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EXAMEN MICROSCOPIQUE

Des nombreuses coupes microscopiques, colorées d’après plusieurs méthodes, que nous avons faites pour étudier l’induration pulmonaire et les modifications de la paroi œsophagienne, voici la description détaillée.

Poumon droit. — Les coupes du poumon montrent une plèvre très fortement épaissie, traversant le champ de vue sous forme de tissu fibreux, sclérosé, en général pauvre en noyaux. Cependant, il y a de temps en temps des traînées de lymphocytes qui forment des manchons autour des vaisseaux sanguins, que ce soit des artères ou des veines. Le nombre des vaisseaux est, dans cette induration pleurale, petit; par-ci par-là on voit quelques rares groupes de capillaires. Il y a, comme résidu d'anciennes hémorragies, des pigmentations d’hémosidérine dans quelques zones périvasculaires. Dans les coupes colorées

pour les fibres élastiques, on constate la rareté ou l'absence de ces fibres dans les masses fibro-calleuses; par contre, on est frappé par l’endartérite qui intéresse les petites artérioles dans la plèvre indurée. On distingue dans les artères le tissu élastique dans la lamelle élastique externe, dans la tunique moyenne qui est plus ou moins réduite, ainsi que dans la lamelle élastique interne, sur laquelle se dresse une endartérite très nette et large. Le tissu conjonctif néoformé sur l’intima contient passablement de cellules conjonctives fusiformes.

Sous la plèvre épaissie commence, sans limite très précise, le tissu pulmonaire sclérosé. Après la coloration des fibres élastiques, on distingue encore très bien le cadre ancien des alvéoles qui sont, pour la plupart, petites ou tout à fait affaissées, tandis que les septa interalvéolaires et interlobulaires sont très larges. L'image des alvéoles est d’autant plus cachée, que ceux-ci sont souvent remplis par des cellules épithéliales desquamées et des lymphocytes. Dans les grosses cellules alvéolaires il y a par-ci, par-là des pigments anthracosiques ; dans certaines alvéoles l’épithélium est resté sur place et se présente sous la forme d’un épithélium cylindrique.

Très peu d’alvéoles présentent un caractère emphysémateux, c’est-à-dire avec destruction de la paroi. Le tissu conjonctif des parois alvéolaires est parfois élargi, surtout près des septa interlobulaires ; à d’autres endroits les parois sont très minces et contiennent des vaisseaux sanguins. On y remarque de temps en temps un mégacaryocyte embolisé.

Les artères pulmonaires sont en général bien conservées; par place leur intima est tapissé d’une large couche de tissu fibreux néoformé. A de rares endroits, quelques fibres élastiques pénètrent jusqu'au fond de cette prolifération de l’intima. En outre, notons qu'il y à, au milieu du tissu pulmonaire, des canaux avec une large paroi élastique, où de nombreuses fibres et lamelles élastiques tortueuses et festonnées indiquent l’ancienne paroi.

Une petite partie de ces canaux a encore une lumière tandis que la plus grande partie montre une lumière oblitérée. Par endroits on réussit à retrouver, dans la paroi de ces canaux,

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les restes de la musculature lisse. Il y manque, par contre, tous les autres caractères du système bronchique.

Il faut donc conclure à une endartérite oblitérante très avancée. Le tissu conjonctif qui oblitère la lumière renferme passablement de cellules fusiformes et quelques lymphocytes disséminés.

Par places, il y a des bronches où le tissu conjonctif s’avance dans la lumière en soulevant l’épithélium qui tapisse le canal. On voit quelques foyers lymphocytaires périartériels, surtout aux endroits où l’on trouve des cellules fusiformes à pigment anthracosique mais, d’une façon générale, le tissu de la sclérose pulmonaire est pauvre en pigment. Les particules de silicate sont extrêmement rares dans le voisinage du pigment anthracosique; il faut chercher assez longtemps pour trouver par-ci par-là une particule incolore, brillante.

Quant aux bronchioles, elles sont en partie bien visibles, maïs leur paroi fait corps avec le tissu pulmonaire sclérosé. Dans leur entourage, on voit surtout des alvéoles à épithélium cubocylindrique, qui montre par places des phénomènes de prolifération. Dans ce tissu pulmonaire induré, il y a des zones où l’infiltration lymphocytaire est plus abondante et d’autres où le tissu néoformé est plus pauvre en cellules.

A part les lymphocytes, on remarque aussi quelques cellules rondes plus grandes, des cellules plasmatiques, ainsi que des corpuscules de Russel.

En poursuivant la série des coupes, on retrouve toujours les phénomènes de prolifération considérable du tissu conjonctif dans la paroi alvéolaire, l’élargissement des septa interlobulaires et l’épaississement des parois artérielles aux dépens d’une endartérite oblitérante.

