‹ De la Sympathie à la Fraternité dArmesChapitre 6 sur 30 · IH · texte numérisé non relu

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CE QUE PENSENT DE NOUS LES AMÉRICAINS

destinée de nous mener dans telle direction, de nous approcher de telle beauté, de telle vérité. Voilà ce dont nous avons besoin et que voua pouvez nous donner. »

De même, je crois que, dous autres Français, nous pouvons nous éclairer sur notre destinée nationale, sur nos devoirs, en interrogeant notre nature propre, nos besoins et nos intérêts, cela va de soi, mais aussi en tenant compte du consentement universel à notre endroit.

A cette heure, on s'accorde dans l'univers pour voir que les Germains ont à leur service des méthodes très étudiées et puis indéfiniment de recettes scientifiques, mais qu'ils manquent de la culture du cœur et de toute délicatesse morale, et que, s'ils excellent assez dans l'utilisation des forces matérielles, l'humanité pourtant est faible dans chacun d'eux. Nous devrons donc nous préoccuper de maintenir perpétuellement en nous la vie de l'âme, d'élargir toutes les âmes françaises, et de recueillir, pour que chacun en profite, toutes les richesses spirituelles de notre pays. Elles sont toutes utiles dans les tranchées ; il faudrait donc qu'on les trouvât toutes autour du berceau de l'enfant et à l'école. Et c'est bien ce dont j'avais la perception quand je demandais (d'accord avec les Péguy et les Psichari, s'il m'est permis, comme je le crois, de me parer de ces grandes autorités) qu'en face de l'école on maintînt, pour collaborer avec elle, la vieille église où se fait l'éducation du cœur.

Que notre patrie soit, durant les générations, à l'école des soldats de Joffre, — ils nous ont conservé la vie et rehaussé dans l'estime du monde — et cultivons intensément, avec système, tout ce que contiennent ces vieux mots d'honneur, de sacrifice, de dévouement, « tous ces vieux mots de notre vocabulaire », comme disait tout à l'heure l'Américain, qui furent à travers les siècles générateurs des actions françaises.

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