‹ De la temperature dans les maladies :Chapitre 7 sur 57 · Influence des efforts intellectuels. — Cette influence · texte numérisé non relu

Influence des efforts intellectuels. — Cette influence

paraît moindre que celle des efforts physiques. — D'après John Davy, la température, après un effort intellectuel, n'est montée qu'à 98° à 98°, 7 F. (= 56°, 6 à 57° C.) dans les climats du Nord; tandis que, dans les régions tropicales, ce même effort détermina une ascension thermique bien plus considérable qui atteignit 98, °1 et même 104 F. (= 56°, 7 à 58° C). — D'après Lombard (Experiments on the relation of heat to mental Works, analysé dans les Archives, de Physiologie, t. I, p. 670), on constate à la tète, dans l'état de repos intellectuel, des modifications thermiques nombreuses, mais toujours insignifiantes (0°,01) ; mais toute impression psychique exigeant de la réflexion provoque une élévation de la température. — Les fortes contentions d'esprit déterminent une augmentation de £■ à | degré.

À l'état de santé, le sommeil n'exerce pas d'action sur la température. D'après les connaissances que nous possédons actuellement, il nous est permis de dire que pendant le sommeil la production et la perte de chaleur se font équilibre.

17. Influences thermiques. — Action de l'air, de l'eau et de l'humidité. — L'influence du froid extérieur et de la chaleur ambiante sur la température de l'homme sain présente souvent, malgré sa simplicité apparente, des conditions très-complexes dont on doit tenir compte si l'on veut arriver à une appréciation exacte et rigoureuse des expériences.

En premier lieu, ce ne sont pas toujours le froid ou la chaleur qui agissent exclusivement sur l'organisme, mais ils se rattachent eux-mêmes à un milieu quelconque dont l'influence simultanée ne doit pas être négligée. — Ainsi, dans un bain froid ou chaud, il faut tenir compte de l'action de l'eau, dans l'atmosphère froide ou chaude, on doit avoir égard à son degré de sécheresse ou d'humidité: et il n'est pas toujours possible de calculer exactement ia part qui revient exclusivement à l'agent thermique et celle qui appartient aux influences secondaires.

Mais, toutes choses égales d'ailleurs, l'analyse est encore plus complexe et plus difficile quand il s'agit d'apprécier l'effet thermique des applications froides ou chaudes.

Cette action est en effet extrêmement compliquée, car elle offre à étudier une succession ininterrompue de processus :

L'action physique primitive, directe et immédiate du froid est de soustraire de la chaleur ; celle des températures plus élevées empêche le refroidissement et communique elle-même du calorique. Ainsi, le froid tend à abaisser la température générale du corps et la chaleur à l'élever.

Mais à côté de cette action physique primitive vient se placer une action physiologique secondaire qui produit des effets plus ou moins opposés aux premiers. Sous l'impression du froid, les capillaires de la peau se resserrent, et cette constriction diminue la quantité normale de sang qu'ils renferment. La masse sanguine se trouvant ainsi plus restreinte, Ja réfrigération du sang est amoindrie, et partant, l'action du froid devient moindre. — Sous l'influence de la chaleur extérieure, au contraire, les petits vaisseaux se dilatent tant que la température ambiante dépasse celle du corps; le refroidissement du sanç est ainsi augmenté. L'action de la chaleur rend plus abondante la sécrétion sudorale et l'évaporation de la sueur à la surface du corps devient une nouvelle et puissante cause de réfrigération. Mais le surplus de froid qui reste est bientôt compensé par un surcroît dans la production de chaleur tant que l'organisme conserve sa constitution normale ; et lorsque la réfrigération est moindre ou cesse complètement, la production de chaleur est également diminuée.

Les élévations ou abaissements de la température qui se produisent au moment des applications thermiques sont donc très-éphémères ; elles sont bientôt effacées par les modifications que subit la production de chaleur. — Ce n'est pas, d'ordinaire, immédiatement que l'équilibre se rétablit : après la réfrigération artificielle, la production thermique devient souvent plus grande qu'il ne le faudrait, et l'abaissement de température est bientôt suivie d'une caléfaction exagérée. — L'inverse a lieu dans le cas d'élévation artificielle de la température. Ainsi, après un bain froid, la température du corps est ordinairement plus élevée ; au sortir d'un bain chaud, au contraire, on éprouve plutôt une sensation de froid ; dans les régions tropicales aussi bien que pendant les fortes chaleurs de l'été, rien n'est plus rafraîchissant qu'un bain tiède ou une aspersion d'eau très -chaude. — Cet effet est, il est vrai, en partie compensé par la dilatation des capillaires cutanés, qui favorise l'élimination de la chaleur ; mais les circonstances les plus insi-

gnifiantes peuvent augmenter l'un ou l'autre de ces effets et donner ainsi naissance à des troubles. — La réaction peut même avoir des conséquences plus durables. Mais ces effets persistants ne se produisent pas chez des individus sains, et la température reprend bien vite son niveau habituel. Dans des conditions opposées, il peut survenir des écarts thermiques considérables.

Il en résulte encore d'autres différences : l'influence des agents thermiques s'exerce d'abord sur le point même de leur application, puis elle s'étend aux parties voisines et sous-jacentes, gagne les endroits les plus éloignés pour se répandre ensuite à l'organisme tout entier. Or ces effets n'étant pas uniformes, les combinaisons les plus multiples peuvent encore se produire. Enfin, il faut considérer que, lorsqu'il s'agit d'apprécier les résultats de certaines influences extérieures et, par conséquent, des effets thermiques, les dispositions individuelles pèsent, en général, beaucoup clans la balance. — Ces idiosyncrasies, si nombreuses dans l'état pathologique, ne manquent pas d'exercer dans l'état de santé, leur influence puissante, en particulier sur la réaction.

Si le milieu dans lequel s'exercent les influences thermiques consiste en air humide ou en un liquide, les conditions deviennent plus complexes encore. Un liquide ou de l'air humide à une basse température, mis en contact avec le corps humain, lui soustrait de la chaleur à un bien plus haut degré que le froid sec; les effets du refroidissement sont donc encore plus considérables ; mais, en revanche, le mouvement de réaction peut, à son tour, suivre la même progression.

En outre, les résultats dépendent de la durée de l'effet thermique, de son uniformité ou de ses changements; enfin de l'état de repos ou de mouvement du milieu réfrigérant. En résumé, on peut conclure que les effets des influences thermiques sont loin d'être aussi simples que l'on serait tenté de le croire tout d'abord. — Ainsi s'expliquent les nombreuses contradictions que présentent entre elles les observations isolées, et l'on apprend de la sorte à nepas s'empresser d'ériger en loi les faits observés sur des animaux soumis à expérience ou sur des individus sains examinés isolément.

Nous allons citer ici (plutôt comme exemple qu'avec la prétention de présenter une énumération complète) les résultats les plus

importants fournis par les expériences relativement à l'influence qu'exercent le froid et le chaud.

En ce qui concerne l'application extérieure de l'eau froide, Fleury, entre autres, a constaté un abaissement de température allant jusqu'à 54° et même jusqu'à 29°. Speck (Archiv filr gemeinschaflkhe Arbeiten, 1860, p. 422) a trouvé, au moment de l'application d'une douche froide, une petite élévation de la température buccale ; après 10 minutes de séjour dans un bain à 22°, un abaissement de 1°,25 de la température prise au même point. C'est Liebermeister qui a fait les observations les plus intéressantes sur l'action thermique des bains. Sous l'influence de l'eau froide appliquée sur la surface du corps d'un individu sain, dans des conditions régulières, il n'a jamais observé d'abaissement de température dans l'aisselle; mais un tel effet se produisait sous l'action de l'eau chaude. — Cet abaissement est le résultat de la production augmentée de chaleur. — Dans un bain de 20° à 25° (16° à 18°R.), la production thermique est trois ou quatre fois plus grande que la production moyenne ordinaire; dans un bain à 50° (21° R.), elle est le double. Dans un bain à la température du sang, la production thermique dépasse faiblement la quantité ordinaire.

Kernig a recherché en détail l'influence des bains de 25°, 7 à 56°, et il est arrivé à conclure que la perte de chaleur est en raison directe des déperditions subies ; plus celles-ci sont considérables, plus grande est la réfrigération. (Experimenlelle Beitrcige zur Kenntniss der Wàrme regidirung beim Menschen. 1864, p. 169.)

Schuster (d'Aix-la-Chapelle) (Deutsche Klinik, 1864, n° 22) a trouvé dans quelques expériences, faites sur lui-même et sur un de ses aides, que, dans un bain de 57°,6à41°, la température rectale s'élevait notablement. Il a publié des observations sur le même sujet dans les. Archives de Virchow (XLIII, p. 60).

D'un autre côté, l'action réfrigérante se fait sentir bien manifestement sur les régions les plus exposées du corps (telles que le nez, le front, les mains, les pieds) et la différence de température peut aller jusqu'à 6 ou 7 degrés ; Tholozan et Brown Sequard (Joilmal de physiologie, t. I, p. 497) ont même constaté qu'en plongeant la main dans de l'eau très-froide, elle perdait en peu de temps (5 à 17 minutes) environ 10° à 18°, tandis que, pour la réchauffer, il fallait beaucoup plus de temps (58 minutes étaient né-

cessaires après une immersion de 5 minutes, et si elle durait 10 minutes, le retour de la chaleur exigeait plus d'une heure de temps). — L'influence de cet abaissement thermique local sur la température générale est tout à fait insignifiante ; parfois même celle-ci semble accrue par la réfrigération partielle ; — enfin, l'autre main, se trouvant exposée à l'air libre, se refroidit à mesure que l'eau froide produit une impression douloureuse sur la main immergée.

Bârensprung a prouvé que l'eau courante enlevait plus de chaleur que l'eau stagnante et que le refroidissement le plus considérable était produit par des vêtements mouillés et agités par le vent.

Hoppe (Virchow's Archiv, t. XI, p. 462) a remarqué que l'humidité du corps entravait la calorification quand l'évaporation était empêchée, mais qu'une perte de chaleur excitait sa production.

Il a, en outre, constaté que la température du rectum d'un chien, exposé à l'air d'une étuve chauffée de 60° à 70°, montait d'un degré après 55 minutes, de 2° après 41 minutes. Remis à l'air extérieur, sa température tombait, dans l'espace d'un quart d'heure, à son niveau primitif, et quelques minutes après, encore plus bas. Le même abaissement au-dessous de la normale a été constaté par Hoppe après un bain chaud : la température s'abaissait d'autant plus que son ascension précédente avait été plus grande. Enfin, il a remarqué qu'une perte de chaleur considérable et continue maintenait la température à son maximum, tandis qu'une déperdition faible et constante la faisait baisser.

Lehmann, Bôcker et Kirejeff, ont étudié Faction thermique des bains locaux (bains de siège et autres). Le dernier de ces auteurs a remarqué (Virchoiv's Archiv, t. XXII, p. 496) que la température générale s'élevait légèrement dans un bain de siège chaud, mais que cette augmentation thermique se dissipait promptement à la sortie du bain. — Dans un bain de siège froid, la température générale s'abaissait de 2° ; mais immédiatement après le bain, elle remontait, dépassant même le niveau normal et atteignait en 2 ou 5 heures son maximum plus élevé d'un degré que la température ordinaire et d'un |° que la température maxima présentée par les individus soumis à l'expérience pendant les jours où ils ne prenaient pas de bains.

Hagspiel a montré que les applications topiques de glace peuvent abaisser la température des viscères abdominaux et du rectum (Leipzig Dissertation, 1857). Après une application glacée d'une heure, la température de la cavité abdominale lombe de 37° à 35°,25.

Suivant Binz (Becbacht. ziïr innern Klinik. 1865, p. 159), la glace appliquée sur le ventre produirait une descente considérable de la colonne mercurielle d'un thermomètre placé sous la paroi abdominale, mais celle-ci serait nulle dans le rectum.

