CHAPITRE II
Traitement.
‘ Le traitement des kystes hydatiques suppurés du foie tend vers un double but : tuer l'hydatide et les agents pyogènes ou leur donner issue au dehors. Suivant qu’on se proposera l’un ou l'autre but, la méthode variera. Dans le premier cas, nous avons la ponction et ses divers procédés.
Dans le deuxième cas, nous avons la méthode des incisions larges ou procédé Lindemann Landau.
La ponction aspiratrice simple compte encore quelques défenseurs. En 1890, sous l'inspiration du professeur Bouveret, de Lyon, Minjar expose dans une thèse qu'il faut, eomme traitement des kystes suppurés, employer la ponction avec le gros trocart qui permet l'évacuation facile du pus, des débris de membrane et des cristaux de cholestérine. Malgré la purulence du liquide, les dangers de la péritonite sont bien amoindris par la fréquence des adhérences qu'on rencontre entre les feuillets péritonéaux, par suite de l’inflammation de voisinage qu'on rencontre tout autour du kyste. Degoi, dans une thèse, en rapporte huit succès. Mais il ajoute qu’il faut employer ce moyen quand
on n’a pas affaire à une poche trop grande et qu'on n’a pas à craindre une suppuration trop prolongée. Donc le moyen n'a pas beaucoup de valeur. D'autre part, on ne sait jamais s’il ne se trouvera pas «une fissure » parmi lés adhérences. Le procédé ne donne donc pas la certitude d'innocuité absolue.
L'idée de tuer les hydatides avec des liquides introduits dans le kyste est déjà ancienne. En 1857, sur les conseils de Dolbeau, Auguste Voisin injectait de la bile sous le prétexte que, lorsque la bile pénétrait accidentellement dans une poche kystique, elle amenait la mort des hydatides et la régression du kyste (Laveran et Teissier). Les cas de guérison ne furent pas nombreux, car,d’après les recherches de Charrin et Roger, la bile, loin d’être antiseptique, est microbienne. Plus récemment, on trouve les injections au sulfate de cuivre à 5 °{, etles injections au peptonate mercurique de Delpeuch'. Nous voici arrivés aux méthodes actueiles. Trois procédés sont en présence :
1° Procédé Debove et Mesnard, — On vide le kyste, on injecte dans la poche de la liqueur de Van Swieten, qu'on laisse en contact avec la paroi pendant dix minutes. On retire ensuite par aspiration. |
2° Procédé Bacelli ?, Sennet5. — Ils ne retirent qu’une petite quantité de liquide kystique et injectent à la place une petite quantité de sublimé qu'ils abandonnent dans le kyste.
3° Procédé Hanot*, Bouilly*. — Hanot unit les deux méthodes. Comme Debove et Mesnard, il vide la poche. Comme Bacelli et Sennet, il n’injecte qu’une quantité de sublimé inférieure à la dose toxique et l’abandonne dans la poche.
Il a injecté environ de 15 à 40 gram. de liqueur de Van Swieten. Bouilly ne fait que diminuer la dose, qui n’est plus alors que de 5 à 10 gram.
Le procédé Debove et Mesnard mérite certaines critiques qui ont
1 Riforma medica, 1887.
2 The Lancet, 1887.
$ Thèse Morin, 1889.
# Congrès de chirurgie, 1892. |
$ Forgue et Reclus ; Traité thérapeutique, tom. I, pag. 804.