoquer la catalepsie par ordre mental, après avoir vérifié d'avance que les muscles étaient en résolution complète.
La catalepsie arrive ; le bras reste en Taîr. Je la supprime pour recommencer ; le bras retombe. J'ordonne mentalement la catalepsie, elle se manifeste de nouveau, et ceci autant de fois que je le désirai.
Croyez-vous que j'étais en droit de conclure à une action réelle?
Pas le moins du monde.
Voici l'explication naturelle du phénomène :
En expérimentant pour la première fois sur le sujet en question, j'avais obtenu la catalepsie d'un bras, en le soulevant d'une niain, tandis que l'autre main exécutait quelques passes (un léger massage) de haut en bas. Il a fallu plusieurs minutes pour provoquer cette légèreté et flexibilité mécanique du membre, qui constitue la catalepsie. Mais à force de répéter, j'y arrivais beaucoup plus vite ; une seule passe tout le long du bras sulFisaît.
Après l'expérience en question, je dus reconnaître que même cette passe était devenue superflue ; il s'était formé une association idéô-organique entre l'action de soulever le bras et l'état cataleptique lui-^même. L'une provoquait l'autre, c'est-à-dire que ma suggestion mentale n'y était pour rien et que Je provoquais la catalepsie en ixoulant vérifier si elle existait.
Mais, direz-vous, le même mouvement du bras, exécuté tout à l'heure, a démontré une résolution complète des muscles! Comment se fait-il alors que le même mouvement, suggère une fois la paralysie simple (la léthargie), et une seconde fois, l'état cataleptique ?...
C'est que précisément, ce mouvement n'est pas le même. On soulève autrement un bras, pour le faire retomber, et autrement pour voir si par hasard il ne restera
dbyGoogk
pas êk lair. Une légère nuance dans Télat de noire esprit suffit pour imprimer à nos muscles et à nos doigts, une différence de mouvement et d'attouchement, différence parfaitement suffisante enhypnotisme, pour repi o duire, dans un cas, Tassoclation organique de catalepsie et ne pas la reproduire dans un autre.
On touche autrement sans intention aucune, et autrement quand on veut produire quelque chose ; autrement quand on n'y croit pas, et autrement quand on a une confiance absolue. « Veuillez et croyez ! »
Seulement alors, il vous arrivera quelquefois, de trouver un phénomène qui n'existe pas...
J'ai dit que l'inconscient est le grand prestidigitateur de rhypnolisme, et qu'il nous joue souvent des tours. Mais il faut ajouter, qu'il le fait rarement par méchanceté. Il est, au contraire, d'une docilité parfaite, et jamais aucun animal n'a pu être dressé aussi facilement que lui. Le malheur est qu'on arrive à le dresser sans s'en douter et sans en avoir l'air.
C'est alors notre inconscient à nous, qui s'amuse à jouer des tours à l'autre et... à nous-méme.
Dans les deux exemples précités, j'avais supposé un intermédiaire vraiment actif [une vive lumière et un léger massage), mais ceci n'est pas de rigueur. L'inconscient peut deviner votre pensée sans cela, pourvu que vous persistiez dans votre désir. Vous soulevez un bras, il retombe ; recommencez, il y aura peut-être une hésitation, il retombera moins vite; persifliez, et il est probable que l'inconscient va se dire à lui-même :
— Evidemment on exige que je garde l'attitude imprimée... je le veux bien I
Et vous obtiendrez « l'état cataleptique » sans aucune autre manipulation accessoire.
C'est ainsi que certains magnétiseurs ont trouvé une foule de « polarités » dans le corps humain. J'ai bien vu ces expériences, elle9 sont parfaitement concluantes :1e
dbyGoogk
48 DE Lk SUGGESTION MENTALE
pouce attire, le petit doigt repousse... etc* L'inconscient, ayant appris sa leçon, ne se contredit pins. Seulement, en le priant un peu (même sans paroles), vous obtiendrez facilement rinverse et vous pourrez obtenir une polarité quelconque d'après un plan fantastique, tracé par avance. Trois séances suffisent pour créer tme habir tude de réaction.
