Loc, cit., p
2. Cf. mon Histoire contemporaine de V Angleterre y à propos de la mine d^Irlande, p. 91-92, Paris, Alcan.
blissement passait sous la direction Dieu. Le directeur et les employés él décision préfectorale. En 1841, Yé Tasile public d'aliénés de la Nièvre
On ne saurait attribuer au gouv( tauration Téchec du dépôt de La C même, et sous TEmpire, on a vu sa et qui ne devait pas être exceptioni reconnaître que la Restauration r développement de Tinstitution. Fu zèle religieux, comme on Fa dit ? S; est une des conditions importanti judéo-chrétien, et à ce titre, le m»
grante du système, ne saurait êtr primé. Mais, en dépit du « trône hommes d'Etat de la Restauration i que cela — beaucoup moins que ce de Juillet, soit dit en passant.
Pourquoi, d'ailleurs, Louis XVl seraient-ils montrés hostiles à des l'origine réelle datait de l'ancienn doute, dans sa circulaire aux préfe le ministre de l'Intérieur, les engaj question aux conseils généraux, q échéant, en demander la supprei (( Dans le cas où les assemblées jugeraient à propos, on pourrait fa tants des maisons de correction, s insuffisantes, ou bien des sémin d'éducation, des casernes ou des « séminaires » arrivaient là comm intention précise, et ce n'est pas li rait se fonder pour attribuer à un n d'estime où l'on tenait alors les dépc
carrefours des routes, des écriteaux annonçant que la mendicité était interdite. Et comme ces plaques commémoratives — on en voit encore aujourd'hui — s'étalent dans les endroits les plus fréquentés, c'est souvent au pied des poteaux indicateurs qu'on est accosté par des mendiants que les gendarmes se refusent, d'ordinaire, à arrêter et les juges à condamner.
Le second Empire reprit la tradition du premier, en l'aggravant dans le sens de la dureté. Il s'agissait bien des établissements « paternels » du comte Crétet ! Les dépôts se multiplièrent et devinrent d'infectes prisons, où les mendiants étaient infiniment moins bien traités que dans les maisons les plus centrales; toujours, du reste, avec le même succès.
Il faut dire, à l'honneur de la troisième République, qu'en dépit de certaines objurgations, elle n'a pas plus favorisé que la Restauration, le développement d'une institution sans portée comme sans résultat, et reposant, de plus, sur la violation flagrante de la liberté individuelle. Deux ou trois dépôts, à peine, ont été créés depuis vingt-cinq ans ; un plus grand nombre a disparu, et beaucoup sont devenus, pour le plus grand bien de Ja collectivité, de simples refuges, des asiles de vieillards et d'infirmes, où l'on ne trouve plus, — comme à Mâcon, à Auxerre, à Lons-le-Salunier, à l'heure ou j'écris — un seul mendiant condamné.
Pourtant, nous n'en sommes pas encore à la réalisation complète du vœu formulé par le maire de Montcenis, à l'assemblée des Etats, tenue à Dijon, en 1787 :
« Mais ce qui mérite toute notre attention. Messieurs, ce sont les maisons de force où l'on chasse l'indigent qui manque de pain, comme le scélérat ; ces dépôts, dont l'entretien enlève, tous les ans, à la province.
, ressources impuissantes quelques mendiants vagaâns d'indigents à la charge ipagnes. Purgeons nos con-
plus, que, si la marche des ;e à des lois nécessaires, ces conséquence la certitude et V'oici ce qu'écrivait, il y a nagistrat, cent ans environ e député aux Etats de Dijon e appelées dépôts de men-
les mendiants valides, dit lesures sagement entendues^ ?r la déclaration du roi, du pirée par les principes qui ^rvir de règle en pareille
ces admirables principes :
donnance, il était enjoint à de prendre un emploi, soit pour servir, soit en travail- ; ou h tout autre ouvrage.
« permettait, à tous men-
319 (no 1338).
Draire à la Cour d'appel de ?, mémoire lu à l'Académie des . 41, Paris, 1880.
« diants valides, qui n'auraient pas trouvé d'ouvrage « dans le dernier délai de quinzaine, de s'engager aux « hôpitaux qui, au moyen dudit engagement, seraient « tenus de leur fournir la subsistance et Tentretien. « Ces engagés seront distribués en compagnie de « vingt hommes , chacune sous le commandement « d'un sergent qui les conduira tous les jours à Tou- « vrage. »
C'étaient les travaux forcés, appliqués par anticipation en attendant les cinq ans de galères, auxquels on condamnait les misérables, coupables de « s'absenter sans congé ». En cas d'une seconde récidive, les femmes valides étaient enfermées pour cinq ans au moins, et pouvaient l'être à perpétuité. L'auteur veut bien reconnaître « qu'avec les idées de notre législation actuelle, cette peine des galères, prononcée pour un seul fait de vagabondage, peut paraître excessive » ; mais, au moins, ajoute- t-il, était- elle rationnelle ; « c'était le travail forcé appliqué à des gens dont la faute consiste à ne pas vouloir travailler* ».
