‹ De la suppression du cristallin transparent dans le traitement de la myopie stationnaire élevée et de la myopie progressiveChapitre 15 sur 36 · INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS · texte numérisé non relu

INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS

Nous avons vu au chapitre 11 quels avantages, au point de vue réfraction, les myopes devaient retirer de lablation du cristallin transparent. Cependant, malgré l'attrait que pourrait présenter pour le chirurgien une telle opération, malgré les instances du malade à réclamer ses soins, Fintervention est trop délicate et les résultats trop différents suivant le choix judicieux ou non des sujets pour agir à la légère. C'est un moyen de traitement sérieux, et par cela même capable du plus grand bien comme des plus grands désastres. Il n'est done pas inutile de chercher à préciser de notre mieux les indications et contre-indicauons de l'opération.

& Malgré les avantages de l'ablation du cristallin, dit M. Abadie, quel que soit le procédé employé, cette opération doit être envisagée comme une opération sérieuse qui réclame des soins très attentifs. Le malade doit traverser une période pénible pendant laquelle, avant de lui rendre une vision meilleure, on commence par lui enlever celle qu'il a ». Il faudra donc pour celle raison se montrer très

prudent.

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A) Lorsque par exemple on est en face d'un myope qui comme celui dont il s'agit dans notre observation n° If a dû changer constamment de profession, à cause de sa vue puis a dû renoncer à travailler, il n'y a pas à hésiter, à condition toutefois que l'acuité visuelle soit suffisante, pour que l'opéré retire un certain bénéfice de l'intervention.

Si par exemple nous parcourons nos observations personnelles, nous trouvons dans la première, l'histoire d'une jeune religieuse de 29 ans qui, chargée de l'instruction, dut cesser sa classe à cause de sa vue. Opérée en 1892, elle travaille facilement aujourd'hui et sans lunettes. Dans l'observation HE, c'est une ménagère qui ne pouvait pas travailler étant incapable de supporter un verre correcteur quelconque. La malade qui fait le sujet de notre observation fondamentale, l'observation IV, à travaillé d’abord dans les fleurs, puis la broderie fine, à 18 ans : fatiguée, elle tint des livres et redevint fleuriste jusqu'au jour où elle dut se reposer. L'observation VIT est celle d'un employé des Halles, opéré en 1894, qui depuis l'opération exerce facilement sa profession.

Comme on le voit, ces interventions ont été pratiquées chez des myopes de la classe ouvrière, qui, sans cela auraient peut-être fini par être à la charge de la société, tandis qu'aujourd'hui ils vivent de leur travail comme des emmétropes.

Très souvent ces myopes n'ont jamais porté de lunettes ; parfois au contraire ils sont pourvus de verres très forts que d’ailleurs ils ne peuvent garder. Après avoir fixé quelque temps un objet qui leur paraît d'autant plus petit que

les verres correcteurs sont plus forts, leur vue se trouble, \ \

dE ils éprouvent de la diplopie et des phénomènes d'asthénopie de toutes sortes : pholopsie, scintllement apparent dans l’espace, fatigue des yeux, mouches volantes. En général, la lunuère un peu vive les blesse, € même à un moment où la sclérotique brillant d’un blanc verdâtre à travers les milieux amincis semble incapable d’excitation. Ces malheureux cherchent insünctivement un point de leur rétine moins malade que les autres et finissent par voir: mais au bout d'un instant, ils sont fatigués, abandonnent, avec un soupir, le livre ou la lorgnette et rentrent dans le chaos de la vision diffuse ou même dans l'obscurité complète en fermant les paupières. Ils rent le rideau sur une scène qui leur coûte autant de malaise qu'elle leur présente d'attraits » (Landolt).

Donc, première indication, tenir grand compte de la situation sociale des individus.

B) L'âge joue-t1l un rôle important dans les indications de l'opération? — Au point de vue du bénéfice que le malade devra retirer du traitement, 1l est certain que les résultats, comme dans toute intervention, seront meilleurs chez un sujet Jeune, 15 à 25 ans par exemple, que chez un vieillard, — Les premiers opérés de Fukala étaient tous des jeunes gens, l’un d'eux n'avait même que 8 ans, les deux premiers myopes soumis à ce traitement par M. Abadie étaient âgés de 18 et 23 ans. Puis, encouragé par les résultats, M. Abadie pratiqua l'extraction chez un malade de 38 ans, sans obtenir de cataracte secondaire, et en ayant au contraire une pupille bien noire. Un peu plus surpris de ce dernier succès, 1l essaya alors de discisser le cristallin d’une

malade de 5o ans, et constata que, contrairement à ce qu'on

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