CAUSES ESSENTIELLES
L'orchite scléro-gommeuse est une manifestation de la syphilis. La preuve, depuis Benjamin Bell, en a été dannée trop souvent pour revenir sur une discussion à cette heure épuisée. En dehors de M. Després, il n'y a plus personne à convaincre, et tous les cliniciens admettent l'existence des lésions du testicule provoquées par la vérole.
Mais le sarcocèle n'est point un accident nécessaire; la plupart des syphilis évoluent sans retentir sur la glande spermatique. Il est assez difficile d'établir une proportion quelconque, et de donner des chiffres approximatifs sur la fréquence de cette orchite. Elle est souvent ignorée, grâce à son évolution sournoise ; tous les médecins n'examinent pas systématiquement les testicules de leurs malades. Voilà pourquoi sans doute un chef
ÉTIOLOGIK.
de service de l'hôpital Saint-Louis n'a pas , nous disait-il, observé cette affection depuis plusieurs années.
Dans une bonne thèse de 1876, M. Balme publie un relevé de la clientèle civile du professeur Fournier. Sur un total de 2,300 observations, il y a 70 cas de sarcocèle, soit environ 1 sur 30. Chez 37 syphilitiques examinés pendant la première moitié de l'année, dans le service de M. Vidal, nous ne trouvons qu'une orchite sclérogommeuse, proportion à peu près semblable à celle de la précédente statistique. Enfin, M. Leprévost, interne de M. Horteloup, nous a signalé 5 lésions du testicule chez 192 vérolés examinés à l'hôpital du Midi, soit 1 sur 38. Tous ces chiffres semblent concorder, mais, pour conclure , il faudrait un nombre de faits beaucoup plus considérable.
Malgré cette rareté relative, le sarcocèle n'en reste pas moins une des manifestations viscérales les plus fréquentes. Le testicule paraît être, avec le foie, l'organe le plus souvent atteint. On s'explique cette prédilection : la vérole sévit surtout dans la période de la vie où l'activité sexuelle est le plus grande et, d'ordinaire chez les individus qui abusent des plaisirs vénériens ; la glande spermatique est surmenée, sa résistance à l'infection est moindre, et c'est ainsi que la syphilis s'y cantonne de préférence.