‹ De la syphilis du testiculeChapitre 21 sur 54 · ÉPOQUE D'APPARITION · texte numérisé non relu

ÉPOQUE D'APPARITION

L'orcliite scléro-gommeuse , si l'on clovait en croire la fameuse loi de Ricord, serait par excellence un accident tertiaire. La syphilis, dit-on, marche de la superficie vers la profondeur; elle atteint d'abord la peau et les muqueuses, et ce sont les manifestations secondaires ; puis, plus tard, elle envahit les os et les viscères ; la syphilis tertiaire est en puissance. L'observation exacte a montré depuis longtemps ce que cette règle a d'arbitraire. Certaines lésions parenchymateuses peuvent être très précoces et coïncider avec les premières lésions secondaires.

L'envahissement du testicule en pleine période secondaire n'estpas rare et si, d'après M. Fournier, c'est de la deuxième à la quatrième année de la vérole que le sarcocèle atteint son maximum de fréquence, que de fois on l'a vu coïncider avec les manifestations rapides de la syphilis constitutionnelle! Dans un cas de Vidal- de Cassis, il survient au cinquantième jour. Nélaton signale un début d'orchite interstitielle au bout de trois mois et demi; nous avons observé un cas semblable. Curling et Hamilton, Ricord lui-même, en ont rencontré plusieurs; aussi, malgré le démenti que cette constatation donne à sa loi, ce dernier a-t-il dû écrire : « Le sarcocèle appartient aux accidents tertiaires par la nature des tissus qu'il alfecte, et aux secondaires par l'époque de son apparition. »

Et nous parlons ici de la forme banale. On dé-

^8 ÉTIOLOGIi:.

crit, depuis 1863, une afFectioii épididymaire étudiée surtout par le Dron. M. Dron et M. Balme l'appellent « épididymite syphilitique ». M. Fournier la nomme « épididyme secondaire », pour bien marquer la précocité de son développement. Cette qualification ne nous semble pas heureuse , car la statistique de M. Balme nous montre que l'épididymite n'est « secondaire » que dans la moitié des cas tout au plus. Il n'en reste pas moins établi que cette forme serait en général plus précoce que le sarcocèle.

On ne saurait dire de prime abord si l'orchite syphilitique est « l'expression d'une vérole forte », car il y a deux éléments dans le problème. Evidemment, une syphilis maligne a grand'chance de provoquer un sarcocèle , parmi ses multiples manifestations. Ainsi, tandis que nous trouvons 1 fois la glande spermatique atteinte, sur environ 35 cas de syphilis quelconque, la proportion serait autrement forte, d'après l'Atlas iconographique de Ricord, où sont consignées des observations de ayphilis fort grave : on aurait une lésion du testicule tous les cinq ou six cas!

Mais le virus peut être moins actif et le terrain mieux préparé, le tissu se défend mal et l'altéra'' tion se développe, ftr comme le testicule est un organe fréquemment taré par les inflammations propagées, rien d'étonnant 'que la vérole l'atteigne ! Et de fait il arrive parfois qu'une infection

Page 1