Lichtenfels et Frôhlich, en étudiant l'influence de l'ingestion d'eau froide sur la température, ont constaté une diminution manifeste (de ^°, six minutes après avoir avalé la valeur d'une chopine de liquide à la température de 18° et de ~° dans le même espace de temps si l'eau ingérée était à 16°3).

D'autres observateurs ont reproduit ces expériences ; ainsi Winternitz (Oesterr. Zeitschrift fûrprakt. Heilkunde. 1865, p. 130), après avoir absorbé six verres d'eau à 4°, 6 pris à des intervalles de dix minutes, trouva sa température abaissée de 1°,4 après 70 minutes, mais il éprouva des troubles pathologiques (nausées, éructations). Dans une autre expérience (p. 168), après l'ingestion de quatre verres d'eau à 6°, 7 pris à des intervalles de 15 à 20 minutes, la température descendit de 0°, 8 dans l'espace de cinq quarts d'heure ; dans ce cas aussi il avait eu des éructations.

En été, la température humaine est plus élevée qu'en hiver (de 1 à 2 dixièmes de degré) . Dans les saisons très-chaudes, l'augmentation thermique peut devenir encore un peu plus considérable.

John Davy, en passant d'une région tropicale dans un climat plus tempéré, avec une différence moyenne de 11°, 1 1 dans la température atmosphérique, a constaté une diminution de 0°,88.

Brown Sequard (Journal de physiologie, t. II, p. 551), dans un voyage en France, avec une température atmosphérique de 8°, a trouvé chez huit personnes en bonne santé, âgées de 17 à 55 ans, une température buccale de 36°, 625 : huit jours après la température ambiante étant de 25°, la moyenne s'était élevée à 37°, 428, et neuf jours après cette dernière expérience, il a constaté, sous l'équateur, le thermomètre marquant à l'ombre 29° que la moyenne'de la température humaine était de 37°, 5 ; enfin six semaines plus tard à 37°, 4 de latitude sud et avec 16° de température extérieure :

la moyenne thermique de l'homme était retombée à 57°25. — Les différences observées par Eydoux et Souleyet sont encore plus minimes (Comptes rendus de l'Académie des sciences. 1858, t. VI, p. 456).

John Davy(o» the Effect of air of différent température on animal heat in Philosophie. Transact. 1845, p. 61) a cru remarquer une élévation notable de la température chez les individus qui séjournent dans des lieux trop chauffés. Ses observations ne sont ni assez nombreuses ni assez précises pour fournir des résultats concluants. Il a, en outre, pratiqué des mensurations thermométriques à Constantinople, dans une saison où la température atmosphérique variait de 51° à 94° F. Les différences qu'il a notées dans la température linguale variaient entre 97° et 99° F. (== 56° à 57°, 2 C). — Dans son mémoire (on the Température ofman ivithin the tropics ; Philosophie. Transactions. 1850), il arrive, entre autres conclusions, aux deux suivantes : La température moyenne de l'homme, sous les tropiques, est de 1° F. plus élevée que dans les climats tempérés ; les fluctuations quotidiennes ne sont Lpas les mêmes dans les deux régions.

Voyez encore, au sujet de l'influence de la température ambiante, le chapitre intitulé : Causes des écarts morbides delà température, p. 7.

18. Influence de la pression atmosphérique sur la température humaine. — Je la crois à peu près nulle, car je n'ai pas constaté de modifications thermiques dans différents états du baromètre,

Cependant, Vivenot (Jahrbuch der Gesellschaft der Aertze zu Wien, t. XI, p. 115-146) a trouvé dans une chambre remplie d'air comprimé que, durant l'augmentation de pression atmosphérique, la température montait d'environ 0°4, qu'elle retombait pendant que la pression était à son maximum et qu'à la fin, elle pouvait être plus basse qu'au commencement.

19. Influence de l'alimentation. — La nature et la quantité des aliments introduits dans le corps, bien que ceux-ci soient les matériaux de la thermopoïèse, n'exercent qu'une très-faible influence sur la température, tant que l'individu est en état de parfaite santé; quoiqu'il soit incontestable que la nature, la quantité et la

qualité des aliments ingérés contribuent puissamment à la production thermique ; cette relation indéniable se trouve évidemment compensée par une perte correspondante de chaleur et l'équilibre n'est pas troublé ou du moins ne subit qu'un dérangement passager.

Les repas, dans l'état de santé, n'ont ordinairement qu'une trèsfaible action sur la température. D'après Bârensprung, la température ne s'élèverait que de 0°,6 entre 2 heures et 6 heures (c'est-àdire après le dîner), et à ce moment de la journée, l'ascension se fait aussi sans cela.

Le souper (à 8 heures du soir) est peut-être capable de ralentir modérément l'abaissement thermique qui survient normalement à cette heure.

Oglc a noté que l'élévation normale dans la fluctuation quotidienne était surtout marquée après le premier déjeuner, si celui-ci était très-copieux, quelle l'était moins après le second déjeuner et que le principal repas pris le soir n'imprimait qu'un simple ralentissement dans la diminution thermique qui, d'ordinaire, se produit à cette heure.

La suppression d'un de ces trois repas ne modifie que très-légèrement la fluctuation quotidienne.

Toutes les fois que le repas agit autrement, il est permis de supposer que l'individu ne se trouve pas dans des conditions tout à fait normales, ou que les aliments ingérés ont exercé une influence nocive.

Jùrgensen a reconnu qu'une nourriture abondante, prise après une longue abstinence, est capable de produire une augmentation thermique assez considérable (de plus d'un demi-degré) (Deutsches Archiv fur Min. Mecl., t. 111, p. 177).

Le manque de kourriture n'exerce d'influence appréciable sur la température que lorsque la santé commence à être altérée. Selon Lichtenfels et Frohlich, du dixième au quinzième jour d'une diète sévère, la température s'abaisse graduellement de // — ^0°; cette diminution thermique est accompagnée de sensation de froid ; mais après le vingtième jour, la température remonte de ^° et le refroidissemeut subjectif disparaît. Les remarquables effets de l'inanition, signalés pour la première fois par Chossat, sont du domaine de la pathologie.

20. Influence des boissons alcooliques et fermentées. — En expérimentant ces substances, il ne faut pas négliger l'action concomitante que peut exercer la température qu'elles possèdent au moment de leur inçjestion.

Lichtenfels et Frôhlich ont vu leur propre température baisser d'environ 0°,5 dans l'espace d'un quart d'heure après avoir bu deux ou trois litres de bière contenant 5 à 4 pour 100 d'alcool ; cette diminution thermique persista durant plus d'une heure et demie.

Le vin et l'eau-de-vie exercent également une action dépressive sur la température. — De nombreux observateurs ont confirmé ce fait en réfutant les opinions contraires, et récemment encore, Cuny Bouvier (Pfliigers Archiv, 1869, p. 570) a reconnu que des doses faibles d'alcool faisaient toujours diminuer la température du corps (en produisant une accélération du pouls) ; mais cette action est momentanée et très-éphémère. — D'après le même auteur, l'alcool à hautes doses peut diminuer de plusieurs degrés la température (en augmentant en même temps la force et la fréquence du pouls). [Voyez aussi son mémoire le plus récent : ueher die Wirkung des Alkohols aufdie Température, 1869 ; et Godfrin : de l'Alcool, sun action physiologique, ses applications thérapeutiques, 1869.]

Le mode d'action de l'alcool n'est pas encore bien connu :

11 paraît lié en partie au ralentissement de la nutrition, et, d'autre part, à une plus grande déperdition de chaleur à la surface du corps.

Mais ici les effets physiologiques et pathologiques (toxiques) sont très-difficiles à séparer ; je renvoie donc le lecteur au chapitre suivant.

Les boissons alcooliques chaudes peuvent, au contraire, faire monter la température : le punch chaud (à 50° environ) élève la température de 0°,1 à 0°,5 dans l'espace d'une demi-heure à une heure.

L'acide carbonique (eau de Seltz, etc..) produit tout au plus un abaissement de deux dixièmes de degré, qui est en général compensé après une demi-heure.

Le café fort détermine une élévation de température qui atteint son maximum (2 à 4 dixièmes) au bout d'une heure environ.

Le thé chinois (pris à la température du sang) agit d'une façon semblable, mais son action est plus faible et de plus courte durée.

21. Influence des émissions sanguines sur la température. — L'influence d'une émission sanguine n'est pas très- grande à l'état de santé ; cependant après une abondante saignée, la température s'élève de plusieurs dixièmes et revient progressivement dans les jours suivants, à l'état normal ; mais plus tard encore, elle peut momentanément descendre même au-dessous du niveau habituel (Bàrensprung). Après de fortes saignées faites sur les animaux, on voit parfois la température tomber considérablement (Marshall Hall). Suivant Frese (Virchow's Archiv, t. XL, p. 305), une abondante saignée est immédiatement suivie d'un abaissement de plusieurs degrés dans la température , mais peu d'heures après se produit une augmentation qui dépasse rarement l'état thermique antérieur à l'émission sanguine. En présence des difficultés dont est entourée l'étude de ces influences, il est impossible de poser à cet égard des principes sûrs et précis.

22. En résumé : toutes les variations thermiques, à l'état de santé, sont presque toujours insignifiantes. — Que ces écarts de température soient l'effet d'un acte spontané ou d'influences externes, ils n'en sont pas moins passagers.

Dès qu'une modification thermique s'est produite, il y a une tendance manifeste de la température à réagir en sens inverse.

Toutes les fois que la production de chaleur s'est momentanément accrue dans le corps, non-seulement il s'opère bientôt des pertes thermiques correspondantes, mais encore la production thermogénique elle-même est pendant longtemps amoindrie. — Lorsque la recette thermique est diminuée, les dépenses sont également plus restreintes ; si enfin les pertes sont excessives, elles sont bientôt compensées par une production surabondante.

Tel est le mystère de l'organisme. — Tant qu'il est sain, tout s'y passe dans un ordre merveilleux et le moindre dérangement accidentel y est promptement réparé.

I. L'observation thermométrique elle aussi montre combien la santé et la maladie se touchent de près et comme elles se confondent insensiblement.

Entre les degrés thermiques hygides et les degrés pathologiques, le pas à franchir est presque imperceptible, et il est impossible d'indiquer, ni en général, ni dans les cas isolés, le point où cesse la santé, où commence la maladie. Entre l'état normal et l'état pathologique se trouve un espace intermédiaire fort minime.

Il en est de même des causes qui peuvent produire des écarts dans la température.

Il y a des influences qui déterminent d'une façon absolue, chez tout individu qui les subit, des modifications thermiques. Mais pour un grand nombre d'autres influences, leur effet dépend de la prédisposition de celui qui s'y trouve exposé et souvent aussi de circonstances accidentelles.

Les mêmes influences qui, chez un individu sain, ne produisent aucune modification thermique, ou du moins ne déterminent qu'une légère modification ne dépassant pas les limites du cycle normal, peuvent occasionner des écarts plus ou moins considérables et morbides chez un autre individu sain, mais dont la force de résistance est moindre, ou chez un malade dont la température n'était pas auparavant altérée.

Mais les influences exercées sur la température n'entrent pas seulement en ligne de compte, en tant que produisant un écart morbide de la température antérieurement normale, mais aussi parce qu'elles modifient les températures déjà morbides. Les mêmes circonstances qui altèrent l'équilibre normal de la température et agissent ainsi comme causes d'écarts pathologiques peuvent également produire des écarts ultérieurs quand l'équilibre thermique est déjà dérangé.

Mais leur action sur l'individu qu'elles rendent malade et sur celui chez lequel l'on constate déjà un écart de température n'est pas toujours la même, et l'on ne saurait nullement induire l'effet qui est produit sur le malade, de la nature seule de l'influence ou de son mode d'action sur l'état de santé.

