PAS CHE
aurait pu croire, 1} n'y avait pas de noyau solide. Le résultat fut le même chez deux myopes de 65 et 70 ans. Après lui, v. Iippez (1), avant remarqué également que chez les myopes âgés le processus de selérose cristallinienne ne se produisait probablement pas, conclut que chez les vieillards la discission devait produire les mêmes résultats que chez les jeunes gens ; aussi fitil successivement subir l'opération de la myopie à 3 sujets de 40 à 50 ans, à 7 de 50 à 60 et enfin à 3 de 60 à 70.
Le D' Paxsrer (d'Avignon) pratiqua également trois extractions chez des malades de 65, 50 et même 72 ans.
Au point de vue opératoire, il semble donc ne pas y avoir de limite d'âge à l'opération. Mais, comme nous le verrons au chapitre Complications, 1l est bon d'être prudent dans ses interventions à un âge avancé, car sachant que € l'importance et l'urgence de l'opération sont beaucoup moindres dès qu'on atteint l’âge moyen de la vie (2)», mieux vaut laisser à un myope stationnaire son amétropie que l’exposer à un décollement de la rétine particulièrement fréquent à partir d’un certain âge. La myopie en effet s'amende avec l’âge ou tout au moins cesse de progresser : la seule indication chez un malade de 35 ans et au delà sera tirée des progrès constants des lésions choroïdiennes.
€ Pour un même degré élevé de myopie, dit M. Panas, l'opération est d'autant plus indiquée que l'individu est
jeune, l'expérience ayant démontré combien sont à craindre,
(1) Deutsche med. Wochens., 1897. Loc. cit.
(2) Apapie. Compte rendu du Congrès d'opht. de Moscou, 1897, p. 167.
SIRET par la suite, des complications graves telles que le synchisis vitréen, l'atrophie et l’apoplexie de la macula, la choroïdite disséminée, les cataractes corticales, et par-dessus tout, le décollement spontané de la rétine ».
Pour Mae, l’âge n'a en général pas d'importance.
Le D' Vacuer a proposé il y a 3 ans une formule qui a été généralement adoptée pour la conduite à tenir à l'égard des très Jeunes myopes : € La myopie progressant rapidement entre 1? et 16 ans, on peul opérer dès l’âge de 12 ans s'il exisle un large slaphylome el si le nombre de dioplries dépasse le nombre d'années du sujet ».
Fuxaza à cependant opéré un enfant de 8 ans; dans le cas de Vazupe (1882), l'enfant présentait à 12 ans une myopie de 18”.
M. Abadie se refuse à intervenir au-dessous de 12 ans.
Le D' Eu. vox Grooz (2) n'opère que des individus jeunes ou à l’âge moyen.
Les limites semblent donc être 12 el 50 ans, sous réserve des conditions indiquées plus haut: on à même dans certains cas à opérer des malades plus jeunes ou plus âgés.
C) Le degré de la myopie fournit également d'importantes indications, bien que Scnawinr-REemPpLer pense que c'est moins le nombre de dioptries qui doit engager à opérer, que la condition sociale et linfériorité professionnelle de
l'individu.
(1) Vacner. /b., p. 106.
(2) Em. vox Grosz. Association roy. des médec, de Budapesth, 13 et 20 novembre 1807.
Pour Ünrnorr, on pourrait dans la myopie héréditaire intervenir à pariuir de 8”.
Way n'opère que les enfants atteints de myopie supérieure à 10° et les adultes ayant 12° et plus.
Vossius intervient aussi dans des amétropies supéricures à 12° eta eu à le faire quelquelois seulement chez des enfants : pour 10”. ;
Hxss insiste sur ce fait que lon ne doit opérer qu'à parlir de 10" et 19° et écarter de parti pris les opérations pour des degrés moindres.
SCHWEIGGER pense que le traitement ne convient que lorsque le punclum remotum est à environ 7 centimètres du sommet de la cornée, soit M = 13”, car alors les verres correcteurs ne peuvent plus donner de correction el exigent un effort d'accommodation incompatible avec la myopie forte.
Scuroper donne également 13"comme limite inférieure extrême, tandis que Sarrzer cité par Orro indique 19 à 14°.
