‹ De la symétrie dans les affections de la peauChapitre 10 sur 48 · PARTICULARITÉS CLINIQUES · texte numérisé non relu

PARTICULARITÉS CLINIQUES

Brechefeld

Actes de Copenhagne,1871 et 72 obserr. 108. — Gintrac. path.

int. et thér.'méd. t.IT, p. 667

Abdomen

L’éruption était de la largeur de la

Franck

Franck, patb. int., trad. Btyle, t. n p. 123.Masson, th.Paris 1858, p. 16.

Thorax

Les deux zonas ne se correspondaient pas complètememt par leurs extrémités.

Renauldin

Dict. des sciences méd. t. 58, p.450

Région cervicale

Montanlt

Journal hebd. 1841, Masson, th. 1858, p. 16.

Thorax

Exemple type de zona bilatéral symétrique

Alibert

Traité des dermatoses p. 98, Fabre, dict. de méd., t. 8, p. 1072.

Thorax

Les deux zonas saisissaient les flancs du malade de chaque côté comme deux fers à cheval.

Alibert

Trait, des dermatoses, p. 96.

Fabre dict. de méd. t. 8, p. 1072.

Cou

Lallier

Hybord.Th. Paris, 1872, p. 28.

Face

Eruption répandue sur les filets cutanés de l’ophthalmiqne.

Thomas

Archiv. für Heilkunde; et Gaz, hebdom. 1866. p. 852.

Thomas

Archiy. fût Heilkunde; et Gaz.

hebdom, 1866,p. 852.

Thomas

Archir. für Heilkunde; et Gaz, hebdom. 1066, p. 852.

Hebra

Traité des affect, de la peau , t. 1, p. 373,

Face

L’éruption survenait tout A fait symétriquement des deux côtés de la

Hebra

Traité des affect, de la peau, t, 1 p. 373.

Face

Carry

Lyon médical 1874. Gazette hebdom. 1874.

Les deux paupières

Nous avons eu la bonne fortune de rencontrer, l’année dernière, trois malades présentant une éruption

bilatérale d’herpès, les deux premiers sur la région auriculaire, le troisième à la face.

Mais avant de rapporter ces observations, nous devons signaler un nouveau fait de zona symétrique du thorax chez un enfant de onze ans, qui nous a été communiqué par notre excellent ami M. Peyre, interne à l’hôpital Saint-André.

Zona bilatéral et symétrique du thorax.

(Communiqué par M. PEYRE, interne à l’hôpital Saint-André.)

B..., âgé de onze ans, a joui jusqu’à ce jour d’une santé excellente, lorsqu’à la suite d’un léger refroidissement, il est pris tout à coup, dans la nuit de vendredi à samedi, de frissons et de fièvre. Pas de vomissements, pas de pointe de côté, pas de délire.

M. le D’' Garat, appelé le lendemain matin, le trouve couché, la langue fortement saburrale, le pouls petit et battant 120 pulsations à la minute. Il constate, en outre, en arrière et à la base du thorax, des plaques rouges, douloureuses à la pression et irrégulièrement jetées de chaque côté de la colonne vertébrale. Dü côté droit, on en compte cinq ou six, mesurant chacune de trois à cinq centimètres de diamètre. Du côté gauche, il n’en existe qu’une seule, beaucoup plus étendue, limitée en haut par la neuvième côte, et mesurant dans son diamètre transversal huit à dix centimètres.

Le dimanche, la fièvre avait en partie cessé ; mais, par contre, les plaques étaient devenues plus douloureuses et s’étaient recouvertes de petites vésicules d’herpès. Il était alors évident qu’on avait affaire à un zona, mais à un zona très rare, puisqu’il s’étalait de chaque côté de la colonne vertébrale.

La maladie n’en suivit pas moins une marche régulière. Au bout de douze jours d’un traitement approprié, tous les symptômes avaient disparu, sauf une légère douleur en ceinture, qui persista des deux côtés pendant un mois environ.

58® pBSERYATION

Zona auriculaire symétrique.

M... (Jean), né à Rochefort, âgé de huit ans, entre le 7 janvier 1874, à la salle 1, service de M. leD" Lebariller.

Cet enfant, d’un tempérament lymphatique, a été pris, il y a trois jours (4 janvier) de fièvre, avec malaise, envies de vomir et céphalalgie intense. Le lendemain, il voyait apparaître, sur ses oreilles, des plaques rouges et douloureuses, qui ne tardaient pas à se couvrir de vésicules.

