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DES MEMBRANES MUQUEUSES

1 . La température dans les catarrhes muqueux ne présente pas en général de caractère typique.

Dans beaucoup de cas, tout écart thermique fait défaut, ou du moins les fluctuations quotidiennes ne sont qu'un peu plus fortes qu'à l'état physiologique, de sorte que, dans la soirée, les températures ne s'élèvent qu'à des hauteurs plus que normales, sousfébriles ou modérément fébriles.

Parfois on observe, dès le début de la maladie, ou accidentellement dans son cours, une ascension éphémère, mais qui n'entraîne pas de conséquences ultérieures.

Par temps, il se présente aussi des élévations irrégulières, liées le plus souvent à de nouvelles influences nocives, ou à des recrudescences accidentelles de l'affection catarrhale.

On rencontre de semblables élévations, notamment chez des individus très-sensibles et chez des personnes qui, avant d'être affectées de catarrhe, étaient déjà atteintes de maladies chroniques.

Chez les enfants aussi, les affections catarrhales peuvent provoquer des températures assez élevées.

Quand la marche du catarrhe est chronique, il se présente parfois une fièvre de forme hectique, surtout si le catarrhe chronique a été exaspéré pendant quelque temps.

Dans un grand nombre d'affections catarrhales, l'apparition d'élévations thermiques est un symptôme assez sûr de complications naissantes : ainsi notamment dans la coqueluche. Dans cette maladie, une mensuration quotidienne continue de la température offre par conséquent une grande valeur pratique.

La température suit la même marche dans les catarrhes du pharynx, du larynx, des organes respiratoires, du tube intestinal, des voies urinaires et des organes génitaux. Dans tous les cas, la fièvre est l'indice d'une irritation intense de la muqueuse ; elle apparaît et disparaît avec celle-ci ; ou bien dépend de circonstances accidentelles, de prédispositions individuelles, d'influences nuisibles ou de complications.

L'élévation thermique peut aussi présenter une marche plus connexe et à peu près typique.

Dans les catarrhes intenses de la muqueuse respiratoire, notamment quand ils sont épidémiques, et qu'alors ils se compliquent fréquemment de catarrhe intestinal et de symptômes nerveux plus ou moins accusés (la grippe).

Dans les catarrhes intenses de la muqueuse de l'estomac et des

intestins, surtout quand ils sont d'origine épidémique, ou dans des cas où ils avaient été extrêmement négligés.

2. Dans la grippe, on n'observe d'élévation thermique considérable que dans les cas graves.

Le début de l'élévation est rarement rapide. La température monte comme dans la période initiale du typhus abdominal, mais sans la même régularité, ni la même constance, tantôt avec plus de rapidité, tantôt avec plus de lenteur, et le plus souvent elle n'atteint pas la même hauteur que dans la fièvre typhoïde.

Les caractères du fastigium sont semblables à celles du fastigium dans le typhus abdominal ; il présente, du moins dans les deux caSj les mêmes rémissions et exacerbations quotidiennes. Ces dernières peuvent monter aussi haut que dans l'iléotyphus et la température tend à s'abaisser (au moins quand le malade est bien traité, et quand d'autres affections ne viennent pas s'y mêler), dans l'espace de peu de jours.

La défervescence présente aussi en général le même type lytique et rémittent que dans le typhus abdominal ; cependant la diminution thermique s'opère plus rapidement et sa terminaison arrive plus tôt. En revanche, il n'est pas rare de remarquer dans la grippe que la température, après s'être approchée de l'état normal, s'arrête pendant un certain temps à un niveau un peu supérieur à la norme, ou du moins présente de plus grandes élévations vespérales que dans la convalescence complète.

La question la plus importante pour le diagnostic relativement à cet état thermique est la suivante : Faut-il supposer, dans un cas donné, l'existence d'une grippe grave ou d'une fièvre typhoïde? Cette question est d'autant plus difficile à résoudre que les deux maladies offrent, dans les cas graves, un certain nombre de phénomènes communs, tels que: la prostration, les symptômes nerveux et cérébraux, les troubles intestinaux ; et que, quand il y a augmentation de volume de la rate, on ignore souvent si cette mégalosplénie n'a pas déjà existé avant la maladie ; qu'enfin l'absence de taches rosées n'est pas un signe suffisant pour exclure la fièvre typhoïde.

Si la température reste positivement au-dessous de la limite typhique, la réponse à cette question est facile, surtout chez de

jeunes adultes, et l'hypothèse de la fièvre typhoïde n'est plus alors admissible.

Mais si la limite typhique de la température est atteinte ou franchie, — ce qui n'est pas trop rare, surtout dans les fortes épidémies de grippe — il n'est assez souvent pas possible de faire le diagnostic différentiel pendant plusieurs jours. Mais quand le traitement a été bien institué et qu'une pneumonie catarrhale n'est pas survenue, on peut être sûr que l'élévation thermique commence à descendre beaucoup plus tôt dans une grippe, quelque intense qu'elle soit, que dans le typhus abdominal. Dans des cas défavorables, ainsi quand viennent s'y joindre des bronchites très-intenses, une bronchite capillaire (bronchiolite) ou des péribronchites, et quand la terminaison est mortelle, la température revient d'habitude à un degré incompatible avec le typhus, tandis qu'en même temps d'autres symptômes graves continuent à se montrer et contrastent avec l'abaissement de la température. Relativement à la marche que suit la température, quand à la grippe vient se joindre une infiltration pulmonaire, voyez Pneunomie.

3. Il en est à peu près de même de la température dans les catarrhes gastro-intestinaux fébriles qui, surtout quand on les néglige ou que l'individu atteint est impressionnable, présentent une température élevée. On observe le même type dans la période d'augment, le même fastigium rémittent et la même défervescence en zigzag ; et il se pose la même question dans la pratique ; n'avons-nous pas peut-être affaire à une fièvre typhoïde? Les mêmes éléments diagnostiques de la grippe sont décisifs aussi dans ce cas, et même l'abaissement thermique se présente d'habitude presque plus rapidement encore dans le catarrhe intestinal fébrile que dans la grippe, nécessairement quand le malade a été soumis auparavant à un traitement approprié.

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