(Il est entendu que par ces remarques je ne résous pas la question de la polarité en général, je ne veux même pas l'aborder, je dis seulement qu'il est possible d'inculquer au sujet une polarité imaginaire.)
Même quand on expérimente sans contact, même? quand on a^it sur une personne qui dort, ma?*s qui a déjà été magnétisée par vous, il faut se méfier des habitudes inconscientes.
On cite souvent la possibilité d'obtenir le somnambun lisme sur une personne qui dort de son sommeil naturel et qui ne se doute pas de votre présence — comme line preuve d'action fluidique ou d'action mentale à distance. Mais le plus souvent c'est encore une illusion, et l'expérience réussie, ne prouve qu'une chose : la force des associations idéo-organiques.
Vous avez l'habitude, sans vous en douter peut-être, d'ébranler l'air devant le visage du sujet, en faisant les passes d'une façon particulière qui vous est propre. Le sujet, ou plutôt son inconscient, vous devine, vous res-( sent, vous obéit : l'association de ces impressions avec l'état organique du somnambulisme, provoque le somnambulisme. Employez une méthode toute nouvelle, (qui aurait été également efficace à l'état de veille, à cause de la suggestion consciente^ — et vous n'obtiendrez rien. ,
En utilisant, en connaissance de cause, le principe de l'association , on peut arriver à des applications surprenantes. Vous choisissez un anneau d'association quelconque et vous y attachez une, deux, trois, quatre...
dbyGoogk
idées, sensations, actes, états, enfin tout ce que vous voudrez. Il n'est point nécessaire qu'il y ait entre ce premier anneau et les suivants une relation logique quel conque.
J'ai traité une folle, qui voulait absolument se suicider, mais qui préparait toujours d'avance l'exécution de ses projets avec un soin particulier. A l'état normal elle se garderait bien de m'en faire part et peu à peu elle est devenue méfiante même en somnambulisme. L'état monoïdéique, qui se caractérise toujours par une soumission absolue, était presque impossible à obtenir, et la moindre question la faisait passer directement de ■ l'état aïdéique au polyîdéisme actif, où elle recouvrait son indépendance. Il fallait cependant lui dérober son secret, pour prévenir le mal. Voilà ce que j'ai imaginé* dans ce but. Ayant remarqué que j'avais pris l'habitude de causer avec elle en se tenant à sa droite, je me suis placé un jour à sa gauche, et profitant d'un moment propice (une sorte de délire visionnaire qui se rapproche du monoïdéisme), je change un peu l'intonation et je réponds à ses rêves, en ayant soin de lui être agréable. La conversation continue, et je voisqu'elle ne me reconnaît pas, quoique nous fussions en plein somnambulisme actif. Les confidences commencent, elle fut entraînée dans un courant d'idées intimes.
— Mais, dit-elle brusquement, qui êtes-vous, pour avoir droit de me questionner ainsi ?
— Oh ! vous me connaissez bien I Je suis votre ancien ami et confident dévoué, pour lequel vous n'avez jamais eu de secrets... Comment I vous avez déjà oublié M. Camille, votre bon M. Camille?...
— Un drôle de nom, dit-elle, mais ça ne fait rien,
A partir de ce jour je n'eus qu'à me mettre à gauche pour avoir sa confiance. Je m'appelais alors M. Camille — tandis que je continuais à être son « médecin » à droite. C'était entendu et je n'avais plus besoin de
mon altitude, en quoi que ce soif. Je mé; mais en même temps elle aussi, ormalion, ce ne fut plus la même et circonspecte. (Elle fut sauvée j subterfuge.)
nant, que j'eusse voulu faire une Dire de la puissance d'une suggestion e : changer ma personnalité dans ns aucun geste, ni parole; changer son attitude, ses sentiments envers onfiance « mentalement...»
à me placer à gauche pour accomià.
