PUCES
il a été traité pendant dix-huit mois. Il se plaint depuis 1921 de dysphagie progressive et de perte de poids; il dit qu'en avalant il a une sensation d’arrêt au milieu de l’œsophage, mais sans douleur. En avril et mai 1922, il subit une dizaine de dilatations: en juin 1922 l'examen aux Rayons X est négatif (puisqu'il a été dilaté); Wassermann très fortement positif. On institue un traitement antisyphilitique.
En novembre 1922, un nouvel examen aux Rayons X montre une sténose modérée dans le tiers moyen de l’œsophage, avec réduction de moitié de la lumière. La stricture est concentrique, unie et molle: il y a une dilatation marquée au-dessus de la sténose. On fait une dilatation progressive avec des dilatateurs métalliques.
En février 1923. on continue les dilatations, associées à un traitement spécifique. Le malade ne se plaint plus de dysphagie; il mange facilement de tout.
Obs. 54. — ABEL, Lancet, 1928.
Femme de 48 ans, entrée en juin 1925 à l'hôpital pour dysphagie grave: elle ne peut avaler qu'un peu de liquide. Elle a un enfant de 19 ans et n’a pas eu de fausse couche. Aucun antécédent héréditaire, pas de maladie ni d'accident. En décembre 1923, la malade a de la peine à avaler et rejette parfois après avoir mangé des aliments solides; les symptômes s'aggravent jusqu'en septembre 1924, où elle ne peut plus avaler que des liquides. À ce moment, on dilate son rétrécissement; le Wassermann étant positif, on institue une cure de novarsénobenzol, ce qui rend le Wassermann négatif. Depuis, la malade va bien jusqu'il y a deux mois, où elle présente à nouveau de la dysphagie progressive.
A l'entrée, la malade est un peu amaigrie: les ganglions épitrochléens sont augmentés de volume.
A l’æsophagoscope, on voit un rétrécissement fibreux, dense et blanc qui oblitère presque complètement la lumière de l’œsophage, un peu au-dessous du sphincter cricopharyngien. Sur la paroi postérieure droite, il y a une large plaque de leucoplasie. On procède à une dilatation progressive de la
sténose, associée au traitement antisyphilitique. Depuis trois ans, la malade n’a plus eu aucune gêne dans la déglutition.
005 99. APEL, Lancet, 1928:
Homme de 55 ans sans antécédents particuliers; avoue avoir eu la syphilis il y a trente ans et avoir été mal soigné. Depuis six ans, le malade présente tous les deux à trois mois des crises de vomissements qui durent deux à trois jours; il vomit les aliments solides sitôt après les avoir avalés, tandis que les liquides passent lorsqu'il boit lentement; il a un peu maigri. Il existe une leucoplasie bien marquée à la face interne des deux joues: les ganglions épitrochléens sont augmentés de volume; Wassermann positif.
A la radiographie, on remarque une contraction irrégulière de l’æœsophage à 12 cm. au-dessus du diaphragme avec dilatation plus haut.
A l’œsophagoscope, on voit une sténose à 32 em. du rebord dentaire, qui ne laisse passer qu’une fine sonde. La muqueuse est très rouge et œdématiée et saigne facilement. On voit aussi quelques plaques de leucoplasie et une petite ulcération.
On associe un traitement antisyphilitique à une dilatation régulière par les sondes.