La fièvre existe encore aujourd’hui; le pouls est à 96; la langue est saburrale ; anorexie très marquée ; l’auscultation et la percussion ne révèlent aucun phénomène anormal dans le fonctionnement du cœur ouïes mouvements respiratoires. Voiçi ce que je constate sur les oreilles :

1° Oreille droite (face externe) : sur le lobule, trois petits groupes de vésicules d’herpès reposant sur une base enflammée; un deuxième groupe de six vésicules sur la paroi externe de la conque ; un troisième groupe sur le sommet de Fantitragus (face interne); herpès confluent sur le lobule; quelques vésicules disséminées sur la convexité de l’hélix ; un groupe de vésicules dans le sillon qui sépare la convexité de la conque de la concavité de Fantitragus ; deux plaques érythémateuses sur l’apophyse mastoïde..

2° Oreille gauche. Herpès confluent sur les deux faces. Quelques vésicules éparses sur Fantitragus et dans le fond de la conque ; quelques-unes apparaissent àl’entrée du conduit auditif externe. Un groupe distinct, né dans la fossette de Fanthélix, se prolonge sur cette dernière saillie dans une étendue de 2 centimètres environ. Plusieurs groupes de vésicules sont également répandus, sans ordre, sur la face interne du pavillon et au niveau de l’apophyse mastoïde.

Jusqu’ici l’éruption est identique des deux côtés : du côté gauche, nous trouvons, en outre, au-dessous du lobule, au niveau de la région parotidienne, trois groupes de vésicules, séparés de celîSs du pavillon par un intervalle de peau saine.

Considérées en particulier, les vésicules ne présentent pas toutes le même aspect. Les unes sont transparentes, d’autres contiennent un liquide légèrement trouble et plus ou moins purulent.

Les régions auriculaires ne sont le siège d’aucune douleur bien vive. A peine le malade accuse-t-il quelques démangeaisons.

Le 14 janvier, la fièvre a disparu ; l’éruption est restée dans ^ les limites que nous lui avons tracées. Toutes les vésicules sont en dessiccation. Le malade va très bien. Je ne l’ai pas revu depuis.

59e PbSEI^VATION

Zona auriculaire symétrique avec bypéralgésie des régions malades

B... (Joseph), trente-huit ans, douanier au poste de Lormont, entre le 25 juin à la salle 12 (service de M. Carat, suppléé par M. Solles).

Cet homme n*a jamais eu de maladie gjave. Il n’a jamais éprouvé le moindre accident rhumatismal. Il a eu deux blennorrhagies et une érosion chancreuse sans bubon, qui a guéri très rapidement. Il est impossible de saisir dans ses antécédents la moindre trace d’une diathèse scrofuleuse ou syphilitique.

En 1863, il était soldat, au camp de Châlons, lorsqu’il vit survenir à l’oreille gauche une éruption vésiculeuse qui disparut au bout de huit jours. Cette éluption reparut dans la suite, à plusieurs reprises ; elle se localisait toujours sur l’oreille gauche, et était précédée, pendant vingt-quatre heures, de démangeaisons pénibles, quelquefois de douleurs cuisantes. Elle disparaissait toujours sans laisser de traces.

La dernière éruption remonte à trois mois. '

Le 22 juin, B... eut un accès de fièvre caractérisé parles trois stades classiques de frisson, chaleur, sueur.

Le 23, le 24, l’accès se reproduit.

Le 25, il entre à l’hôpital pour y être traité de cette fièvre intermittente à type quotidien. Il raconte qu’il^prouve toute la journée des douleurs cuisantes aux deux oreilles.

Le 26 juin, les douleurs d'oreille augmentent, et le malade voit apparaître sur la face externe des deux pavillons de petites vésicules remplies d’un liquide transparent.

Le 27 juin. — Je vis le malade pour la première fois et je constatai les symptômes suivants :

Oreille droite. — La face externe du pavillon et le conduit auditif externe sont sains ; sur la face interne, il existe, au niveau de la queue de l’hélix, une plaque erythémateuse de la largeur d’une pièce de 50 centimes, sur laquelle se trouvent sept ou huit vésicules d’herpès, non ombiliquées, remplies d’un liquide trouble. Il existe une plaque semblable au niveau de la convexité de la conque. L’hélix, dans sa moitié supérieure, est également le siège d’une vive rougeur, avec quelques vésicules.

On trouve une plaque plus étendue au niveau de la face externe de l’apophyse mastoïde ; celle-ci se prolonge en bas et en avant vers le bord adhérent du pavillon, contourne le lobule, qu’il respecte, pour se montrer en avant dans le siilon formé par le lobule et la peau de la région zygomatique et se terminer à un centimètre au-dessus du tragus.