Et voilà le progrès. « Purgeons nos contrées de ces odieux Bicêtres! » s'écriait un membre de l'assemblée de Dijon, il y a un siècle; « couvrons-en le pays! » proclame un magistrat « moderne », et, si cela ne suffit pas : aux galères, les gens qui ne veulent pas travailler ! Avec plus de cynisme qu'un Jean le Bon ou un Edauard VI, l'auteur ose proclamer, au seuil du XX* siècle, que, sous le couvert du vagabondage et de la mendicité, — c'est, avec la misère, l'oisiveté ou fainéantise qu'on a toujours impitoyablement poursuivie. Suivent les homélies ordinaires sur l'excellence et la nécessité du travail, et toutes les platitudes ressassées à tort
i.lbid.y p. 88.
Dnnels de la « morale pu-
tle société, — et peut-être ;é future et perfectionnée, dire à un homme : « Bon tu gagneras ton pain à la la, pour le Dieu féroce des ures, leur tendit un piège ianquer à la porte de son ^er trimer sur la terre. En exceptionnellement, Tans par la nouvelle, qui dit :
\ ils croissent, ils ne tra- 3n peut, au surplus, renos ; elles ont tort Tune et itant le travail comme un médiate du péché, — la ncipe la fainéantise et la u fond, la doctrine écono-
.uc X, 7,8; XII, 23-31, 33-34. 11 Certes, ce nVst pas avec cela : il dérive surtout du juif helleurs jamais constitué sans le 1, dont il emprunta, en se les é. Néanmoins, les théories du TEssénisme, en somme, persiste que maintenues à Tarrière- 'idéal de la bienfaisance chrérincipe essentiellement juif et fait d'un prêt usuraire fait au pauvres prête à Dieu. Prov, xix, moine mendiant. 11 ne faut pauvre, le misérable gagnant , le mendiant proprement dit, Test cette vraie gueuserie que ^ à constituer à l'état de « syn-
C'est pourquoi il n'y a p£ des objurgations des orth( essence par les principes ment contradictoires, elles communs sans portée comi
Aux seuls philosophes, i en si haute matière, et nul rite que Carlyle. « Considé] le travail l'âme de l'homme quelque sorte, à l'état de i môme où il se met à l'ouv remords, l'indignation, le l'âme du pauvre travaillei de tous les hommes; mais s'acharne à sa tâche et tous en grondant, dans leur an nant « un homme » dans bénie du travail n'est-elie purifiant qui consume tous
Ce qui veut dire, en somn bénédiction, non seulemeni les suprêmes douleurs, mai la vie — la suprême joie et
dicat », dirait-on aujourd'hui, parti pris aux dépens de la coll après Ja fondation, les résultats lûmes à mendier ne faisaient ] tout errer en désordre et vaga en un mol (c'est Bonaventure, gé ils étaient devenus de si effrou redoutait autant la rencontre é voleur de grands chemins. (Cf. A in Enc, BriL, T. XVI, 1883.)
1. Voyez encore Lagrésille, Di tion, 1881, — D' Karl Braun, wissensschaftiche Zeitfrage, 1883
) réalise, encore faut-il certaines conessaire, d'abord, pour l'ouvrier proie travail soit suffisamment rémunéoi n'ont pas songé nos pédagogues, aie religieuse, ou de l'impératif catélus vain. L'immortel auteur du Culte le de l'oublier. Le travail, c'est bien !
1 capitale, la plus grave de toutes, la il et du salaire, qui aurait dû se poser lions au moins, si nous avions écouté te question ne peut plus être ajournée sntendre la voix de la terre. Le travail 1 d'être « organisé », comme on dit. le son dû lui soit un peu mieux payé l'homme; son dû, auquel il a droit que le Parlement s'en occupe ou non, lui être refusé plus longtemps, sous nt, et, si cela dure, sous peine de
ment le salaire est insuffisant dans un î cas; dans d'autres, et suivant les [jues du moment, l'homme de bonne sque de n'en gagner aucun. La misère îité, ont leur source dans les circons- 5, dans l'organisation défectueuse du lans l'individu. « Le vagabondage, lendicité, dit excellemment M. d'Haus- ) ces délits dont la misère est complice oscille avec le niveau de la prospérité ursuites pour vagabondage ont aug-
d Présent, 1843 (extrait du liv. ÏII, chap. xi, 74 et 180 de la Peoples édition).
écrivains d'un esprit éclairé, mais, idances non subversives, comment je, prendre un homme au collet et >m de la loi! tu vas travailler; sinon, hoses-là pouvaient se faire au temps îs ne sont plus de mise aujourd'hui.
