‹ De la temperature dans les maladies :Chapitre 36 sur 57 · XXIII. SYPHILIS CONSTITUTIONNELLE [Lues · texte numérisé non relu

XXIII. SYPHILIS CONSTITUTIONNELLE [Lues

1 . Je désigne sous le nom de lues les affections multiples appelées autrefois syphilis secondaire et tertiaire. Ainsi se trouve évité d'une part le terme trop vague de syphilis, devenu susceptible de plusieurs interprétations; d'un autre côté, rien n'est préjugé du rapport douteux qui relie cette maladie au chancre local.

Assurément les manifestations syphilitiques peuvent se produire sans la moindre fièvre, et il n'en existe peut-être pas qui ne puissent avoir une évolution complètement apyrétique.

Certains accidents vénériens sont plus souvent accompagnés de fièvre qu'on ne le croit généralement, et cette fièvre présente des particularités toutes spéciales ; parfois elle est même assez caractéristique pour qu'on puisse par la marche thermique seule soupçonner au moins la nature propre de la maladie.

2. Les élévations thermiques se produisent chez les syphilitiques le plus souvent à l'époque où se développent les premières manifestations cutanées, érythémateuses, papuleuses ou pustuleuses.

La fièvre qui accompagne les syphil'ies précoces peut être trèsintense, et les températures maxima peuvent atteindre près de 41°.

Le cycle thermique est éminemment rémittent (pseudo-intermittent) avec retour quotidien à l'état normal, ou du moins à un degré voisin de îa norme. La succession de ces rémissions matinales profondes avec les exaspérations vespérales est assez régulière ; mais, malgré la rapidité avec laquelle survient l'ascension du soir, elle n'est qu'exceptionnellement accompagnée de frissons. De même il faut compter au nombre des exceptions les cas où une journée entièrement apyrétique s'intercale entre les jours fébriles, et où, par conséquent, la fièvre affecte le type tierce, ou bien aussi

ceux dans lesquels les exacerbations considérables alternent d'un jour entre autres avec des ascensions moins élevées. La durée du fastigium n'est pas limitée ; tantôt courte, ne se maintenant que pendant quelques jours, tantôt pouvant persister jusqu'au delà de deux semaines. L'abaissement se fait par une diminution successive des exacerbations vespérales, concordant assez avec la marche thermique du typhus abdominal dans sa période de décroissance.

3. Dans maintes affections syphilitiques internes et aiguës du foie et du cerveau, ainsi que des os, on rencontre parfois un cycle thermique analogue, quoique moins régulier, dans lequel en général de profondes rémissions matinales alternent avec des exacerbations vespérales plus ou moins considérables.

Dans les formes de syphilis maligne qui produisent la mort à la suite d'accès rapides, il se présente également des élévations thermiques considérables (40° et au-dessus); mais on en rencontre aussi de moins considérables, et les rémissions bien que réelles sont moins régulières, moins profondes et parfois même font entièrement défaut. La fièvre ne suit aucune règle déterminée dans sa marche, les abaissements thermiques sont trompeurs et ne doivent en aucune façon être considérées comme signes d'une terminaison favorable.

Au sujet du cycle thermique de la cachexie syphilitique, voyez Cachexie.

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