ETAGE
A droite, foyers blancs et brillants, arrondis, d'atrophie choroïdienne, au pourtour du nerf optique, et groupe très net au niveau de la macula.
A gauche, la macula est moins atteinte : foyers choroïdiens de mème apparence (brillants et plus au moins arrondis, d'autresavec pigments) à la partie interne du nerf optique.
Corps flottants du vitré des deux côtés.
Pas de strabisme.
26 février. — Discission de la cristalloïde à droite.
29 février. —- La malade n'a pas souffert depuis la discission. On emploie le chloroforme en raison de l'irritation de l'œil et on évacue les masses corticalessans iridectomieau couteau lancéolaire et à la curette de Daviel. — Légères douleurs pendant les deux jours suivants.
rimars. — Chloroforme, évacuation des masses cristalliniennes. La capsule déchirée sur une petite étendue avec les pinces capsulaires, donne une pupille noire petite et bien pure.
Pas d'issue de corps vitré.
19 mars. — Pas de douleur et peu de réaction à la suite de cette intervention.
24 mars. — Dilatation de la pupille à la cocaïne et à l'atropine, puis ponction au couteau lancéolaire, discission des masses et de la membranule au kystitome. Évacuation à la curette ; il reste des masses libres au pourtour de la pupille, laissant un orifice central libre.
16 avril (OD opéré). — Pupille longitudinale nette, iris dilaté par l'usage continu d’atropine. Fond de l'œil visible, nombreuses taches blanches et brillantes souvent arrondies de chorio-rétinite au niveau de la papille et de la macula.
Lit la 3° ligne de l'échelle à 1 mètre, presque la 4°; V — 1/30 fort sans correction. (C'est l'acuité antérieure à l'opération).
OG, avec — 20°, lit la 5° ligne à 1 mètre ce qui donne V — 1/15 faible au lieu de 1/20 obtenu demêmeavant l'intervention.
A distance avec — 20°, V — 1/18.
21 avril. — Le champ pupillaire étant occupé surtout du côté interne par des masses floconneuses blanchâtres.
Nouvelle opération jugée nécessaire.
Avec un mince couteau de Graefe, après cocaïnisation, ponction de la cornée (incision de 1 millimètre 1/2 cuviron) de haut en bas et de dehors en dedans, puis discissions avec la pointe du même couteau et pansement, les masses devant se résorber d'ellesmêmes. Dans ces cas il est indispensable d'être prudent, car on a vu survenir à la suite de retouche sur un œil, des accidents, tels que le glaucome.
12 mai. — OD. Le champ pupillaire est toujours occupé du côté interne par une masse moins étendue qu'il y a 15 jours.
La malade lit à 2",50 la r'° ligne sans verre.
Aun mètre, V — r/20 presque 1/15 (très difficilement il est vrai) sans verres.
Avec verres : V — 1/10 difficilement, la malade était encore sous l'influence de la cocaïne, OG ; V avec — 20, V — 1/4.
OG. — Avec — 20° à 1 mètre, lit la 6° ligne, V — 1/10.
17 mai. — OD, V — 1/30, 1/20 faible sans correction.
De près n° 94 sans correction:
OG. V — 1/40 faible sans correction.
V = 1/6 avec — 2%.
De près n° 1 sans correction à 0,05. Avec — 9? à o"r0.
21 mai. — La malade, le jour du dernier examen, le 17, remarqua en retournant chez elle que la vue se troublait surtout sur les côtés.
Elle vient le 21 à la consultation, se plaignant de ne plus voir.
La pupille ne réagit plus à la lumière.
La pupille est un peu allongée en hauteur et en dedans, le globe oculaire sensible au palper même très léger.
A l'ophtalmoscope trouble du vitré en bas. La malade voit très bien passer les doigts et les compte. Toujours quelques légères masses.
On avait d'abord pensé un moment à la possibilité d'une petite
hémorragie, puis on diagnostique un décollement.
Ventouse scarifiée. Extrait de US A onguent napolitain : on décide une électrolyse.
La malade s'accuse elle-même, trouvant qu'elle avait travaillé trop tôt; les Jours précédents, elle avait battu el secoué des tapis.
Osservariox VII (Inédite) (Prise à la clinique du Dr Aganie).
M. M.., 22 ans, employé aux Halles.
Opéré il y a 4 ans pour myopie forte avec lésions choroïdiennes de l'œil gauche (extraction du cristallin après discission).
Cet œil gauche a la plus mauvaise acuité.