Oreille gauche. — L’éruption présente une disposition abso ■ lument identique ; elle apparaît en haut sm-la partie moyenne de l’hélix, en arrière sur la région mastoïdienne, sur la face interne du pavillon, au niveau de la conque et de la queue de l’hélix ; elle est ici un peu plus confluente que du côté opposé. Nous trouvons encore de ce côté quelques vésicules dans le sillon qui sépare le lobule de la région zygomatique.

Des deux côtés les vésicules sont encore jeunes, tendues et remplies d’un liquide légèrement trouble. Les régions atteintes sont le siège de doulem’s très vives. La fièvre intermittente a cédé à l’emploi du sulfate de quinine.

J’ai examiné avec soin la peau du thorax et des membres; nulle part je n’ai trouvé d’éruptions analogues.

Le 20, l’éruption est restée stationnaire. Quelques vésicules se sont rompus et forment maintenant des croûtes d’un blanc grisâtre, reposant comme la veille sur une peau enflammée.

Le malade demande son exact le lendemain.

Herpès symétrique de la face.

(SorvicB de M, le D' liEBARIUiER.)

Sabattié (Jean), âgé de quinze ans, entre à l’hôpital Saint- André (salle 1, n° 28), le 20 Juin 1874, pour une pneumonie à sa période de début; anorexie, abattement et fièvre intense.

Le 22 et le 23 juin apparaissent des vésicules d’herpès sur les deux commissures labiales.

Le 24, l’éruption présente la disposition suivante : des deux côtés elle s’étend sur la lèvre supérieui*e, dans une étendue de deux centimètres ; sur la lèvre inférieure, dans une étendue de un centimètre seulement. C’est un double croissant embrassant les commissures. Des commissures, l’éruption s’étend en dehors et en haut, pour former, à quelques centimètres au-dessous de l’orbite, deux ou trois groupes symétriquement placés, un peu plus confluents peut être à droite qu’à gauche. Un dernier groupe situé à droite, un peu en dehors de la symphise du menton, au point d’émergence du nerf dentaire inférieur, n’a pas son analogue à gauche.

Toutes ces vésicules reposent sur une base rouge et enflammée ; elles sont peu douloureuses. Il n’en existe pas sur la muqueuse buccale.

6 ie PeSERYATION

Herpès symétrique des paupières chez une femme récemment accouchée.

L... (Antoinette), âgé de vingt-trois ans, domestique, s’est accouchée à la Maternité de l’Hôpital Saint-André, le 6 septembre 1875, à une heure et demie du soir.

Les suites de couches ont été des plus heureuses. I)ès le 12 septembre, elle se levait ; la sécrétion du lait était régulière ; la malade se promettait de sortir bientôt lorsque, dans la nuit du 13, elle fut prise d’un violent accès de fièvre qui dura quatre heures.

Le 14 au matin, la fièvre avait disparu, la malade se levait comme les jours précédents; mais elle éprouvait aux deux yeux des douleurs violentes; elle avait la sensation de grains de sable roulant sur les globes oculaires ; la conjonctive cependant était peu congestionnée, les pupilles légèrement dilatées.

Le 15, même état ; les douleurs oculaires persistent, identiques des deux côtés. Aucune manifestation inflammatoire de l’œil ou des paupières.

Le 16 au matin, je constate sur la paupière supérieure droite, au niveau de son bord adhérent et un peu plus rapproché de l’angle interne que de l’angle externe, un groupe de vésicules d’herpès reposant sur une base enflammée.

Le 17, trois autres groupes d’herpès se sont montrés sur la paupière supérieure droite ; la gauche elle-même est le siège d’un léger gonflement et présente à l’angle interne deux groupes de vésicules non ombiliquées renfermant un liquide transparent. Les douleurs oculaires persistent.

Le 19, les vésicules sont transformées en croûtes d’un gris jaunâtre.

Le 22, la malade demande son exeat. Il existe encore sur les deux paupières quelques ulcérations superficielles ; la conjonctive est intacte; les douleurs que nous avons signalées du côté des globes oculaü’es ont disparu.

M. Gubler a eu roccasion d’observer plusieurs fois cette disposition bilatérale de l’herpès à la face. Il rapporte en particulier l’histoire d’une femme, couchée au n“ 47 de la salle Sainte-Paule, qui, avec une pneumonie à droite, offrait un herpès labialis dont le principal groupe était situé sur le côté droit de la lèvre supérieure; à, gauche il existait quelques vésicules avortées Ce dernier fait nous démontre encore que lorsque une éruption bilatérale survient à la suite d’une affection unilatérale, les manifestations cutanées, du côté correspondant à cette dernière, sont

‘ Gubler, Soc. mêd. des Hôpitaux, 1857, séance du 25 février, p. 300.

toujours plus complètes et plus étendues que sur le côté opposé.

