CHAPITRE Il
Symptômes.
Avant d'aborder la série des accidents de la seconde période que nous pourrons rencontrer sur la conjonctive, il paraît tout indiqué de dire en quelques mots en quoi consiste la syphilis secondaire et ce qui la différencie de la syphilis tertiaire, dont certaines manifestations peuvent être facilement confondues avec elle, surtout quand il s’agit de celles qui, comme l’épisclérite gommeuse, se rencontrent dans cette période de transition très peu définie qui sépare l’apparition des lésions secondaires de celles des lésions tertiaires.
Il serait peut-être banal de faire un simple exposé de la syphilis secondaire, puisqu'on le trouve bien mieux développé que nous ne pourrions le faire dans les traités généraux. Nous préférons décrire un parallèle duquel ressortiront à la fois et les caractères de la syphilis secondaire et ceux de la syphilis tertiaire, en même temps qu’on y trou-
BEN Fe FU vera tous les signes distinctifs de ces deux périodes de la même diathèse.
Nous allons donc mettre en regard les principaux traits de la syphilis secondaire ou virulente et ceux de la syphilis tertiaire :
1° Les accidents qui font partie de la période secondaire ou virulente sont une conséquence fatale du chancre infectant ; sous quelque forme qu’ils se présentent, ils ne font jamais complètement défaut. — Les accidents tertiaires sont loin d’être une conséquence forcée de l’intoxication ; ils manquent souvent et ne sont un corollaire obligé ni de la syphilis primitive ni de la syphilis secon daire.
2° Les manifestations secondaires ont un début fixe, uñ processus déterminé, une terminaison certaine. Elles apparaissent un certain temps après le chancre et évoluent pendant une période restreinte. Après un certain nombre de poussées, elles finissent par disparaître pour toujours. — Les accidents tertiaires, au contraire, apparaissent à des époques variables et que l’on ne peut prévoir d'avance. Pas de début fixe. Très rares dans la période secondaire, on les voit naître et réciäiver indéfiniment, sans régularité. On n’est jamais sûr d’en être quitte avec eux. Enfin, ils sont essentiellement insidieux.
3° Les lésions secondaires sont généralisées, diffuses et multiples; elles suscitent quelquefois à leur début des troubles réactionnels intenses. — Les lésions tertiaires sont discrètes, isolées, solitaires; elles peuvent survenir inopinément, sans réaction prémonitoire.
4 Les manifestations secondaires sont superficielles, apperéntes. Les lésions des tissus ne sont que transitoires.
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