Nous n'avons pu retrouver de renseignement sur le degré exact de la réfraction et de l'acuité.
Actuellement après 4 ans :
OG (opéré), V — 1/8 sans correction.
Lit n° 4 de De W. avec g0° + 1,25 + 3,50.
OD non opéré, le meilleur il y a 4 ans, donne aujourd'hui NV — 1/15 avec — 20°:
Le malade est très amélioré pour la vision à distance : ce qui lui donne plus de facilité pour l'exercice de sa profession.
OsservarTion VIIT (Inédite)
(Prise à la clinique du Dr Agapie.) |
M. Lucien M., 23 ans.
Le malade se présente à la clinique pour une myopie dont il fait remonter l'origine à une méningite survenue à l'âge de 3 ans.
Jusqu'à 7 ans, il a toujours été maladif (bronchite, pneumonie, etc.). Les parents ne sont pas myopes, mais une sœur plus jeune l'est. C'est depuis 6 ou 7 ans qu'il a constaté les progrès constants de sa myopie et l'affaiblissement graduel de sa vue.
OD'avece 1:27" == 1/3 faible.
Horn —
Le malade dévie un peu l'œil pour fixer, probablement à cause de la petite lésion maculaire. Sans déviation de l'œil, dans la fixation centrale, on obtient avec le même verre, — 12°, V — 1/4.
A l'ophtalmoscope, large croissant externe embrassant plus de la moitié de la papille ; de plus, au niveau de la macula, très petit amas pigmentaire, noir, sans lésions atrophiques, sans taches blanches de choroïdite.
A la pupilloscopie, M — — 12».
Staphylome postérieur étendu. Lésions choroïdiennes formant autour du nerf optique une zone atrophique blanchâtre avec des prolongements en rayons.
Au centre de la macula existe un foyer de choroïdite formé de deux petites bandes d'atrophie jaunâtres se coupant de façon à figurer une sorte d'étoile à trois branches ou d'Y. Elles sont limitées par une large bordure de pigments très noirs.
10 mat 1898. — OG. On fait une très large discission avec le couteau de De Graefe après atropinisation. L'opération a été entreprise surtout en vue d’enrayer les lésions choroïdiennes.
12 mat. — Masses cristalliniennes très gonflées, emplissant la chambre antérieure. La tension de l'œil est élevée, mais sans douleur ni forte réaction. On doit cependant remettre au lendemain l'opération le malade ayant pris des aliments et ne pouvant être chloroformé.
13 mai. — Le malade a beaucoup souffert de l’œil glaucomateux. L'évacuation sous chloroforme se fait à la pique, les masses cristalliniennes sont évacuées en entier. Issue d’une très petite quantité de vitré.
15 mai. — Les douleurs ont cessé immédiatement après l'évacuation, l'œil n’est plus glaucomateux.
25 mai. — Tension normale; toute réaction post-opératoire a disparu. Il reste encore des masses opaques. On continue l'atropine quelques jours et on attend pour l'extraction.
30 mai. — Le malade se présente avec l'œil opéré glaucomateux, la cornée floue, de l'hypertension, des douleurs supportables. Depuis avant-hier, le malade a souffert modérément de son
— V1 — œil. Depuis ce moment, il accuse un affaiblissement de la visiOn. |
Les quelques masses cristalliniennes qui restent dans les débris de la capsule ne peuvent avoir amené cet état glaucomateux, mais, à la partie inférieure de la cornée, dans une des cicatrices des ponctions à la pique, très léger enclavement d'un filament d'iris. C'est à cet enclavement que doit être attribué le glaucome.
Le 1° Juin. — Section de cette adhérence sous chloroforme à l’aide du couteau de De Graefe.
Le 8 juin. — Après section de l'adhérence irienne la douleur a persisté, pendant cinq Jours tout en diminuant rapidement. Aujourd'hui plus de douleur, mais encore injection périkératique et un peu de trouble de la cornée, on ne voit plus d'enclavement et, à travers la pupille, on commence à apercevoir le reflet rougeâtre du fond de l'œil.
Pas de tension du globe oculaire.
Cornée très claire. Pupille allongée en bas et en dehors.
Les lésions du fond de l'œil sont atténuées.
Le 5 mai. — OD. avec — 13 V — 1/4.
OG. lit NCD à 22 avec — rr».
Le 28 juin. — OG. lit NOD à 3" avec + 2».
De près, n° 6 avec + 6».
