XV. AMYGDALITE
1. L'angine tonsillaire présente, sous plusieurs rapports, des analogies avec la pneumonie et ses diverses variétés ; mais, abstraction faite des affections diphthéritiques du pharynx, elle n'offre jamais les mêmes dangers, et, par conséquent, sa marche est toujours plus bénigne.
Tout comme dans la pneumonie, on constate aussi dans l'amygdalite deux formes différentes, au point de vue du rapport chronologique de la fièvre avec bs lésions locales. Tandis que, dans un certain nombre de cas, la fièvre se développe en même temps que les phénomènes locaux ou leur est consécutive, il s'en présente d'autres dans lesquels une fièvre intense, du genre de la fièvre prodromique des exanthèmes, précède de vingt-quatre, trente-six heures et môme de deux ou trois jours le développement de l'angine tonsillaire (comme cela arrive souvent dans la pneumonie lobaire).
Cette dernière forme se rencontre dans l'amygdalite catarrhale aussi bien que dans la parenchymateuse, elle est relativement plus fréquente dans la première; mais, prise dans un sens absolu, elle y est plus rare, car les angines catarrhales fébriles sont beaucoup plus rares que les angines parenchymateuses.
Il est d'ailleurs impossible d'établir une différence tranchée entre le type fébrile de l'amygdalite catarrhale et celui de l'amygdalite parenchymateuse, il est seulement permis de dire que certaines conditions se rencontrent plus fréquemment dans l'une de ces deux formes que dans l'autre.
2. Si la fièvre fait son apparition dans la période initiale de la maladie les symptômes iébriles se développent presque toujours rapidement, souvent accompagnés de frisson, plus souvent encore d'une grande impression de froid, mais pouvant aussi débuter par la chaleur, qu'il y ait ou non des lésions locales sur les amygdales. Sous ce rapport, il n'y a pas de différence essentielle entre les formes parenchymateuse et catarrhale. Les caractères de l'ascension thermique initiale ne sauraient encore être précisés, car on a trop rarement l'occasion d'observer la maladie à son début.
D'ordinaire, la température atteint, dès les premiers jours, le maximum de l'élévation, le plus fréquemment cela a lieu le troisième jour de la maladie, très-souvent aussi, le deuxième et le quatrième.
Les élévations maxima dans la forme catarrhale sont, en moyenne, plus basses que dans la forme parenchymateuse; dans la première, elles n'atteignent que rarement 40°, tandis que dans la seconde, elles dépassent parfois 40° et 40°,75 (mais ce n'est pas le cas le plus fréquent). Dans la grande majorité des cas, la tempe-
rature maxima reste entre 59° et 40° dans l'amygdalite parenchymateuse, et dans la forme calarrhale au-dessous de 59°.
Après avoir atteint leur maximum, les deux formes prennent d'ordinaire une direction descendante, à moins que la crise se soit aussitôt produite.
La marche de la température pendant le fastigium est, en général, discontinue dans les deux formes; cependant, dans la forme catarrhale, quand des maxima quotidiens ont été atteints, les fluctuations sont plus grandes et les rémissions descendent quelquefois jusqu'à l'état normal, tandis que, dans la forme parenchymateuse, l'évolution thermique se rapproche plutôt du type continu, au moins dans les premiers jours, ou bien arrive à un sommet unique, précisément dans les cas où la température est trèsélevée.
La crise est précédée, dans quelques cas, à la vérité, peu fréquents, d'une perturbation critique (perturbatio critica).
5. La défervescence se produit dans les deux formes d'une façon le plus souvent rapide : dans les deux tiers des cas seulement, pour la forme catarrhale; dans les cinq sixièmes environ, dans la forme parenchymateuse.
En général, la crise commence entre le troisième et le cinquième jcur, rarement le deuxième, le sixième ou le septième et beaucoup plus rarement encore plus tard.
Il est plus fréquent devoir la crise retardée jusqu'au sixième ou septième jour dans l'amygdalite catarrhale, que dans la forme catarrhale.
En revanche, la défervescence dans la forme catarrhale, quand elle se fait avec rapidité, se termine plus rapidement que dans la forme parenchymateuse (sans doute à cause de l'élévation moins considérable), d'ordinaire, clans une seule nuit, tandis que dans la forme parenchymateuse, elle met souvent vingt-quatre à trentesix heures à s'achever, bien qu'elle se termine souvent aussi également dans une seule nuit.
Après la défervescence, il ne se produit jamais dans la forme catarrhale des températures sous-normales, dans la forme parenchymateuse, il s'en produit parfois.
Si le défervescence présente une marche lytique, ce qui a prin-
cipalcment lieu dans les cas à élévation modérée, de petites élévations thermiques se maintiennent encore pendant quelques jours et le rétablissement est retardé d'autant.
Consultez Thomas (1864. Archiv der Heilkundé, t. V, p. 170) etïreibmann (Ueber Angina Tonsill. — Dissert, inaug. 1865) ; tous les deux ont utilisé les observations recueillies dans mon service.