‹ De la syphilis du testiculeChapitre 19 sur 54 · DÉDUCTIONS PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

DÉDUCTIONS PHYSIOLOGIQUES

marquée cependant que dans le tissu sclérosé.

D'autres figures circulaires, beaucoup plus volumineuses et dont le contenu est parfois brunâtre, semblent être de plus gros vaisseaux dégénérés. A côté on rencontre des organes assez écartés les uns des autres et dont le tissu présente une disposition concentrique. Ce sont des tubes séminifères scléreux, mais moins altérés cependant que les canalicules do la zone périphérique. On ne saurait douter de la nature de ces faisceaux fibreux. En tous cas, pour les vaisseaux, il n'y a point de discussion possible, car ils se continuent visiblement avec les vaisseaux des travées claires.

Grâce à cette minutieuse analyse , il devient possible de se figurer ce qu'était la structure du tissu avant sa caséification. L'existence de grosses travées transparentes, la disposition lobulaire de la masse Caséeuse, et les contours arrondis qu'elle présente, prouvent d'abord que les dépôts gommeux résultaient de la fusion de plus petits amas. La constitution des foyers granuleux, par l'agglomération d'un grand nombre de cellules, démontre ensuite qu'avant sa dégénérescence , le parenchyme était infiltré de ces éléments; enfin, puisque les vaisseaux et les tubes séminifères qu'on retrouve dans la masse caséeuse ont, à peu de choses près, des altérations fibreuses semblables

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à celles des zones sclérosées , il nous est permis de conclure que, lorsque le tissu a été frappé de mort, ses lésions rappelaient celles du parenchyme resté vivant.

Avant sa caséification le foyer gommeux était donc constitué par une série de nodules analogues à ceux que nous avons décrits dans le parenchyme, mais avec une différence toutefois ; c'est que les nodules étaient, dans ce point-là, plus gros peutêtre, en tout cas plus nombreux et plus serrés, de manière à former, par leur agrégation, un volumineux conglomérat. Deux causes principales se sont ainsi trouvées réunies pour provoquer sa mortification : le dépôt d'une grande quantité d'éléments jeunes, pressés les uns contre les autres, nécessite une plus grande abondance de suc, pour que la nutrition soit régulière; et, d'autre part, les vaisseaux chargés d'apporter ces sucs ont un calibre moindre et laissent passer peu de sang; leurs parois épaissies retardent les échanges moléculaires. Donc, besoins plus grands et ressources diminuées, tel est le bilan du tissu gommeux, et c'est ainsi 'que s'exphque la caséification.

Si, avec des conditions semblables, les petits nodules échappent à la mort, ou, si du moins la dégénérescence se hmite à la partie externe, c'est que s'ils reçoivent bien moins de nourriture de leurs vaisseaux î^ltérés, les canaux avoisinants

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peuvent y suppléer; les amas sont petits, isolés, le parenchyme qui les entoure est resté perméable, le sang afflue de toute part et pénètre par imbibition jusque dans l'épaisseur de ces foyers trahis par leurs propres vaisseaux.

Il nous faut expliquer maintenant pourquoi, dans la zone périphérique des masses caséeuses, les altérations fibreuses des vaisseaux et des tubes séminifères sont plus intenses que dans le parenchyme et dans les foyers gommeux. Dirons-nous qu'en ce point le virus syphilitique a été plus actif? Cette hypothèse nous semble précaire. L'existence de néoformations semblables autour de dépôts non syphilitiques, les corps étrangers par exemple, ne nous permet-elle pas d'inférer que l'exagération du processus est provoquée, non par la syphilis, mais par l'irritation que causent les amas dégénérés? 11 s'agirait, en un mot, d'une membrane d'enkystement.

La charpente fibreuse de la bordure rouge et de la bordure claire présente la plus grande analogie avec celle de la zone périphérique ; on peut en conclure que toutes ces parties appartiennent à la même néoformation , et que la légère différence de structure doit être recherchée dans quelques circonstances particulières. La bordure rouge, dont les vaisseaux sont dissociés par des tramées dé jeunes cellules, n'cst-elle pas une portion de la membrane d'enkystement envoie d'activité forma-

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tive? En effet, dans les pièces où la membrane est la plus épaisse, et où les lésions paraissent les plus anciennes, les lames fibreuses les plus voisines de la bordure rouge sont constituées par du tissu nouveau, dans lequel il n'y a pas trace de parenchyme.

Quant à la bordure claire, on peut la comparer à la membrane qui entoure les corps étrangers résorbables et placés, dans des expériences récentes, soit dans le péritoine, soit dans le tissu cellulaire sous-cutané. Une couche spéciale les enveloppe bientôt, qui apu être considérée comme une couche de résorption. On suppose que ses éléments constituants , les cellules conj onctives j eunes , seraient chargés de digérer les parties en régression ;les masses caséeuses finiraient par disparaître , mangées progressivement de leur périphérie à leur centre. Cette hypothèse nous rendrait compte de la disparition de certains dépôts mortifiés. MM. Gornil et Ranvier ont imaginé une théorie analogue, pour expliquer la formation des cicatrices dans les gommes du foie.

Il est des cas, cependant, où le phénomène n'est pas aussi simple : parmi ces cellules on en voit qui deviennent très granuleuses et dont le noyau ne se colore plus qu'à peine par les réactifs; elles sont en dégénérescence manifeste. En outre, on constate tous les degrés intermédiaires entre la structure de la bordure claire et celle de la masse

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caséeuse ; ce passage insensilDle de l'une à l'autre semble prouver que, parfois au moins, cette bordure claire est elle-même envahie par la régression : le dépôt gommoux, au lieu de se résorber, paraît au contraire se développer et s'accroître. Ces particularités ont été remarquées sur des pièces où les vaisseaux de la zone fibreuse étaient très malades ; leur calibre fort réduit ne permettait guère l'afflux du sang, et c'est peut-être à l'exagération des troubles circulatoires qu'est due la marche progressive de la dégénérescence caséeuse.

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