‹ De la suppuration dans les kystes hydatiques du foie au point de vue pathogénique, clinique et thérapeutiqueChapitre 12 sur 16 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Première Observation (résumée).

Teale, — Brit. Med. Journal, 1883 (in thèse Potherat).

Jeune garcon, 14 ans, porteur d’un kyste hydatique, ponc-. tionné quatre fois avec aspiration. Suppure. La tumeur est située au-dessous du rebord costal. Incision de 4 centimètres, on arrive sur la tumeur. On trouve quelques adhérences. On passe un fil pour fixer la tumeur, puis incision large. Drainage. Guérison.

Observation II (résumée).

Richelot. — Bulletin de la Société de Chirurgie, 1886, tom. XI, pag. 795-808.

Il s’agit d’un kyste hydatique récidivé après ponction, remplissant l’hypocondre. Il fait une incision de 10 centimètres sur la ligne blanche qui l’amène sur le kyste, qu’il trouve adhérent à la paroi d’une manière très intense et en apparence très étendue, On fait une longue incision du kyste, d’où sort un litre de liquide puriforme, un netloyage aussi complet que possible de sa cavité, et on suture Ja paroi kystique aux lèvres de la plaie abdomipale. Drainage et pansement antiseptique. Aucun accident. Après deux mois de traitement, petite fistule.

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Observation Ill.

Due à Rohmer (résumée in thèse Potherat).

Rapport de Berger à la Société de Chirurgie, 13 juin 1888.

I s’agit d'un kyste antéro-inférieur qui occupait une grande partie de l'abdomen, ce qui en rendait le diagnostic difficile. On fait une ponction qui ramène du pus et des débris d’hydatides. Une incision est faite sur la ligne blanche, mais on trouve des adhérences nombreuses qui s'opposent à l’ablation totale, On fait une incision large du kyste. Il sort de 4 à 500 vésicules filles. [njections antiseptiques et drainage. Deux mois après, il ne reste qu’un court trajet fistuleux.

Observation IV.

Due au Dr Perier., — Communiquée à la Société anatomique par Rebou, ljuin 1888

Femme traitée en médecine pour une angiocholite et une cholécystite suppurée, d’origine calculeuse. Elle passe en chirurgie. À une vomique fétide dans laquelle on trouve des crochets d’échinocoques. Donc, erreur de diagnostic.

La laparotomie conduit sur une tumeur fluctuante qu’on avait sentie par la palpation dans l’hypocondre droit, située à une pro= fondeur extrême. Devant cette impossibilité de le suturer à la paroi, le D Périer prend le grand épiploon et le dispose en entonnoir autour de la base, puis il le suture à la paroi. Il espérait que les adhérences se formeraient et qu’on pourrait, le lendemain, inciser l’abcès au fond de ce couloir séreux; mais la malade, opérée in egtremis, mourut dans la nuit.

Observation V.

Due au Dr Reclus. — Parue dans la Gazette hebdomadaire, 9 avril 1889.

Il s’agit d’un homme porteur d’un énorme kyste du foie, remplissant l’abdomen. L'état général est grave. Le kyste est suppuré, on fait une incision de 20 centimètres à 4 travers de doigt du rebord costal et parallèlement à lui. On arrive sur le foie où se voit la marque du trocart de la ponction antérieure. La tumeur est recouverte par une lame hépatique de 2 centimètres d'épaisseur, on fait l’incision du foie au bistouri. La poche est

ouverte. Il s'écoule 3 litres de pus, Le foie est incisé sur une

étendue de 10 centimètres. On suture les lèvres de l’incision hépatique aux lèvres de l’incision abdominale.

La cavité de la poche est telle que la main et une partie de l'avant-bras ne peuvent atteindrele fond. Drainage avec 5 tubes à flutes de Pan. Lavage avec liqueur de Van Swieten. Nombreux débris d'hydatides. Pansement iodoformé. Rétablissement rapide de l'état général. 96 jours apres l'opération, il ne restait plus qu'une petite fistulette.

Observation VI.

Communiquée par le Dr Segond au Congrès français de chirurgie, 1888. (Résumée in thèse Potherat).

I s’agit d’un jeune homme de 19 ans, porteur d’un volumi-

neux kysie de la face convexe du foie, accessible par la voie antérieure.

Il a été ponctionné 5 foisen 7 mois mois sans le moindre succès, on fait la laparotomie le 6 janvier 1888. Incision paral-

lèle au rebord des fausse côtes. Evacuation de deux litreside

liquide purulent et de vésicules flétries et déformées, Large inci-

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sion des parois de la poche partout recouverte de tissu hépatique.

Fixation des lèvres de l’incision kystique à la peau. Le 26 janvier, les fils sont enlevés. Au mois de mars allait très bien. À été revu depuis, guéri.

Observation VII.

Due à Eug. Bœckel. — Gaz. hebd. de Médecine et Chirurgie, 8 février 1889.

Femme de 48 ans chez laquelle on constata en août 1888,

après plusieurs mois d'accidents fébriles, les symptômes sui-

vants : la malade est pâle et très amaigrie, le côté droit du thorax est dilaté, en arrière, il est mat jusqu’à l’épine de l’omoplate ; souftle lointain en bas ; absence de vibrations. En avant, matité très compacte. Elle part de la troisième côte, se confond avec celle du foie et descend très bas dans le ventre. Son bord inférieur part du milieu des fausses côtes gauches, passe à deux

travers de doigt au-dessous de l’ombilic et descend jusque près

de la crête iliaque droite. Foie ferme, presque dur et peu douloureux à la pression, teint jaunâtre, urines non foncées ; selles décolorées. Ponction faite en juillet avec la seringue de Pravaz, ramène de la sérosité etdes flocons de pus épais.