)ses arrivent involontairement, par îres de l'association. On croit rester cère, tandis qu'on suggère incons- 3mène à vérifier. C'est ainsi que les agnétiseurs fluidistes voyent le fluide igts, tandis que les somnambules des yent rien, et que les somnambules Tent partout des esprits, invisibles ules des matérialistes. C'est ainsi ssion sur le vertex » provoque l'état
à Paris, l'état « léthargique » à ase religieuse » à Manchester...
mille !
avait inventé Jadis le moyen de î vue ». Il a exercé son aide, qui nédium à comprendre si bien ses jrnier « voyait » toujours à distance i la main, même le poing fermé. S'il voyez-vous? » c'était une pièce de ^ez-vous maintenant? ». Une pièce de 1 est arrivé jusqu'à pouvoir commuentalement » le numéro d'un billet >
de banque, rien que par des questions conventionnelles.
On imite souvent ce tour sans s*en douter, lorsi^u'on a l'habitude, en pensant à un phénomène donné de questionner le sujet toujours de la même manière.
Quelquefois l'habitude n'est même pas nécessaire et on réussit à Timproviste, même à l'état de veille. J'ai souvent fait l'expérience suivante :
Je pose une canne par terre, et je dis à une personne hypnotisable, mais non hypnotisée :
— Passez cette limite s'il vous plait!
Le sujet passe.
— Encore une fois I
Il passe en hésitant et il me regarde avec méfiance. .— Et encore I
Le voilà cloué sur place. Impossible de franchir la canne; ses jambes s'arrêtent et refusent de continuer... Ai-je dit, que cela devait arriver?
— Non. Ai-je fait un geste quelconque?
— Non. J'ai seulement voulu et cru.
C'est donc une suggestion mentale ?
Ce n'est qu'une suggestion devinée.
En i884 arriva à Paris le fameux « liseur de pensée « M. Cumberland,
On devinera facilement, qu'après avoir fait les expériences précédemment décrites, je ne pouvais pas me faire d'illusions au sujet de cette transmission mentale apparente. La suggestion mentale n'y était pour rien ; mais il est intéressant et fort instructif, de lire les premiers comptes-rendus des journaux sur ce sujet. On y voit quelle différence il y a entre les expériences et leurs descriptions, alors même que le compte-rendu émane de chroniqueurs scientifiques!
On y apprend le peu de valeur des témoignages quand il s'agit d'un phénomène nouveau et inconnu.
Ayant bien remarqué, que le vrai médium dans ces
dbyGoogk
expériences, était celui qui pensait et non celui qui devinait, j'ai refait les expériences de Gumberland sur plusieurs personnes et j'ai publié à ce sujet une série d'articles dans la Gazeta Polska {Gazette de Pologne) au mois; de mai 1884. Depuis, la chose a été suffisamment élucidée en France par les recherches de MM. Gley et Gh. Richet, et je n'aurai qu'à formuler mes observations pour compléter les leurs, et sans raconter les détails expérimentaux.
11 est donc certain que toute pensée ayant une relation quelconque avec l'espace, tend à provoquer des mouvements inconscients, indiquant ces relations. C'est là une habitude, un mécanisme nerveux, en partie héréditaire et en partie acquis. Dans le cas d'un objet caché, ou d'une personne choisie, on pense à l'endroit où ils se trouvent, et l'on conduit \oui simplement le « liseur de pensée » qui nous lient la main. 11 suffit de s'exercer pendant une soirée, pour en faire autant que le fameux devin, car malgré loui ce qu'on a publié d'extravagant sur ce sujet, il ne s'agit même pas d'une finesse particulière du tact, ni des changements du pouls, ni des vibrations imperceptibles : il faut savoir aller où l'on nous mène, voilà tout. Le côté comique de la question, c'est qu'on ne se doute pas de ce qu'on fait, et qu'on payait vingt francs pour voir une personne, montrer du doigt l'objet caché par elle-même. Le côté triste au contraire, c'est que notre dédain pour les « sciences occultes » nous a rendu ignorants de phénomènes physiologiques très remarquables et très instructifs, au point d'avoir l'air bête et de crier à la supercherie, quand on nous montre un fait simple et commun, qui devrait être étudié et connu depuis longtemps.
