‹ De la symétrie dans les affections de la peauChapitre 25 sur 48 · NUTRITION DES POILS ET LA SECRETION SUDORALE · texte numérisé non relu

NUTRITION DES POILS ET LA SECRETION SUDORALE

I. Nutrition des poils. — Mitchell a remarqué que le système pileux disparaissait ordinairement des surfaces rouges, affectées de cmsalgie.ht^ poils, examinés au microscope, ont présenté au niveau de leur base une surface rugueuse et irrégulière, par suite du soulèvement des cellules qui forment la couche la plus extérieure.

Plusieurs auteurs ont noté, dans les névralgies delà cinquième paire, des altérations des cheveux portant sur leur vitalité, sur leur coloration, etc. Les traumatismes des nerfs amènent parfois de ces altérations remarquables.

Hamilton a rapporté en 1868, dans un journal de Dublin, le fait d’une dame prédisposée à l’hystérie

qui, à la suite de la piqûre du nerf musculo-cutané, avait vu son bras se couvrir de poils très abondants^ Bellingeri^ a vu, à la suite d’une plaie contuse de la région sus-orbitaire gauche, les cheveux du côté correspondant devenir plus hérissés, plus droits et plus épais que du côté sain.

Nous pourrions signaler bien d’autres faits analogues. Un des plus intéressants nous paraît être celui de Larrey®. Un cuirassier âgé de vingt-cinq ans reçut un coup de pied de son cheval sur le rebord supérieur de l’orbite droite. Vingt jours après d’accident, quand la cicatrisation commença, les deux membres correspondants au côté malade furent pris d’une contraction violente, qui prit bientôt un caractère tétanique. La peau du même côté devint le siège d’une hyperesthésie très marquée; en même temps, les cheveux et les moustaches da côté malade se hérissèrent et devinrent extrêmement douloureux. Le moindre attouchement, la simple section avec des ciseaux très affilés du plus petit nombre de ces productions pileuses, déterminaient immédiatement des horripilations, des mouvements convulsifs et une sécrétion de sueurs parfois très abondantes.

II. Sécrétion sudoraie. — « Dans un grand nombre des cas de blessure partielle du tronc nerveux que j’ai observés, dit Mitchelh, j’ai trouvé une sudation excessive. Quelquefois même, particulièrement lorsque la sensation de cuisson, avec aspect luisant de la

* Journal Ot Chemical and médical science, 1868.

* Arcb. géoér. du Mêd., 1835, t. VII,

* Larrey. — Clin, chirurg., t. I, p. 2C0.

Mitchell, loc. cit., p. 192.

peau, venait se joindre aux autres symptômes, la sueur était non-seulement abondante, mais excessivement acide, et, parmi les malades, beaucoup se trahissaient aux sens par cette odeur acide, analogue à celle du vinaigre, que leurs mains exhalaient. toujours malgré l’usage perpétuel qu’ils faisaient de l’eau. Une fois, entre autres, l’exhalation était insupportable, tout à fait analogue à celle d’une eau croupie. »

Chez la jeune malade d’Hamilton, dont nous avons parlé plus haut et qui avait reçu un coup de couteau à la paume de la main, le bras et la main, presque toujours humides, se couvraient de larges gouttes de sueurs au moment où survenaient les paroxysmes douloureux.

Schiefferdecker a noté lui aussi deux fois cette augmentation locale des sueurs, à la suite de blessures des nerfs par coup de feu\

Ces troubles divers de la sécrétion sudorale s’observent également dans les névralgies, en dehors de toute influence traumatique ; nous nous rappelons avoir lu quelque part dans le mémoire de Notta, sur les troubles fonctionnels qui accompagnent les névralgies, que pendant les accès d’une sciatique bien caractérisée, la jambe et la cuisse du malade se couvraient d’une sueur abondante, le reste du corps en restant exempt®.

De nouveaux faits de sueurs locales, probablement d’origine nerveuse, ont été rapportés par Berger, Wiedemeister, Leudet, Frémy, etc.®

* Schiefferdecker, in Centralblatt, mai 1S71.

’ Notta. —Arch., 1854, t. IV, p. 557.

® Voir; Frémy,Thèse de Paris, 1873, p. 99.

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