‹ De la temperature dans les maladies :Chapitre 11 sur 57 · CHEZ LES MALADES · texte numérisé non relu

CHEZ LES MALADES

1. La température des malades présente des variations plus ou moins considérables dans le courant de la journée. — Jamais elle ne reste au même point pendant une période de vingtquatre heures et les observations qui notent une température restant stationnaire pendant plusieurs jours sont certainement fausses.

Les variations quotidiennes de la température physiologique se retrouvent à un degré beaucoup plus accusé dans les maladies.

Il est presque de règle que la température d'un malade varie de 1° à 1° I- d'un jour à l'autre, mais elle peut bien varier de 5° et même de 6° et plus. Si, avec des températures extrêmes ou seulement élevées, les fluctuations quotidiennes sont insignifiantes, si par conséquent, la marche thermique est plus ou moins uniforme, cela indique, toutes choses égales d'ailleurs, une certaine gravité de la maladie.

Les fluctuations quotidiennes affectent divers types et diffèrent dans les maladies d'une même espèce, mais elles présentent cependant un. certain nombre d'analogies et sont soumises à certaines règles.

Les fluctuations quotidiennes représentent une ondulation formée d'ascensions et de descentes< très-souvent même une série

d'ondulations. — La fluctuation quotidienne donne un tracé thermique à une, deux ou même plusieurs oscillations.

Pour la reconnaître, il faut nécessairement faire plusieurs mensurations dans une seule et même journée. Suivant le but que l'on se propose et selon la nature du cas, deux ou quatre mensurations par jour peuvent parfois suffire.

Ce chiffre est suffisant pour juger un cas isolé, d'après les résultats généralement obtenus ; pour un débutant, il est même souvent difficile de pouvoir se reconnaître dans cette série compliquée d'oscillations formées par un grand nombre de mensurations notées sur la même courbe diurne ; tandis qu'il s'orientera rapidement s'il n'y a que deux ou quatre mensurations. — Il est vrai que pour être probantes, ces mensurations doivent être faites à certains moments, c'est-à-dire à l'heure de l'exacerbation la plus haute et à celle de la rémission la plus basse. Mais avec un nombre aussi restreint de données, il faut renoncer à reconnaître plusieurs points importants et souvent même décisifs ; et pour généraliser les faits et en déduire les lois fondamentales des fluctuations quotidiennes de la température dans les maladies, il est indispensable de procéder à de fréquentes mensurations dans le courant de la journée, au moins à six ou huit explorations thermométriques dans les vingt-quatre heures. — Certains cas exigent même une observation continue et incessante.

2. Le chiffre moyen de toutes les températures d'une journée ou bien ce qui est plus pratique quoique inexact, le degré intermédiaire entre le maximum et le minimum thermique diurne, représente la température moyenne quotidienne. C'est elle qu'il faut, en premier lieu considérer, si l'on veut tirer une conclusion des fluctuations diurnes.

La différence quotidienne est représentée par la distance qui sépare le minimum et le maximum quotidiens.

Toutes les élévations thermiques au-dessus de la moyenne qui ont lieu dans le courant d'une journée, sont désignées sous le nom d' exacerbations quotidiennes, toutes les températures inférieures à cette moyenne, sont appelées rémissions quotidiennes.

Le faîte de l'exacerbation, c'est-à-dire le point culminant de la ligne ascensionnelle, se nomme la cime ou le zénith de Vexacer-

bation Œxaéerbationsgigfel). — Il peut se faire que la température baisse aussitôt après avoir atteint son point culminant. — L'exacerbation est dite alors en pointe; mais il se peut aussi qu'elle se maintienne à la même hauteur pendant un certain temps ; elle est alors qualifiée d'exacerbation à sommet tronqué, à cime aplatie ou en plateau.

Souvent aussi, une exacerbation présente deux ou plusieurs cimes interrompues par de légers enfoncements, elle est dite alors exacerbation à deux ou à trois pics. La plus haute cime représente dans ce dernier cas le maximum cV exacerbation. Quand plusieurs exacerbations ont eu lieu dans la même journée, il peut y avoir des maxima qui ne coïncident pas avec le maximum quotidien.

On désigne sous le nom de nadir de la rémission (Remissionstiefé) le point qui, dans une rémission thermique, correspond à la température la plus basse. — Quand, dans la même journée, il y a plusieurs rémissions, elles peuvent être d'inégale intensité et la plus basse d'entre elles, constitue le minimum quotidien.

Le temps qui s'écoule entre le moment où la température ascendante commence à dépasser la moyenne quotidienne et celui où la température, en redescendant, revient à ce même point de départ, constitue le cycle d'exacerbation ; de même l'espace de temps compris entre le moment où la température descendante franchit la moyenne diurne et celui où, en remontant, elle revient à cette même moyenne, est désigné sous le nom de cycle de rémission.

Tantôt la température reste plus ou moins longtemps dans le voisinage de la hauteur d'exacerbation : c'est le cycle péri-exacerbant, tantôt elle s'arrête plus ou moins dans les alentours du point le plus bas de la rémission, et c'est alors le cycle péri-rémittent.

L'élévation de la température apparaît aussitôt que celle-ci a commencé à se relever de sa profonde rémission. — Cette ascension (ascension quotidienne) est tantôt uniforme, tantôt inégale et saccadée, tantôt lente, tantôt rapide.

La descente quotidienne commence aussitôt après que le point culminant de l'exacerbation a été atteint. Si une exacerbation est à deux ou plusieurs pointes, il faut compter à partir de la dernière, le commencement de la descente, alors même que cette pointe serait plus basse que la précédente. La descente aussi

peut être uniforme ou inégale et interrompue, tantôt à marche

lente, tantôt à marche rapide.

Lorsque, dans le courant d'une journée, il y a deux ou trois exacerbations, il peut y avoir également des descentes matutinales, méridiennes et vespérines.

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