Pour juger cet effet, il importe infiniment de savoir dans quel état se trouve le corps malade, quelle est la nature de la forme morbide qui le frappe, quelle est l'intensité, la régularité ou l'irrégularité de la maladie, la période de son évolution, en un mot, l'ensemble des conditions de l'individu malade.

Par conséquent, si déjà le fait d'une action morbigène et thermo-perturbatrice sur des individus préalablement sains ne dépend pas seulement de la nature de cette influence et de son degré, mais aussi, à beaucoup de points de de vue, de l'idiosyncrasie de l'individu atteint et de maintes autres circonstances accidentelles, à plus forte raison faut-il mettre en ligne de compte pour apprécier les résultats d'une influence perturbatrice sur des malades à température déjà anormale, tout l'appareil compliqué des conditions morbides.

Une seule et même influence peut donc produire des effets trèsdifférents et même opposés.

2. Le point commun de l'action des influences thermo-perturbatrices n'est pas dans l'augmentation ou la diminution de la production ou delà dépense de chaleur, mais dans une régulation plus imparfaite que dans l'état de santé.

A l'état de santé, il peut se produire plus ou moins de chaleur, mais aussitôt la dépense se règle sur le plus ou le moins de recettes thermiques.

A l'état de santé aussi, la dépense de chaleur peut être excessi-

"vement grande ou petite, mais la production thermique se règle exactement sur la quantité delà perte.

Voilà pourquoi, le résultat final, c'est-à-dire la hauteur de la température, reste toujours à un point déterminé aussi bien que le poids du corps, que la moyenne quotidienne de la sécrétion urinaire, que le nombre des respirations, que la composition du sang et qu'en général l'organisme dans son ensemble et dans chacun de ses systèmes les plus importants.

Quand, chez un malade dont la température est d'ordinaire normale, il se produit sous des influences qui n'altèrent pas encore la température de l'individu sain, un écart thermique, voici comment il faut le comprendre : bien que la régulation de sa température suffise encore pour les conditions ordinaires, elle devient insuffisante sous des influences un peu plus fortes. — Une pareille mobilité de la température chez des individus malades, mais à température encore normale à l'ordinaire, peut se ranger encore plus ou moins parmi les fluctuations de l'état de santé, mais les écarts deviennent plus frappants et plus excessifs à mesure que le pouvoir de résistance ou de régulation devient moindre ou les influences plus prépondérantes .

Les influences qui amènent chez un individu sain une élévation morbide de la température la produisent de celte façon : ou bien il s'opère une modification unilatérale si considérable de la production ou de la dépense thermique, que la compensation devient impossible ; ou bien elle provoque une maladie dont un des éléments est un bilan mal équilibré entre le débit et la recette.

Tout écart, en effet, de l'élévation thermique estime preuve que la compensation entre la production et la dépense est incomplète.

La régulation n'est pas suspendue, mais elle ne peut plus maintenir la constance normale de la température. — Parfois la production et la perte se couvrent toujours de façon à ce qu'un certain équilibre persiste, mais c'est un équilibre qui se tient à. un autre niveau qu'à l'état de santé, et qui, en tout cas, est plus instable qu'à l'état sain.

5. On conçoit aisément que l'équilibration défectueuse de plusieurs fonctions qui, à l'état normal, se compensent, peut avoir divers points de départ et différentes sources.

Les pertes thermiques peuvent devenir si considérables, que la production la plus excessive ou du moins la plus grande augmentation possible soit impuissante à les compenser.

La dépense thermique peut être empêchée à tel point que, avec une production très-restreinte et réduite à son minimum, un arrêt thermique devienne inévitable.

La production peut être tellement augmentée, .que tous les appareils de réfrigération, ou du moins ceux dont l'organisme peut disposer dans ce cas, ne suffisent pas pour rétablir l'équilibre.

La production thermique peut être diminuée à tel point que, si restreinte que soit la dépense, elle ne fournisse pas de compensation suffisante.

En outre, l'augmentation de la recette et la diminution de la dépense, et vice versa, peuvent encore se combiner de différentes façons et cumuler leurs influences perturbatrices ; l'augmentation et la diminution peuvent encore ne pas être les mêmes en différents endroits du même organisme.

Les rapports des processus compensateurs réciproques peuvent encore, au lieu de se faire avec la rapidité nécessaire, être lents, tardifs et interrompus. Avec tout cela, il est encore très-probable qu'à l'état de maladie, il ne s'agisse pas toujours, seulement du plus ou moins de productions ou de pertes par rapport à l'état de santé, mais aussi de nouvelles sources de productions thermiques étrangères à l'état hygide, et d'un autre côté de nouvelles voies de déperdition qui manquent au corps sain.

Au nombre de ces nouvelles sources des productions thermiques, il faul citer les destructions plus ou moins rapides des tissus, [destructions qui ne sont pas imaginables sans processus chimiques], la formation des produits chimiques ultimes anormaux de la dénutrition ; enfin il n'est pas impossible qu'il puisse se produire dans le corps sans participation de l'oxygène, des produits fermentescibles qui deviennent une nouvelle source thermique, comme cela se produit à l'extérieur de l'organisme (c'est peut-être ce qui a lieu dans les maladies zymotiques).

Parmi les nouvelles voies de déperdition se rangent encore les pertes abondantes de liquides, les détritus nécrobiotiques (masses d'extravasalions et d'exsudats) dans le corps, où il ne se produit pas de chaleur, mais qui en reçoivent.

Mais bien que, dans les maladies, l'équilibre soit troublé, l'organisation du corps se met à l'abri d'un excès de disproportion et est capable d'opérer après une perturbation d'une durée plus ou moins longue un rétablissement de l'équilibre ; soit que l'augmentalion excessive unilatérale de la production ou de la dépense revienne à la normale ou même descende plus bas, soit que les activités compensatrices, d'abord insuffisantes, s'accroissent peu à peu, ou qu'en premier lieu, il s'ouvre de nouvelles sources de production ou de déperdition. — L'organisme offre à cet effet des procédés aussi complexes qu'ingénieux ; prenons, par exemple, l'accroissement de la chaleur : il augmente le mouvement du cœur, ce mouvement pousse le sang chaud avec plus de rapidité à travers les vaisseaux vers la surface, ce qui fait que dans le même temps une quantité plus grande de sang vient en contact avec le milieu ambiant plus froid et qu'il peut être refroidi plus complètement. En outre, la chaleur augmente le besoin de respirer, les mouvements des organes respiratoires sont accélérés et l'air réfrigérant est amené en plus grande quantité.

L'anémique, avec les corpuscules sanguins, diminués dénombre, produit, il est vrai, moins de chaleur, mais ses vaisseaux superficiels se contractent et la réfrigération de son sang est limitée, et ainsi de suite...

11 reste donc, même dans les maladies, une certaine régulation seulement avec des fluctuations moins étendues, et le retour à l'équilibre est ainsi préparé et effectué pourvu que, dans l'intervalle, les causes originelles de la perturbation de l'équilibre (c'està-dire de la maladie) soient écartées et qu'il ne s'en ajoute pas de nouvelles dans le cours de la maladie.

Quand ces efforts naturels font défaut et que les moyens artificiels ne sont pas capables de les remplacer, quand, par conséquent, les perturbations de l'équilibre entre la production et la perte deviennent insurmontables, il n'y a pas non plus de rétablissement ; et quand les disproportions et les écarts deviennent trop grands d'un côté ou de l'autre, l'état de la température, à lui seul, peut déjà produire la mort.

Ces faits, à peine contestables en principe, peuvent être constatés, plus rarement, il est vrai, dans les cas isolés.

S'il est déjà impossible de déterminer, chez un individu sain, la

somme de chaleur produite ou dépensée dans un temps donné, il l'est encore davantage de désigner, même approximativement, les sources et les moyens de productions ou les quantités de dépenses thermiques et la participation respective des parties isolées dans une maladie spéciale ou dans un cas morbide individuel, et dans une certaine période de sa marche.

Les combinaisons sont si nombreuses et si variables et souvent formées simultanément de conditions antagonistes, elles ont trait en partie à des endroits si inaccessibles du corps ; les grandes ou petites modifications dans les fonctions de chaque organe sont si multiples et si complexes, que même une évaluation approximative devient impossibilité ou fiction.

Nous ne pouvons déterminer que le résultat, la modification de l'élévation de température ; les facteurs qui concourent à ce résultat échappent à l'observation directe, et c'est à peine si on peut les évaluer approximativement par des voies indirectes.

Puisque l'on ne peut parvenir (et l'on ne parviendra sans doute jamais) à ramener à ses vraies conditions et d'une façon calculable les modifications thermiques du corps malade, il faut donc songer à établir un rapport empirique aussi sûr que possible entre la manière d'être de la température du corps malade et certaines influences, états ou processus.

4. Les causes qui sont capables d'amener un écart morbide dans la température ou de modifier un écart morbide préexistant, sont :

1° Les influences extérieures ;

2° Conditions et dispositions individuelles ;

5° Processus organiques.

Dans les cas particuliers, ces causes sont combinées de la façon la plus complexe et, vu leur inextricabilité, il peut paraître impossible de séparer de la coopération des influences et circonstances les plus multiples, la part qui revient à chacune, de ramener leurs effets à leurs éléments et de les rendre palpables dans leur simple nécessité.

Par conséquent, bien que, pour l'action des perturbations thermiques5 l'observation clinique juge en dernier ressort, il est ce-

pendant parfaitement justifié qu'on ait eu recours, presque dès le début, à l'expérience, c'est-à-dire à la production artificielle de processus morbides simples.

Les résultats de l'examen expérimental de différentes influences sur la température des animaux ou des bommes à l'état de santé, bien qu'en eux-mêmes offrant le plus grand et le plus incontestable intérêt, ne peuvent cependant être utilisés qu'avec prudence et circonspection, pour accuser la façon dont l'organisme humain se comporte vis-à-vis des influences nocives extérieures et morbides. Il est vrai que quelques-uns des effets expérimentaux coïncident ou présentent une analogie saisissante avec des influences qui frappent accidentellement un homme sain, et le rendent malade, ou qui, chez un homme déjà malade, produisent des modifications dans sa température.

Mais il ne faut pas négliger cette circonstance, que les résultats obtenus sur des animaux sains ne sont pas absolument applicables à l'homme ; car le cycle thermique normal de ce dernier est beaucoup moins étendu que celui des animaux soumis aux expériences; par exemple : les lapins peuvent donner des résultats très-trompeurs, à cause des variations considérables de leur température, produites déjà par la simple contention.

Il en est à peu près de même pour les expériences sur l'homme sain, quoique les effets de certains agents thérapeutiques puissent être étudiés avec fruit chez eux; mais il faut se garder d'appliquer, sans plus ample informé, les résultats de ces expériences à des organismes malades, car il est possible que ces résultats y soient tout autres et diffèrent suivant les états pathologiques.

Dans beaucoup de maladies, par exemple, il y a des conditions irréalisables expérimentalement.

Les résultats expérimentaux servent admirablement à appeler l'attention sur certains effets, à guider dans l'analyse des faits complexes, à examiner des suppositions fondées sur des cas pathologiques; mais ces résultats ont partout besoin du contrôle de l'observation clinique, à l'exception des influences traumatiques et toxiques, pour lesquelles ils fournissent immédiatement des données assez nettes.

