‹ De la suppuration dans les kystes hydatiques du foie au point de vue pathogénique, clinique et thérapeutiqueChapitre 6 sur 16 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

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Symptomatologie.

Quels sont les symptômes caractéristiques de l'infection des kystes hydatiques du foie ? |

Un kyste hydatique du foie est assez difficile à diagnostiquer. I reste quelquefois latent pendant toute la vie et constitue alors une trouvaille d’autopsie. I! faut que la tumeur ait atteint un développement moyen. Si elle était trop grosse et remplissait l'abdomen, si elle était très fluctuante, elle pourrait faire songer à une ascite ou à un kyste de l'ovaire.

Si de telles difficultés existent pour le diagnostic des kystes hydatiques normaux, à plus forte raison en est-il de plus grandes encore pour le diagnostic des kystes suppurés, dont l’évolution en impose pour tant d’autres affections, telles que pleurésie

4 purulente, angiocholite suppurée, abcès hépatique, cirrhose

hypertrophique.

Aussi Magnan écrit-il avec raison dans sa thèse : Il ne reste souvent que l’exploration avec le trocart qui puisse assurer le diagnostic.»

L’exploration avec le trocart doit être faite alors que l’opération est décidée et qu’on n’a pas à craindre de voir s’échapper quelques gouttes de liquide virulent qui iront infecter le péritoine.

La suppuration dans les kystes du foie s’annonce par l’ensemble des symptômes des suppurations profondes. Les symp-

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tômes en sont assez variables. Tantôt, en effet, un kyste du foie évolue avec fracas : fièvre élevée à type rémittent ou intermittent avec exacerbations vespérales et résistant à la quinine, frissonnements répétés, poussées sudorales, ictère, allérations des traits, aspect terreux et blème de la face, amaigrissement, diarrhée fétide. Tantôt les symptômes se réduisent à quelques frissons et à une douleur plus ou moins vive. Un fait à retenir,

c’est que la suppuration est très souvent précédée par la douleur. .

On avait eu affaire pendant un certain temps à une tumeur indolente et on la voit tout à coup devenir douloureuse. La raison semble être l’apparition de la périkystite infectieuse que nous avons vue être nécessaire pour que la suppuration puisse s'installer dans un kyste. On peut donc dire que tout kyste douloureux spontanément ou à la pression doit être suspect d'infection imminente ou réalisée.

Dans certains cas, on se trouve en présence de malades orésentant comme signe la contracture de défense musculaire. Ce signe, indiqué il y a quelques mois à l’Académie de Médecine par M. Dieulafoy comme signe de suppuration dans l’appendi-

cite, a élé trouvé par M. le professeur Forgue chez le malade

dont l’observation fait le sujte de notre thèse. C’est un signe très important et qui peut servir d’excellent moyen de diaganostic. .

Quelle est donc la raison de cette variabilité de J’évolution de la suppuration dans les kystes suppurés du foie. C’est surtout la différence de virulence dans le pus. C’est ainsi que, dans une

observation de Chauffard, rapportée dans la thèse de Raffi, nous

voyons que plusieurs examens furent faits du pus et que jamais on ne put y découvrir de microbes.

«L'examen histologique y fit constater la présence de nom-

breux leucocytes granulo-graisseux, de petites granulations

libres, de cristaux de tyrosine de masses pigmentaires jaune

d'or et d’un crochet caractéristique. L'examen sur lamelles n’y

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a montré aucun microbe, et les divers milieux ensemencés avec ce pus sont restés stériles », Le pus était donc aseptique. Tuffier rapporte un cas où, au moment de l'incision d’un kyste sup= puré du foie pris pour une pleurésie purulente, il y eut pénétra: tion directe dans la cavité pleurale d'une notable quantité de pus hydatique. Malgré l'absence de tout lavage antiseptique de la plèvre, il n’y eut aucune réaction inflammatoire de la séreuse.

(Chauffard). Dans d’autres cas, le pus est extrêmement seplique. L'observation de Rendu, citée par Raffi, en est une preuve. Dans ce cas-là l'infection atteignit tout l’organisme.

, De tout ce qui précéde découle la conclusion suivante, vérifiée par: les faits, c'est que moins le pus est septique, plus le malade a des chances de guérir. D'un autre côté, il y à à noter ce fait vérifié par les observateurs, c’est que, si la suppuration du kyste n'est pas précédée de périkyslite, le malade a bien plus de chances de guérir que si elle en avait été précédée. Dans ce cas-là, en effet, le trocart, car c’est en général de l'infection par ponction septique qu’il s’agit, a à peine entamé la paroi que celle-ci se cicatrise, et la membrane devient grenue, jaunâtre el cassante. Elle perd sa vitalité et ne résiste plus.

On voit donc de tout ce qui vient d’être dit qu'aucun symptôme n’est pathognomonique de l'infection et de la suppuration hydatiques. Les uns, en effet, sont les symplômes des kystes ordinaires et se retrouvent chez les kystes suppurés. Les autres sont communs à tous les foyers infectés de l’organisme, Ce sera donc à l’ensemble des symplômes et en procédant par exclusion que le diagnostic devra ètre porté. L’ictère est un symptôme signalé fréquemment au cours des observations de kyste hydatique du foie. Deux causes peuvent le produire : la compression des canaux biliaires par la tumeur kystique et l'obsiruction de ces mêmes canaux par une tumeur hydatique.«L'ictère, dit Murchison, n’est pas symplomatique du kyste hydatique, ille devient souvent lorsqu'il survient brusquement et qu'en présence

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d’autres symptômes d'infection du kyste, on peut penser à la pénétration des vésicules hydatiques dans les canaux biliaires importants.» L'importance de l’ictère réside surtout dans la suppression de la bileet, par suite, dans l'invasion des voies biliaires par les microbes et l'infection probable du kyste. L'ictère est donc le prélude de l'infection. Chez un malade porteur d’un kyste hydatique et chez lequel survient de l'ictère, on doit craindre les plus graves accidents ”.

Les symptômes de cette angiocholite hydatique sont les mêmes que ceux de l’angiocholite calculeuse, et une tumeur kystique s'ouvrant dans les canaux biliaires peut provoquer ous les phénomènes de la cholélithiase. La comparaison se maintient jusqu'au bout, et l’ictère hydatique a la même marche que l'ictère lithiasique : passager si l'obstacle à l'écoulement de la bile disparaît, persistant plus longtemps et déterminant même des accidents graves si la membrane ou la vésicule hydatique restent indéfniment dans le canal cholédoque.

Tels sont les symptômes habituels de la suppuration des kystes hydatiques du foie. Malheureusement, ces symptômes passent souvent méconnus, et nombreux sont les cas où le kyste hydatique a été masqué par des affections intercurrentes et l’évolution kystique en a imposé pour d'autres maladies.

1 Cas de Terrier, dans lequel il y eut obstruction de la vésicule biliaire par un kyste. Il s'en suivit rapidement un processus d’angiocholite infectieuse, et le malade succomba malgré l'incision de la vésicule biliaire (Gaz. de méd. et chirurgie, 1896, pag. 148).

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