15 août, incision de 0,10 cent. sur le milieu de la septième côte partiellement réséquée; la plèvre, déchirée vers l’angle postérieur de la plaie, laisse écouler ? litres de sérosité citrine trans-

parente, et on aperçoit dans les 3/4 antérieurs de la plaie le foie

recouvert par le diaphragme et remontant jusqu’au niveau de la troisième côte. Ponction faite avec la seringue de Pravaz décèle du pus. Bæckel nettoie la plaie et ferme son ouverture avec sutures au catgut. Il plonge ensuite un bistouri dans le foie à travers le diaphragme. Il en jaillit un flot de pus à plus d’un mètre de distance, L’incision agrandie, il sort plus de deux

ADS litres de pus mêlé à des centaines de vésicules d’échinocoques. Cicatrisation complète.

Le ler octobre, le foie a ses dimensions normales, le bruit respiratoire son siège normal.

Observation VIII.

Communiquée par le D' Mannoury au Congrès de Chirurgie, 1888.

Il s’agit d'un kyste suppuré, on fait une incision dans le huitième espace intercostal, et on constate l’oblitération de la plèvre ; comptant sur les adhérences, on fit sans hésitation l'ouverture et le drainage du kyste. Malheureusement, les adhérences serompirent, et il survint une pleurésie septique mortelle.

Observation IX.

Communiquée par le Dr Mannoury au Congrès de Chirurgie, 1888.

Il s'agit d’un kyste hydatique suppuré du foie, on fait une ouverture dans le dixième espace intercostal, on réunit par une suture les deux feuillets pleuraux divisés, puis le kyste est vidé

par une ponction et la paroi suturée à la plaie. La guérison est complète,

Observation X.

Dr Lecesne, — Normandie médicale, 15 avril 1889.

Homme de 35 ans, amaigri, subictérique, présentant dans la région épigastrique un kyste hydatique. Avec une ponction capillaire, on retire un verre à bordeaux d’un liquide verdâtre épais, filant, avec globules de pus sans crochets. 15 jours après,

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laparotomie, kyste de couleur grisâtre et adhérent à la face supérieure et au lobe gauche du foie. Après avoirretiré par une ponction trois litres et demi de liquide purulent et rempli d’hydatides, on attire au dehors la poche, qui a la forine d’un bissac et qui est très épaisse, et on fait la résection de la portion extrapéritonéale. Sutures à la paroi abdominale, lavages antiseptiques. Dans les jours qui suivent, la bile est évacuée en grande quantité. Trois mois après, persistance d’un petit trajet fistuleux.

Observation XI.

Dr Leprévost, — Rapport de Segond, Société de Chirurgie. Bul, Soc. de Chirurgie, tom, XV, n° 4, pag. 279.

Femme de 46 ans, d’un diagnostic difficile à cause de la teinte subictérique, douleurs hépatiques irradiées à l'épaule droite et décoloration des selles. Ponction aspiratrice démontre l’existence du pus. Laparotomie. Incision du kyste. Deux litres de pus et grande quantité de vésicules, large lavage. Fixation de la poche par 10 points de suture. Drainage, guérison.

Observation XII (résumée).

Due à MM. Landouzy et Segond et parue dans la thèse de Braine.

28 juillet 1885. Entre à la Charité un jeune pâtissier, âgé de 15 ans. Trois semaines auparavant, aurait craché des « grains de raisins sucés ». L’oppression, qui revenait à chaque effort, l’aurait déterminé à rentrer à l'hôpital. On pensa à un kyste ayant communiqué avec les bronches.

Le bord antérieur du foie est sensible à la palpation et à deux travers de doigt de l’ombilic. Au delà de cette région, les sonsations sont moins nettes. Toute la zone sus-ombilicale est mate

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d’un flanc à l’autre. Au-dessous du rebord des fausses côtes droites, est une voussure énorme convexe en tous sens et nettement fluctuante.

Frottements péritonéaux faciles à saisir avec la main. Pas de frémissement.

Rien à l’auscultation du cœur ni du poumon. Etat général bon, Diagnostic de kyste hydatique probable.

On allait faire une ponction quand, dans la nuit du 10 au 11 août, le malade fut pris de suffocations. Une vomique et une éruption d’urticaire sur le thorax et l’abdomen s’ensuivirent. La poche hépatique est affaissée. Les matières vomies furent jetées par mégarde. Le poumon droit est plein de râles muqueux fins et moyens.

La fièvre est vive. La tempéraiure, qui était de 37° le 14, est montée à 40° le 20. La tumeur est reproduite. L'état général est

grave, La température locale au niveau de la tumeur est trés.

élevée.

On fait une incision large le 28 août.

L'incision est de 15 4 99 centim., parallèle au rebord des fausses côtes droites et à deux travers de doigt au-dessous. Après une hémostase complète, on fait la section du péritoine pariétal

dans toute l'étendue de la plaie. Pas d’adhérences. Le péritoine

viscéral est un peu dépoli. La membrane kystique, partout recouverte de tissu hépatique, n’est appareute en aucun point, mais la

résistance spéciale de la face antérieure du foie fait espérer que

la poche n’est pas loin.

La ponction aspiratrice donne issue à de la sérosité louche. Cette évacuation permet de plisser la face antérieure du foie et de la fixer avec une pince. Cette fixation était d'autant plus utile que le foie était mobile et Suivail tous les mouvements respiratoires.

Deux fils sont passés aux extrémités de la plaie et perpendi- |

culairement à son grand axe pour fixer le foie contre la paroi

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