‹ De la temperature dans les maladies :Chapitre 31 sur 57 · XVIII. PLEURESIE, ENDOCARDITE, PERICAROITE ET PÉRITONITE · texte numérisé non relu

XVIII. PLEURESIE, ENDOCARDITE, PERICAROITE ET PÉRITONITE

La température dans les inflammations des membranes séreuses de la poitrine et de l'abdomen, présente le plus souvent une absence complète de caractère typique.

Ces affections peuvent suivre leur cours sans présenter la moiiv dre élévation thermique ou bien être complètement apyrétiques à certains moments et offrir de temps en temps quelques élévations de température.

Si elles viennent s'ajouter à d'autres maladies fébriles, elles ne

modifient presque en rien la marche thermique de ces dernières, ou la rendent seulement irrégulière sans lui imprimer de caractère particulier. D'ordinaire, elles retardent la défervescence de la maladie qu'elles compliquent, la rendent plus lente, plus incomplète et produisent des réascensions tardives.

Mais elles peuvent aussi par elles-mêmes provoquer des élévations, tantôt modérées, tantôt considérables.

Elles peuvent encore amener des abaissements thermiques sousnormaux et des températures de collapsus.

Malgré le grand nombre de tracés thermiques que je possède sur ces affections, il ne m'a encore été possible jusqu'ici que de poser quelques conclusions générales relativement à la valeur seméiologique de la température dans ces maladies.

Elles peuvent être formulées de la façon suivante :

1. Dans ces maladies, aucune modalité thermique n'offre de signification sûrement favorable ; quelle que soit la marche de la température, la mort peut toujours survenir. En se guidant sur la température, on ne peut donc en aucune façon garantir que la maladie se terminera par une guérison complète.

2. Les conditions thermiques qui semblent les plus favorables, c'est-à-dire celles qui rendent la plus probable une terminaison heureuse, sont les suivantes :

a. Quand la température n'a nullement été altérée par la maladie.

(3. Quand elle est restée dans les limites d'une température hypopyrétique, ou d'un léger mouvement fébrile ; et ne la dépasse même pas passagèrement, ou n'est pas notamment descendue à des degrés sous-normaux.

Y« Quand il y a une fièvre modérée à type rémittent, ne dépassant pas la durée de deux semaines et s'éteignant ensuite après des abaissements progressifs, sans que d'autres symptômes suspects soient venus s'y ajouter.

3. Les températures sous-normales se présentent surtout fréquemment dans la péritonite et sont toujours excessivement suspectes. La mort survient assez souvent dans ces conditions ther-^

miques, soit que cette basse température ne se produis 3 que peu avant la mort, soit qu'elle ait existé longtemps auparavant, ou qu'elle ait alterné avec des degrés normaux et élevés.

4. Les températures hyperpyrétiques, comme toutes les températures ascendantes en général , ne sont pas encore par ellesmêmes, il est vrai, l'indice d'une terminaison fâcheuse, mais, du moins, elles ajoutent un nouvel élément de gravité aux autres circonstances défavorables qui existent déjà.

Quand des températures auparavant très-hautes descendent à des degrés modérés, le danger n'est nullement conjuré pour cela, mais il est, à la vérité, moins grand que si les températures restaient à leur élévation primitive.

5. Outre l'ascension fébrile, ce qui augmente le danger, c'est la persistance de la température à un niveau fixe et l'absence de rémissions, ce sont surtout des températures restant très-hautes pendant un espace de temps assez long et même de grandes exacerbations vespérales alternant avec des rémissions matinales considérables. Dans le piemier cas, la maladie est absolument grave; dans le second, le rétablissement complet est au moins douteux. Le retard que subit dans ces affections le retour complota l'état normal des températures élevées (que ces maladies aient été primitives ou consécutives à d'autres affections fébriles) ralentit, à la vérité, la guérison complète et détermine des troubles dans la convalescence, mais n'empêche pas, en fin de compte, le rétablissement définitif de l'équilibre.

6. Des fluctuations très-considérables et des alternatives irrégulières de températures très-élevées et d'abaissements profonds, du genre de celles de 'a pyémie, se produisent surtout dans les endocardites, parfois aussi dans les inflammations du péricarde, de la plèvre et du péritoine ; elles sont toujours extrêmement dangereuses et rendent très-probables une issue mortelle.

7. Les températures hyperpyrétiques se rencontrent principalemont dans quelques cas de péritonite, notamment dans la forme puerpérale, et permettent de supposer qu'à côté de l'inflammation

de la membrane séreuse, il y a encore une autre processus (déterminé par l'infection), tandis que les péritonites des couches, qui ne sont pas accompagnées d'élévations considérables, ne doivent probablement être considérées que comme des affections locales. Toutes les fois que dans des affections de ce genre on notera des élévations thermiques plus ou moins considérables, l'issue mortelle sera à craindre et pourra même être regardée comme imminente.

Il convient ici de faire mention d'une observation très-intéressante de Kussmaul (1868. Deutsches Archiv fur klin. Med.,t.W, p. 1). Il a vu, dans des pleurésies fébriles purulentes et fétides, un rapide retour de la température à l'état normal après la thoracentèse. J'ai observé moi-même un fait analogue aux précédents, tandis que dans le eas d'un épanchement de matière séro-fibrineuse, la fièvre modérée n'était pas sensiblement modifiée après la ponction.

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