‹ De la temperature dans les maladies :Chapitre 37 sur 57 · XXIV. MORVE · texte numérisé non relu

XXIV. MORVE

Je ne connais jusqu'ici qu'une seule observation thermométrique * dans la morve chez l'homme ; elle a été faite par Gold-

1 Cette observation n'est pas la seule. Notre savant maître, M. Jaccoud, a figuré dans son traité de pathologie interne, le tracé thermique d'un cas de morve aiguë, emprunté à J. Sommerbrodt (Virchow's Archiv, 1864, p. 463-485). Notre collègue et ami, R. Solmon, a eu l'obligeance de nous communiquer une observation de morve laryngée avec tracé thermique [Bull, de la Soc. anatom. 1870). Dans ces deux cas, le cycle de la température présentait un caractère rémittent très-nettement accusé.

On peut trouver enfin dans le : British Médical Journal (avril 18/0) un troisième cas relaté par M. de Morgan, dans lequel la température n'était pas, il est vrai, très-élevée et ne monta qu'à 40°, 2' au moment de la mort qui survint au vingtième jour de la maladie. (Note du traducteur.)

schmidt (Dissers. — Giessen. , 1 866) , et présente un certain intérêt. La fièvre, dans ce cas, était rémittente (l'observation a commencé le quatorzième jour), et son intensité d'abord modérée au début s'accrût à partir du dix-neuvième jour de la maladie. La ligne thermique monta peu à peu en zigzag jusqu'à ce qu'elle atteignit des degrés très-fébriles ; à partir du vingt-cinquième jour, elle ne descendit plus au-dessous de 40°, et dans les derniers jours (cinquième semaine de la maladie), elle suivit une marche continue uniforme (41°, 5', 41°, 6'). Dans les dernières vingt-quatre heures, les mensurations ne purent être faites.

XSLV. TUBERCULOSE JHIJLIAIRE AIGUË

La tuberculose miliaire aiguë produit dans la majorité des cas une modification profonde de la température. Ces écarts thermiques sont en général d'autant plus rapides que les dépôts de granulations sont plus abondants et plus étendus, que la santé de l'individu atteint a été altérée avant la formation des granulations miliaires.

Quand les granulations miliaires sont clair-semées et peu étendues, ou lorsqu'elles se développent chez des malades atteints déjà antérieurement d'affections graves (phthisie pulmonaire avancée, pneumonie, maladies cérébrales, etc.), l'influence de la tuberculose miliaire sur la température est parfois nulle ou du moins insignifiante.

La marche thermique revêt dans la tuberculose miliaire les types principaux suivants :

a. Au début, semblable à une fièvre catarrhale; plus tard, à une fièvre hectique intense ;

b. Semblable au cycle thermique de la fièvre typhoïde ;

c. Semblable à la marche de la fièvre intermittente.

Ces trois formes peuvent se succéder dans un seul et même cas. La première se rencontre dans les cas subaigus. La maladie suit absolument au début, au moins sous le rapport thermique, la marche d'une grippe intense ou d'une pneumonie catarrhale. 11

n'y a que la persistance opiniâtre de la fièvre qui fasse naître des soupçons. Peu à peu apparaissent des rémissions profondes allant jusqu'à l'état normal et alternant avec des exaspérations vespérables considérables. Cependant, même dans ces conditions, il est impossible d'établir le diagnostic entre la tuberculose aiguë et la phthisie aiguë non tuberculeuse. Le doute persiste ainsi jusqu'à la mort du malade, à moins qu'il ne se développe des tubercules dans : 3S méninges, et que les signes caractéristiques d'une méningite basilaire ne deviennent manifestes.

Quant à la deuxième forme, il est souvent impossible, pendant un certain temps et même jusqu'à la fin, de la distinguer d'une fièvre typhoïde. Cependant la marche est souvent plus irrégulière dans la tuberculose aiguë que dans le typhus abdominal ; les rémissions sont le plus souvent un peu plus profondes que dans cette dernière maladie, puisqu'elles descendent même assez souvent jusqu'à l'état normal. Les cas de tuberculose aiguë à marche fébrile typhique sont d'ordinaire les plus promptement mortels. Si, par exception, la vie se maintient un peu plus longtemps, la fièvre change plus tard de caractère, soit qu'elle prenne le type hectique, soit qu'elle revête le type intermittent.

Dans la tuberculose aiguë le type intermittent est assurément le plus rare. La marche thermique de chaque accès fébrile isolé peut parfaitement ressembler à celle d'une fièvre intermittente, et se répéter avec la même régularité que dans le type tierce ou double quotidien. Cependant il est permis de soupçonner l'existence d'une tuberculose aiguë si les accès se produisent de préférence dans l'après-midi, si les élévations atteintes sont plus faibles que dans la fièvre intermittente ou s'amoindrissent dins le cours de la maladie, et qu'en revanche dans la période d'apyrexie la température tombe plus au-dessous de l'état normal que dans la fièvre intermittente. Dans la marche ultérieure de la tuberculose aiguë, le caractère intermittent s'efface le plus souvent, et le développement d'une fièvre de moins en moins rémittente assure le diagnostic dans le cas où il n'aurait pas déjà été établi par d'autres circonstances.

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