‹ De la Suture Primitive et de la Cranioplastie Primitive dans le Traitement des Plaies Cranio-CérébralesChapitre 8 sur 17 · DO AD 2 ME · texte numérisé non relu

DO AD 2 ME

‘de l'étendue et de la profondeur des, lésions. Pour

la plupart, les opérés ont été suivis pendant plu sieurs mois. \

2 opérés depuis 1 an

À — 9 mois (dont un avec projectile inclus)

à Nr ME \

2 — 5 semaines

« Non seulement j'estime que la suture primitive, dit-il, est la méthode d'avenir, mais je crois qu’il faut la faire porter autant que possible sur la duremère etle cuir chevelu. »

‘LA ce sujet il fait remarquer que la réunion de la dure-mère est souvent possible dans des cas où, à première vue, sa destruction paraissait (trop étendue pour permettre un rapprochement.

Si la fermeture primitive. des plaies cranio- -Cérébrale: paraît logique à réaliser quand il n’y a plus aucun corps étranger intra-cérébral porteur de germes, cette pralique ne devient-elle pas plus discutable quand le projectile n’a pu être extrait ?

D'après M. Tanton, « c’est une erreur d'affirmer que ious les blessés qui présentent un projectile intra-cérébral sont fatalement voués à la méningite. Les corps étrangers septiques sont surtout les débris vestimentaires, les cheveux. Or, il est facile de constater que ces corps étrangers restent, à l’origine

J, Blanchon 2

“de la plaie, arrêtés par le crâne et la dure-mère. Si “bien que le projectile intra-cérébral, non septique par lui-même, pénètre seul, ou à peu près, dans le cerveau, condition favorable à sa tolérance ».

De fait, à l’appui de cette thèse, on pourrait citer un grand nombre de cas où la présence d’un éclat est parfaitément tolérée. Ces faits sont bien connus. Le professeur P. Marie a montré une collection de radiographies à la Société de Chirurgie et de Neurologie de Paris concernant 31 blessés qui, « non seulement supportaient admirablement la présence d’un projectile, tel qu'une balle dans le cerveau, mais encore, pour près des trois quarts, n'avaient aucune idée qu’ils fussent porteurs de projectiles ».

Pourtant, il est cerlain aussi, que bien souvent, le projectile, soit par sa seule présence, soit plutôt par les débris septiques qu'il a entraînés avec lui, est doué d'une septicité assez grande pour engendrer des accidents précoces ou tardifs d'infection se traduisant par la formation de méningo-encéphalites et surtout d’abcès intra-cérébraux. À

Mais, ces accidents ne se seraient-ils pas tout aussi bien produits, si l’on n’avait pas effectué la suture primitive ; car, le drainage, tout en favorisant l’apparition des complications secondaires infectieuses, d’origineexogène, n’entravait bien souvent pas l’évolution des accidents infectieux prenant directement naissance au voisinage du projectile.

Si celui-ci n’a pu être extrait, ou bien l’évolution pourra se faire normalement, aucun accident infec-

tieux n’apparaissant et, il y aura en tout bénéfice à suturer primitivement; ou bien, si la présence du, projectile engendre des complications, il sera toujours temps de débrider et de mettre en œuyre le traitement opportun de ces complications : évacuation de l’abcès et drainage ; «le danger de traiter la substance cérébrale par un drain, est ici beaucoup moindre, la paroi de l’abcès faisant obstacle et ayant généralement une certaine consistance » comme le fait remarquer M. Tufñer.

| En suturant primitivement, de parti pris, le plus grand nombre des plaies cranio-cérébrales, on évitera donc une des deux causes d'infection : l'infection secondaire ; la deuxième étant le plus souvent audessus de nos moyens. C’est une grande chance de guérison que l’on donnera ainsi aux blessés.

De fait, il est indiscutable que le nombre des opé- . rés perdus tardivement, de quinze jours à deux mois après la blessure, emportés par la méningite diffuse d’origine exogène,a considérablementdiminué depuis |, l’emploi de la suture primitive. |

Tant que ce facteur infection secondaire entre en jeu, comme le montre une statistique d’Okinezye, la mort est le plus souvent retardée. #2 À

Sur 15 morts, il y en a 10 qui surviennent après le quatorzième jour. L'opération était terminée par Ja suture du lambeau et le drainage àtravers la plaie d’entrée du projectile, àV’aide d’une mèche imbibée de sérum et, M. Hartmann conclut que : « Si l’on excepte les morts immédiates, en rapport avec

l'extension des lésions, on voit en lisant les observations que la mort a été causée le plus souvent parla méningite. » |

La mortalité retardée a, au contraire, considéra-

blement diminué dans les statistiques de MM. Gross | et Houdard qui emploient la suture primitive et qui, en aucun cas, n’ont mis de drain ou de mèche. dans la substance cérébrale. Sur 21 morts, 16 surviennent avant le seizième jour et 5 seulement plus tardivement.

Les blessés qui meurent dans les premiers jours qui suivent l'intervention sont fatalement voués à

la mort, quelle que soit la méthode employée, soit par suite de lésions organiques trop considérables, soit par suite de l’apparition d’une méningite aiguë primitive. C’est donc la suppression de la méningite tardive, apparaissant à partir du quinzième jour, qui peut améliorer les statistiques.

Avant l’emploi de la suture primitive, la mortalité des opérés de Gross et Houdard atteignait 56 o/o et encore ces opérés n'étaient-ils suivis que jusqu’au vingtième jour.

, A vec l'emploi de la suture primitive, la mortalité tombe à 33 o/o, pourcentage résultant de 63 interventions dont les opérés ont pu être suivis de quarante jours à deux mois.

:Willems, avec cette méthode, n'a pas un seul insuccès sur 18 interventions, comme nous l'avons signalé plus haut.

À la suite des résultats obtenus, MM: Gross et

Houdard, de même que M. Willems, pensent que la suture primitive doit toujours être effectuée.

. Ajoutons qu’il est de la plus grande importance, pour réaliser la suture primitive, que l'intervention soit très précoce et ait lieu autant que possible dans les premières heures qui suivent la blessure, de six à douze heures.

Nous voyons donc que la suture primitive tend à devenir la méthode de choix dans le traitement des plaies cranio-cérébrales, et que son emploi a amélioré considérablement les résultals opératoires.

La suture primitive ne réalisera évidemment aucune amélioration quant à la disparition des acci-

dents primitifs qui, ou bien relèvent d’une opération

mieux réglée ou sont dus à une cause contre laquelle

nous sommes désarmés.

Son but est de faire baisser le pourcentage de La

mortalité secondaire; son utilité est alors rendue

incontestable par l’examen des’ chiffres suivants relevés dans le rapport de M. Tuffier à la Conférence inter-alliée. |

Sur 634 cas de plaies du cerveau opérées :

48,11 0/0, mortalité globale ;

50,80 o/o de cette mortalité globale est due à des accidents primitifs;

Et 33 0/0 est due à des accidents secondaires.

En résumé, on peut donc dire que la chirurgie actuelle, toujours impuissante en face des lésions cérébrales organiques créées par le projectile, est parvenue, dans une large mesure, à garantir ses

trépanés des complications post-opératoires d’origine infectieuse, grâce à la suture primitive. Aujourd’hui, grâce à son emploi, un blessé qui, ne succombe pas aux seuls désordres organiques causés par sa blessure, a les plus grandes chances de s’acheminer jusqu’à la cicatrisation complète de ses lésions, sans voir surgir les complications septiques, qui antérieuremen}, faisaient une si large sélection parmi les craniectomisés.

Page 1