OBSERVATION II
Prise dans le Bulleün général de thérapeutique médicale et chirurgicale, tome 76, page 420, publiée par M. Tillaux, chirurgien des hôpitaux.
Suture des deux bouts divisés du tendon du long extenseur du pouce droit. Réunion.
L. . . (Michel), âgé de 17 ans, ébéniste, étant en état d’ivresse, est tombé le 8 février sur une vitre et s’est fait une plaie au niveau de la face dorsale de l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce droit. La plaie a compris toutes les parties molles, et l’os est à nu dans une assez large étendue; le tendon extenseur a donc été divisé, aussi la deuxième phalange du pouce est-elle fléchie, et le malade ne peut-il exécuter aucun mouvement d'extension. Les deux bouts du tondon ne sont point visibles dans la plaie ; cependant, comme il est probable que la section en a été faite d’une façon nette par le verre et que par conséquent ils ne sont pas mâchés, M. Tillaux se propose de tenter la suture. Il pratique une incision dans la direction du tendon et ne tarde pas à découvrir d’abord le bout supérieur notablement rétracté, et ensuite le bout inférieur.
A l’aide d’un fil à ligature ordinaire, M. Tillaux met un seul point de suture qui réunit exactement les deux bouts du tendon ; le mode de suture est celui qu’on emploie pour la réunion des nerfs. Le pouce est ensuite immobilisé sur une planchette dans l’extension et la plaie fermée par occlusion.
Les jours suivants le malade n’éprouve aucune douleur, la planchette est enlevée le 22 février, c’est-à-dire treize jours après la suture; le pouce peut exécuter de légers mouvements delà deuxième phalange sur la première, la réunion se fait donc. On immobilise le pouce dans l’extension.
Le 27. Nouvel examen. Le pouce fonctionne bien, la plaie tend à se cicatriser. Ce n’est toutefois que le 20 mars, c’est-à-dire quarante deux jours après l’accident, que la guérison est complète. Le malade exécute les mouvements de flexion et d’extention de la première et de la deuxième phalange du pouce. 11 oppose facilement ce doigt à tous les autres doigts.
Cette observation a été recueillie par M. Gauthier, externe du service.