‹ De la suppuration dans les kystes hydatiques du foie au point de vue pathogénique, clinique et thérapeutiqueChapitre 5 sur 16 · BE PAR · texte numérisé non relu

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primitive ou secondaire, elle agit toujours sur le kyste de la même manière pour en provoquer la suppuration. Il est cependant un fait sur lequel on doit insister. C'est l'infection des voies biliaires et, par suite, la suppuration du kyste conséculivement au passage d’une hydatide dans le canal biliaire. C'est un fait assez fréquent. Dans la thèse d’Ortiz-Coffigny ‘, sur 20 cas d'ictère dans les kystes hydatiques, 17 fois la cause était la | pénétralion d’une hydatide dans le canal biliaire. Sur les 26 obser-. vations de. Raffi, on l’a trouvée 16 fois à l’autopsie. Les vésicules s'engagent dans les voies biliaires,et, comme elles w sont en général d'un assez gros volume, elles provoquent, en pas- î sant, une dilatation considérable des canaux biliaires ; comme ces vésicules sont nombreuses, leur évacuation dans l'intestin se » fait par plusieurs poussées en plusieurs voyages qui provoquent « d’ailleurs autant de coliques hépatiques. Il en résulte que la dila- | tation des conduits biliaires tend à persister à devenir perma- « nente, et aux nécropsies on trouve les voies biliaires dilatées, au point d'admettre le petit doigt. Dans ces conditions, la voie est 4 largement ouverte aux migrations infectieuses qui partent de M l'intestin foyer septique pour arriver à la cavité du kyste rompu * dans les voies biliaires, foyer malade et exposé. | Ce foyer peut alors être comparé à celui d’une fracture qui, de simple et fermée, devient ouverte et compliquée. La cavité du * kyste s'infecte par les voies biliaires dilatées et béantes et des accidents locaux et généraux trahissent l'infection suppurative et . gangréneuse de la tumeur hydatique (Dupré).

La voie lymphatique est une voie absolument secondaire pour … les microbes pyogènes qui se rendent au kyste hydatique pour … en déterrainer la suppuration. Aussi la voit-on rarement suivie ! par eux. La grande source des infections hépatiques est, en effet, le tube intestinal. Or, les lymphatiques intestinaux COrrespon=

1 Ortiz Coffiguy ; Th., Paris, 1881.

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dent aux ganglions mésenlériques et au canal thoracique et non aux ganglions du foie. Le foie ne pourrait être atteint ainsi que par une invasion qui viendrait du péritoine. En dehors de cette voie, qu’on peut appeler voie lymphatique générale, il en est une plus particulière, c’est l'infection transmise par conli- guité d'un organe à l'autre, et cela grâce aux lymphatiques qui unissent le foie aux organes voisins.

Rarement les kystes hydatiques sont profondément situés dans le parenchyme hépatique. [ls se développent ordinairement à la superficie, surtout au niveau de la face convexe et du bord antérieur hors duquel ils font saillie. Ils compriment alors les organes voisins, estomac, poumon, etc. Par là, l'infection peut se transmettre. L'estomac ne diffère pas de l'intestin au point de vue infectieux. La rate et les reins n’ont aucune influence sur le foie au point de vue infectieux. Il ne reste donc qu’à étudier la voie lympho-pulmonaire. Si le kyste siège sur la face convexe -du foie et se développe vers la cage thoracique, il peut remonter.très haut et aller comprimer le poumon, qu’il irrite. D'où atrophie du poumon, qui prend l’aspect fœtal. D'autres fois, il détermine un travail physiologique de la part du diaphragme et des plèvres aboutissant à des adhérences pleurales. Alors le kyste peut se vider soit dans la plèvre, soit dans une bronche, et il se produit dans ce dernier cas une vomique de liquide hydatique clair. Le kyste ne tarde pas alors à s’infecter et donner lieu à des vomiques purulentes, car, suivant l'expression de Dupré, le kyste ressemble à une fracture compliquée, Il est à remarquer que l'ouverture des kystes dans le poumon est plus fréquente que l’ouverture dans la plèvre. Le travail d’adhérences pleurales doit donc se faire de bonne heure.

Quelquefois, la plèvre par l'influence du kyste s’enflamme, ei on a une pleurésie séreuse ou purulente. Mais, d’autres fois, on peut assister à la suppuration du kyste consécutivement à une pleurésie purulente. C’est ainsi qu’en 1876, dans un travail sur

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les rapports de la pleurésie avec les kystes hydatiques du foie, Petit a publié un cas où un kyste avait suppuré consécutivement à une pleurésie purulente. Petit attribue cette infection à ce que les kystes étant un locus minoris resistentiæ, ils appellent l’infection répandue quelque part. C'est plutôt dû à la propagation directe de l'infection.

Outre la pleurésie et les maladies de la plèvre, le kyste peut subir l'influence de toutes les affections pulmonaires, depuis la pneumonie jusqu'aux associations microbiennes rencontrées dans les infections secondaires à la pneumonie. Il peut en être de même de la tuberculose. |

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