‹ De la temperature dans les maladies :Chapitre 38 sur 57 · XXVI. PHTHISIE AIGUË · texte numérisé non relu

XXVI. PHTHISIE AIGUË

1 . La phthisie aiguë peut avoir son point de départ dans un état apyrétique et présenter à son début un tracé en zigzag constitué par des rémissions et des ascensions progressives et croissantes, mais qui sont cependant moins régulières et plus lentes que dans le typhus abdominal.

Ou bien la phthisie aiguë succède à la fièvre d'une bronchite, d'une pneumonie ou de toute autre maladie aiguë. Dans ce cas, les rémissions diurnes deviennent plus profondes dès que la phthisie commence à évoluer, tandis que les exarcerbations quotidiennes restent les mêmes ou diminuent un peu, ou bien s'accroissent t/ès-légèrement.

Ces deux modalités du cycle thermique initial de la phthisie aiguë autorisent à en soupçonner l'existence, mais ne peuvent conduire à un diagnostic certain sans l'aide d'autres symptômes.

2. Dans le cours ultérieur de la maladie, le cycle thermique présente d'ordinaire d'une façon persistante ou prédominante un type discontinu.

Les différences quotidiennes sont d'ordinaire très-considérables et vont souvent jusqu'à 5° et plus.

Les maxima quotidiens tombent, à la vérité, le plus souvent dans l'après-midi ou dans la soirée, mais assez souvent aussi dans la matinée, et s'approchent de 40°, et peuvent même dépasser ce chiffre; il n'est pas rare en effet d'observer des élévations de 41° et plus. Elles peuvent se présenter deux fois par jour, et plus rarement une fois tous les deux jours. Tantôt elles se maintiennent à peu près au mên:>e niveau pendant une série de jours, tantôt elles présentent de jour en jour un accroissement ou une diminution assez régulière, tantôt enfin des ascensions extrêmes alternent incessamment avec des exacerbations modérées, et cela se voit aussi bien dans le type quotidien simple que dans le double quotidien. Les chutes quotidiennes sont très-brusques et les maxima peuvent descendre jusqu'à l'état normal et au-dessous.

De profonds collapsus même ne sont pas rares. Les rémissions présentent aussi des fluctuations quotidiennes moins fréquentes, il est vrai, que les élévations exacerbatrices.

Dans cette marche viennent s'interposer des intervalles pendant lesquels les rémissions s'affaiblissent notablement, et où la marche thermique devient sous-continue ou uniformément ascendante ; dans chaque intervalle, l'élévation peut atteindre ou non le sommet des exacerbations antérieures. Cette modification peut se produire sous l'influence de complications (par exemple des pneumonies intermittentes). D'autres fois, elle est tout à fait spontanée.

Souvent aussi la fièvre est interrompue par de courts épisodes (rarement par de longues périodes) de fièvre modérée, sous-fébrile, ou même de température normale.

Ce qui, en revanche, est assez rare, c'est une marche sous-continue persistante avec fièvre considérable ou modérée depuis le début jusqu'à la terminaison fatale.

3. A la période ultime, la température retombe, dans la plupart des cas, de ses élévations antérieures, et les rémissions s'effacent. Les différences quotidiennes deviennent moindres, tandis que la moyenne quotidienne peut monter ou descendre ; la mort peut très-bien survenir à une température assez basse ; ou bien la température abaissée remonte de nouveau dans l'agonie et va parfois à des élévations hyperpyrétiques. Il arrive, au contraire, très-rarement que la mort ait lieu à une température en voie d'augmentation, et se rattache immédiatement à la fièvre précédente.

XXÏH. TRICHINOSE

La trichinose ne peut revêtir aucune forme fébrile typique, car la participation de tout l'organisme est essentiellement déterminée par les proportions numériques des petits foyers d'inflammation plus ou moins nombreux occasionnés par les parasites.

Cependant l'évolution thermique présente dans cette maladie un intérêt tout particulier, parce qu'elle fournit le seul exemple certain de troubles inflammatoires purement locaux, bien que d'une multiplicité infinie, pouvant produire une élévation considérable

de la température, au moins pendant un certain temps, car si les troubles durent un peu plus longtemps ou si la trichinose fait des progrès, des complications ne tardent pas à apparaître dans le cerveau, les poumons, les reins, etc., c'est-à-dire dans une foule d'organes où les trichines ne pénètrent pas. A une époque aussi avancée, on comprend qu'il soit impossible de déterminer ce qu'il faut mettre sur le compte des inflammations topiques des muscles, et la part qui revient aux troubles cérébraux, à la pneumonie, à la néphrite, etc.

Les observations chez les malades infestés de trichines font constater les phénomènes suivants :

1. Malgré des douleurs musculaires assez considérables, il peut encore exister, après une généralisation suffisamment considérable des trichines, une apyrexie complète, un état sous-fébrile, ou des mouvements fébriles insignifiants.

2. De même, au début de la maladie musculaire, la fièvre manque ou bien est très-légère.

5. Quand, dans la marche ultérieure, les phénomènes deviennent de plus en plus graves, il peut se présenter des élévations thermiques assez considérables et qui atteignent même des hauteurs de 40°, 41°; mais elles sont interrompues par des rémissions plus ou moins profondes, descendant souvent jusqu'à l'état normal et même au-dessous, de sorte qu'il se produit presque tous les jours une compensation thermique.

4. Les grandes élévations ne se maintiennent pas longtemps ; même dans les cas mortels, elles sont entrecoupées d'ascensions peu considérables ou de températures tout à fait normales durant plusieurs jours.

5. Ces caractères impriment à la marche thermique dans la trichinose un cachet particulier, au moins dans les cas où la température atteint des degrés supérieurs. Dans ces cas, la confusion n'est guère possible avec la fièvre typhoïde ni avec un rhumatisme articulaire, elle le serait plutôt avec la fièvre de la tuberculose

aiguë ou des suppurations internes rapides. Lorsque, au contraire, la fièvre reste peu considérable, toute marche caractéristique s'efface. (Voyez les tracés de la planche VII.)

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