On a rencontré nulle part des signes histologiques d’un processus tuberculeux.

L'examen histologique a donc révélé que les noyaux pulmonaires sont dus à une induration fibreuse inflammatoire avec endartérite oblitérante et pleurésie ancienne.

Œsophage. — Les coupes faites à la hauteur de l’œæsophage mesurent environ 2,5 em. de long et montrent une petite

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partie de la paroi de largeur ordinaire et une zone plus large de 16mm d'épaisseur. Dans la partie peu modifiée, on distingue l’épithélium de la muqueuse assez bien conservé. Sous lépithélium, il y a quelques lymphocytes disséminés autour des veines. La muscularis mucosae est de dimensions à peu près normales, la sous-muqueuse est flasque, la grande musculature dépasse déjà les dimensions normales par sa largeur et le volume de ses faisceaux de muscle lisse. Dans le tissu périœsophagien, il y a plusieurs modifications: le tissu est plus large, plus dense, avec des cellules conjonctives à hémosidérine et par-ci par-là des agglomérations de lymphocytes, souvent autour des capillaires sanguins. Ceux-ci ont une paroi épaissie et hyaline donnant les réactions de la substance amyloïde.

Le processus pathologique qui intéresse la paroi œsophagienne entière commence brusquement et on voit à la loupe que la muqueuse y est détruite, que la muscularis mucosae se continue, mais en ligne tortueuse et qu'elle est dissociée par ce tissu fibreux lardacé qui remplace le tissu conjonctif flasque de la sous-muqueuse et de la musculature. On remarque déjà à la loupe que dans ce tissu fibreux sclérosé il y a des artérioles à paroi calcifiée aussi bien dans la sous-muqueuse que dans le tissu périæsophagien. L'infiltration massive de la paroi est due à un tissu collagène, très dense, en général très pauvre en noyaux (v. fig. 4).

Par-ci par-là, aussi bien au niveau de la sous-muqueuse que de la muscularis et de la grande musculature, on voit des petits foyers lymphocytaires, souvent attachés à des artérioles ou à des veines, parfois même à quelques filets nerveux.

En général, on rencontre passablement de vaisseaux, artères et veines, dans le tissu fibreux néoformé. Dans les coupes à coloration ordinaire on est déjà frappé par l’aspect des artérioles, dont la paroi est épaissie et la lumière très réduite.

En ce qui concerne la musculature, il faut encore ajouter que les fibres musculaires lisses d’un même faisceau sont souvent séparées les unes des autres par une substance homogène et hyaline. Il est cependant indiscutable qu'il existe une hypertrophie de la musculature qui paraît intéresser les deux

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couches musculaires au même degré. Il y a quelques artères à paroi complètement calcifiée, dont la lumière est totalement oblitérée par une prolifération de tissu conjonctif flasque, parsemé de rares lymphocytes.

Au milieu de ce tissu oblitérant, une petite lumière peut être parfois conservée. On voit aussi quelques grandes veines où les fibres élastiques de la paroi sont partiellement calcifiées et dont la Iumière est presque oblitérée par une prolifération de l’intima.

Le tissu œsophagien, le long de la paroi, est très épaissi ; il y a des zones où ce tissu est riche en lymphocytes et en cellules plasmatiques. Les infiltrations lymphocytaires et plasmocytaires se voient surtout dans les parties où les filets nerveux sont abondants;: elles s’entassent aussi le plus souvent autour de groupes de petites veines. Ici, comme dans le poumon, on voit de temps à autre des corpuscules de Russel dans les foyers lymphocytaires.

Les plexus d’Auerbach dans la musculature sont souvent entourés de masses de tissu fibreux néoformé avec quelques lymphocytes, mais leur structure n’est pas essentiellement modifiée. On y reconnaît même facilement des cellules ganglionnaires. Par endroits, on voit des glandes, quelquefois à canaux dilatés entourés d’une auréole lymphocytaire.

Une coupe colorée avec le violet de méthyle montre une dégénérescence amyloïde intéressant surtout la tunique moyenne des artères de petite taille et de taille moyenne, que celles-ci soient situées dans le tissu sous-muqueux, au milieu de la musculature, ou dans le tissu périœsophagien.

Une coupe colorée au van Gieson nous permet de voir que la musculature mesure au moins 5m,

Dans une coupe colorée selon le procédé d'Unna-Pappenheim, on voit beaucoup de fibroblastes à protoplasma faiblement basophile et des amas lymphocytaires dans le tissu fibreux. De temps à autre, on remarque de grosses cellules vacuolisées, basophiles, avec très peu de protoplasma et possédant un noyau excentrique. Elles se présentent comme des cellules macrophages et sont surtout visibles autour des vaisseaux, mais également dans le tissu conjonctif. Ce sont les cellules que

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