‹ De la syphilis du testiculeChapitre 31 sur 54 · Dui'LAY, France miklicnle, 1870, page · texte numérisé non relu

Dui'LAY, France miklicnle, 1870, page

SYMPTOMATOI,OGIK.

sans cause appréciable, de tuméfaction du testicule gauche. En même temps qu'elle grossit, la glande devient douloureuse. Les souffrances sont vives ; elles s'irradient vers la cuisse et le pli de l'aine et leur intensité est telle, que le malade doit quitter le travail. Le scrotum est épaissi et rouge, comme dans l'orchite blennorrhagique. Tout contribue à donner au processus une allure franchement inflammatoire. C'est bien une orchi-épididymite aiguë d'origine syphilitique. Le malade avait eu un chancre infectant soigné à l'hôpital du Midi. Sous l'influence du traitement mixte, on vit, dès le troisième jour, la douleur disparaître et la tumeur diminuer jusqu'à parfaite guérison.

Dans son cas de syphilome prostatique avec infiltration des testicules, M. Reliquet nous dit :• « Il y eut devant moi une véritable orchite du côté gauche, avec épanchement de sérosité dans la vaginale que je dus évacuer pour diminuer les douleurs, orchite qui laissa après elle une augmentation dans le volume de l'épididyme et du cordon. » Le malade fut suivi quatre mois par M. Reliquet. Pour lui, le diagnostic n'était pas douteux. Une éruption très caractérisée survint au cours de raff"ection, et le traitement antisyphilitique ordinaire amena la guérison.

Nous ne pouvons donc que souscrire à ces quelques mots écrits par Ricord' au courant d'une \. UicoRD, Atlax imiographiqtie.

ORCHITE SYPHILITIQUE AIGUË. i07

observation que nous reproduisons dans ce travail : « Ordinairement insidieux dans ses débuts, lent dans sa marche, indolent dans sa nature, employant des mois et même des années à parcourir ses phases, le sarcocèle syphilitique n'attaque que partiellement un seul ou les deux testicules, mais il peut aussi affecter la glande dans sa totalité par une sorte de fluxion aiguë, d'où l'on peut admettre deux variétés de sarcocèle syphihtique, l'une aiguë et l'autre chronique. La première forme est le plus souvent accompagnée de douleurs directes ou sympathiques faciles à confondre avec celles que détermine l'orchite inflammatoire simple, si on ne tenait compte des conditions dans lesquelles la maladie est née. »

Cette rapide notion semble indiquer que Ricord avait vu plusieurs fois l'orchite syphilitique aiguë. Cependant nous n'en trouvons pas trace dans ses autres publications. L'histoire de cette variété est donc encore à faire. Les éléments n'en sont pas si rares, puisque nous avons pu réunir sept observations. Déplus, dans nos interrogatoires cliniques, nous avons retrouvé plusieurs fois ce brusque début. Des malades nous ont assuré que leur testicule avait grossi tout à coup et au milieu de vives souffrances; au moment de notre examen il ne présentait plus que la forme classique et banale du sarcocèle scléro-gommeux.

Récemment encore, nous avons, dans le service

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de M. Verneuil, vu un syphilitique dont la glande offrait, au niveau du rete testis droit, un noyau sciéreux très net. Sa forme et sa consistance étaient caractéristiques. L'épididyme était absolument intact. Quelques mois auparavant le testicule avait grossi subitement ; la peau était rouge, tuméfiée, et de la glande, les élancements douloureux s'irradiaient vers le cordon et les aines. Lorsque cette fluxion aiguë disparut, il restait, comme reliquat de la crise, cette induration du rete dont la nature syphilitique ne pouvait sembler douteuse.

Une fois d'ailleurs nous avons vu l'orchite naître et évoluer sous nos yeux ; un jeune homme de dix-sept ans, vigoureux, intact de toute blennorrhagie et de toute affection uréthrale, prend un chancre et bientôt se déroule la série des accidents secondaires. Au cours du troisième mois, une douleur survient dans le testicule droit, qui se tuméfie et double de volume. La moindre jjression réveille une vive souffrance; les téguments sont rouges et l'on cherche la cause de cette inflammation aiguë ; à tout hasard on prescrit le mercure. La douleur disparaît, le gonflement diminue et il ne reste comme vestige de l'affection qu'un noyau consistant dans l'épaisseur du corps d'High-

more.

