‹ De la Température Dans la Méningite TuberculeuseChapitre 15 sur 18 · CAUSE · texte numérisé non relu

CAUSE

« la méningite tuberculeuse de l'adulte est semblable « à celle de l'enfant. »

Cependant, si nous reconstituons les tracés d'un cerlain nombre de méningiles de l'adulte que nous trouvons chez les auteurs, nous constatons que pour irrégulière qu'est souvent la méningite passé vingt ans, la marche de la température y obéit sensiblement aux mêmes influences que chez l’enfint. Nous relèverons spécialement ce qui nous à frappé dans les cas que nous avons analysés, c’est qu'une température relativement élevée à la première ou à la deuxième période coïncide toujours avec une infiltration tuberculeuse considérable des poumons. Mais abstraction faite de ces complications, la température reste, ainsi que chez l'enfant, à une hauteur moyenne et relativement faible chez l'adulte.

Etc'esticisurtoutque le contrasteentrela violence des symptômes et le faible degré de la fièvre dévient souvent frappant. Dans les thèses de Chantemesse (Loc. cit.), de Vivant (Paris, 1886), de Juvignv (Paris, 1886), de Morel (Paris, 1889), de Lyonnel-Méloir (Paris, 1888), nous trouvons de nombreux exemples de méningites anormales de l'adulte, formes délirante, apoplectique, épilepliforme. Aucune de ces complications, y compris le délire très actif, n’exerce une action marquée sur la marche de la température. Dans ces formes anormales, de même que dans la forme ordinaire, la température se maintient le plus souvent à un niveau assez bas, et parfois, pendant toute la durée de l'observation, reste

même complètement apyrétique jusqu'à la mort. C’est exactement Ce qui peut se rencontrer chez l'enfant.

La violence du délire elle-même, nous l’avons dit, n'est doncdans aucun rapport avec l'élévation thermique, et peut correspondre tantôt à une fièvre intense, tantôt à une fièvre très modérée, tantôt enfin, à une température absolument normale.

Il en est de même de la durée d'évolution de la méningite chez l'adulte, qui n’est dans aucun rapport constant avec l'intensité de la fièvre. On sait que Roger (loc. cit.) a prétendu que les cas rapides présentaient une température plus élevée que les cas à durée plus longue. Ceci peut être dans une certaine mesure vrai pour l'enfant, puisque la complication miliaire généralisée, en premier lieu celle du poumon, et qui est la principale cause d’une forte élévation de la température dans la méningite infantile, peut précipiter le dénouement fatal. Mais chez l'adulte, nous voyons des formes anormales évoluer en six à dix jours, avec des températures modérées et même normales ; jamais à peu près, même dans les cas à forme de fièvre continue évoluant rapidement sous l'influence manifeste d’une tuberculisation pulmonaire, nous ne voyocs la température dépasser 40° ni chez l'adulte, ni chez l'enfant, sauf à la période préagonique. Remarquons à cette occasion que les mêmes températures hyperpyrétiques finales se rencontrentchez l’adultecommechez l'enfant.

Quant au type Roger, il est souvent assez nettement indiqué chez l'adulte également, comme nous

nous en sommes assuré. La durée de la maladie étant en moyenne plus courte chez l'adulte que chez l’enfant, les différentes périodes apparaissent souvent beaucoup moins distinctes, comme en raccourci. Mais il ne manque pas d'exemples où l’on peut parfaitement distinguer les trois phases de la méningite tuberculeuse chez l’adulte, tant d’après la märche du pouls que de celle de la courbe thermique.

De la température au point de vue du diagnostie et du pronostic

C'est autour de la question du -diagnostic que se concentre tout l'intérêt de l'étude que nous avons entreprise. Est-il possible, en effet, d'utiliser les indications fournies par la température pour diagnostiquer la maladie dont nous traitons ? et à l’aide de quels éléments et dans quelles conditions ce diagnostic doitil être fait ?

Le diagnostic différentiel de la méningite tuberculeuse n’a à tenir compte, au fond, que de la fièvre typhoïde, laseule maladie qui méritera par conséquent de fixer ici notre attention. Nous éliminons d'emblée les pneumonies accompagnées de phénomènes méningitiques, cas dans lesquels l'erreur sera facilement évitée avec un peu d'attention, et où le début brusque, sans prodromes, la présence de toux, d’une forte fièvre mettront promptement sur la voie de l'affection “pulmonaire. Reste la fièvre typhoïde. Or, deux éventualités peuvent se produire: ou la typhoïde prend

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des apparences de méningite, ou la méningite simule la fièvre typhoïde. Examinons chaque éventualité à son tour.

Quand des symptômes méningitiques se développent dans le cours d’une fièvre typhoïde, il s’agit toujours alors de la forme dite ataxique, caractérisée par une température très élevée et par un délire violent. Dans ces cas, le diagnostic est le plus souvent déjà définitivement fixé, grâce aux symptômes distinctifs et à l'évolution de la maladie. Ce n’est que dans de rares cas que la confusion pourrait être faite, par exemple en l'absence de tous renseignements antérieurs, ainsi qu’il arrive parfois. Dans ces conditions, si l'erreur de diagnostic était commise, et ce ne serait guère possible que chez lPadulte — la portée pratique en serait évidemment peu considérable. Aussi n'insisterons-nous pas davantage à ce sujet.

Tout autre est la situation lorsque la méningite tuberculeuse prend les allures d’une fièvre typhoiïde. C'est alors que l'embarras devient parfois immense. Et cet embarras atteint précisément son maximum chez l'enfant ou l'adolescent, chez lesquels se rencontrent l'énorme majorité des méningites tuberculeuses. Chez l'adulte, la seule marche de la température peut fournir, gràce à la forme spéciale du tracé typhoïde, une indication suffisante au diagnostic, en l’absence d'autres symptômes précis; chez l'enfant au contraire, le tracé d’une fièvre typhoïde et celui de la première période d’une méningite, peuvent se rassembler abso-

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lument ; et comme le dit M. Cadet de Gassicourt, il n'est même pas difficile de trouver des tracés des deux affections, qui s’identifient presque d’un bout à l'autre.

C'est dans ces cas douteux qu’on devra tenir un compte minutieux de l'élévation relative de la température, comme le dit si justement M. de Gassicourt. On se souviendra que dans la méningite tuberculeuse la fièvre atteint rarement un taux considérable, ne dépassant guère 39 à la première et à la deuxième période. Or, l'incertitude de diagnostic peut se prolonger pendant ces deux périodes, grâce à l’absence de tout svmptôme pathognomonique, la méningite réservant pariois toutes ses manifestations pour la période extrême, peu de temps avant la mort. Si donc on constate une fièvre relativement modérée, correspondant à des symptômes typhoïdes graves, à une prostration profonde, à du délire, à de la carphologie, et cela sans symptômes abdominaux n1 taches lenticulaires bien nettes, on conclura de ce contraste, de ce désaccord entre la température et les symptômes, qu’on à selon toute vraisemblance affaire à une méningite tuberculeuse non confirmée encore, et non à une fièvre typhoïde.

On voit quelle importance peut gagner la température pour élucider le diagnostic. Il suffira souvent d’une observation suivie pendant deux ou trois Jours, pour faire pencher la balance en faveur de l'une ou l'autre affection. Cependant le critérium tiré de l’ana-

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