‹ De la Température Dans la Méningite TuberculeuseChapitre 9 sur 18 · TON · texte numérisé non relu

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au deuxième stade. Cette troisième période se termine dans un certain nombre de cas par des élévations, ou au contraire, des abaissements de température parfois extrêmes (au-dessus de 43° et au-dessous de 30°) (1).

Quant à la période prodromique, on l’a peu étudiée sous le rapport de la température. Archambault ainsi que Turin, croient pouvoir conclure de leurs observations, qu'elle présente souvent une marche fébrile, surtout vers sa fin. Il estrare qu’on puisse l’observer. La fière à ce moment ne serait évidemment encore que l'indice de la tuberculisation au début, de la diathèse granuleuse en évolution, constituant une des formes de ce qu'on à appelé la fièvre prétuberculeuse. Il va sans dire que ceci ne s'applique qu'aux cas où il n'existe pas d'affection tuberculeuse antérieure, ayant déjà déterminé une fièvre de même nature.

(t) Gnændinger, Jahrbuch f. Kinderheilkunde, 1880. T. 15.

Pathogénie de la fièvre de Ia méningite sranuleuse

Avant d'aborder l'analyse des tracés, nous allons discuter sommairement la pathogénie de la fièvre dans la méningite tuberculeuse.

FIÈVRE TUBERCULEUSE EN GÉNÉRAL. — Comme il s’agit de la fièvre dans une affection tuberculeuse, commençons par dire quelques mots de la fièvre tuberculeuse en général.

Queyrat (Thèse de Paris 1886) et Aviragnet (Thèse de Paris 1892) en ont étudié la marche chez les enfants en particulier. Reinhold (1) en fait de son côté une étude approfondie. Tout récemment nous avons eu l’occasion d'assister à plusieurs lecons faites sur le même sujet par M. le Professeur agrégé P. Simon. D'après les tracés donnés par ces auteurs, nous constatons que la marche de la fièvre tuberculeuse se rapproche parfois assez de ce de la fièvre typhoïde, de même que les symptômes dans les deux processus

(1) Acute Miliarluberculose u. tuberculose Meningilis, Loc. cit.

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morbides, typhique et tuberculeux, sont parfois absolument semblables (typho-bacillose de Landouzy). La courbe thermométrique appartenant à la tuberculose aiguë évolue le plus souvent entre 38° et A{, ne dépassant que de loin en loin 40, et présentant le plus souvent la forme rémittente à grandes ou petites oscillations, parfois même la forme franchement intermittente; affectant d’autres fois, mais plus rarement ei pendant d'assez courtes périodes seulement, un type continu net. C'est précisément ce dernier point, l’absence d’une marche continue véritable, les grandes variations thermiques à rémissions ou intermissions matinales, alternant avec des températures plus uniformes soit élevées, soit basses, —car souvent la marche fébrile est entrecoupée par des intervalles apyrétiques d’un ou de plusieurs jours — au total une marche très irrégulière et à surprises, c’est là ce qui caractérise la fièvre tuberculeuse miliaire.

FIÈVRE TUBERCULEUSE MÉNINGÉE. — En y regardant de près, nous retrouvons ce même caractère dans la fièvre initiale de la méningite tuberculeuse, et sans doute nous le retrouverions déjà dans la période prodromique, comme l’assure Archambault. Eten effet, quoique dès le début de la méningite, la fièvre présente déjà une allure un peu spéciale, consistant surtout dans l'élévation relativement faible qu'on sait, la physionomie générale de la fièvre tuberculeuse se conserve le plus souvent. Ceci s'applique d'une facon particulièrement frappante aux cas nulle-