Le 19 juillet. — OG. lit NCD à 3" avec + 2.
Lit n° 6 avec + 6».
Le 5 novembre. — OD. Avec — 19 V — 1/3.
OG. Avec + F7 VI= 1/6:
De près, n° 6 avec + 45o(1).
(1) Le 6 janvier 1899, nous avons eu l'occasion de revoir cet opéré. L'acuité est la même des deux côtés, V — 1/3. L'hypermétropie est de 1075 pour la vision de loin. ;
De près avec + 6 »lit n° 4 de De Wecker, avec +57 lit le n° 3,
La réfraction de l'œil non opéré est diminuée d’une dioptrie depuis le premier examen : les lésions choroidiennes sont en voie de rÉgTeSSION.
RATE Er
Ogservarion IX
(résumée d'après Zaxorri).
M'e C.S., 16 ans, tailleuse.
Après avoir commencé à l'âge de 8 ans à travailler dans une filature de soie, la malade s'aperçoit que sa vue, assez bonne alors, diminue peu à peu. Elle continue péniblement ce travail pendant 6 ans encore et doit enfin le quitter. A Milan, on la traite par les ferrugineux et le port continuel de verres — 10°; les verres prescrits causent des vertiges sans améliorer sensiblement la vision. Elle éprouve une céphalalgie persistante, de la diplopie.
La malade travaille ensuite dans la couture.
Fille tres développée, bien constituée, bien portante. Aucun myope dans sa famille.
Les verres, la skiascopie, l'image droite après atropinisation donnent le 4 juullet 1896 V — OD. avec —15° — 1/10 difficilement.
OG. avec — 13 — 1/6.
A l’ophtalmoscope, staphylome postérieur entourant les 2/3 de la papille, quelquefois petites plaques de choroïdite atrophique plus marquée à droite ; de ce côté, quelquefois, tenus flocons du vitré et plaque de choroïdite atrophique intéressant incomplètement la région maculaire.
La macula gauche indemne.
Le traitement médical échoue.
Le 30 août 1896. — OD. Iridectomie apres déchirure en () de la capsule, extraction à la curette des masses transparentes.
Pas de trace de réaction.
Le 22 novembre.— Arrachement capsulaire pour avoir une pupille absolument noire.
Le 1* décembre. — OD., avec + 2,25, V — 1/2.
La malade peut reprendre son travail à la filature, mais l'œil non opéré baisse toujours; elle doit le fermer pour voir du côté
opéré.
Février 1893. -— OG., avec — 16°, V — 1/10 à peine.
A l'ophtalmoscope, plaque de choroïdite en évolution dans la région maculaire indemne en juillet 1896.
La malade réclame vivement d'être opérée de l’autre œil.
Le 22 février 1897, même opération à gauche que celle de droite.
Après 48 heures, changement de pansement et instllation d'atropine, pas d'élévation du tonus.
A la fin de mars, arrachement capsulaire.
Au commencement d'avril (10 jours après), OG., avec + 2, Nu
Reprend son travail.
Revue le 1°* septembre 1897, la malade est enchantée, l'acuité visuelle et le fond d'œil sont dans le même état que quelques jours après l'opération.
La malade dit qu'elle peut continuer à travailler pendant des
heures sans interruption et sans fatigue oculaire.
OBsERvATION X
(Prise à la clinique du Dr Agapre, en 1892, et rapportée par Boucnarp).
Me M..., 39 ans. « Grand mère myope.
« Sa myopie progresse depuis l’âge de 30 ans et elle vient con- « sulter parce que sa vue baisse.
« Lésions profondes: staphylomes postérieurs avec altéra- « tions choroïdiennes maculaires.
« A l'œil droit, myopie de — 20? et acuité visuelle de 1/40.
« À gauche, — 20°, V — :/15.
« L'œil droit est opéré le 22 juillet 1891 par extraction.
« Examen de l'œil opéré le 12 mai 1892. L'acuité visuelle est de 1/16 sans verre. De près elle déchiffre sans verre le n° 9. »
Nous avons pu nous renseigner sur l'état actuel de cet œil (c'est-à-dire 7 ans et demi après l'intervention).
Cette malade nous écrit (décembre 1898): « Les résultats de l'opération n'ont pas changé. J’emploie les deux yeux pour la vision éloignée; Je regarde les objets rapprochés de l'œil gauche et je travaille sans verres. D'ailleurs, je ne m'en suis jamais servi et je remarque que la vision de l'œil opéré est plus grande qu'auparavant. »