Les matériaux cliniques sont extrêmement nombreux et permettent de noter des faits généraux relativement à de certaines in-

fluences amenant des écarts thermo-pathologiques et touchant les conditions accidentelles plus ou moins étrangères à la maladie elle-même qui, pendant son cours, influent sur la marche de la température ; mais ces matériaux présentent cependant de très -grandes lacunes et ne sont souvent pas sûrs ; il faut apporter beaucoup d'attention et posséder une grande expérience thermométrique pour dégager les faits dans leur intégrité du conflit des circonstances accessoires et de la multiplicité de leurs combinaisons. Entre autres choses, il ne faut pas négliger de faire la distinction entre les effets des influences accidentelles sur la température des malades et les effets des mêmes influences quand elles produisent en même temps une véritable amélioration ou une aggravation dans la maladie elle-même ou dans un de ses principaux symptômes. Evidemment, il n'est pas indifférent qu'après un effet accidentel, toute la maladie ait été améliorée ou aggravée, ou que les conditions thermiques seules soient changées, sans être accompagnées d'une modification essentielle dans la maladie. De même, il faut savoir reconnaître si l'écart de température produit chez des individus antérieurement sains sous une influence quelconque, est la conséquence pure et simple de cette influence, ou s'il ne dépend pas d'une modalité spéciale de la maladie, dont L'un des éléments est une élévation anomale de température.

5. Les influences qui exercent une action dépressive sur la température, peuvent agir de plusieurs façons :

Soit en soustrayant du calorique au corps ou en augmentant ses pertes thermiques.

Soit en diminuant ou même en empêchant l'afflux du sang vers la partie soumise à l'examen (la température du liquide sanguin pouvant être normale ou bien au-dessus ou au-dessous de la norme).

Soit enfin en affaiblissant simplement la production de chaleur dans le corps.

On ne peut nullement indiquer avec précision le mode d'action des influences thermo-dépressives ; une seule et même cause pouvant d'ailleurs agir souvent par différentes voies ; mais la même cause peut agir en même temps ou alternativement en sens opposé; c'est-à-dire en augmentant la température. L'effet primitif

peut subir ainsi une compensation telle, que la température ellemême n'en soit pas modifiée ; mais il faut nécessairement que la compensation soit restée imparfaite pour que l'influence dépressive se fasse sentir sur la température.

Les observations expérimentales et cliniques touchant l'élévation de la température tant générale que locale, sont relativement beaucoup plus nombreuses que les précédentes.

Une augmentation de la température générale au-dessus de la norme doit avoir sa raison d'être, soit dans une production accrue, soit dans une moins grande dépense de chaleur, soit dans ces deux causes réunies. — Pas plus que pour la diminution thermique, on ne peut évaluer ici la part relative qui revient à chacune de ces deux conditions.

Comme, d'autre part, une cause d'augmentation thermique peut aussi exercer, d'une manière ou de l'autre, une action dépressive secondaire et compenser ainsi l'hyperproduction de la dépense amoindrie, l'élévation de la température est peut-être le résultat de facteurs différents et complexes.

Dans l'augmentation thermique locale aussi bien que dans celle qui se fait sentir sur toute la surface du corps, il n'est pas toujours certain que l'élévation observée corresponde à un accroissement réel de chaleur ; car il peut être simplement relatif et produit par l'afflux d'une plus ou moins grande quantité de sang possédant sa température normale, vers le point observé ou vers la périphérie du corps tout entier ou bien, enfin, résulter de ce que les dépenses thermiques ont été moindres au niveau de l'endroit soumis à la mensuration.

6. Les degrés les plus bas de la température ambiante sont le plus sûr moyen de soustraire du calorique au corps humain ; et si leur action est intense et prolongée, ils abaissent à tel point la température que la mort en est la conséquence inévitable.

A. Walther (de Kiew) a étudié les conséquences du refroidissement artificiel (Virchow's Archiv, t. XXV, p. 414 et Reichert's Archiv, 1865, p. 25). Le minimum auquel il a pu réduire latent pérature des lapins avant que la mort ne s'ensuive a été de 9°. Des animaux refroidis jusqu'à 18° et 20°, et plongés ensuite dans un milieu ambiant dont la température n'était pas plus élevée que

CAUSES DES ÉCARTS MORBIDES DE LA TEMPÉRATURE. loi

la leur, perdirent la faculté de recouvrer leur température initiale propre. — En revanche, Walther a pu, à l'aide de la respiration artificielle, ramener ces animaux à leur température normale. — Certains d'entre eux soumis à la réfrigération et artificiellement réchauflés, conservèrent pendant quelques jours une température fébrile (jusqu'à 42°) mais revinrent ensuite à l'état normal.

Nous manquons d'observations exactes relativement à l'influence pathogénique directe du froid sur les individus sains.

Il est vraisemblable que la mort par congélation se produit (chez l'homme), de la même façon que chez les lapins de Walther, bien qu'à une température beaucoup moins basse.

Dans les maladies causées par le froid, il existe toujours des conditions complexes : les degrés de température que l'on y constate ne peuvent pas être regardés comme la conséquence immédiate de l'action du froid.

En revanche, les observations relatives aux effets exercés par le froid sur des individus présentant une température fébrile, sont de la plus grande importance ; puisque le froid passe pour être un des plus précieux agents anlipyrétiques et antiphlogistiques, et qu'à ce titre, il est très-largement mis en usage dans les maladies fébriles et surtout dans le traitement des fièvres typhoïdes.

L'action des boissons et des injections froides est éphémère et fugace.

Les lotions froides, les applications glacées et les bains de siège froids sont plus efficaces ; mais leur influence ne paraît pas s'étendre bien au delà du point d'application et n'imprime à la température générale qu'une modification très-légère ou même le plus souvent nulle.

L'action de l'eau plus ou moins froide employée sous forme de draps mouillés enveloppant le corps tout entier, de bains complets, de douches ou d'aspersion, est beaucoup plus intense et plus marquée. L'utilité de ces procédés hydrothérapiques appliqués énergiquement et avec plus ou moins de méthode, a été bien des fois éprouvée et quoiqu'il reste encore bien des lacunes à combler, il est certain cependant que ces agents sont d'une extrême puissance et qu'il n'existe pas de médications plus apte à amener des modifications favorables dans un cas grave, avec plus de certitude et d'intensité (voy. Typhus abdominal).

Il est vrai que les conditions et, à plus forte raison, les causes par lesquelles le froid agit sur l'abaissement de la température dans le frisson fébrile et influe sur l'évolution de la maladie, sont loin d'être parfaitement établies et le derniermot n'est pas encore dit sur les conséquences, tant immédiates qu'éloignées, de cette métbode.

Certes, son effet dépend beaucoup de la façon dont elle est appliquée, du degré thermique de l'eau employée, de la durée de son action, mais, d'un autre côté, il est subordonné aux conditions morbides elles-mêmes, à l'intensité et à la période de la maladie. — L'effet n'est pas non plus simple de sa nature. Au moment de son application ou bien quand l'eau n'atteint pas le degré de froid voulu, la température s'élève et ne descend que sous le coup d'une action continue. Quand les applications ne sont pas assez souvent renouvelées, la réaction est d'autant plus certaine que la maladie est plus intense et plus récente, et souvent même on ne peut arriver à un résultat définitif qu'après des applications continuées avec énergie et persévérance.

Nous ne connaissons pas encore la cause prochaine des effets produit par l'hydrothérapie , sans doute c'est une erreur de croire que l'action de l'eau froide se réduit à une simple soustraction d'un excès nuisible de chaleur. Schroder (Deutsches Minisches Archiv, t. VI, p. 585) a trouvé que les bains froids diminuaient (dans le typhus) la sécrétion d'acide carbonique et d'urée et ralentissaient la nutrition tout entière. Wahl (Petersb. Med. Zeit., 1867, t. XII, p. 341) place l'action principale du bain froid dans son influence sur les nerfs et les centres nerveux ; il suppose que cette action fait défaut quand la température est en voie d'ascension, et il conseille de n'appliquer le froid que pendant les rémissions ou au moment des exacerbations thermiques, parce que, dans ce dernier cas, l'élimination de la chaleur qui peut être accumulée, exerce une influence salutaire. Après l'application extérieure du froid, la réaction est si puissante que l'on peut avoir recours avec succès à des applications froides de courte durée, mais énergiques, pour augmenter une température extrêmement basse : une température de collapsus, par exemple.

7. Une température plus élevée que celle du sang ou à peu près

égale, exerce, quand elle est très-prolongée, une influence morbifique et ascensionnelle sur la température.

Cl. Bernard (1859. Gaz. méd., t. XIV, p. 462) a trouvé que les animaux exposés à une haute température extérieure, périssent dès que leur température propre dépasse de 4 à 5° la normale.

Obernier (de l'Insolation, 1867) a constaté une élévation de la température chez les animaux exposés pendant un certain temps à une très-grande chaleur extérieure. Leur température s'abaissait d'abord légèrement (0°,4 et même moins), quand la chaleur ambiante s'élevait avec lenteur ;mais aussitôt que l'air ambiant s'élevait de 50 à 55°, la température commençait à monter, et d'ordinaire, atteignait un degré supérieur à celui de la chaleur ambiante.

La mort de l'animal survenait le plus souvent entre 44 et 45°, bien que l'air dans lequel se trouvait l'animal ne dépassât pas 40 à 41°. — Presque toujours, il y avait une augmentation fost mortem de quelques dixièmes. les animaux dont la température était montée à 41°, 6 et même à 43°, 8 ont pu revenir à la vie.

A. Walther a exposé des lapins garrottés, directement à la chaleur du soleil de 30 à 54°. — La température monta jusqu'à peu près 46°, après quoi l'animal succomba. La température post-lethale s'accrut encore jusqu'à 50°. — A l'autopsie, on constata une anémie des viscères, à l'exception des poumons qui étaient hypérémiés et des muscles qui étaient aussi rigides que s'ils avaient été soumis à la coction. Walther est d'avis que, dans ses expériences, l'augmentation thermique n'est que la conséquence delà diminution dans la perte de chaleur. Pour ce qui est de l'augmentation post mortem, il l'attribue à un développement calorifique dû à la rigidité musculaire (Bulletin de l'Académie de Pétersbourg. Berliner Centralblatt, 1867, p. 391).

Chez l'homme, on observe aussi assez souvent une augmentation morbide de la température par suite d'une élévation excessive de la chaleur extérieure. — Dans le chaud été de 1865, j'ai constaté chez la plupart de mes fiévreux des températures excessivement élevées ; la raison en était indubitablement dans l'impossibilité de conserver les salles assez fraîches; donc, dans l'insuffisance de la dépense thermique nécessaire aux malades, vingt-cinq person-

nés moururent dans ma clinique, du 5 juillet au 1er août, époque pendant laquelle la température postméridienne de l'atmosphère, à deux heures, était de 26°, 6 C, six fois seulement dépassa 25° et six autres fois 50° (maximum == 54°).

Chez 25 malades, on prit la température, au moment fatal ; sur ce nombre, 6 avaient la température habituelle du collapsus (3 phthisiques, 1 cardiaque, 1 paludéen et 1 varioleux), 5 des températures subfébriles et modérément fébriles (2 phthisiques et 1 cancéreux) et 14 autres (donc, plus de la moitié !) de 40° et audessus, et voici dans quelles proportions :

40° — 1 cas d'ostéomyélite pseudo-rhumatismale ;

40°, 5 — 2 cas de péritonite ;

41°, 575 — 2 cas de typhus abdominal (fièvre typhoïde) ;

41°, 7 5 — 1 cas de delirium tremens ;

42° — 1 cas de pneumonie et 1 cas ayant trait à une jeune fille de 25 ans qui mourut après une forte fièvre de quelques jours sans aucune localisation et dont le cadavre ne révéla l'existence d'aucune lésion appréciable ;

42°, 25 — 1 cas de typhus abdominal et 1 de délire alcoolique ;

42°, 875 — 1 cas de choléra;

43°, 25 — 1 cas d'insolation ;

45°, 75 — 1 cas de septicémie puerpérale et 1 cas de ramollissement cérébral.

Jamais, ni avant ni après, je n'ai trouvé, même approximativement, des températures si élevées au moment fatal pendant une période si courte et en si grand nombre.

