IX. FIÈVRE RÉMITTENTE AVEC ÉRUPTION PME1 CTÉNULAIRE
1. J'ai décrit sous ce nom (Archiv der Heilkunde, 1864, t. V, p. 57 et ibid., 1867, t. VIII, p. 174) un état morbide qui m'a semblé particulier, quoi qu'il ait jusqu'ici passé inaperçu. J'en ai relaté moi-même sept cas, un autre m'a été communiqué par M. Ladé (de Genève). Cette maladie est caractérisée par un exanthème particulier, tant comme forme que comme siège et comme évolution, par un certain nombre de phénomènes typhiques (surtout les symptômes nerveux, spléniques et intestinaux; mais ces derniers, il est vrai, sont moins marqués), par des troubles considérables dans les organes respiratoires, et, enfin, par la marche que suit la fièvre.
2. La fièvre, dont la marche n'avait dans aucun des cas pu être observée avant la fin de la première semaine, était d'une grande intensité, mais ne ressemblait à aucun des types fébriles des autres exanthèmes.
Elle ne baissait pas au moment de l'éruption comme dans les varioloïdes ; elle ne présentait pas non plus une seconde ascension intense arrivant après coup comme dans la variole ; ni une défervescence rapide accompagnant le maximum de l'exanthème comme dans la rougeole ; ni la défervescence ralentie de la scarlatine; ni les irrégularités que l'on constate dans les fièvres miliaires; ni encore l'abaissement très-rapide ou accéléré indépendant de l'exanthème, tel qu'il se présente dans la fièvre pétéchiale ; ni enfin les descentes brusques avec tendance à des recrudescences comme dans l'érysipèle.
Dans les premiers (deux à onze) jours qui suivaient leur entrée à l'hôpital, j'observais chez les malades présentant le type fébrile sus-mentionné, une fièvre rémittente très-marquée avec des exacerbations vespérales de plus de 40°, et même de plus de 41°, et avec des rémissions matinales de l°à 2° ; il y eut, dans l'un de ces cas, le huitième jour, dans les autres, vers la fin de la deuxième ou dans le cours de la troisième semaine, une décroissance dans les grandes fluctuations quotidiennes, présentant une analogie avec la période correspondante de déclin de la fièvre typhoïde; pendant huit ou quinze jours on observait les particularités suivantes : de jour en jour les rémissions matutinales devenaient un peu moins basses, et, le plus souvent, les exacerbations vespérales aussi baissaient graduellement, jusqu'à ce que, d'abord dans la matinée, ensuite le soir, la température redevint normale ou à peu près. Dans quatre cas, la convalescence fut interrompue par des rechutes fébriles peu considérables et de courte durée. Dans ces cas la marcbedela maladie traînait considérablement en longueur et dans tous l'exanthème persistait pendant la plus grande partie du temps que durait la fièvre.
Voyez, pour plus de détails, loco citato; pour la courbe thermique, planche Y.