Il a fallu qu'un industriel courageux parcourût toute l'Europe, séduisît les diplomates et les princes de sang pour rappeler à la science le problème des rapports « du physique et du moral ».
Il en fut de même pour rhypnolisme, qui ne serait pas encore admis par les savants, sans représentations publiques de Donato et de Hansen.
Donc, la personne qui vous conduit ne sait pas ce qu'elle fait tout en se croyant maîtresse d'elle-même.
Je connais une dame très intelligente et très instruite avec laquelle je trouverais une aiguille dans une meule de foin. Elle me conduit avec tant d'assurance et une telle force, que j'aurais beau résister. Une fois on cache un petit billet sous une terrine de fleurs. Elle m'indique le vase , et je commence à tâter dedans ; alors de sa main, que je tenais légèrement dans la mienne, elle me fait un geste négatif, parfaitement compréhensible, puis un autre qui disait : là-dessous !
Eh bien, cette personne, non seulement n'avait aucune conscience de cette conversation expressive, mais elle n'a jamais voulu croire, que c'est par ses mouvements inconscients que je me guide dans la recherche.
— Non, disait-elle, c'est impossible, vous percevez la pensée ; je me suis bien gardée cette fois-ci de faire un mouvement quelconque I
Elle était facilement hypnotisable {Exp, hyp. lourdeur, paralysie, engourdissement).
Il y a environ 60 personnes sur 100 avec lesquelles les expériences de cumberlandisme réussissent plus ou moins facilement, par conséquent elles sont plus nombreuses que les hypnotisables dont le nombre ne dépasse guère 30 p. 100.
En général les expériences réussissent mieux avec les hypnotisables.
Il y a cependant un certain nombre parmi ces derniers, même parmi les meilleurs sujets, avec lesquelles vous ne réussirez jamais. Pourquoi?
Parce que les conditions du succès dans le cumberlandisme sont doubles :
1° Une tendance organique à un dédoublement entre
dbyGoogk
les mouvements volontaires et les mouvements involontaires, qui caractérise la plupart des sujets liypnotisables.
2® Une facilité à concentrer et soutenir la concentration de ses pensées, qui provoque ce dédoublement chez tout le monde, d*une façon naturelle et nécessaire.
Or, parmi les personnes non hypnotisables, il y en a qui possèdent cette dernière faculté à un haut degré — et par contre, elle fait quelquefois défaut chez des individus facilement hypnotisables, mais incapables de concentrer leur attention. Quand elles passent devant une personne, elles pensentà cette personne ; mais quand elles aperçoivent un miroir, elles pensent au miroir, et évidemment les indications musculaires s'embrouillent. Oui, il y a des personnes facilement hypnotisables et incapables de concentrer leur attention, ce qui, soit dit en passant, contredit la théorie de Braid.
En général le cumberlandisme est basé sur le même principe physiologique que le « willing » que nous avons décrit plus haut, quoique les conditions extérieures en soient tout à fait autres. Dans le « willing » c'est par la volonté qu'on cherche à déterminer la personne qu'on touche, à aller exécuter un mouvement voulu, et alors on la pousse involontairement. Dans le cumberlandisme, au contraire, on n'a pas cette volonté, on se contente de penser à un endroit — mais on conduit tout de même. Le premier phénomène se rapproche des tables tournantes, le second de la baguette divinatrice. Au fond c'est toujours le même principe : une idéoplastie des mouvements (réalisation des mouvements auquels on pense) et au point de vue de celui qui devine ; une suggestion mécanique.
On est loin de la suggestion mentale ! Et cependant ce sont ces expériences, qui ont le plus contribué à susciter parmi quelques physiologistes, l'idée d'étudier la suggestion mentale vraie.
dbyGoogk