Plusieurs observateurs ont confirmé cette donnée de l'augmentation thermique rapide et considérable dans les cas où il y avait tous les symptômes de l'insolation. — Schneider (Diss. léna : Zur Lehre von Sonnenstich, 1867) a trouvé dans un cas suivi de mort plus de 40° deux heures et demie après l'admission du malade à l'hôpital. — Helbig (trois cas d'insolation. Leipzig Dissert., 1868) de même, Ferber {Arch. fur Heilk., t. IX, p. 487), 40° dans un cas de guérison. — Bàumler (Med. sciences Gaz., vol. I, août 1868) 42°, 9 dans un cas mortel, une heure après l'admission. — Levick a constaté 42°, 8 (Heat fever onPensylvanian hosp. reports, 1868, t. \, 369) dans un cas relatif à un homme de 55

ans et terminé par la guérison. — Même résultat dans un cas semblable chez un homme de 40 ans. Il rapporte en outre un certain nombre d'autres observations, parmi lesquelles une deDowleroù il y aurait eu jusqu'à 45°.

D'un autre côté, il est de règle que, dans une température inférieure à la normale, une élévation de la chaleur extérieure, ou l'emploi d'enveloppements chauds peuvent augmenter la température du corps.

8. L'application d'agents excitants à l'extérieur paraît provoquer plutôt un abaissement qu'une élévation de la température générale.

Montegazza (Schmidt's Jahrb., 1867, t. I, p. 155) a trouvé que les douleurs chez les animaux, ainsi que chez les hommes, exerçaient une action dépressive sur la température.

Aux endroits sinapisés, la plupart des observateurs n'ont pas constaté d'augmentation thermique et Naumann (Prager Viert. 1867, t. XC1II, p. 155) prétend même avoir observé un abaissement delà température générale à la suite de la sinapisation.

Heidenhaina fait, au congrès des naturalistes, à Insprùck, une communication portant que, d'après ses recherches, l'irritation des nerfs sensitifs a abaissé constamment et rapidement la température à l'exception des cas où il y avait une séparation entre le bulbe et la moelle ou quand il y avait de la fièvre.

9. Une hypérémie considérable provoquée mécaniquement peut augmenter la température ; de même que la diminution mécanique de l'afflux sanguin peut la diminuer.

Kussmaul et Tenner (loc. cit.) ont montré que, par la ligature des rameaux artériels émergeant de l'artère qui apporte le sang à une certaine partie, il se produit en ce point un plus grand afflux sanguin (par exemple, la tête après la ligature de la sous-clavière), et partant, une congestion, mais aussi une élévation de la température.

Brown-Séquard (Comptes rendus de VAcad. des sciences, 1854, t. XXXVIII, p. 117) a trouvé que la température s'élevait sur la tête chez les animaux suspendus par le train postérieur et dont on tient la tête en bas.

D'un autre côté, un rétrécissement des vaisseaux par une cause quelconque amène dans la partie alimentée par eux, un abaissement de la température. Depuis longtemps déjà, la thérapeutique met à profit les conditions qui sont basées sur l'influence exercée sur la température par l'augmentation ou la diminution mécanique de l'afflux sanguin.

10. Les grandes pertes de sang ont, en général, pour conséquence chez les individus sains, aussi bien que chez les malades, un abaissement de température, compensé le plus souvent, après quelques jours ou même quelques heures, à moins que la mort ne s'en suive ou que la maladie ne prenne une autre voie.

Marshall-Hall a vu chez un chien terrier pesant 17 livres, à qui il avait enlevé 52 onces de sang, un abaissement de température de 57°, 5 à 29°, 45 auquel moment la mort eut lieu ; chez un autre chien, pesant 19 livres, la température tomba jusqu'à 51°, 65 après émission de 30 onces de sang. (Comparez, en revanche, les expériences à saignées abondantes, faites parFrese et citées page 120.)

Après de fortes hémorrhagies des poumons, de l'estomac, de l'intestin ou de l'utérus, survient d'ordinaire chez les malades, d'abord un abaissement considérable delà température allant jusqu'au collapsus, même 'quand la température a été auparavant hyperpyrétique; le temps que met la température à s'élever aussi bien que le degré qu'elle atteint dépendent des conditions mêmes du cas.

Une perte de sang spontanée, même modérée, produit le plus souvent chez les fébricitants un abaissement passager de la température.

Les saignées pratiquées en temps opportun chez les malades, de même que les émissions sanguines locales produisent les mêmes résultats, quoique moins accusés ; il n'est pas rare de voir à leur suite la température, auparavant très-fébrile, approcher delà température normale ou même l'atteindre ; mais la réaction est d'ordinaire considérable.

Le plus souvent, la température remonte à son degré antérieur, ou même le dépasse. — La température ne peut être amenée à une réduction permanente qu'en tant que, avec la perte de sang, coïncide une amélioration sensible du processus morbide.

CAUSES Dh'S ÉCARTS MORBIDES DE LA TEMPÉRATURE. 157

Il paraît être d'une médiocre importance pour le résultat que l'émission sanguine ait lieu sur un réseau capillaire ou sur un gros vaisseau ; en revanche, il importe beaucoup plus de savoir si la mafadie est assez avancée pour admettre une action durable de l'émission du sang.

L'éruption des règles est précédée d'une augmentation de température beaucoup plus souvent dans les cas morbides que dans les cas hygides. — L'hémorrhagie elle-même a quelquefois pour conséquence un abaissement de la température précédemment élevée par suite d'une maladie ; en outre, les menstrues mettent souvent les femmes passagèrement dans la condition de tempéraments nerveux ou augmentent cette condition quand elle a existé auparavant, et il en résulte une grande variabilité de la température, ou bien elles se compliquent d'un accès de fébricule chez certaines personnes de nature irritable.

11. Chossat a, le premier, fait des recherches très-intéressantes sur l'influence de la privation de nourriture, sur l'abaissement de la température (1845. Recherches expérimentales sur ï inanition. — Mémoire présenté à V Académie des sciences. — Se. math, et phys., t, VII, p. 458).

En outre, Schmidt, Lichtenfels et Frôhlich ont fait des expériences relatives à l'influence de la faim sur la température, et ils ont constaté que la privation de nourriture persistante produisait des décroissances considérables de température, sans exclure des ascensions relatives intercurrentes.

Dans l'état morbide, l'effet de la privation de nourriture n'est jamais nettement défini ; les observations pathologiques qui s'y rapportent ne sont d'aucune utilité.

12. L'ingestion d'aliments exerce, au contraire, sur les malades une action très-frappante, comparée à celle qui se produit à l'état de santé. L'alimentation peut produire une élévation considérable de température, non- seulement chez les malades dont le degré thermique est plus ou moins élevé, mais aussi chez ceux dont la température est normale ou l'est redevenue, et il ne faut pas pour cela que le malade ait commis un écart de régime ou ait repris des aliments avant d'avoir recouvré l'appétit ; mais avec l'alimentation

la plus légère, notamment avec la première ingestion de viande, dans la convalescence, au moment où l'appétit est extrêmement vif, on voit souvent la température s'élever de deux degrés et plus ; cette augmentation thermique peut persister ainsi plusieurs jours. Il va sans dire que l'ingestion d'aliments trop copieux ou contreindiqués produit un effet analogue et souvent même beaucoup plus grave.

15. Une constipation durant plusieurs jours, quelquefois même l'absence de selles pendant vingt-quatre heures, surtout lorsqu'elle succède à des évacuations abondantes, donnent souvent lieu, chez les malades, à une augmentation de température. — La rétention d'urine, Y aménorrhée, peuvent également produire le même effet. C'est aussi la température qui indique souvent plusieurs heures à l'avance, l'imminence d'une hémorrhagie pathologique.

La diarrhée, surtout celle qui est artificiellement provoquée, abaisse ordinairement une haute température. Après une constipation opiniâtre et une élévation thermique persistante, il suffit d'une abondante évacuation alvine pour amener l'abaissement de la température ; mais la réaction qui lui succède est d'ordinaire assez considérable pour que la température puisse même dépasser son degré antérieur d'élévation.

La nature du purgatif ne paraît pas d'ailleurs exercer d'influenee sur l'intensité de la dépression thermique.

Les vomissements ont, à cet égard, une action beaucoup plus puissante. Souvent même, ils sont accompagnés et suivis de véritables températures decollapsus. Mais, dans ce cas aussi, la réaction peut produire une élévation thermique.

14. L'abaissement de température produit par action toxique de l'alcool, s'accorde avec ce que l'on observe, bien qu'à un moindre degré, dans les effets physiologiques de cet agent. La dépression thermique provoquée par des doses toxiques, peut devenir trèsconsidérable.

Duinéril et Demarquay ont été les premiers à démontrer ce fait que beaucoup d'autres expérimentateurs ont confirmé après eux. Il est probable que l'absorption de l'alcool ralentit le mouvement nutritif; mais il faut cependant remarquer que l'action dépressive

de l'eau-de-vie sur la température est souvent suivie d'une réaction proportionnellement aussi intense. — Cependant, l'action de l'alcool exerce la même action dépressive dans les états fébriles, ainsi que plusieurs médecins anglais l'ont affirmé en se fondant sur l'observation clinique, et comme C. Bouvier l'a plus récemment démontré par la méthode expérimentale (Pflùger's Archiv, 1869, page 581).

Chez les alcooliques, toutes choses égales d'ailleurs, la température est ordinairement plus basse que chez les autres individus, et ils présentent fréquemment, dans le cours des maladies pyi cliques ou apyréliques, des températures de véritable collapsus.

Il existe encore un certain nombre de substances plus ou moins toxiques qui exercent une action dépressive sur la température, Demarquay a démontré ce fait pour l'éther et le chloroforme.

Brown-Séquard (1849. Comptes rendus des séances de la société de biologie, n° 7, p. 102) range parmi les substances thermo-dépressives : l'opium, l'acide cyanhydrique, l'hyoscyamine, la digitale, la belladone, le tabac, l'euphorbe, le camphre, l'acide acétique, l'acide oxalique, les acides sulfurique, nitrique et chlorhydrique. Parmi les agents thérapeutiques, il y a des substances qui font baisser la température des fébricitants, auparavant élevée. Cette action est certaine pour la digitale (après l'administration de 3 à 6 grammes, répartis dans un espace de plusieurs jours), pour la vératrine, la quinine, le tartre stibié et le calomel. — Elle est moins sûre pour les acides, le nitrate de potasse et quelques autres sels. — Cette action dépressive est surtout marquée chez les enfants et chez les femmes qui sont doués d'une plus grande sensibilité.

15. D'autres substances, au contraire, produisent une élévation de la température. C'est un fait qu'on peut observer, en partie, chez les individus sains après l'absorption des agents toxiques ; en partie dans les maladies à température très-haute ou très-basse. — Dans cette catégorie se rangent : le café, le musc, le camphre. — C'est surtout le curare dont l'action thermique a été le mieux étudiée. Cl. Bernard avait déjà trouvé qu'il agit d'abord sur les nerfs vaso-moteurs et que l'élévation de la température n'est qu'un effet consécutif. — Yoisin etLiouville (Gazette des Hôpitaux, 1866,

n° 109 et 'J 1 1 , et Journal de ïanatomie et de la physiologie, 1867, p. 114) ont produit chez l'homme, à l'aide d'injections sous-cutanées de curare, des accès complets de fièvre avec frissons, chaleur et sueurs, et des élévations de température allant jusqu'à 40°, accompagnées de tous les troubles fébriles de la circulation, des sécrétions et du système nerveux. Tscheschichin, au contraire, a trouvé que quelques minutes après l'injection du curare, il se produisait chez les animaux un léger abaissement thermique qui augmente jusqu'au moment où éclatent les convulsions ; alors la température commence à remonter insensiblement. — Fleischer, de son côté (Pflùger's Archiv., 1869, p. 441), a confirmé l'action thermo-élévatrice du curare.

