‹ De la temperature dans les maladies :Chapitre 5 sur 57 · C. Températures fébriles · texte numérisé non relu

C. Températures fébriles

a. Léger mouvement fébrile: 58°— 38°,4(=:50o,4— 30°,7R.).

b. Fièvre modérée : 38°, 5 —39° (= 30°, 8 — 31°, 2 R.), le matin et jusqu'à 59°, 5 (= 51°,6R.) le soir.

c. Fièvre forte : Jusqu'à 59°, 5 (51°, 6 R.) le matin et jusqu'à 40°, 5 (=32°,4R.)lesoir.

D . Temp ératures hyperpyrétiques = 42° e t au-dessus (=55° , 6 R . ) .

Dans tous les cas connus jusqu'à ce jour, à l'exception du typhus récurrent, elles atteignent une issue fatale ' .

Une seule mensuration thermométrique faite sur un malade permet déjà de déterminer la nature de sa maladie si l'on a soin de constater les autres phénomènes qu'il présente, ou bien de conclure à l'absence des formes morbides supposées d'ailleurs.

En tenant compte du diagnostic de la maladie obtenu par une autre voie, la seule constatation de la température du malade peut déjà décider de la légèreté ou de la gravité de sa maladie alors même que le degré marqué par le thermomètre n'est pas extrême et, partant, n'implique pas encore un danger immédiat.

La température dans les maladies est soumise à des variations comme elle en offre aussi à l'état normal dans le courant du nyclithémère. — Les fluctuations thermiques diurnes sont d'ordinaire beaucoup plus marquées chez les malades que chez les individus sains. Elles suivent habituellement des règles qui, d'une part, sont applicables d'une façon générale à toutes les maladies fébriles et, d'autre part, sont déterminées par la forme, la période et le degré de la maladie ; et varient suivant son augment, son déclin ou sa crise. — Toutefois, le cycle de la température quotidienne peut faire quelques infractions à ces règles. — Ces écarts dépendent tantôt de conditions individuelles ou de l'irrégularité dans la marche de la maladie, tantôt de complications intercurrentes ou d'exacerbations subites, tantôt enfin de tout autre phénomène : de la constipation, de la diarrhée, de la diurèse, de pertes de sang

1 Avec une extrême probabilité.

spontanées ou artificielles, de sueurs prôfuses, d'excès ou de fatigues physiques, d'excitations psychiques, du sommeil, ou bien d'écarts de régime, d'influences thermiques et, en dernier lieu, de l'action des médicaments ou de tout autre agent thérapeutique,

La fluctuation thermique du nychthémère peut être simplement descendante ou ascendante ou, plus souvent, présenter un tracé à une ou plusieurs ascensions avec des abaissements intercalaires (exacerb citions et rémissions quotidiennes) .

L'intervalle compris entre le maximum et le minimum quotidien constitue la différence quotidienne. — Les tracés à petites différences quotidiennes sont continus, les tracés à grandes différences quotidiennes sont discontinus, à rémissions.

Le point intermédiaire entre le maximum et le minimum est la moyenne quotidienne. C'est de l'élévation de cette dernière que dépend principalement l'intensité de la fièvre.

Les formes typiques des maladies présentent le plus souvent, lorsque l'affection est arrivée à son état de complet développement, une certaine étendue de la température moyenne. — A ce moment aussi le minimum thermique a des limites au-dessous desquelles la température ne descend pas, ou du moins, qu'il ne franchit que passagèrement; il en est de même des limites du maximum qui ne sont guère dépassées qu'au moment de l'agonie.

L'examen continu et répété plusieurs fois par jourde l'évolution de la température durant tout le cours d'une maladie ou pendant un assez- long stade, fournit de précieux points de repère pour l'observation d'un cas pathologique, en tant que ce dernier est accompagné de modifications notables dans la température.

Cette exploration thermométrique, en nous traçant la marche naturelle et régulière des maladies fébriles, nous fournit ainsi la base fondamentale pour l'étude isolée de ces cas.

Elle peut à elle seule permettre de poser un diagnostic certain de la forme morbide.

Elle complète dans tous les cas d'une façon extrêmement précieuse les éléments du diagnostic et donne fréquemment un important moyen, peut-êlre même unique, d'affirmer un diagnostic qui restait auparavant douteux.

Elle fait reconnaître les périodes et les stades d'une maladie et en indique les différents points de transition.

Elle précise le degré de la maladie, ses rémissions, ses exacerbations, en un mot, toutes ses modalités; les irrégularités de sa marche, produites, soit par des circonstances accidentelles, soit par l'action des agents thérapeutiques, ou résultant de complications imprévues. — Elle fournit ainsi le critérium des modifications de la maladie et le contrôle de la thérapeutique.

L'observation thermométrique nous montre avec exactitude le temps nécessaire à l'évolution complète d'un processus morbide et suivant la façon dont la maladie se comporte, nous pouvons souvent en déduire sa nature et son espèce, son degré de simplicité ou de complication et prévoir même à l'avance quelle en sera l'issue, quelles en seront les conséquences.

Soit seule, soit appuyée par l'examen des autres symptômes, elle marque les approches de la terminaison funeste.

Grâce à elle enfin, il est aisé de surveiller la convalescence, de constater si celle-ci marche d'un pas égal et continu ou si elle se dévie dans son cours.

D'après la marche que suit la température dans les maladies fébriles, on peut distinguer plusieurs périodes, à savoir :

A. Périodes qui précèdent la crise :

1 . La période du début : stade pyrogénétique ou période initiale, qui est d'une durée variable et se termine par le développement des localisations morbides. — Sa fin est marquée par un abaissement extrême de la température moyenne quotidienne qui caractérise la forme morbide ;

2. La période de complet développement de la maladie [Y acmé; le fastigium) pendant laquelle la fièvre se maintient à la hauteur moyenne caractéristique;

5. La période qui survient ordinairement dans les maladies graves et manque le plus souvent dans les affections légères, c'est-à-dire la période d'hésitation (stade amphibole) qui présente des irrégularités nombreuses et plus ou moins considérables.

B. Périodes dans les cas de décroissance :

1. La période de perturbation critique (perturbatio critica) ou de décroissance certaine, mais encore insuffisante (stadium decrementï) ;

2. La période du retour à la température normale (stade de défervescence) ;

5. La période épicritique et la convalescence pendant lesquelles la température est normale ou anomale et quelquefois aussi est un peu au-dessus de la norme.

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