‹ De la syphilis du testiculeChapitre 17 sur 54 · AN AT 0. M II-: P AT HO 1,0 <; I Q M K · texte numérisé non relu

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à noyau volumineux et rempli de granulations. Cependant, au milieu de ces petites cellules, on en trouve d'autres de plus grandes dimensions et plus riches en protoplasma. Ces diverses cellules doivent être considérées non comme des éléments de prolifération, mais comme des cellules migratrices, car dans les nodules à leur début, lorsque les éléments sont encore peu nombreux, on distingue, dans le tissu interstitiel qui les sépare, les cellules conjonctives inaltérées et qui paraissent être à l'état de repos.

Le groupement de ces cellules constitue une première variété de nodules syphilitiques; ils se rencontrent dans le tissu interstitiel, séparé des tubes séminifères et des gros vaisseaux par des néoformations conjonctives. Dans la tuberculisation, nous savons que les éléments s'agglomèrent au contraire autour des canalicules. Les amas, lorsqu'ils sont très petits, sont de forme arrondie ; leurs limites sont parfois très précises, mais souvent aussi elles sont un peu diffuses et les tissus qui les environnent sont riches en cellules embryonnaires. Ils sont abordés par des capillaires qui pénètrent dans leur intérieur. Lorsque les dépôts sont plus volumineux, ils se moulent sur les organes voisins, s'infiltrent entre les tubes et les gros vaisseaux ; leurs contours s'altèrent alors et perdent leur surface sphérique.

Les éléments sont parfois très serrés les uns

NODULUS (lOMMIiUX. bl

contre les autres et toute substance interstitielle a complètement disparu. Parfois ils sont plus espacés, et l'on retrouve entre eux des faisceaux de fibrilles conjonctives. Ily a d'ailleurs tous les intermédiaires possibles entre le nodule constitué par des amas de cellules, et une simple infiltration du parenchyme testiculaire par quelques éléments épars. Au demeurant, le syphilome, à son début, ne présente que des cellules peu nombreuses; mais leur agglomération en masse compacte va caractériser les nodules, dont la quantité du reste varie beaucoup suivant les cas ; sur certaines glandes on n'en compte que quelques-unes, tandis que sur d'autres ils sont véritablement innombrables.

La seconde variété de nodalos diffère de la précédente par un caractère important. Elle n'est plus uniquement composée de petites cellules rondes à protoplasma peu abondant. Les amas sont constitués, en majeure partie, d'éléments volumineux à un ou deux noyaux. Leur forme est en général sphérique ou ovoïde et leur protoplasma fortement granuleux. Sur les préparations traitées par le picrocarminate, les nodules ont une teinte jaune fort dissemblable de la coloration rouge des agglomérations de la première variété. Dans le tissu périphérique on trouve, à côté des cellules conjonctives restées normales, des éléments hyperplasiés ou en voie de prolifération, et l'on peut

noter tous les intermédiaires, soit entre les cellules conjonctives proliférées et les grosses cellules granuleuses, soit entre les cellules migratrices et ces mêmes cellules granuleuses.

Ce point n'est pas sans importance, car on peut supposer alors que les cellules granuleuses proviennent ou des cellules conjonctives, ou des cellules migratrices, ou de ces deux éléments à la fuis. En tout cas, elles ressemblent aux cellules épithélioïdes, que l'on trouve dans les follicules tuberculeux. Parfois même le nodule rappelle la structure de la granulation tuberculeuse, et l'on voit des cellules épithéliuïdes groupées autour d'éléments dont les dimensions ne diffèrent qu'à peine de celles des cellules géantes. Les parties centrales d'ailleurs sont souvent dégénérées, les contours des cellules sont moins distincts, les noyaux ne se colorent plus elles amas granuleux montrent, çà et là, des gouttelettes réfringentes, probablement de nature graisseuse.

Il n'y a point de différences fondamentales entre les deux variétés que nous venons de décrire, car les petites cellules à protoplasma granuleux signalées dans la première forme de nodules ne sont qu'un degré de développement moins avancé. Par transition graduelle et par accroissement successif ils deviendront les grosses cellules épithélioïdes trouvées dans la dernière forme, et, de fait, on voit, danseertaines agglomérations, toutes

NODULES AdCLOMÉHÉS. 63

les phases intermédiaires. Cependant il est juste de dire que, sur les pièces examinées et qui, pour la plupart, présentent des altérations aux mêmes phases de leur évolution pathologique, la première variété du nodule est de beaucoup la plus fréquente. Il est possible que des testicules syphilitiques, étudiés aux autres périodes de leur développement, nous montreraient la seconde variété comme beaucoup moins rare.