16. Billroth et Hufschmidt, 0. Weber et Frese, ont démontré l'action pyrogène de certaines substances introduites dans la circulation.

Billroth et Hufschmidt (1864. Archiv fur klin. Chir., t. YI, p. 552) ont trouvé que, dans tous les cas où un liquide ichoreux ou du pus frais avaient été injectés dans le sang, il y avait une augmentation de la température rectale, sensible déjà deux heures après l'injection et atteignant son maximum dans un intervalle de deux à vingt-huit heures ; ils ont, en outre, constaté que le minimum de l'écart était de 1°, le maximum de 2°, 2; qu'après une seule injection, l'acmé était ordinairement suivie d'une défervescence rapide ; qu'au contraire, après plusieurs injections, la mort survenait, précédée d'une certaine élévation de la température.

Bientôt après, 0. Weber (1864. Deutsche Klinik, p. 495, et 1865, p. 15, 21, 55 et 55) a constaté, par des expériences analogues, l'effet pyrétogène (et phlogogène) du pus introduit dans le tissu sous-cutané, dans les cavités séreuses et dans le sang ; il a constaté, en outre, l'effet pyrétogène de l'injection du sang d'animaux pyémiques et septicémiques, et même du sang d'animaux affectés simplement de fièvres inflammatoires. Mais, dans ce dernier cas, l'augmentation thermique était peu considérable et ne dépassait pas (J°,65 à 1°,15.

Frese (1866. Beitràge zur JEtiologie der Fiebers. — Dissertât.) a encore plus multiplié ces expériences. Il a fait voir que le sang

CAUSES DES ÉCARTS MORBIDES DE LA TEMPÉRATURE. lit

d'animaux fébricitants introduit dans la circulation d'un autre animal en bonne santé, quelle que fût la nature de la fièvre, provoquait une élévation de la température. Cette augmentation thermique suivait assez rapidement la transfusion : dans un cas, la température était déjà montée de 1° après deux heures et demie.

Mais, dans les cas observés par Frese, aussi bien que dans les expériences précédentes, l'élévation thermique n" était pas considérable. Dans les trois cas (où une partie du sang vicié fut, par mégarde, injecté dans le tissu cellulaire et y provoqua une inflammation locale), la température ne monta que de 0°,7à 1°,5 au-dessus du maximum de l'animal bien portant. — Ce degré d'élévation ne se maintint pas longtemps (1 |, 4|, 6 § jours) et n'atteignit des températures reconnues fébriles chez l'homme que pendant un très-court espace de temps.

Voici ce que Frese a, de plus, vu et confirmé :

a. Les produits de décomposition des tissus, tant septiques qu'inflammatoires, introduits dans la circulation, soit qu'ils proviennent d'un organisme étranger, ou du sujet lui-même, provoquent une augmentation de température.

b. L'effet obtenu ne tient pas aux corpuscules du pus, mais à la sérosité purulente.

c. Par la cuisson et lafiltration subséquente, la sérosité putride ne perd pas ses propriétés pyrogènes.

d. A l'état frais, la sérosité purulente possède au plus haut degré cette propriété.

e. L injection d'un sang normal ne provoque pas la fièvre; le sang injecté d'un fébricitant produit au contraire une action pyrétogène.

f. Le battage suivi de la filtration du sang fébrile ne lui enlèvent pas cette propriété qui ne doit donc pas être attribuée à la fibrine.

Dans ces derniers temps, E. Bergmann (1 868. Petersburgermed. Zeitschr., t. XV, p. 16) a fait un grand nombre d'expériences relatives à l'action des matières septiques et inflammatoires, et il a constaté que, après l'injection de quantités, relativement faibles

de matières délétères, la température revêt un caractère particulier et précis, revenant toujours sans exception de la même façon et, par conséquent, typique (ascension immédiate après l'injection, fastigium dans l'intervalle de la deuxième à la cinquième heure, retour à l'état normal dans trois ou six heures). Des altérations locales, développées sur place, peuvent empêcher la guérison et faire entrer des modifications dans la marche de la température. Ce caractère de la température reste le même que la matière injectée ait été composée de matières septiques ou inflammatoires, ou bien des produits normaux de dénutrition. Il semble même à l'observateur (p. 84) que, des injections de grande quantité d'eau ou de petites quantités de substances irritantes, il puisse s'ensuivre une altération thermique analogue, qui est constante après l'injection de liquides provenant de produits septiques ou inflammatoires. A ces recherches expérimentales sur l'action pyrogène de substances animales introduites dans le sang, se rattachent les influences inconnues qui sont capables de produire chez l'individu atteint, des processus morbides spécifiques. Cependant, abstraction faite de la pyohémie et de la septicémie, la ressemblance est assez restreinte dans l'état actuel de la science, nous sommes loin de concevoir ou de pouvoir rapporter d'une façon claire et positive à la cause spécifique, le caractère de la température qui est excessivement particulier, précisément après avoir subi ces influences inconnues, mais sans doute spécifiques.

17. Breschet et Becquerel ont été les premiers {Séances de V Académie des sciences, 18 octobre 1841) à appeler l'attention sur l'abaissement considérable de la température chez les animaux dont la surface extérieure est recouverte d'un enduit imperméable,

Us ont rapporté que des lapins dont la peau rasée avait été recouverte d*un enduit décolle, de suif et de résine, avaient perdu dans l'espace d'une heure à une heure et demie, environ 14° à 18° C. de leur température et étaient morts peu de temps après. — Ces observateurs ont déjà fait remarquer que ce qu'ils avaient vu paraissait être en contradiction avec les idées généralement reçues sur les fonctions de la peau.

Cette observation a été complètement confirmée par plusieurs expérimentateurs, et récemment encore par Gerlach (Muller's

Arch., 1851, p. 45); Val.entin {Arch. fur phys. Heilk., 1858, p, 455); Edenhuizen (InZeitschr. fur rat. Mecl., 1865, p. 25).

En outre, Valentin a montré que, chez les animaux ainsi traités, les mouvements respiratoires étaient réduits au tiers ou même au quart, l'absorption d'oxygène et l'exhalation d'acide carbonique diminuaient plus encore (jusqu'à-^); mais que, d'un autre côté, par l'augmentation de la température de l'air dans lequel se trouvait les animaux, le refroidissement a pu être évité, la respiration accrue, la gaieté rétablie et la terminaison funeste retardée bien que non empêchée. — Edenhuizen a trouvé que les animaux (lapins) périssaient même quand la peau n'était que partiellement enduite, aussitôt que | ou | de la surface avait été recouvertes. Plus l'enduit était étendu, plus l'abaissement de la température était considérable et rapide, et plus la terminaison funeste était prompte. Si une partie considérable de la surface extérieure reste libre, il est vrai, la température, la fréquence du pouls et de la respiration, s'abaissent aussi au commencement, mais les deux premières se relèvent vite et peuvent même dépasser le degré normal, tandis que la fréquence de la respiration reste amoindrie. Quand la surface restée libre est encore plus grande (| à |), la fréquence delà respiration monte aussi après un abaissement initial, mais elle ne se maintient pas aussi longtemps au-dessus de la température que le pouls au-dessus du degré normal. — Si l'on ne recouvre que | à | de la surface, c'est la fréquence de la respiration qui prédomine, tandis que la température et la fréquence du pouls ne subissent qu'une élévation insignifiante.

Laschekewitsch ( Richert's Archiv, 1868, p. 65) explique ce caractère par l'augmentation de la dépense thermique résultant de la dilatation paralytique dçs vaisseaux cutanés.

18. Les recherches les plus nombreuses ont été entreprises pour expliquer l'influence du système nerveux sur les modalités thermiques. Beaucoup de faits intéressants ont été acquis tant par la voie expérimentale que par l'observation clinique. — Il serait encore prématuré, même aujourd'hui, de donner une appréciation complète et définitive du mode d'action des nerfs sur la température.

Déjà, depuis longtemps, on possédait un certain nombre d'observations relatives à l'augmentation de la température périphéri-

que, après la section expérimentale de la moelle ou dans les cas de lésions médullaires graves, en particulier, les recherches de Chossat (1820. Mémoire sur l'influence du système nerveux sur la chaleur animale) ; Brodie {Medico-chirurg. Transactions, t. XX, p. 146) ; Macartny (1858. Treatise on inflammation, p. 13); Fr. Nasse (1859. Untersuchungen zur Plnjs. und Pathol., t. H, p. 115) ; surtout II. Nasse (ibid., t, II, p. 190).

En opposition avec ces données, Flourens et Magendie avaient observé un abaissement de température après les lésions des nerfs. C'était un abaissement local quand des troncs nerveux étaient attaqués et un abaissement général quand la lésion portait sur des parties centrales.

S'appuyant sur ces derniers faits, qu'il considère à tort comme un phénomène constant, Cl. Bernard a fait (1852. Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XXXIV, p. 472) sa découverte surprenante de l'action qu'exerce la section de la partie cervicale du sympathique ; il avait trouvé que, après la section du filet anastomotique des ganglions cervicaux, supérieur et inférieur, survenait aussitôt une élévation de température dans le côté correspondant de la tête; surtout marquée sur l'oreille du lapin. 11 a trouvé, en outre, que la simple dénudation, le contact et la pression sur les ganglions ou les tilets du grand sympathique avaient pour conséquence une congestion et un plus grand développement thermique. — Plus tard (1862. Comptes rendus de l'Acad. des sciences, t. LV, p. 252), il y ajouta d'autres communications, d'après lesquelles la section du plexus lombo-sacré ou du sciatique déterminait une élévation de la température dans la patte postérieure, et, de même, la section du plexus brachial, aux environs de la première côte, une élévation de la patte antérieure correspondante.

S'appuyant sur ces résultats, Bernard suppose une influence particulière du sympathique sur les vaisseaux et sur la caloi ification et sépare des nerfs sensitifs et moteurs le système sympathique qu'il considère comme composé de nerfs moteurs vasculaires et calorifiques.

Bernard formule ainsi son opinion :

1. La section des nerfs du sentiment, outre l'abolition du sentiment, produit la diminution de la température des parties.

2. Celle des nerfs du mouvement, outre l'abolition du mouvement, donne également lieu à un refroidissement des parties paralysées.

3. La destruction du nerf sympathique qui ne produit ni l'immobilité des muscles ni la perte de sensibilité, amène constamment une augmentation très-considérable de la température.

Les questions les plus importantes qui se rattachent à ces résultats expérimentaux sont les suivantes :

1° L'augmentation thermique est-elle en rapport avec l'hyperémie consécutive à la section du sympathique ?

2° La chaleur, bien que considérablement élevée dans l'oreille du côté lésé comparativement à l'autre et à l'élévation de la température avant la section, reste-t-elle dans les limites de la température des organes internes de l'animal ?

Si l'on répond à ces questions par l'affirmative, le phénomène ne se trouve plus que dans un rapport subordonné, médiat et presque insignifiant, avec la production thermique. En ce cas, la section n'agit qu'en causant une hyperémie, et la conséquence de cette congestion est que la température normale du sang peut être plus complètement obtenue et constatée dans cette partie plus abondamment pourvue de sang après la section ;

5° Enfin se pose cette autre question : Sont-ce réellement les vraies fibres du sympathique ou celles que lui envoie la moelle épinière dont dépend l'influence sur ce phénomène ? En d'autres termes, le sympathique est-il le nerf vaso-moteur spécifique (comme le suppose Bernard), ou bien les contractions vasculaires dépendent-elles aussi du centre cérébro-spinal?

La grande majorité des observateurs a pris parti contre Bernard dans ces questions.