A son tour la glande gauche est envahie ; mais cette fois le gonflement atteint l'épididyme, dont la tête est le siège d'une petite tumeur semblable

ORCIIITE SYPHILITIQUE AIGUË. 109

à an haricot, la pression en est douloureuse. Le proto-iodure et les frictions mercurielles sont administrés de nouveau et le syphilome du globus major se résout. Le malade quitte l'hôpital, ne conservant de cette double agression qu'une induration du rete testis droit, celle que nous avons déjà signalée et qui résiste à tout traitement.

Un mois après, nouvelle orchite franchement aiguë; le testicule droit gonfle et un léger épanchement se fait dans la vaginale ; le scrotum est rouge ; des douleurs irradient le long du cordon jusque dans la région lombaire. Grâce au traitement spécifique les accidents s'amendent, les souffrances diminuent, le gonflement disparaît, et lorsque notre garçon quitte le service, la glande est souple, sauf au niveau du corps d'Highmore, où persiste un noyau induré.

Aussi pensons-nous, sans toutefois vouloir en exagérer la fréquence, que si l'infiltration sclérogommeuse se dépose à froid le plus souvent, la syphilis peut procéder par envahissements rapides et débuter par un appareil aigu. Nous avons * décrit, pour la tuberculose génitale, une orchite d'allure franche d'abord et dont le processus s'éteint peu à peu pour donner naissance à la forme ordinaire. Nous croyons qu'il en est de même dans l'affection qui nous occupe. Elle a deux

\. IlucLus, Du tubercule du lesticnle et de l'orchile ttiherculeiisû. Thùsc de doctorat. Paris, I87(j, pti,!^e 80,

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SYMPTOMATOLOGIE.

modes d'apparition, et les faits que nous avons recueillis prouvent que la constatation de symptômes aigus ne doit pas suffire pour écarter l'idée d'un sarcocèle. Cette variété nouvelle doit être connue si l'on ne veut pas être exposé à l'erreur.

Quel que soit d'ailleurs le mode de début, qu'il soit aigu ou essentiellement chronique, la marche ultérieure de l'affection est la même. Le testicule revêtira bientôt les caractères que nous avons tracés. Le tableau clinique ne variera guère. Si le traitement n'intervient pas, les lésions restent stationnaires ou s'accroissent, souvent alors par poussées successives. On entend des malades raconter qu'une bourse, après avoir grossi une première fois, augmente de volume quelques mois, un an, plusieurs années après. Parfois rien n'explique cette agression nouvelle ; mais souvent elle coïncide avec un réveil diathésique que rendent évident d'autres manifestations sur un point quelconque du corps.

Depuis les recherches de M. Dron on admet, contrairement à ce qui avait cours jusqu'alors, que la syphilis peut atteindre l'épididyme seul, à l'exclusion du testitule. Certains auteurs sont allés plus loin; ils ont fait de cette altération une affection spéciale, nommée, par eux, épididyme secondaire.

Nous nous sommes déjà expHqué sur ce point :

ÉI'IDIDYMITE SYPHILITIQUE. dll

nous concéderons volontiers que ces indurations isolées sont d'ordinaire plus précoces que celles des testicules, mais nous avons observé trop souvent la coexistence des altérations des deux portions de la glande au début des accidents constitutionnels, puis l'orchite secondaire n'est pas assez rare, et l'épididymite tertiaire est trop fréquente pour nous permettre de donner une valeur pareille au cantonnement éventuel de la syphilis dans l'épididyme. Lorsqu'il se rencontrera nous en ferons, non. une forme distincte, mais tout au plus une variété.

L'épididymite isolée est rare : Balmene l'a trouvée que 13 fois sur 2,300 observations de syphilitiques. Les lésions se présentent sous forme de noyaux agglomérés de la grosseur d'un pois, d'une olive ou même d'une petite noix. La consistance de la tumeur est dure ; élastique d'abord, elle devient presque cartilagineuse lorsque l'affection est ancienne, et la nodosité rappelle alors « un haricot introduit dans un épididyme sain ». Elle est souvent indolente, mais parfois aussi la pression éveille quelque souffrance et peut même, au début, être le siège de douleurs spontanées.

