DAME
lyse comparée de la température et de la gravité des symptômes n'est pas absolu ; et dans certains cas la méningite présente d’abord si bien tous les symptômes d’une fièvre typhoïde, tels que langue saburrale, ventre ballonné, diarrhée, rate très volumineuse, et même quelques taches rosées lenticulaires, qu'il devient absolument impossible d'échapper à l'erreur, et que le diagnostic de fièvre typhoïde paraît s'imposer avec une certitude complète. Ce n'est que l'examen minutieux de la poitrine, qui pourra parfois dans ces cas faire naître le soupcon de la nature tuberculeuse de la fièvre, en dévoilant une lésion, si peu marquée soit-elle, à l’un des sommets du poumon.
Cest alors que la question pourrait se poser entre une fièvre tuberculeuse générale à forme tvphoïde, la typho-bacillose de Landouzy, et la fièvre tuberculeuse méningée. Or, la typho-bacillose comporte un pronostic relativement favorable, du moins en ce qui Concerne son danger immédiat. Mais cette fièvre essentiellement bacillaire présenterait une marche bien caractéristique de la température, à grandes oscillations rémittentes ou intermittentes. et atteindrait des chiffres bien plus élevés que dans la méningite. D'un autre côté, mentionnons que Reinhold //oc. cit.) a constaté que dans la fièvre tuberculeuse à forme typhoïde très accusée, et accompagnée de températures relativement élevées, on ne trouve presque jamais à l’autopsie une participalion tant soit peu importante des méninges au processus granu-
Miel
leux. Ce qui revient à dire que dans la typho-bacillose franche, diagnostiquée comme telle ou prise pour une fièvre typhoide, la méningite ne viendra pas donner le démenti final au médecin, ce qui, au point de vue pratique, est évidemment un point essentiel.
De toutes ces considérations, nous tirerons la conclusion que, dans la méningite tuberculeuse plus que dans toute autre maladie, il est indispensable d'observer la plus extrême réserve, la plus prudente expectative, tant que le diagnostic reste en suspens. Ce n’est que lorsque les symptômes pathognomoniques de la maladie auront apparu dans toute leur netteté, et qu'aucun doute ne sera désormais possible, que l’on devra prononcer vis-à-vis de la famille ce terrible mot de méningite tuberculeuse, qui au su de tous est une condamnation à peu près sans appel !
Nous ne mentionnerons que pour mémoire la valeur diagnostique attribuée par Baginski et Reinhold, à la variabilité de la température dans le courant d’une même Journée. Pour pouvoir tirer parti de ces fluctuations, que ces auteurs considèrent comme pathognomoniques de la méningite comparée à la fièvre typhoïde, 1l 1mporterait de pratiquer quatre mensurations thermomeétriques par jour, au minimum trois. Il s'agirait dans l'espèce de sauts brusques de la température, de sorte que souvent la température de midi est plus élevée que celle du matin, mais plus basse que celle de l'après-midi, pour remon-