XXII. MO ATSTi
L'inflammation parenchymateuse aiguë du foie offre des différences très-marquées sous le rapport thermique, mais les cas sont trop rares pour que l'on puisse en déduire des conclusions positives.
Dans la forme de l'hépatite avec ictère grave (avec ou sans intoxication phosphorée), la température n'est tantôt pas du tout altérée jusqu'à la mort, tantôt elle n'est que très-modérément élevée ou monte encore vers la fin, tantôt on rencontre des températures considérablement fébriles ou même hyperpyrétiques.
La marche de la température dans la fièvre jaune a été consignée dans les intéressantes publications de Schmidtlein (Deatsclies Archiv fur Min. Médecin, IV, 50). D'après cet auteur, la température dans cette maladie arrive à son élévation maxima dans les premiers jours et atteint 40°-41°, assez souvent avec de petites exacerbations vespérales. Du quatrième au cinquième jour, elle tombe d'une façon continue et descend jusqu'à l'état normal et même au-dessous. Dans les cas mortels, elle remonte de 2° et plus au moment de la terminaison fatale.
Dans l'inflammation suppurative du foie (abcès du foie), la température peut présenter les mêmes caractères que dans la pyémie ou dans les suppurations chroniques. Traube dit (Berliner Wochenschrift, 18G9, p. 5) que des accès de frissons violents et répétés avec forte élévation thermique ne se rencontrent que dans deux maladies du foie : dans le catarrhe des voies biliaires et dans l'abcès du foie. Puis il ajoute (p. 13) : à l'exception des abcès du foie produits par la pyémie, l'endocardite et la pyléphlébite, tous les autres abcès présentent toujours (aussitôt qu'ils occasionnent une fièvre intermittente et sont accompagnés de frissons) une marche fébrile absolument régulière, c'est-à-dire que les accès ou paroxysmes fébriles affectent presque toujours le mêmerhythme, ou à peu près, que ceux de l'infection palustre; la fièvre présente tantôt le type d'une simple fièvre quotidienne, tantôt le type double quotidien ou tierce. Au contraire, les accès et paroxysmes
fébriles produits par la pyémie, l'endocardite et la pyléphlébite, et précédés de frissons, présentent toujours un rhythme absolument irrégulier et apparaissent à des intervalles beaucoup plus courts, jusqu'à trois et quatre fois en vingt-quatre heures.