Les indurations se rencontrent surtout à la tête de l'épididyme ; 6 fois sur 19, il est vrai, l'organe était envahi tout entier, mais l'engorgement du globus major était toujours plus marqué ; la queue n'est prise qu'exceptionnellement. Dans la moitié

"2 SYMPTOMATOLOGIE.

des cas, selon M. Balme, la tumeur est bilatérale; le canal déférent ne serait jamais atteint; il n'y a point de liquide dans la tunique vaginale.

L'épididymite « ne se montre qu'avec les formes graves ou tardives des accidents secondaires ». Elle a parfois un début brusque et l'on pourrait croire à une inflammation d'origine uréthrale; mais le plus souvent elle semble « se déposer à froid », puis reste stationnaire de longs mois ou môme des années si le traitement n'intervient pas ; l'iodure de potassium et le mercure en ont facilement raison, La fonction est peu troublée, les érections persistent et même, dans un cas de Dron où les lésions étaient bilatérales, on a trouvé des animalcules dans le sperme.

L'orchite infantile, si bien étudiée par M. Hutinel, ne mérite pas une description particulière; son origine héréditaire et l'âge du patient ne lui impriment pas un caractère spécial. La tumeur, presque toujours bilatérale, atteint rarement le volume d'un œuf de pigeon ; l'épididyme est ordinairement intact, et deux fois seulement M. Hutinel a trouvé du liquide dans la vaginale. « Au lieu de la consistance molle et flasque qu'il a dans le jeune âge, le testicule peut avoir une résistance égale ou supérieure à celle de l'œil, et rouler 'comme une' bille sous les doigts qui explorent le scrotum. » Lapression n'y réveille aucune douleur.

TERMINAISONS DU SAHGOCÈLi:. H3

Les altérations peuvent être congénitales, mais le plus souvent c'est de deux à quinze mois qu'on les voit apparaître. Elles sont d'une grande importance pour le diagnostic de la syphilis. En effet, l'hypertrophie des testicules est exceptionnelle chez les enfants ; aussi lorsque « un jeune sujet cachectique porte, autour de la bouche ou. de l'anus, des fissures suspectes, sur les fesses ou sur les membres une éruption douteuse, s'il a deè glandes spermatiques dures comme des billes, volumineuses et indolores, il n'est pas téméraire d'affirmer qu'il est syphilitique ».

« Que va devenir cet enfant atteint d'orchite interstitielle s'il échappe par hasard à tous les dangers qui l'entourent? Il est probable qu'il ne sera jamais qu'un être stérile et impuissant. L'atrophie testiculaire, en effet, doit être la conséquence de la sclérose... Il est possible que certaines atrophies dites congénitales, que certains arrêts de développement de la glande, n'aient pas d'autres causes que la syphilis héréditaire. »

Lorsque l'évolution de l'orchite scléro-gommeuse n'est pas entravée par la thérapeutique, on assiste à une des trois terminaisons suivantes : atrophie, — ramollissement, — fistule oufongus.

L'atrophie du testicule est lente. Les dépôts gummeux se résorbent; les éléments nouveaux s'organisent en tissu cicatriciel qui étouffe les

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vaisseaux et les tubes sémiiiifères. L'albuginée épaissie, attirée concentriquemcnt parles travées scléreuses qui, du rete, divergent pour s'insérer sur la membrane d'enveloppe, se déprime et prend un aspect chagriné. La substance nouvelle se condense et, à la place de l'ancien parenchyme, on ne trouve plus que quelques noyaux de la grosseur d'un pois et d'une dureté cartilagineuse.

Curling ' nous raconte « avoir trouvé à l'autopsie d'un homme qui, quelques années auparavant, avait souffert d'une maladie chronique des testicules, les deux organes très indurés. Sur tous les deux la substance tubuleuse était très amoindrie et remplacée par un tissu fibreux dense. A la partie supérieure du testicule droit il y avait un dépôt jaunâtre presque aussi compact que du cartilage ». On peut voir encore des lésions plus avancées, des testicules plus petits qu'une noisette. Mais on n'assiste guère aux étapes successives que parcourent ces altérations, car le traitement antisyphilitique, vigoureusement appliqué, arrête d'ordinaire le processus dans son évolution destructive .

Quant au ramollissement et à la suppuration des dépôts gommeux et à la production d'une fistule ou d'un fongus, leur importance clinique est telle, que', tout en les considérant comme un mode

I. Curling, Truilc pratique des maladies dutesiimle. {Orchilc chronique.) Ti'aduit par flossclin. lbo7.

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