Macex fournit les mêmes indications que Fless.
Eu. von Grosz n'opère que Îles myopies supérieures AT
Le P' Fexer (Budapesthf, 1897) intervient au delà de 19°, mais jamais sur des yeux ayant eu des hémorragies.
Pour Scnimuer, également, les myopes à opérer doivent présenter au moins 19°#
M. ABanie, au congrès de Moscou de 1897, estime que
l'opération n'est indiquée que lorsque la myopie alleint 1 etetO, qu'elle semble évoluer rapidement et surtout lors-
qu'elle s'accompagne de lésions dechorio-rélinite indiquant
ARRET une tendance manifeste à la désorganisation des membranes profondes de l'œil.
Son élève, Dusarryx (du Havre), se fondant sur la condition sociale de l'individu, dans la myopie stationnaire n'intervient qu'à parur de 16 à 18°.
16", tel est encore le degré de myopie pour lequel, d'après le P' Paxas (1), l'opération serait Jusufiée,
Gecrke et Bizuer ürent leurs indications du degré de myopie du malade et surtout de la diminution de la vision centrale : 1ls conseillent d'opérer toutes les fois que les verres ne permettent aucun travail, quel qu'il soit.
Si nous avons réservé pour la fin l'opinion de M. Fukaza, c'est que nous tenions à publier presque en entier les indications fournies par cet auteur au congrès de Moscou. Elles présentent d'autant plus d'intérêt que M. Fukala les a multipliées à la suite des remarques faites par lui, d'une part, et d'un autre côté par le P* von Hippel. « Aujourd'hui, je dis que l'opération est indiquée à partir de 8° chez l'enfant, 10 chez l'adulte : pourquoi ? 1° parce que quelques clients, des ouvriers le demandent, ne pouvant supporter une myopie de 10°; 2° parce qu'on à des observations de myopes de 10° opérés qui tout comme des myopes de — 23° sont devenus hypermétropes. Par contre, dans un cas de Hippel, une myopie de 20° a fourmi après l'opération une hypermétropie de 4”, et une autre myopie de 22°, une hypermétropie de 5°. — On peut se demander alors à quel degré
de myopie correspond l'emmétropie de l'œil aphaque : on à
(1) Paxas. Acad, med., 29 décembre 1896.
l'habitude de répondre 18° : mais la réalité ne répond pas aux calculs. Nous chercherons au chapitre Résultats, à expliquer ce fait : pour le moment il nous suffit de savoir que M. Fukala opère à partir de 10°.
Bien que les exceptions citées par M. Fukala soient relativement fréquentes et déjouent tous les calculs, nous proposerons comme règle l'opération chez les enfants ayant une myopie de 13 à 14°, puisque, d'après le précepte de Vacher, 1l ne faut pas opérer au-dessous de 12 ans et même faut-1l encore que la myopie soit supérieure à l’âge, ce qui nous donne bien 13 ou 14°. — Chez l'adulte la limite sera 1/4 à 19. On sera parfois appelé à opérer des myopes de 12 ou 193 (voir Obs. VIT); mais c'est pour combattre des altérations choroïdiennes à marche rapide. L'exemple de myopes de 10° devenus emmétropes après l'ablation n'est qu'une exceplion qui ne doit pas suffire à nous faure oublier que le plus souvent à 12° de myopie correspondent d'après Eperon 3° d'hypermétropie, el que par conséquent en prenant comme moyenne 14 à 15°, nous avons plus de chances de rendre notre opéré emmétrope.
D) L'acuité visuelle avant l'opération doit être soigneusement relevée. [Il est néanmoins difficile de Uürer de cet examen uneindication bien nette. M. Vacher, en effet, avait donné comme règle de ne pas opérer de malade ‘ayant V < 1/10: or dernièrement(r) ce chirurgien intervint chez un myope dont l'acuité n'était que de 1/16 et après l’opéra-
ton l’acuité avait doublé. Les cas d'amélioration de l'acuité
(1) Thèse de Baudot. Paris, 1898, p. 37.
