‹ De La Suture Des Os Dans Les Fractures Et Les PseudarthrosesChapitre 17 sur 31 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Fracture comminutive de l'olécrâne gauche. Suture osseuse. Guérison (DT Fauvel).

L... Emile, peintre, 28 ans, alcoolique et: syphilitique, tombe le 30 juillet 1885, d’une échelle de 6 à 7 mètres de hauteur, le coude sur un sol irrégulier. Transporté à l'hôpital, le blessé porte au niveau de l’olécrâne gauche une plaie contuse: irrégulière de 3 à 4 centimètres de diamètre. Toute la région est

tuméfiée, douloureuse, la peau est décollée autour dé la plaie et

les mouvements font sourdre une certaine quantité de sang. L’index introduit dans la plaie sent l’élécrâne séparé du cubitus. Quelques esquilles mobiles existent contre les fragments dont une plus volumineuse taillée aux dépens du bord postérieur du cubitus dont élle est totalement détachée.

Le 31 juillet, suture osseuse, sous chloroforme : incision cruciale dont le centre correspond à la plaie contuse du coude. Cinq esquilles osseuses sont extraites. Deux trous, parallèles à l'axe du bras et distants de 1 centimètre l’un de l’autre, sont percés avec la machine à fraiser sur le fragment oléocrânien ; deux autres trous sont percés de même sur le cubitus. Les deux extrémités d’un fil de fer recuit sont passées dans ces trous et fortement tirées pour mettre les fragments en contact, puis roulées chacune en anneau serré sur l’orifice de la perforation cubitale. Suture de la partie supérieure de la plaie ; drainage et pansement de Lister ; avant-bras maintenu légèrement fléchi sur le bras.

Le blessé éprouve de vives douleurs dans le coude pendant quelques jours, si bien que le 8 les points de suture de la peau sont enlevés et que l’on constate de la fluctuation au-dessus de l'olécrâne ; incision qui laisse écouler un peu de pus. L’état de l'opéré va dès lors en s’améliorant : la suppuration de l’abcès va sans cesse en diminuant ; l'appétit renaît. Les fils sont extraits le 12 septembre et la coaptation des fragments est parfaite. Malheureusement l’extrême pusillanimité du malade ne lui permettait pas de retirer de la suture de son olécrâne tout le bénéfice possible, car les mouvements de l’avant-bras sur le bras sont légèrement douloureux, malgré les douches et les massages de

son articulation.

LE AE à

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