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En somme, la qualité des suites opératoires dans les trois observations que nous présentons, fut meilleure qne jamais chez la plupart des prostatectomisés.
À vrai dire, la réunion per primam stricte et impec cable n’a pas été obtenue, L’un de ces opérés conservait encore, quatre semaines après la prostatectomie, une petite surface bourgeonnante au milieu de sa cicatrice, mais sa vessie est étanche. Chez lautre, celui de l'Observation I, un peu d'urine a filtré pendant les premiers jours à travers la ligne des sutures, et après deux mois d'étanchéité de la vessie. une petite fissure hypogastrique s’est rouverte. Quant au troisième, quatorze jours après sa fermeture, il présente une surface bourgeonnonte au milieu de sa cicatrice, comme
les précédents, mais sa vessie est étanche également.
Le point important, sur ces trois malades, a été, dès
le jour de la suture, une mise au sec complète.
A ce point de vue surtout, la suture primitive retardée transforme véritablement les suites opératoires de la prostatectomie. Elle réunit, avec une unanimité, esl suffrages des opérés et du personnel soignant.
Ses prineipaux avantages sont les suivants :
Elle laisse à la prostatectomie sus-pubiennele caractère d'opération rapide qu’elle doit avoir pour être peu shockante ;
Elle garde la vessie ouvorte pendant la période où le risque d’hémorragie est le plus grand, et permet, au
besoin, le tamponnement de la loge prostatique :
— ‘Ai —
Elle ferme enfin la vessie, le deuxième ou le troisième jour, sans attendre que se soit produite l’infecfection secondaire, tonjoure à craindre, et qui est la cause des hémorragies secondaires chez les prostatectomisés.
ÉD
II, — La suture primitive retardée après
la prostatectomie en deux temps.
OBSERVATION I
Docteur VIaNNay. (Inédite).
L..., Jean, 60 ans, manœuvre à Saint-Etienne, entre à l'hôpital le 21 Juillet 1920, pour rétention d’urine et hématuries.
A l’entrée, il est sondé et l’on trouve une vessie très distendue par de l’urine sanglante. Au toucher rectal, on sent une prostate peu volumineuse, étalée, peu résistante.
On pratique une cystostomie (Docteur Maurel). La vessie étant au repos, les hématuries disparaissent au bout de quelques jours.
Le 30 Septembre, prostatectomie par M. Viannay. Le malade a gardé jusqu’à ce jour une sonde de Pezzer dans sa plaie hypogastrique. Débridement vertical de l’orifice de cystostomie. Le toucher intra-vésical montre la présence en arrière du col vésical d’une tumeur en pain de sucre très haute et très saillante, recouverte d’une muqueuse lisse. Cette tumeur paraît entièrement distincte de deux petits adénomes sous-urétraux qui bordent l’orifice du col et occupent l’un sa lèvre antérieure, l’autre sa lèvre droite.
Cette tumeur étant saisie et attirée avec une pince de. Museux, on en commence l’énucléation. On ne trouve un bon plan de clivage qu’après avoir effondré la muqueuse à l’intérieur du col comme les hypertrophies ordinaires de la prostate. La masse adénomateuse vient en entier, ÿ compris les deux petits adénomes. qui forment, avec le gros, un collier complet.
Tamponnement de la loge prostatique. Tube de Freyer.
Le 2 Octobre 1920, on retire le tamponnemen} et le tube, et après un abondant lavage de la vessie, on place une sonde à demeure et on pratique la fermeture de la vessie en deux plans : deux points au catgut prenant la vessie seule, et un plan aux crins de Florence prenant la peau et le plan mus-. culo-aponévrotique. Ce dernier plan est difficile à réaliser à la partie moyenne de l’incision qui correspond à l’orifice de cystostomie. Il eut fallu faire lexcision de cet infundibulum.
La suture a manqué partiellement justement au niveau de l’infundibulum qui n'avait pas été excisé. Mais la cicatrisation a néanmoins été obtenue rapidement après fistulisation
temporaire de très courte durée. :
OBSERVATION II
Docteur Virannay. (Inédite).
Ch..., Jean-Baptiste, 67 ans, cultivateur à Saint-Sauvewren-Rue, entre à l'hôpital le 5 Janvier 1921, pour rétention d'urine. j
Comme antécédent, 1l y a 7 ou 8 ans, aurait eu. accident de rétention d’urine aiguë. Depuis plusieurs mois, le malade note de la pollakiurie. Le 1% Janvier, il commence à avoir de la rétention. Malgré tous ses efforts, il n’urinait que quelques grammes d’urine par regorgement. Les urines étaient troubles, légèrement teintées de sang.
Toucher rectal : très volumineuse prostate, renilente, également hypertrophiée au niveau de ses différents lobes. Cathétérisme: on passe avec une sonde de Nélaton, sans trop de difficulté.
Le 6 Janvier 1921, intervention ; opérateur: M. Viannay, aïde : Piasio. |