ÉMRR ASE visuelle d'abord inférieure à 1/10 ne sont pas rares, Baudot cite le cas des opérés de M. Valude chez lesquels l’acuité d'abord égale à 1/40 devint 1/16 sur un œil et 1/30 sur l'autre.
Nous avons vu dans une de nos observations une acuité d'abord 1/30 devenir égale à 1/20. Dans d'autres cas, après 1/10 on obtenait 1/2. 11 n'est pas rare de voir à 1/16 succéder 1/8.
Il semble done que les indications à tirer de l'acuité soient subordonnées à celles fournies par la réfraction de l'œil et la condition de l'individu.
E) Une indication qui n'est pas admise par tous les auteurs est la suivante. Doit-on intervenir dans le but d'enrayer les lésions choroïdiennes ?
M. Abadie & estime que l'opération est formellement indiquée dès quesurviennent chezun myopen'ayant pas plus de 10 à 12°, des foyers de chorio-rétinite dans la région de la macule qui sont le fait de la désorganisation mécanique du fond de l'œil, nous savons en effet que nous sommes complètement désarmés contre ces lésions qui ne cessent de progresser pour aboutir à la perte de la vision centrale. Le seul moyen de les enrayer est d'extraire le cristallin, c'est-à-dire de supprimer l'accommodation et la conver-
gence{1}). »
(1) Nous avons eu l'occasion de vérifier l'exactitude de cette affirmation en examinant à nouveau le 6 janvier 1899, avec M. Abadie, le malade qui fait le sujet de l'observation VIIT, Zes lésions choroïdiennes ont presque disparu, l'acuité de l'œil opéré a doublé,"et la myopie de l'œil non opéré a diminué d’une dioptrie.
Mo
M. Vacuer, au Congrès de Moscou, conclut en ces termes : « Étant données nos connaissances actuelles sur la pathogénie de la myopie progressive et du décollement rétinien, Je crois que la suppression du cristallin est un des meilleurs moyens pour prévenir certaines complications de la myopie progressive, el qu'on doit y avoir recours avant que les lésions profondes de œil, devenues définitives, aient diminué considérablement ses avantages.
Mookex, après 196 opérations, dit que lablation du cristallin peut changer les altérations du fond de l'œil quand le processus n'est pas trop avancé.
SourokDER estime que les altéralions- de la choroïde ne constituent pas une contre-indication, à moins que la macula ne soit atteinte.
Pour Fuxaza, la choroïdite ne donne lieu à une contreindication que lorsqu'elle a été la cause de nombreux exsudats vitriens et qu'elle à atteint la macula.
Dans presque loutes nos observations on à remarqué des lésions choroïdiennes parfois très avancées et atteignant méme la macula: les résultats n'en ont pas moins été très bons, s'améliorant même peu à peu.
Zaxorrr, dont nous résumons l'observation (Obs. IX), est intervenu dans deux cas où la macula était atteinte.
Avec notre maître, M. Abadie, nous dirons donc que, loin d'être une contre-indicalion, les lésions choroïdiennes progressives, les lésions maculaires doivent décider le chirurgien à opérer.
Au sujet des contre-indications, 1] nous reste peu de choses à dire. Nous avons vu, en effet, au début de ce cha-
pitre, qu'on ne devait pas opérer au-dessous de 12 ans, que
Co
le degré de myopie, pour donner un bon résultat, ne devait pas en général être inférieur à 147, sauf lorsqu'on veut combattre des lésions progressant rapidement.
Goldzicher ne considère pas les hémorragies choroïdiennes comme étant toujours une contre-indication : Gelpke et Bilher ont vu, ditl, des cas où ces hémorragies ont été favorablement influencées par l'opération. € L'essentiel est que les malades se montrent satisfaits d'avoir une vue qu'ils n'avaient Jamais eue auparavant, contrairement à ce qu éprouvent ordinairement les opérés de cataracte ».
Nous n'avons plus qu'un point à ajouter pour terminer ce chapitre: on ne devra pas opérer un œil si l'autre est atteint de décollement rétinien: on ne le fera que sur demande expresse du malade et dans le cas seulement où l'œil le meilleur serait atteint de lésions à évolution rapide,
menaçant la vision.