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niveau de l'anus, on place un double crin destiné à assurer une bonne suture du sphincter anal. Deux crins superficiels sont placés au niveau de la fourchette pour assurer une meilleure coaptation de la tranche vaginale.
Cette suture semble, après l'intervention, très satisfaisante, donnant un périnée bien étoffé.
Suiles, soins post-opératoires
Mictions spontanées les jours suivants.
On provoque la constipation en donnant de lextrait thébaïque : 0 gr. 10 le premier jour, 0 gr. 08 le deuxième, 0 gr. 05 le troisième,
. Deux fois par jour, le périnée est largement couvert de poudre de dermatol.
Au quatrième jour, purgation ramenant des selles abondantes. Après quoi, on redonne de l’opium pendant trois jours.
Au cinquième jour, élimination spontanée d’un crin superficiel du périnée.
Au septième jour, élimination de trois crins de la suture anale. Ablation des crins périnéaux superficiels.
Purgation, puis huile de paraffine chaque jour.
Injection vaginale à l’eau oxygénée tous les deux jours.
Pansements après chaque selle : attouchement à l'alcool et poudrage au dermatol.
Dixième jour : ablation des crins doubles.
Quatorzième jour : on enlève les deux derniers crins périnéaux.
Le périnée est parfaitement cicatrisé.
Les matières ne passent plus dans le vagin, mais la femme ne peut encore les retenir, quoiqu’elle dise
= 562 nettement les sentir passer. Il lui semble en outre que les gaz passent par le vagin.
Pendant deux semaines, la température n’a jamais dépassé 38°.
La malade sort de l'hôpital et est revue dix-huit jours après. Elle dit retenir très bien les matières solides et liquides, moins bien les gaz. Le périnée est très bien cicatrisé. L’anus refermé mais peu serré. La paroi rectale est bien souple; tous les crins se sont éliminés spontanément. ,
** Observation N° 5
Mme Ch. 37 ans, primipare, est admise d’urgence à la Maternité de l'Hôpital Saint-Louis le 28 décembre 1931, pour hémorragie grave survenue à [a suite d’une application de forceps pratiquée par un médecin de ville. La femme nous donne les renseignements suivants au sujet de sa grossesse et de son accouche- ment :
Dernières règles : 1”-4 mars 1931. Evolution de la grossesse normale, suivie par le médecin de ville qui doit l’accoucher. Les premières douleurs apparaissent le 25 décembre 1931. Le travail est lent, la dilatation n’étant complète que le 27, dans la nuit. Son médein décide de faire une application de forceps pour souffrance du fœtus. Extraction d’un garçon pesant 4 kg. 500, qu’il est impossible de ranimer. Déchirure complète du périnée, compliquée de déchirure du rec- .tum et de désinsertion partielle des petites lèvres.
Hémorragie de la délivrance nécessitant une délivrance artificielle. C’est dans ces conditions que la
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femme est admise à la Maternité, où on lui fait 20 cm’ d'huile camphrée et 500 cm* de sérum physiologique.
29 déc. 1931. — La femme perd ses urines et ses matières par le vagin. On met une sonde vésicale à demeure pendant trois jours; un gros drain est maintenu en permanence dans le vagin. Les plaies périnéo-vulvaires sont pansées à la bouillie lactique deux fois par jour. |
31 déc. 1931. — On enlève la sonde uréthrale, que l’on va d’ailleurs bientôt remettre pendant quarantehuit heures, car la femme présente encore de l’incontinence des urines. Après ce laps de temps, la femme les retiendra très bien.
Purgation ramenant des selles abondantes. Les pansements bi-quotidiens à la bouillie lactique et de minutieux soins de propreté aboutissent à la cicatrisation complète du vagin et du périnée le 21 janvier 1932, date de sortie de la malade. Elle est admise à nouveau le 8 juin 1932, se plaignant de ne pouvoir retenir les : gaz et les matières liquides. Elle ne retient que très imparfaitement les matières solides.
L'examen montre une déchirure complète du périnée, compliquée de déchirure du rectum de 1 em. 1/2 environ de longueur. La rétraction cicatricielle masque l’étendue réelle de la déchirure qui, après dissection, paraîtra longue de 3 cm. au moins. De chaque côté de la déchirure périnéale on voit, à la partie inférieure des petites lèvres, deux surfaces cicatricielles triangulaires de 3 cm. de côté environ.
Opération le 7 juin 1932, sous anesthésie au chloroforme. Incision transversale le long du bord inférieur du septum recto-vaginal.
Dédoublement recto-vaginal remontant à 5 à 6 cm.
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Ce dédoublement est bridé latéralement par une
masse cicatricielle fibreuse très importante que lon décide d'enlever, faisant ainsi un avivement triangulaire symétrique de 4 em. de côté environ. À ce moment, la femme pousse, et le champ opératoire se trouve inondé de matières liquides. On nettoie les surfaces cruentées à la solution de bisulfite de soude à 10 %.
Suture du rectum selon la technique habituelle à l’aide de six crins de Florence. On ne trouve pas le sphincter anal. On-place à l'endroit qu’il devrait occuper un crin perforant la peau et fronçant légèrement le rectum. Par-dessus ce crin on place un double
crin allant très loin dans la profondeur et ramenant
par-dessus le rectum autant de tissus que possible. Tous ces crins sont noués sur la peau. Les releveurs sont très écartés l’un de l’autre. Il est difficile de les adosser. On les suture à laide de six crins doubles prenant en masse autant de tissus musculaires que possible, Malgré que l’on ait chargé sur la grande aïiguille courbe de Doyen énormément de tissus, l’affrontement paraît quelque peu défectueux. On place par prudence un petit drain dans le périnée, pour éviter la formation d’hématomes. L’affrontement superficiel est assuré par six crins cutanés.
Suites opératoires
Pansement deux fois par jour à la poudre de Dermatol. Sondage deux fois par jour pendant les huit premiers jours. Pendant les trois premiers jours, on donne de lopium pour constiper la femme; en outre, on la laisse au régime lacté.
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Septième jour : Purgation ramenant des selles molles, que la femme dit déjà pouvoir retenir.
Huitième jour : Ablation des crins superficiels.
On change le drain périnéal, que l’on remplace par un plus petit. Le rectum paraît déjà cicatrisé. Quelques points périnéaux superficiels sont désunis, mais l’ensemble est très satisfaisant.
Onzième jour : Ablation des crins profonds. Le drain est tombé spontanément dans le pansement. Dans la journée, la femme a eu une selle qu’elle dit avoir retenu facilement. De même, elle déciare retenir facilement les gaz, alors que cela lui était absolument impossible avant l'intervention. Le périnée est en bonne voie de cicatrisation, particulièrement du côté du rectum. La cavité persistant au niveau du drain est couverte de bourgeons et paraît devoir rapidement se combler.
Il semble encore un peu tôt pour se prononcer définitivement sur l’évolution de ce cas opératoire. Nous regrettons de ne pas publier une Observation complète, mais, selon toutes probabilités, la guérison de cette malade peut être espérée à brève échéance, guérison anatomique et fonctionnelle qu’il serait bien surprenant de voir contrecarrée au douzième jour par une complication quelconque.