Les nodules, au lieu de rester isolés, comme l'analyse précédente pourrait le faire croire, se conglomèrent souvent et forment des dépôts caséeux, dont les dimensions très variables s'élèvent du volume d'un pois à celui d'une grosse noisette et même plus. Le testicule est parfois envahi tout entier par des masses jaunâtres à contours arrondis. Quelle que soit leur grosseur, nous les réunissons dans une description commune, car l'examen au microscope démontre que les lésions sont toujours identiques.

On voit, sur les préparations colorées au picrocarminate ou à la purpurine, que, dans les parties caséifiées se juxtaposent, de la périphérie au centre, plusieurs zones d'aspect différent. On constate d'abord que le parenchyme testiculaire est plus transparent : c'est la zone fibreuse; on trouve ensuite un liséré coloré, la bordure rouge^ limitéeren dedans par une ligne moins foncée et un peu translucide, la bordure claire; enfin on aborde lo. partie

Ci ANATOMll-: l>ATIIOLO(; IQUE.

caséi/iée proprement dite. C'est dans cet ordre que nous allons étudier la structure des masses oaséeuses.

La zone fibreuse appartient en propre au parenchyme testiculaire dont la sclérose, en ce point, atteint ses dernières limites. Les tubes séminifères, devenus de véritables cordons fibreux, se distinguent à peine des tissus qui les environnent ; parfois même il n'en reste plus de vestige. Généralement les faisceaux de production nouvelle sont disposés en lames parallèles à la surface des amas caséeux. Cependant, lorsque sur ces derniers se découpent de profondes échancrures, les faisceaux sont obliques ou perpendiculaires, ce qu'explique le mode déformation de la gomme, due à la fusion de plusieurs nodules : la rencontre de ces sphères découpe des indentations oia pénètrent les zones fibreuses périphériques de chacun des amas secondaires. Cette couche d'ailleurs est d'épaisseur variable ; elle mesure, suivant les cas, de quelques millimètres à un centimètre et même plus. Les altérations de la sclérose y sont plus ou moins avancées, probablement selon le degré d'ancienneté de la syphilis testiculaire.

La bordure rouge, concentrique à la zone fibreuse est, comme elle, formée de faisceaux fibreux à strates parallèlement disposées. Mais au heu de ne posséder que dos cellules conjonctives plates et quelques rares éléments lymphatiques, elle offre,

BORDURK CLAIRE. 60

en outre, des cellules conjonctives proliférées et de véritables îlots de cellules embryonnaires ou migratrices. Aussi les lames fibreuses, dissociées par ces amas de cellules, semblent moins épaisses que celles de la précédente couche. Les capillaires qui la parcourent sont en général remplis de globules blancs. Ajoutons que si cette bordure rouge se dessine très nettement sur certains points des masses caséifiées, elle manque tout à fait dans d'autres, ou du moins ne se révèle que par une ligne interrompue et à peine marquée.

La bordure claire^ celle qui limite les masses mortifiées, a de même une charpente fibreuse, dont les faisceaux semblent peut-être plus étroits encore, séparés qu'ils sont par des traînées de cellules granuleuses dont le noyau se colore mal par les réactifs. De ces cellules il en est qui présentent de grands prolongements anastomosés avec les cellules voisines. Entre ces éléments et les cellules conjonctives plates, on trouve tous les intermédiaires.

D'ailleurs, on rencontre, dans les mêmes points, des cellules rondes sans anastomoses et des cellules lympathiques, les unes et les autres granuleuses et à noyaux mal teintés par le carmin. Les grosses cellules granuleuses ressemblent aux (Cellules épithélioïdes, déjà décrites à propos de la deuxième forme de nodules. Elles proviennent soit des cellules lymphatiques hypertrophiées,

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soit des cellules conjonctives. De même que la bordure rouge, cette bordure claire, très distincte en certaines parties, est très réduite en d'autres.

Les masses centrales ou mortifiées, examinées à un faible grossissement, montrent, lorsqu'elles ont un certain volume, une disposition lobulaire ; les lobes constitués par la matière caséeuse proprement dite sont séparés par des travées claires. Sous un objectif un peu plus fort, on distingue des amas granuleux, des détritus d'éléments, des corps réfringents d'aspect particulier, puis des traînées transparentes, dont les unes se continuent avec les grandes travées signalées plus haut, par des figures claires de forme arrondie ou ovoïde et dont il faudra déterminer la signification.

Dans les amas granuleux on ne distingue plus les contours cellulaires; on ne trouve que des granulations plus ou moins fines, mais évidemment d'origine différente, puisqu'elles se comportent d'une manière différente en présence des réactifs ; les unes se colorent en noir par l'acide osmiquo et sont de nature graisseuse; d'autres, presque aussi réfringentes, ne subissent pas l'influence de l'acide osmique, mais sont teintées par la purpurine, tandis que le carmin n'a pas d'action sur elles. Les gros corps réfringents, disséminés çà et là sous forme de masses à limites arrondies, sont constitués par cette même substance d'oriu:ine indéterminée.

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