En premier lieu, Brown-Séquard s'est élevé contre les conclusions de cet auteur. — Il avait déjà rapporté avant les publications de Bernard (août 1852. Med. Examiner of Philadelphie/, p. 486) ce fait expérimental que la galvanisation de la partie cervicale du sympathique sectionné produit la contraction des vaisseaux de la moitié céphalique correspondante ; d'où anémie et diminution de

la température et de la sensibilité. — En outre, il a déclaré (1853,

Expérimental researches, p. 9), qu'il fallait rapporter les effets delà section de la portion cervicale du sympathique, à une dilatation paralytique des vaisseaux de la tête et l'élévation de la température à l'afflux plus considérable du sang ; et ensuite il a montré que la suspension des animaux par le train postérieur avait exactement les mêmes effets que ceux que Ton observe après la section du sympathique ; il termine le chapitre : On the increase of animal heat after injuries of the nervous System, par les conclusions suivantes :

1° Une lésion du système nerveux peut produire dans les parties paralysées une augmentation ou une diminution de température ;

2° Le sympathique et le système nerveux cérébro-spinal ne paraissent pas différer l'un de l'autre par rapport à cette action ;

5° Le degré de température des parties paralysées dépend de la quantité de sang qu'elles reçoivent et cette quantité varie d'après l'état des artères et des capillaires de ladite partie ;

4° Il est un fait encore inexpliqué jusqu'ici, à savoir que les artères et les capillaires dans les parties paralysées peuvent être soit dilatés, soit normaux, soit contractés.

Budge (1855. Comptes rendus, t. XXXVI, p. 571 et Med. Ztg. von dem Verein fur Heilk. in Preussen, t. XXII, p. 149) a montré que l'augmentation de température ne dépend pas seulement de la section du sympathique, mais qu'une extirpation de la portion de moelle épinière comprise entre la septième vertèbre cervicale et la troisième dorsale, renfermant par conséquent la huitième paire cervicale et les premières et deuxième dorsales, ont le même effet sur la température de la tête.

Waller aussi (Comptes re?idus, t. XXXVI, p. 578) ne rapporte l'élévation thermique qu'à la paralysie des fibres circulaires des artérioles consécutive à la section et à l'hyperémie qui en résulte.

De Ruyter (de actione atropx belladone. — Disserta 1855) fait aussi remarquer qu'il n'a jamais constaté de différence de température qui ne trouvât son explication dans un afflux de sang augmenté, etDonders (Aanteekingen van het Utr. gen. 1855) dit que, dans ses expériences, la température des oreilles ne dépassait que rarement celle du rectum et qu'elle montait d'autantplus

que l'afflux du sang vers les oreilles était plus grand, et qu'elle diminuait avec la congestion. Il fait remarquer, en outre, qu'après la ligature de la carotide, la température de l'oreille n'était pas plus grande du côté où la section avait été faite que du côté opposé et que, après une forte friction faite sur les deux oreilles, la température des deux était la même.

Schiff a discuté la question dans tous ses détails et fait beaucoup d'expériences nouvelles (1855. Untersuchungen zur Physiologie derNerv en Systems, t. I, p. 124). îl a observé que la différence de température dans les deux moitiés de la tête (aux deux oreilles) était encore plus considérable et qu'elle pouvait aller jusqu'à 12° et même 16° ; que la différence de température était proportionnée à celle de l'hyperémie et que la section du sympathique au cou ne provoquait pas d'élévation de température, à moins qu'à l'occasion de cette section les vaisseaux de l'oreille n'aient été atteints (ce qui arrive exceptionnellement). Il essaye de prouver que la distension plus grande des vaisseaux dépendait de la paralysie même de leur parois et que c'était à la plus grande quantité de sang en circulation qu'était due l'élévation locale de la température. Il explique, en outre, que le sympathique n'est pas le seul nerf vasculaire de la tête, mais qu'elle en reçoit d'autres par l'auriculaire cervical, le facial et le trijumeau et que même la partie des nerfs vasculaires de la tête qui appartient au sympathique, ne renferme que des nerfs médullaires qui traversent le sympathique; que, en général, les nerfs vasculaires passent par la moelle épinière et qu'il faut considérer un certain point de la moelle allongée comme centre des nerfs vasculaires, parce que là se rencontrent ceux de la tête avec ceux du tronc. Il suppose que, dans la paralysie spinale complète d*une partie, la température de celle-ci doit être relativement élevée, tandis qu'elle sera abaissée quand la paralysie est incomplète etn'a atteint que le mouvement (p. 226). Proposition qui, en effets a été confirmée depuis en partie par les faits pathologiques que l'on a constatés.

Une seconde hypothèse de Schiff, extrêmement importante pour la pathologie de la fièvre, et qu'il croit avoir démontrée par des expériences, est celle-ci : les nerfs vasculaires de la face et de la partie terminale des extrémités d'un côté et ceux du tronc, du bras et de la cuisse, de l'autre, forment deux groupes distincts présen-

tant un trajet différent à travers la moelle épinière ; que ce dernier groupe de nerfs vasculaires se croise latéralement avec les nerfs correspondants de l'autre moitié du corps, croisement qui manque au premier groupe ; que, par conséquent, si l'on coupe dans sa largeur (par ex.) la moitié gauche de la moelle épinière dans le voisinage de la moelle allongée, les nerfs vasculaires de la peau de la face, des mains, des pieds, de la partie inférieure des avant-bras et des jambes du côté gauche et, au contraire, ceux du tronc, des bras et cuisses du côté droit sont paralysées.

Schiff a encore publié d'autres expériences d'un grand intérêt (1859. Allgemein. Wiener Med. Zeitimg, p. 518). Chez des animaux auxquels il avait coupé le sympathique cervical gauche ou les nerfs d'une extrémité, il a produit la fièvre au moyen d'injections de pus dans la plèvre ou dans le système vasculaire. Aussitôt que commençait l'accès fébrile, les parties non influencées par la section des nerfs s'échauffaient considérablement, tandis que dans les organes dont les vaso-moteurs étaient paralysés, et dont la température avait été élevée auparavant, elle ne s'éleva pas du tout ou ne monta que très-lentement et quand la température fébrile eut atteint son complet développement, l'organe auparavant plus chaud, mais dont le nerf était coupé, fut plus froid que la partie correspondante du côté sain. Schiff conclut que l'afflux du sang (paralytique) produit par la section nerveuse et celui que provoque la fièvre (et la congestion) ne dérivent pas du même processus ; que cette dernière hyperémie (fébrile) est plutôt de nature active et que, dans les nerfs vasculaires aussi il doit y avoir des éléments dont l'excitation produit la dilatation, mais qui ne peuvent plus agir après la section des nerfs (comme d'ailleurs Cl. Bernard l'a supposé pour la glande sous-maxillaire) .

Le travail de Kussmaul etdeTenner (Moleschott Untersuchungen zur NaturLehre der Meuse lien und der Thiere, 1856, t. I, p. 90- 152) a été d'une grande importance pour rattacher le phénomène thermique à l'afflux du sang. — Ces auteurs sont parvenus à abaisser toujours l'élévation de température de l'oreille du côté où le sympathique avait été coupé, à l'abaisser, dis-je, au-dessous de celle de l'autre oreille et même au-dessous de la température d'avant la section, aussitôt qu'ils avaient, après la ligature ou la compression de la carotide du même côté, lié aussi les deux sous-clavières

à leur origine et qu'ils avaient ainsi empêché l'établissement d'une circulation collatérale. D'un autre côté, ils produisaient une élévation de la température en ne liant que la sous-clavière et en augmentant ainsi la pression latérale du sang dans la carotide. — Les effets de la compression unilatérale de la carotide, après ligature préalable de la sous-clavière étaient les mêmes que le sympathique eût été préalablement coupé ou non; et la section du sympathique ne produisait pas d'élévation plus grande que l'augmentation elle-même de l'afflux sanguin.

V Les deux Lussana et Embrosoli (Gaz. Lombardo. 1867, nos25- 55) n'ont pas trouvé, en suspendant des animaux par le train postérieur, une élévation de température si considérable aux oreilles, qu'après la section du sympathique; et ils croient que, dans cette dernière expérience, ce n'est pas de l'afflux du sang, ni du surcroit d'activité fonctionnelle que résulte l'élévation de la température, mais d'un processus local de dissolution pathologique du sang produit par ladite section.

Brown-Séquard (Exp. res. applied to physiology andpathology, p. 75) a trouvé, en outre, que la section d'une moitié latérale de la moelle épinière, dans la région dorsale, était suivie d'une élévation de température à l'extrémité postérieure du côté correspondant et d'un abaissement de celle-ci à l'extrémité du côté opposé. Schiff (Untersuchuïigen, p. 194) a confirmé ces résultats, mais il rattache la température du côté opposé à une irritation accidentelle qu'aurait subie une des- moitiés de la moelle au moment de la section de l'autre.

Tscheschichin qui avait toujours observé, après des sections de la moelle épinière, dans les points les plus différents, outre l'interruption des mouvements volontaires, une cessation de l'activité des vaisseaux, et un abaissementde la température générale (1866. Reichert's Arch., p. 152), cherche la cause de cet abaissement dans la dilatation paralytique des vaisseaux sanguins, dans l'afflux du sang (surtout dans les veines) et le retard dans la circulation et, par conséquent, dans l'augmentation du rayonnement thermique. 11 a trouvé qu'après la section de la moelle épinière, on peut retarder ou prévenir l'accélération de l'abaissement thermique interne en enveloppant le corps dans de mauvais conducteurs et en diminuant ainsi la perte de chaleur par la surface externe.

Quand Tscheschichin coupait, sur un lapin, la moelle allongée à sa jonction avec la protubérance, la température générale montait aussitôt après l'opération, la respiration et les battements du cœur s'accéléraient. Après une demi-heure, la température était montée de 59°, 4 à 40°, 1 ; après une heure, à 41°, 2 ; la fréquence de la respiration de 78 à 90 ; le pouls était devenu innombrable. En outre, après l'opération, les phénomènes réflexes étaient considérablement accrus et atteignaient un si haut degré que le plus léger contact de l'animal produisait un tremblement général du corps. Après une heure et demie, il atteignit 42°, 1 ; après deux heures, 42°, 6; à ce moment survinrent la dyspnée et des convulsions au milieu desquelles l'animal mourut après une demi-heure.

Tscheschichin rattache ces faits à l'existence supposée dans le cerveau de centres modérateurs de l'activité médullaire ; ces modérateurs diminuent, par leur action continuelle, l'intensité de l'action de la moelle épinière ; de la destruction ou de la section de ces centres résulterait l'augmentation morbide de l'activité des centres médullaires, et pendant un certain temps, un fonctionnement excessif (augmentation des mouvements réflexes, précipitation de la respiration, accélération des mouvements du cœur, élévation de la chaleur animale).

Naunyn et Quincke (Reichert's Arch., 1869, p. 174) ont constaté que, après le broiement de la moelle supérieure, l'élévation de la température ne se produisait que si le refroidissement des animaux avait été complètement empêché. Autrement, il se présentait constamment jusqu'à la mort, un abaissement continu et rapide de la température. Ils supposent un double effet à ce broiement de la moelle : augmentation de la production et de la dépense thermiques, et c'est par ces points opposés qu'ils expliquent la divergence des résultats obtenus par les différents expérimentateurs. — Ils ont, en outre, trouvé que, après la séparation de la moelle, l'élévation de température se présentait plus rapidement et atteignait des degrés beaucoup plus élevés, quand cette séparation avait été faite clans la partie cervicale que quand elle avait lieu dans la partie dorsale.

Naunyn et Quincke ont publié récemment d'intéressantes recherches par lesquelles ils ont démontré que, après la destruction de la moelle, au moyen de la quinine (qui restreint la production

thermique), la température pouvait être maintenue à des degrés très-bas.

Fischer (Einfluss die Ruckenmarhs Verletzungen àufdie Kôrper Wârme, mémoire original dans : Centralblatt. 1869, p. 259) a cru être autorisé, par quelques cas, à supposer qu'il y avait un centre dépresseur dans la moelle cervicale dont l'irritation déterminait un abaissement de température et dont la paralysie produisait une augmentation thermique et qu'il fallait chercher ce ceutre dans les cordons antérieurs de la partie cervicale de la moelle.

