‹ De la symétrie dans les affections de la peauChapitre 5 sur 48 · FAITS CLINIQUES · texte numérisé non relu

FAITS CLINIQUES

« La peau, comme partie intégrante de l’organis- . me, n’est pas sujette à d’autres maladies que celles » auxquelles sont soumis les autres organes du corps «humain.') (Hebra. Traité des maladies de la peau,

Quand on jette les yeux sur la plupart des classifications qui ont ‘été proposées par les dermatologistes, on est frappé tout d’abord du nombre considérable de ces affections et de leurs variétés infinies. Mais si, laissant de côté les formes complexes, on ne s’arrête qu’aux formes élémentaires et primordiales; si, surtout, on veut bien oublier un instant toute idée de diathèse générale pour n’analyser que la lésion anatomique, la confusion cesse et la pathologie de la peau se présente à l’esprit avec la même simplicité que celle d’un viscère ou d’une membrane muqueuse.

Et, en effet, la tache exanthématique est-elle autre chose qu’une dilatation des capillaires du derme, qu’une congestion peu intense et généralement passagère? Si cette congestion est plus active, la tension intra-vasculaire est augmentée, un courant exosmoti-

que s’établit, et l’on voit sourdre à la face superficielle du derme, soulevant les pellicules épidermiques en cloches plus ou moins volumineuses , une sérosité claire, limpide et transparente {vésicules,, bulles). Ce liquide disparaîtra plus tard par résorption, ou bien la vésicule venant à se rompre, il se concrétera sous forme de lames croùteuses, le plus souvent irrégulières.

* Supposons la congestion intra-dermique plus intense encore : le sang ne laissera pas échapper seulement son sérum ; les leucocytes eux-mêmes traverseront les parois des capillaires (Conheim), et l’épiderme soulevé recouvrira alors, au lieu d’une sérosité limpide, un liquide trpuble, ou même un véritable pus (pustules).

C’est enfin à un processus congestif et à l’augmentation de la tension intra-artérielle qui le suit qu’il faut rattacher la plupart des cas de rupture vasculaire et d’hémorrhagie cutanée (purpura, liématîdrose).

A ce premier groupe d’affections, dites inflammatoires s’opposent tout naturellement celles dites par anémie (ischémie locale, asphyxie locale, de M. Raynaud). Et s’il est vrai que les échanges moléculaires ou, ce qui est identique, les phénomènes nutritifs dépendent avant tout de l’état de la circulation locale on a immédiatement deux nouveaux groupes opposés. Toute congestion, si elle se stabilise, amènera un excès de nutrition, une véritable hypertrophie (papules, squames, tubercules, sécrétions exagérées). De même à une diminution de l’afflux sanguin se lieront fatalement une diminution des sécrétions cutanées et un processus atrophique plus ou moins caractérisé.

Les affections du tégument externe ne sont donc

que des manifestations directes d’un trouble apporté à la circulation locale. Nous aurons à examiner plus tard quels' sont les agents régulateurs des courants sanguins dans l’épaisseur du derme. Nous adopterons pleinement la théorie des vaso-moteurs, et nous tâcherons de démontrer que leur influence sur la circulation et la nutrition est manifestement prédominante, unique peut-être. La théorie un peu trop vitaliste qui veut que les organes eux-mêmes attirent, par un phénomène de vis à fronle, la quantité de sang nécessaire à leur vie physiologique ou morbide ne saurait lui être substituée, ou même lui être associée.

Nul doute que toutes ces variétés d’affections, ainsi entendues, ne puissent se rencontrer sur ]a surface cutanée avec une disposition parfaitement symétrique. Depuis bientôt trois ans que notre attention a été appelée sur ce point, nous avons pu recueillir, dans les divers services de l’hôpital Saint-André de Bordeaux, plus de cent vingt observations inédites. Quelques autres, empruntées aux auteurs, nous ont permis de grossir encore ce nombre. Si toutes n’ont pas la même valeur au point de vue de la question pathogénique, toutes du moins renferment des faits précis, où le caractère symétrique de l’affection ne saurait être contesté.

Nous les classerons en 14 sections et les exposerons dans l’ordre suivant :

1° Erythèmes ;

2° Affections vésiculeuses ;

3° Zona bilatéral et symétrique ;

4“ Affections bulleuses ;

5" Affections pustuleuses ;

6” Affections papuleuses ;

T Affections squameuses ;

8“ Epaississement symétrique de l’épiderme. — Sclérodermie symétrique des extrémités ;

9“ Ischémie et asphyxie locale symétrique des extrémités ; - .

10“ Hémorrhagies symétriques de la peau. — Purpura et Hématidrose ;

11" Troubles de la sécrétion sudorale. — Troubles de la nutrition des ongles et du système pileux, se manifestant symétriquement des deux côtés du corps.

12" Des manifestations cutanées symétriques dans l’acrodynie.

13" Des manifestations cutanées symétriques dans la pellagre. ■

14" Des manifestations cutanées symétriques dans le mal perforant plantaire.

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