La période initiale est commune aux deux variétés
La température atteint, dès le premier ou le deuxième jour de la maladie, une élévation considérable (40° ou à peu près, parfois même au delà), soit qu'elle y arrive d'un trait avec une extrême rapidité (dans ce dernier cas, le plus souvent accompagnée de frisson), soit qu'elle monte plus lentement avec une rémission matinale après l'ascension de la seconde soirée.
Chez des individus déjà malades (par exemple, chez les phthisiques), l'ascension peut être plus lente et plus faible.
La température peut avoir atteint, dès le deuxième jour, son maximum ou bien monter encore un peu le troisième et même le quatrième jour, avec des rémissions très-insignifiantes dans la matinée.
Le maximum de la période initiale (fièvre prodromique) n'est qu'exceptionnellement au-dessous de 40°. Le plus souvent, il est un peu supérieur parfois il va même jusqu'à 41° et quelques dixièmes en sus.
Dès que la hauteur maxima est atteinte, il se produit d'abord un léger abaissement qui, en général, ne dure qu'un seul jour. A ce moment, on aperçoit d'ordinaire les premières traces de l'éruption sous forme de taches rouges.
Cette période dure de deux à cinq jours ; le diagnostic différentiel, d'après la marche thermique avec un typhus exanthématiquc, une fièvre récurrente ou une fièvre pneumonique qui ne présente pas encore des symptômes locaux n'est pas possible pendant cette période ; les autres symptômes ne permettent pas non plus de se prononcer avec sûreté. Mais, d'un côté, l'hypothèse d'une pneumonie devient d'autant plus invraisemblable que la fièvre violente persiste plus longtemps sans que des symptômes locaux se soient produits ; d'un autre côté, l'existence de la variole devient trèsdouteuse quand le cinquième jour de la maladie est franchi sans qu'il y ait eu d'éruption.
5. Bientôt après que les boutons varioliques se sont développés, la température tombe plus ou moins rapidement. Cette défervescence commence, dans des cas rares, dès le deuxième ou le troisième jour de la maladie, le plus souvent, le quatrième ou sixième. La décroissance peut ne durer que vingt-quatre heures ou même moins et, dans ces cas, elle est continue ; ou bien dure deux ou même trois jours et alors, elle est fréquemment discontinue, c'està-dire interrompue par une élévation vespérale légère.
Dans les cas de varioloïde sans complications, la température, dans cette période de défervescence , atteint rapidement l'état normal ou le dépasse même un peu; à partir de ce point, elle reste normale ou au moins approximativement normale, à moins
qu'une complication intercurrente ne détermine une nouvelle élévation, ce qui, d'ailleurs, est assez rare.
11 n'y a que dans !e cas où les pustules de la varioloïde sont très-abondantes qu'il se produit parfois à l'époque de la dessiccation, une élévation thermique modérée à peine fébrile, et, en tout cas, de très-courte durée ; il est rare que cette élévation soit positivement fébrile.
Cette espèce de décroissance caractérise essentiellement la varioloïde, surtout si l'on considère que la défervescence n'attend pas le plein développement de l'éruption, mais qu'elle a lieu peu de temps après son début, au moment où les taches commencent à se montrer sur la peau. Si les choses se passent de la sorte et si la température commence à baisser à mesure que se développe l'éruption, on peut en toute assurance opter pour la varioloïde, à supposer que le diagnostic fût encore resté douteux et qu'on ait hésité entre une variole, une rougeole, un typhus exanthématique.
De même, on peut être complètement sûr que, si dans cette défervescence, la température normale est très-rapidement atteinte, il s'agit bien d'une variole modérée : d'une varioloïde et non d'une variole complète, dite variole vraie.
4. Dans la variole vraie, la température tend à l'abaissement après la période prodromique ou bien ne revient pas du tout à l'état normal, se maintient parfois d'abord à un degré sous-fébrile, souvent à un degré hyperpyrétique, y persiste avec ou sans fluctuations quotidiennes pendant plusieurs jours et ne revient à l'état normal que très-lentement et après une déferves cence lytique.
Avec la poussée nouvelle de congestion cutanée qui est le prélude de la suppuration, la température commence à remonter.
Cette deuxième fièvre, la fièvre secondaire ou de suppuration est de durée indéterminée, variable suivant l'intensité delà maladie ; en même temps, son élévation et sa marche sont en rapport avec l'intensité de la maladie.
Dans les varioles modérées, la température ne monte souvent qu'à 59°, rarement à 40° et au-dessus ; elle offre des rémissions matinales, et sa durée est le plus souvent de peu de jours.
Dans la variole grave, la température est, en général, plus élevée ; sa marche, tantôt rémittente avec des exacerbations très-considérables, tantôt continue avec des ascensions isolées et accidentelles. C'est l'indice d'un grand danger quand, dans la fièvre secondaire, la température monte à plusieurs reprises au-dessus de 40°. Dans les cas graves non mortels, la durée de la fièvre de suppuration est rarement au-dessous d'une semaine.
Dans les cas favorables, la fièvre passe graduellement à l'apyrexie. Parfois, il se présente, à l'époque de la dessiccation, une nouvelle et courte ascension, ou bien la fièvre persiste jusqu'à la dessiccation et même au delà.
Dans les cas mortels, les températures peuvent passer assez rapidement d'un degré modéré aune élévation très-considérable et la mort arriver à 42° et au-dessus, bien qu'elle puisse aussi survenir pendant la suppuration sans augmentation thermique appréciable. Simon (Charité Annalen, t. XIII, Bd. 5) a publié des cas où la température s'était élevée à 45°, 75 et 44°, 5. (11 est vrai qu'elle n'avait été mesurée qu'après la mort.)
5. Des complications sérieuses peuvent déterminer des incidents et des irrégularités qui n'ont cependant rien de caractéristique en ce qui touche la variole elle-même.
Comparez mon travail (1858. Archiv fur Phijsioloy. der Heilfamde,N. F.,t. II, p. 18).
En outre, le mémoire de Léo sur une épidémie de variole observée dans mon service (1864. Archiv der Heilkunde, t. V, p. 481).
Frôlich (1867. Ibid., t. VIII, p. 420).
Kôrber (Petersb. Zeitschrift, t. XIII, p. 505).
Pour les tracés thermiques de la variole, voyez le tableau IV.