Il faut encore ajoutera cela une expérience ne se rattachant pas à toutes ces recherches et pour ainsi dire négative, c'est celle de Breuer et Chrobak (1868. Wiener Medic. Jahrbùclier, t. XIV, p. 5). Relativement à l'influence que les nerfs d'une partie enflammée peuvent exercer sur l'élévation fébrile de la température, ces auteurs se croient en droit de poser la conclusion suivante :

Dans les inflammations traumatiques, la fièvre est indépendante de toute connexion de la partie enflammée avec les centres nerveux. — Pour arriver à ce résultat, ils ont pratiqué leurs expériences sur des animaux auxquels ils coupaient autant que possible tous les nerfs d'une partie du corps et ils produisaient des inflammations locales sur les parties privées de leurs nerfs, après la cicatrisation des plaies faites par la névrotomie.

L'observation clinique ne présente qu'un très-petit nombre d'analogies avec les faits expérimentaux, relativement aux rapports qui existent entre le système nerveux et la température.

Voici les deux seuls faits qui pourraient être considérés comme des conditions spontanées analogues :

Les modifications thermiques locales pendant les accès de névralgie.

Les observations thermiques faites sur les membres paralysés. Les changements de température que l'on constate dans les formes morbides qui ont été désignées sous le nom de névroses vasomotrices.

L'élévation thermique résultant, chez les malades, de la tension d'esprit, du délire et l'abaissement de la température fébrile constaté parfois après un sommeil tranquille et réparateur.

Les fortes élévations dans les inflammations cérébrales à marche rapide.

Les élévations thermiques plus grandes encore dans les lésions de la moelle cervicale.

Les degrés excessifs observés à la fin du tétanos et dans la période ultime des névroses mortelles.

Les faits précédemment énumérés suffisent pour admettre que, dans les cas complexes, le système nerveux exerce une certaine influence sur les modalités thermiques. — Il est indubitable que certains départements nerveux tiennent sous leur dépendance, d'un côté, l'activité cardiaque et de l'autre, la circulation elle-même , il est donc permis d'admettre avec autant de raison que les modifications de Paftiux sanguin dans les vaisseaux périphériques influencent manifestement la température des parties correspondantes et, par conséquent aussi, la température générale. — La majeure partie des phénomènes thermo-pathologiques pourrait bien n'être que l'expression même du mode d'action des nerfs vasomoteurs dans les maladies.

Dans les lésions essentielles du système nerveux, on pourrait également mettre les écarts de température (surtout les plus faibles) sur le compte des modifications circulatoires. Mais il existe une série d'observations, notamment celles qui ont trait à des élévations thermiques énormes qui semble démontrer l'existence de conditions nouvelles, quoique encore aujourd'hui très-obscures. — Un trouble profond du système nerveux, sans anomalie correspondante de la circulation, mais accompagné d'écarts thermiques excessifs, semble légitimer l'hypothèse quelintégrité de certaines parties de l'appareil nerveux central est plus nécessaire pour la régularisation de la température que celle d'une autre partie quelconque du corps.

19. Les efforts musculaires exercent sur la température une influence fortement ascensionnelle, alors même que l'état morbide est d'ailleurs peu accusé. On est donc en droit de concevoir des craintes sur la santé d'un individu, lorsque un effort musculaire modique suffit pour élever sa température. Chez les convalescents, la température s'élève ordinairement d'un ou de plusieurs degrés, quand ils quittent le lit pour la première fois, même à l'époque où l'on peut les autoriser à se lever. — Lorsque le convalescent reste levé pendant plus de temps que ne le permet son état, sa tempe-

rature monte proportionnellement à la durée de l'imprudence qu'il a commise. — La thermométrie peut donc, dans ce cas, servir de critérium de l'état des forces.

A l'appui de mes recherches sur l'élévation extrême de la température, dans la période ultime du tétanos, Leyden (Beitrâge zur Pathologie der Tetanus — Virchow's Archiv, t. XXVI, p. 558. 1865) ; Billroth et Fick (1865. VersucJie ùber die Temperaturen bei Tetanus — Schweizerische Vierteljalirschrift, t. VIII, p. 427) ont produit artificiellement le tétanos chez les animaux et ont constaté une augmentation thermique de 5° à 6°.

Le transport d'un malade et l'ensemble des influences auxquelles il est soumis dans son déplacement produisent presque toujours une modification de la température dans un sens ou dans l'autre. — Il en résulte, par conséquent, qu'une mensuration thermométrique pratiquée dans ces circonstances, n'a rien de décisif.

J'ai constaté une élévation thermique très-considérable, consécutive à des efforts excessifs chez un coureur qui s'était évanoui au milieu de sa course et avait été transporté sans connaissance à ma clinique. Sa température était de 40°, 5 et son pouls battait 108 pulsations par minute. L'urine contenait ~ de son volume d'albumine. — Deux heures après, la température était déjà retombée à 59°, 1. Le lendemain elle était redevenue normale et resta telle; l'albumine de l'urine diminua et disparut ensuite au bout de quelques jours.

Nous indiquerons ultérieurement la part qui revient à la rigidité cadavérique des muscles dans la température post mortem.

20. Il va sans dire que l'étiologie des modalités thermiques est loin d'être épuisée par cette énumération des influences qui s'exercent sur la température.

J'ai dû renoncer à reproduire ici les observations cliniques et expérimentales dans tous leurs détails et leurs infinies variétés ; il reste encore de nombreuses causes de modifications thermiques dont l'existence est à peine connue ou en partie seulement soupçonnée.

Cela est surtout vrai pour les causes perturbatrices de la température dans les maladies dites spontanées, ainsi que dans certaines maladies infectieuses. Il est très-probable qu'à l'élévation

thermique concourent puissamment les lésions plus ou moins étendues des tissus, surtout les vastes destructions parenchymateuses qui se rencontrent dans différentes maladies graves et qui, depuis peu de temps seulement, sont devenus accessibles à l'observation microscopique ; mais la complexité même de ces conditions rend encore toute explication impossible à cet égard.

Il est également vraisemblable que dans le sang lui-même, il peut se produire des transformations, des processus de fermentation qui augmentent aussi, considérablement, la production thermique. D'un autre côté, il est permis d'admettre que ce liquide présente certaines conditions qui contribuent à ralentir les processus chimiques thermogènes ou à accroître les pertes de chaleur. Mais, pour le moment, on est forcé de s'en tenir à émettre cette hypothèse très-admissible que certains états pathologiques des tissus ou du sang exercent une influence sur les conditions thermiques.

On ne saurait préciser les processus chimiques spéciaux qui accélèrent la formation de chaleur ni expliquer pourquoi, dans tel type morbide, la température se modifie d'une façon déterminée et différente de celle d'un autre type ; et c'est en vain que l'on se demande comment la température reste ordinairement normale dans certains troubles graves de l'organisme, dans des lésions organiques très-étendues. Parfois, l'intégrité thermique semble dépendre de la lenteur avec laquelle les états pathologiques se développent ; et, en pareil cas, les écarts qui se manifestent dans la température indiquent, soit la présence de complications nouvelles, soit une accélération dans le cours de la maladie primitive. D'un autre côté, des maladies essentiellement chroniques peuvent présenter pendant des mois et même des années, des modifications thermiques souvent très-notables (par exemple, les formes de la fièvre chronique) .

Il ne faut pas oublier enfin que nous n'observons d'habitude que le résultat des deux facteurs : la production et la perte de chaleur et non pas ces facteurs eux-mêmes. Plus d'un cas de production thermique abondante échappera à notre attention, parce que la perte se sera accrue dans la même proportion et que la manifestation d'une production excessive, mais restée latente par suite de la compensation thermique, peut dépendre d'une influence secondaire exercée sur les parties qui éliminent la chaleur.

21. Outre les influences extérieures et les processus intrinsèques de l'organisme, les conditions individuelles et les idiosyncrasies ont encore leur part dans les écarts de la température. Elles se révèlent surtout par la facilité avec laquelle ces modifications thermiques se produisent et par l'étendue même de ces écarts.

Qu'une maladie détermine ou non des écarts de température, on observe presque toujours chez le sujet qui en est atteint une grande sensibilité aux influences accidentelles.

L'équilibre thermique, alors qu'il n'est pas troublé par la maladie elle-même, est aisément compromis chez les malades par les causes les plus diverses. — La température montrera parfois des élévations et des abaissements très-étendus ; tantôt ces écarts ne seront que partiels, d'autres fois ils se propageront à l'organisme tout entier.

Cette mobilité de la température, sous l'influence de causes accessoires, s'observe aussi dans les cas morbides où les conditions thermiques ne sont déjà plus normales. — La seule différence réside dans le degré de la fluctuation. Plus la marche d'une maladie prend un caractère régulier, typique et simple, moins l'influence des causes accidentelles est marquée. Au contraire, dans les formes morbides atypiques, dans les maladies légères et dans celles où d'autres circonstances ont fait naître des écarts de température, les influences accidentelles ont, dans ce cas, une action beaucoup plus manifeste.

La stabilité de la température ou sa variabilité dépendent également de la marche de la maladie et de la phase de son évolution : ainsi, lorsque le début d'une maladie aiguë typique est franc et bien accusé, les influences extérieures restent presque sans action sur la température; plus les débuts sont insidieux et peu tranchés, plus leurs effets sont considérables.

Dans la période ascendante de la maladie jusqu'à l'acmé, ce sont surtout les cas légers et bénins qui sont les plus accessibles aux influences étrangères. — Dans le cours ultérieur de la maladie, la température se comporte différemment vis-à-vis des causes accidentelles : plus la maladie présente de fluctuations et tarde à guérir, plus cette influence sera grande.

Tandis que si la guérison est prochaine, les influences, même les plus énergiques, restent sans effet sur la température.

Dans la convalescence, elles reprennent leur empire surtout dans les cas où le rétablissement est imparfait et où les foyers morbides ne sont pas complètement dissipés.

Il importe aussi de connaître dans quel sens agissent les causes accidentelles. Si c'est dans celui du cours naturel de la maladie, leur effet n'en sera que plus certain ; si c'est dans une direction opposée, leur action en sera bien moins sûre.

La fluctuation quotidienne exerce à cet égard une certaine influence.

Les conditions qui produisent une élévation de température agissent avec beaucoup plus d'intensité dans le jour et les conditions opposées dans l'après-midi ; présentent leur maximum d'action dans la nuit et dans les premières heures de la matinée.

22. Abstraction faite des conditions morbides existantes, la température est plus ou moins accessible aux influences accidentelles.

Dans les maladies des enfants, elle offre une extrême mobilité. Non-seulement les affections les plus légères produisent chez eux des élévations thermiques plus considérables et des fluctuations diurnes plus accentuées que chez les sujets plus âgés, mais l'action de toutes les autres influences est aussi plus intense.

Dans le sexe féminin, la variabilité de la température persiste jusque dans l'âge adulte et est beaucoup plus grande que dans l'autre sexe. — On constate chez les femmes des élévations thermiques inexplicables en apparence, des ascensions brusques et considérables ; les influences extérieures se révèlent dans toute leur puissance, surtout chez les femmes nerveuses et hystériques.

Les vieillards diffèrent notablement des adultes sous le rapport de leur température qui est le plus souvent paresseuse, insensible et réfractaire aux causes accidentelles. Elle est, en outre, ordinairement d'un demi-degré plus basse que celle des adultes placés dans les mêmes conditions.

Il faut enfin mentionner la prédisposition de quelques sujets à subir certaines impressions contre lesquelles d'autres peuvent réagir. Cette tendance particulière peut résulter des idiosyncrasies individuelles. — Il est évident que la répétition fréquente de certains effets rend la température plus accessible à leur action ; mais, d'un autre côté, leur trop fréquent retour finit par émousser sa sensibilité.

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