Laveran a signalé, lui aussi, cette disposition symétrique de l’herpès de la face dans la méningite cérébro-spinale épidémique. « On a observé, dit-il, chez les malades atteints de cette affection des taches de roséole, de scarlatine, des sudamina, une éruption papuleuse aux extrémités. Mais, dans plus de la moitié des cas, c’est l’herpès groupé qui apparaît aux lèvres, au menton, aux oreilles, aux joues et plus rarement aux extrémités. La disposition quelquefois symétrique des vésicules suggère la pensée qu’elle pourrait provenir de l’irritation des nerfs trophiques de la peau, comme dans le zona‘ ».

Les deux observations qui suivent nous ont été communiquées par MM. Gauthier et Dauzats, internes à l’hôpital Saint-André. Les faits qu’elles contiennent sont de nouvelles preuves à invoquer en faveur de la bilatéralité des vésicules d’herpès.

63® pBSERYATION

Zona symétrique des membres inférieurs.

(Communiquée par M. GAUTHIER, interne à l’hôpital Saint-André.)

Homme de trente ans, entré dans le service de M. le D’’ Garat, le 20 mai 1874 (salle 12, n’ 23), pour une éruption vésiculeuse des membres infériem’s. Elle remonte à cinq jours et se rattacherait, d’après les renseignements fournis par le malade, à la section de quelques durillons, section qui aurait été fort douloureuse.

Des deux côtés, elle occupe la région dorsale du pied; exactement limitée en dedans par le bord interne, elle empiète légè-

1 Laveran, art. Méningite. In Dict. encycl., 2e série, f. VI, p. 665.

rement en dehors sur le bord externe, sans envahir la face plantaire; elle s’étend en bas sur la face dorsale des cinq orteils ; en haut elle ne dépasse pas une ligne tranversalement dirigée à trois centimètres au-dessus de l’interligne articulaire.

L’éruption était constituée par de petites vésicules d’herpès agglomérées en petits groupes, reposant sur une surface érythémateuse et contenant un liquide déjà trouble, presque purulent.

Ce ‘ vésicules sont de volume variable : les plus petites sont de la grosseur d’un grain de millet ; il y en a (fe la grossem* d’un pois; au niveau des malléoles, elles sont plus volumineuses encore et atteignent les dimensions des bulles.

Avec l’éruption existent des démangeaisons, des picotements; pas d’œdème, pas de points douloureux sur le trajet des sciatiques, pas de douleurs lombaires.

Traité par les bains amidonnés, le malade a guéri rapidement ; au bout de six jours, les vésicules étaient en pleine dessiccation.

64® pBSERYATION

Herpès symétrique des mains et des avant-bras.

(Communiquée par M. DAÜZATS, interne à l’hôpital Saint-André.

L... (Jules), vingt-cinq ans, charron, a toujours joui d’une santé robuste. Le 25 février, une éruption apparaît sur la main droite : elle débute sur la peau de l’éminence thénar, formant un petit carré de trois centimètres de côté. Elle consiste en des vésicules de la grosseur d’un grain de millet et au-dessous ; elles sont transparentes, reposant sur une peau parfaitement saine. Elles passent à la purulence au bout de quelques jours; l’éruption, contournant le bord externe du premier métacarpien, envahit la face dorsale de la main jusqu’au poignet.

Le 9 mars, l’éruption est restée dans les mêmes limites.

Le 10 mars, elle se manifeste à la main gauche, où elle occupe l’éminence thénar et la face dorsale de la main.

Le 11 mars, l’éruption se réveilie sur la main droite et s’étend sur l’avant-bras, en suivant le bord externe jusqu’à cinq ou six centimètres de l’articulation du poignet.

Il existe quelcpies démangeaisons ; pas de fièvre.

Le malade est traité par les bains locaux et les cataplasmes. Le 20 mars, les vésicules ont disparu, l’épiderme est enlevé, laissant voir au-dessous un derme rouge et manifestement enflammé.

Le 26 mars apparaît une éruption d’impétigo sur la face dorsale de chacune des deux mains. Les pustules évoluent rapidement, et, malgré une lymphangite qui vint les compliquer, le malade sortit le 15 avril complètement guéri.

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