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ment rares Où la tuberculose miliaire est déjà en pleine évolution dans les poumons, son grand siège de prédilection, au moment où éclate la granulose aiguë des méninges. Mais la fièvie dans la méningite n'est pas uniquement l’expression de la tuberculose généralisée, elle peut résulter de l’envahissement isolé des méninges par le baciile de Koch ; dans ces cas, la - fièvre tuberculeuse pourra également se traduire relativement longtemps dans le tracé thermique, du seul fait de la granulose aiguë des méninges, jusqu’au moment où l’irritation méningée, reter.tissant sur les centres thermo-régulateurs, vienne modifier plus ou moins considérablement le tableau fébrile de la aTanulose des méninges. Cette modification se fait surtout sentir dans les cas de méningite avec granulose généralisée nulle ou faible. Au contraire, dans les cas de tuberculisation intense d’autres organes en outre des méninges, nous verrons qu’on consta'e le plus souvent la persistance de la fièvre tuberculeuse, qui résiste à l'influence cérébrale et ne subit pas d’altération notable.

ACTION CÉRÉBRALE. — En parlant d'influence modificatrice cérébrale, nous entendons par là l'abaissement de la température qui se produit à la deuxième période, à peu près en même temps que le ralentissement du pouls. Mais, dira-t-on, cet abaissement thermique résulte-t-il vraiment de l’action cérébrale? et comme il est loin de se trouver dans tous les tracés de méningite, ne semble-t-il pàs qu'on puisse le con-

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sidérer comme un phénomène accidentel, comme une simple modalité de la fièvre tuberculeuse, dans le cours de laquelledes abaissements temporaires jusqu’à l'apyrexie se présentent fréquemment, ainsi que nous le disions plus haut ?

Nous nous appliquerons à faire ressortir à l’aide destracés que nous étudierons plus loin, que l’abaisse-

ment de la température est bien un phénomène d'ordre .:

cérébral, appartenant en propre à l’évolution granuleuse des méninges, et non pas une de ces irrégularités dont ja fièvre tuberculeuse est coutumière. De prime abord déjà cette manière de voir semble la plus naturelle : la fréquence avec laquelle l’abaissement thermique se rencontre, la concordance de la diminution thermique avec la diminution de fréquence du pouls, la longue durée même de l’apyrexie parlois, et qui ne se retrouve guère aussi prolongée dans la fièvre tuberculeuse ordinaire, tout semble indiquer qu'il s'agit en effet d’un phénomène parfaitement déterminé, se produisant en vertu d’une action spéciale et non pas comme par hasard, sous l'influence de causes échappant à toute règle.

C'était là l'opinion d’Archambault, et nous croyons devoir nous y rallier sans hésitation. Parmi les auteurs plus récents, il y en a deux surtout, Heubner (1) et Reinhold, qui, se plaçant au même

(1) Art. Gehirnhæule she LM Realencyclopaedie, T. VII, 1886. :

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point de vue, croient pouvoir conclure de leurs nombreuses observations personnelles, que l‘abaissement de la température, plus ou moins accentué, existe dans la majorité des cas de méningite basilaire. Les auteurs en question désignent cet abaissement sous le nom de dépression thermique. D'après Reinhold, on constaterait cette action déprimante jusque dans les cas de méningite éclatant au milieu d’une fièvre hectique intense, quoique l’abaissement de température soit peu considérable et ne se fasse pas toujours sentir nettement. Il est facile de comprendre que dans ces cas la fièvre hectique puisse empêcher la dépression thermique de se manifester, sans compter que la méningite, survenant généralement alors chez des organismes absolument épuisés, détermine une mort rapide par l'apparition précoce des symptômes para- Ivtiques terminaux.

Il paraît, d’après Turin (loc. cit.), que l’absissement de la température est au contraire plus marqué et plus constant dans les cas où la méningite se greffe sur une arthrite tuberculeuse suppurée, à marche fébrile (coxalgie, spondylite, etc.). Turin observa la température dans quatre de ces cas, et constata que les tracés y présentent chaque fois un abaissement thermique, peu de jours après l'entrée en scène de la méningite. Dans un de ces tracés qu'il reproduit (n° 12 de ses graphiques), on voit, dès le troisième jour de l'apparition des symptômes méningés, la fièvre s'abaisser du type rémittent-quotidien,

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