OBSERVATION I
Nous lisons, dans la Revue thérapeutique du Midi , tome II, page 291, année 1857, le récit de cette observation de M. Chassaignac :
De la suture des tendons dont les bouts sont cicatrisés, par M. Chassaignac.
La ténorraphie a été souvent faite pour les plaies récentes; dans le cas suivant, que l’on peut rapprocher des cas analogues rapportés par MM. Sédillot et Chassaignac, celui-ci l’a tentée avec succès pour une lésion ancienne après la cicatrisation des parties divisées. Un jeune homme a reçu dans la région du carpe, que l’on désigne sous le nom de tabatière anatomique, un morceau de verre qui a divisé l’artère radiale et le tendon du long extenseur du pouce. L’hémorrhagie a été arrêtée par la ligature de l’artère ; mais les deux bouts du tendon se sont cicatrisés isolément, de sorte que le pouce se trouvait fléchi et ne pouvait être étendu. Trois mois après l’accident, M. Chassaignac, après avoir découvert le tendon par une incision longitudinale, a fait l’avivement de ses deux bouts et les a réunis au moyen de plusieurs points de suture passés à des hauteurs différentes. Une inflammation assez vive s’est déclarée dans la gaine du tendon et a produit plusieurs abcès; néanmoins la réunion a eu
lieu, mais la cicatrisation n’a été complète qu’au bout de cinq semaines. Aujourd’hui le pouce jouit de tous ses mouvements d’extension. [Annales médicales de la Flandre occidentale.)