L’ABAISSEMENT DU RECTUM
Croyant éviter les écueils de la suture du rectum. les chirurgiens ont imaginé un autre procédé bien connu en France, où il est devenu classique : l’abaissement du rectum, intervention dérivant du procédé
classique de Lawson-Tait, c’est-à-dire du décollement
recto-vaginal modifié par Doleris et Pozzi.
Cette intervention possède un gros avantage sur le procédé américain : elle peut être pratiquée aussi bien dans les cas récents que dans les cas anciens, à condition que le décollement recto-vaginal soit possible et que le périnée ne soit pas trop œdématié.
Nous ne rappellerons que très brièvement la technique de ce procédé, dont la description a déjà été donnée en détail dans de nombreux traités de chi-
rurgie.
1° Incision transversale en H selon le procédé classique de Lawson-Tait.
2° Décollement recto-vaginal aussi poussé que possible. Fa E
3° Abaissement du rectum dont on tire la paroï antérieure vers le bas, de façon telle que l’angle supérieur de la déchirure arrive au niveau du sphincter anal que l’on a disséqué.
4° On suture alors par-dessus cette face antérieure du rectum abaissé le sphincter de lanus, puis on reconstitue le plancher périnéal en suturant les deux releveurs l’un à l’autre par plusieurs catguts perdus; de nombreux auteurs renforcent cette suture à l’aide de fils de lin ou de bronze, prenant en masse tout le pé-
rinée. On termine l'intervention en plaçant à la demande quelques crins sur la peau du périnée et quelques catguts sur la tranche de la muqueuse vaginale.
Discussion
Quels sont les avantages de ce procédé?
Les partisans de l’abaissement du rectum insistent sur ce fait que ce procédé exclut absolument toute suture du rectum et que, de ce fait, on ne peut observer d'infection de la plaie opératoire, donc pas d'échec.
C’est là un argument qui présente en effet une Le]
grande valeur, mais qui malheureusement n’est pas
suffisant pour faire admettre ce procédé sans discussion. L’abaissement du rectum présente quelques inconvénients qui limitent singulièrement les indications de cette intervention, et qui sont les suivants :
Cette intervention n’est applicable qu'aux déchirures du rectum relativement peu étendues, c’est-àdire ne dépassant guère 3 cm. Au-dessus de cette longueur, labaiïissement devient difficile, et surtout on éprouve des ennuis avec le surcroît de muqueuse abaissée. Que devient en effet cette muqueuse que l’on
a abaïissée artificiellement au-dessous du sphincter
nouvellement reconstitué ? Elle se replie sur ellemême, formant un bourrelet pendant autour de la marge de anus ayant tendance à se rétracter plus ou moins. Il n’est pas rare de voir le bourrelet s’infecter, se couvrir d’érosions douloureuses, saignotantes. Quant aux résultats fonctionnels de l’inter-
a Hi
si
Ga ds dés NE ARE, ÂYS da n je /rS hi à ti CRIE ESP ''ANGELE Cd sn Re, TE ot ht
Lo iètts
PR CT EAN de ENT À
EDP,
vention, ils varient selon les cas et dépendent avant tout de la suture du sphincter.
En plus de ce manque de reconstitution anatomique du périnée, nous reprochons à ce procédé lemploi des sutures profondes perdues, au catgut chromé ou non, ou bien à la soie, que l’on fait sur les releveurs et les tissus avoisinants. Ceux-ci peuvent fort bien n'être pas toujours supportés, faire corps étranser et entrainer une suppuration qui secondairement provoquera un échec complet.
Certains auteurs conseillent de reséquer le surcroît de muqueuse rectale abaïissée sous le sphincter nouvellement reconstitué. On éviterait ainsi les inconvénients dus à la rétraction de ce lambeau. Malheureusement, si pour une cause quelconque la suture
vient à se désurir, la résection aggrave considéra-
blement l’état de la femme, puisque la brêche rectale est agrandie après l'intervention.
ND