Toisiveté est mauvaise, et nul encore matisée que Carlyle : « Qui es-tu, toi Tune vie paresseuse, étalant complaires de tes équipages et tes somptueux îz en haut, en bas, en arrière, partout amais vu un héros, un saint, un dieu le — qui fût oisif?... Une monstruole, c'est le fainéant*. »
inéant marqué ainsi, ce n'est pas le ibond; c'est le riche, — le riche oisif, ez le précieux chapitre 34 du chefria, intitulé « De l'oisiveté », et com- < Les gouvernements sages ne soufein du travail et de l'industrie, une ui est contraire au but politique de ux parler de ces gens oisifs et inutiles la société ni travail ni richesses, qui ars sans jamais perdre, que le vulgaire admiration stupide, et qui sont, aux objet de mépris ^ » M. Faustin Hélie, taire, fait cette déclaration étonnante :
ivent s'appliquer qu'à cette classe d'oi-
' et 4° questions. Travaux de la l"^® bection,
élits et des Peines, $ 34. Nouvelle édition,
commentaire, par M. Faustin Hélie, p. 173,
sifs, qui, dénués de toute ressource, et n'exerçant aucun métier, ont été qualifiés, par notre loi pénale, de vagabonds et mendiants de profession*. » Quoi! des «gens qui accumulent toujours sans jamais perdre, et que le vulgaire respecte avec une admiration stupide ! » Voilà de singuliers mendiants et de bien remarquables vagabonds !
Non! ceux que Tauteur des Délits et des Peines a voulu stigmatiser, ce sont bien les riches oisifs, inutile fardeau sur îa terre, frustra terrœ o/ius, qui, eux aussi, vivent sur la société sans lui rien donner en retour. En vain objecterait-on qu'ils consomment les capitaux accumulés par leur famille. « La richesse est sociale dans sa source, » dit le chef actuel du Positivisme, le distingué Pierre Laffite. Ce n'est pas le moment de développer la théorie"; je me bornerai à rappeler qu'en toute production, la part d'un individu ou d'une famille est toujours bien restreinte ; d'une façon générale, nous vivons par les contemporains et par les prédécesseurs. J'entends bien que la situation de roisif*pauvre diffère, à première vue, de celle du riche fainéant, en ce que celui-ci ne fait pas un appel direct à votre bourse.
Mais d'abord, ce n'est qu'une apparence; puis, je prétends que du moment où certains oisifs restent impunis, vous n'avez pas le droit de châtier les autres. « Dans toute cité, dit l'auteur d'une remarquable thèse inaugurale sur l'édit de Valentinien, il est permis à tout citoyen de vivre à sa guise, pourvu qu'il ne lèse ni le droit public ni le droit privé, et celui qui ne commet aucune infraction à cet égard ne peut se voir imposer le travail au nom de la loi ; aliter enim non tantum ad id
2. On la trouvera exposée dans mon livre de VEtat, p. 210, sq. Paris, 1885.
cogendi forent mendicantes, verum etiam quivis alius nihil agens et otiosus^ cotera vero hand malus civisK » Voilà une vérité qui crève les yeux et que consacre encore la parole autorisée du jurisconsulte Faustin Hélie : « Le travail, quoiqu'il soit la destinée de l'existence humaine, ne peut être imposé par la contrainte... Toisiveté peut être un vice; elle n'est pas un délit; elle peut être sévèrement blâmée, elle ne peut être punie*. »
Ce qu'il fallait démontrer.
Dira-t-on que si l'oisiveté ne peut être punie comme telle, elle doit l'être cependant, comme devenant ou pouvant devenir, à tous moments, l'occasion de faits délictueux ou criminels? « Que ces deux états (le vagabondage et la mendicité) ne soient pas en eux-mêmes des délits, dit M. Garraud, qu'ils ne portent pas directement atteinte aux droits ou à la liberté d'autrui, c'est un point qui ne peut faire doute. Mais ils constituent des états dangereux pour la société, des manières d'être et de vivre menaçantes pour l'ordre public. La législation répressive a donc le droit et le devoir de se préoccuper du vagabondage et de la mendicité comme moyens occasionnels de commettre des délits* ». Ce texte, emprunté à un auteur distingué, n'est qu'une variation sur le thème connu : « Le vagabondage et la mendicité sont l'école du crime. »
D'abord, quand bien même ce serait exact, je dis qu'on n'aurait pas le droit de punir des gens par le seul fait que leur situation ou leur « état d'âme » les prédispose au crime; pas plus qu'on aurait celui d'emprisonner des individus étalant tous les stigmates de l'an-
i . Van Lennep, Disputatio juridica ad Valentiriiani constitutionem de mendicanlihus validis, p. 95. Lugduni Batavorum, 1824.